L'esprit absolu est amour
Avant le big bang
La philosophie c'est la réflexion
aboutissant à reconnaître sa propre insuffisance
et la nécessité d'une action absolue partant du
dedans. Jules Lagneau
Le
monde est né de l'amour,
il est soutenu par l'amour, il va vers l'amour et il entre dans
l'amour. Saint François de Sales
Vers le principe créateur
Le principe créateur, baigne dans la virtualité et
l'équilibre
du monde pré-big- bang.
Nous avons situé, en page précédente ( esprit-quarks)
les origines de l'esprit, bien avant le monde humain. Bien avant le monde animal. Bien avant la vie elle-même.
Selon nous, les racines de notre esprit sont déjà présent à l'intérieur
même de la matière. Dans sa structure intime
et immatérielle. Autrement dit, dans l'atome et sous forme
immatérielle (neutrinos,
quarks, cordes).
Mais nous ne sommes pas encore arrivé au premier berceau de ce donneur d'ordre.
Aux origines de l'univers
Il nous faut à présent remonter jusqu'au monde
pré univers. Dans cette sorte de vide ou ni la matière ni l'espace n'existait (sous sa forme matérielle).
De nombreuses théories imaginent l'avant
big-bang, il
y a 13 ou 14 milliards d'années.
Pour simplifier
notre analyse nous nous appuierons sur un des postulats scientifiques. Les particules élémentaires
composant l'univers, disent certains scientifiques, préexistaient « virtuellement » avant
la naissance du monde.
De l'avant big bang à l'extase
Avant l'univers, un monde virtuel
Avant l'univers nous disent les scientifiques, s'agitaient des particules élémentaires virtuelles dans un lieu vide d'espace et de temps. Ce monde pré univers, rempli de « particules
virtuelles et immatérielles », serait le « producteur »
de notre univers.
Ce monde contenait donc forcément
(virtuellement ou potentiellement parlant), l'ensemble
des choses présentes aujourd’hui dans l'univers.
L'origine de l'esprit se situerait donc
dans le monde immatériel pré big bang.
Comme
avant le big-bang, tout était immatériel, et
comme la seule chose immatérielle connue, c'est l'esprit (ou tout du moins les idées créées par l'esprit),
nous pouvons en conclure qu'avant le big bang, l'esprit
seul existait.
L'esprit comme principe créateur
Avant le big-bang un esprit existait.
-
Cet esprit initial est à l'origine
de notre esprit actuel.
-
Cet esprit initial était
capable d'intention (son intention a mis en œuvre l'univers).
-
Cet
esprit avait l'intention de créer l'univers.
-
Cet esprit initial avait
l'intention d'engendrer un univers
évoluant vers « quelque chose » (puisqu'il
l'a créé en expansion).
- Cet esprit avait
l'intention de
faire exister le vivant (puisque tout ce qui existe à présent était potentiellement
possible dans cet esprit premier).
-
Cet esprit avait également
l'intention de placer son essence au sein de la matière, de mettre au cœur des choses sa propre
immatérialité.
L'esprit initial avait l'intention de faire piloter la matière
par cet esprit.
-
Cet esprit premier avait
l'intention d'évoluer puisqu'il a conçu un système
dans lequel l'esprit évolue sous l'action de « l'évolution du vivant vers un esprit supérieur ».
-
Et enfin, cet esprit
premier avait l'intention de faire évoluer l'esprit incarné jusqu'à son
plein épanouissement, puisque l'humanité évolue vers la béatitude, l'extase, le nirvana.
Une autre façon de le dire
À partir de lui-même, l'Esprit prè-big-bang a généré une forme double.
- D'un coté le monde
matériel (la matière,
les choses, les corps),
- De l'autre le monde immatériel (l'esprit, l'onde, les idées),
Le tout formant l'univers.
-
Après le big bang, l'esprit
initial, revêtu de
matière (ou plus précisément revêtus de lui-même, sous forme de matière), s'est développé. Ce qui a donné l'expansion
de l'univers. Cette expansion a engendré la terre, puis le vivant
et l'homme. Avec l'homme il poursuit sa progression vers « l'esprit
supérieur incarné ».
Il y a donc une relation directe entre l'Esprit premier, (l'esprit avant le big bang), l'esprit
ordinaire (l'esprit animant la matière), et l'Esprit
incarné à son
plus haut degré (l'esprit de l'extase).
De la nature de Dieu
De l'esprit
de dieu, Ã l'esprit de l'extase
Il y a donc une relation entre l'Esprit virtuel (le principe créateur) et l'esprit
incarné en son sommet (l'extase).
La "nature intime" du principe créateur, reste la même tout au long du processus d'expansion
et d'incarnation.
Au début, dans l'espace pré-big-bang, le principe créateur « existe » sous
forme d'immatérialité pure, sous forme de virtualité.
Cette « immatérialité », fabrique à partir d'elle-même
un vêtement, ou plutôt un véhicule : la
matière. La matière est une des formes de l'immatérialité,
grâce à laquelle ce principe créateur va évoluer (l'expansion).
Le principe créateur évolue
dissimulé dans la matière qu'il a créée.
L'expansion engendre ensuite la terre. Puis un nouveau palier : le vivant, à l'intérieur
duquel l'esprit initial (Dieu) poursuit sa montée vers « un esprit supérieur incarné ».
Vêtu de ce véhicule biologique, l'esprit
crée et monte à travers les espèces. Il évolue ainsi jusqu'à l'espèce humaine. L'esprit de l'espèce humaine est lui-même en évolution. Il se dirige vers sa perfection : la béatitude, l'extase, le nirvana. Cet état supérieur de
l'esprit incarné « offre » à l'esprit originel, l'auto
compréhension (l'intelligence) et l'auto
satisfaction
(l'extase), pour reprendre des termes de Michel Henri.
L'esprit originel a créé la création pour se comprendre pleinement et se jouir pleinement. D'où cette montée progressive : big-bang, expansion, apparition de la Terre, apparition du vivant, incarnation de l'esprit à l'intérieur du vivant, évolution de cet esprit jusqu'à l'extase.
L'humanité a
donc plusieurs vocations. Révéler
le monde, le porter à la compréhension. Mais aussi
se libérer de tous les « outils » d'évolution
(désir, tendances, pulsions, temporalité etc.)
pour incarner la pureté même de cet esprit premier,
incarner son essence fondamentale.
Prouver dieu par l'extase
Comment qualifier le principe créateur
Si donc l'Esprit initial (Dieu), « est » l'essence
de l'extase, en nous appuyant
sur les commentaires rapportés par les pratiquants (ascètes, saints, sage), nous
pourrons alors déterminer la nature
intime de cette essence. Nous pouvons comprendre la nature intime de Dieu.
Évidemment, à ce point là de notre analyse, nous
rencontrons forcément un problème de qualificatifs.
Nous sommes en effet obligés de quitter les terminologies
qu'utilise la science pour décrire
la « forme immatérielle » de
la matière. Celle-ci en effet, emploi des termes incapables de rendre compte d'une quelconque dimension intime de l'immatérialité. Parler de quarks et de neutrinos, de champ quantique ou d'atome, nous renvoie à un vide vide, un vide sans caractère ni caractéristiques capables d'établir une relation avec son ultime création : l'homme.
Et comment des quarks, des neutrinos, vides de toute dimension sensible, auraient-ils pu engendrer notre esprit supérieur ?
C'est pourquoi selon nous, ces particules élémentaires, ce monde immatériel renferme à l'intérieur de lui-même la dimension absolue de l'amour.
Autrement dit, l'esprit immatériel à l'origine du big-bang portait en son sein tout le nécessaire de la création y compris la béatitude, l'extase, qui est la sensation, ou plutôt l'incarnation de « l'Amour
absolu ».
Autrement dit encore, ce que nous appelons quarks, neutrinos, est en réalité l'essence absolue de l'amour.
L'amour absolu
(Or, sache-le ! Il y a effectivement dans le cœur (qalb) de l'homme un oeil (ayn) qui possède cette sorte de perfection. On l'appelle tantôt intellect (aql), tantôt esprit (rûh), tantôt âme humaine (nafs insânî). Laisse de côté la question de ces différentes dénominations, qui font croire aux gens peu clairvoyants qu'elle s'applique à des réalités multiples ! Al-Ghazâlî vers 500 de l'hégire)
Mais comment représenter notre conception de l'amour
absolu ? Et comment satisfaire le monde scientifique avec une telle dénomination
?
- Si l'on choisit des terminologies pragmatiques comme « vide
quantique », « particules virtuelles » ou « cordes » par
exemple, on perd la dimension spirituelle et sensible de cette « substance
absolument infinie » (pour reprendre la description
se Spinoza).
-
Si l'on choisit des termes spirituels
ou sensibles tel que "Dieu", "Esprit premier", "amour absolu" etc., on se coupe
de la rationalité,
de la science, et du réalisme.
Il faudrait pouvoir mélanger les deux (amour-quarks, Dieu-cordes
etc.). La physique quantique semble d'ailleurs évoluer
dans ce sens lorsqu'elle défini la nature intime des quarks avec du vocabulaire sensible (couleurs, charmes, etc.)
Notre prétention étant moins scientifique que spirituelle,
nous avons choisit de qualifier la nature
intime de l'essence originelle, sous le terme : « amour
absolu » (l'attribut nous semblant en effet correspondre
le mieux à la sensation procédant de l'expérience
extatique).
Philosophie et extase
Esprit premier et champ de particules virtuelles
Nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos
mains, nos yeux. Jean Jacques Rousseau
L'Esprit
premier correspond au « champ
de particules virtuelles », aux « quarks », aux « cordes » des physiciens, à « Dieu, yahvé Allah, Brahman »,
des spirituels, et aux « principe premier, Un » des philosophes.
Il s'agit pour nous d'un principe immatériel a l'origine
de tout et comportant tout.
Ce principe crée l'univers matériel. Évolue
en son sein. Crée la vie. S'y incarne. Et vise à s'émaner
de façon absolue, autrement dit dans la sensation
pure de l'amour, dans l'extase béate.
L'amour, moyen de « synthèse » de « conciliation
paradoxale », est bien « sens de l'univers,
sens du tout » dit Teilhard de Chardin
Si l'esprit
premier a évolué progressivement jusqu'à l'esprit
humain,
Si, grâce au travail considérable de l'humain,
il a acquis les moyens de comprendre son sens, son but et bientôt
sa réelle nature,
Si, comme nous le croyons ici, cet esprit
initial n'a de cesse d'évoluer vers la « béatitude »,
le « nirvana », le « bonheur absolu »,
Et
si cet état extatique correspond à la hauteur
indépassable de l'esprit incarné : s'émaner et se comprendre devient
la quête profonde de cet esprit premier.
J'étais un trésor caché et je n'étais
pas connu. Or, j'ai aimé être connu. Je créais
donc les créatures afin que je me fasse connaître à elles,
alors elles me connurent. ( Ibn Arabi : Le traité de l'amour
)
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