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  • amour atome

X, l'inconnu, Dieu

En quête de X

le tintoret, le paradisDe sa main droite, il (Dieu) touche de toutes parts aux extrémités de l'Océan, et la terre roule sous ses pieds. Orphée

Le désir de découvrir l'inconnu

X en algèbre, est le symbole littéral d'une inconnue. Signe idéal donc, pour accueillir toutes les définitions du principe à l'origine du monde.

X équivaut au vide quantique dont parlent certains physiciens.
Il équivaut également au dieu des spirituels.

Nous voici arrivé au terme de ce chapitre.  

La page précédente nous a offert l'intime conviction qu'il existe une essence à l'origine de l'univers.

Une essence dont la nature intime se définirait comme étant de : « l'Amour absolu ».

  • Ce monde pourrait-il d'ailleurs, ne pas avoir de principe créateur à son origine ?
    Pourraient-ils ne pas avoir de sens ?
  • Pourrait-il s'être créé sans intention initiale ?
  • Un tel univers pourrait-il être issu d'un vide absolu et sans dessein ?
  • Un monde en évolution n'a-t-il pas forcément une orientation donc un sens ?
  • L'expansion de l'univers ne recèle-t-elle pas en elle-même les fondements du sens ?
  • L'humanité pourrait-elle avoir un sens, si l'univers n'en a pas ?
  • Le sens de l'humanité peut-il être détaché du sens de la création de l'univers ?

Voila le genre de questions soulevées par la vision nihiliste du monde.

« La création est de la part de Dieu un acte non pas d'expansion de soi, mais de retrait, de renoncement. Dieu et toutes les créatures, cela est moins que Dieu seul. » Simone Weil

Sens de l'humanité, sens du monde

Dieu existe-t-il, a t-il un but ?

Le coeur de l'amour 2 Oeuvre sur papier de Jean Marc TonizzoL’étranger :
Pour le philosophe, c’est dans quelque endroit semblable que nous le trouverons maintenant et plus tard, si nous le cherchons. Il est, lui aussi, difficile à voir en pleine clarté; mais la difficulté n’est pas la même pour lui que pour le sophiste. Platon

La science définit la création comme l'action de produire une chose par une combinaison originale d'éléments préexistants.

La forme créée est donc potentiellement présente avant sa création.

Sartre n'a donc pas raison d'écrire : « Si le sens du monde n'existe pas, c'est qu'il est à construire ! ». Il vaudrait mieux dire : le sens du monde existe, il suffit de le trouver.

Autrement dit : tous les éléments permettant de comprendre le sens du monde son présent dans le monde. Ces éléments doivent simplement être repérés et rassemblés.

Et d'une certaine façon, le sens de l'évolution du monde valide cette idée (vide quantique, big bang, expansion, création de la terre, naissance du vivant, évolution de ce vivant vers un esprit supérieur).

Le sens du monde existe mais la destinée et la motivation du principe créateur restent à déchiffrer.

 

Rien ne se crée ...

zenonRien ne se perd, tout se transforme ...

La division d'une quantité quelconque de matière en quantité toujours plus petite, si elle ne connaît pas de limite, ne peut mener qu'au rien écrit zenon ... Il appartient à la science de définir tout les attributs qui caractérise ce « rien ».

Nous ne créons rien qui ne soit potentiellement présent.

L'heliocentrisme

Copernic, Kepler et Galilée, n'ont pas fait tourner la terre autour du soleil. Ces astronomes ont « simplement » mis en lumière l'heliocentrisme, à un moment propice. À un moment de l'histoire humaine où tous les éléments nécessaires étaient rassemblés.

La pénicilline

C'est la même chose pour toutes les découvertes.

Par exemple, avant l'homme, tous les constituants de la pénicilline étaient présent sur terre. Mais il manquait la capacité de l'exploiter. Ces éléments existaient déjà dans l'Antiquité et au Moyen Âge. Mais il manquait aux Grecs et aux médiévaux certaines connaissances pour l'exploiter.

Fleming lui, placé au bon moment et au bon endroit, la découvrit.

L'automobile

Idem avec l'automobile. Les voitures actuelles sont le résultat d'une chaîne d'inventions successives. Une suite de découvertes remontant à la maîtrise de la roue, du fer et du feu.

Il est impossible de construire une chose qui n'existerait pas à l'état latent.
Il est également impossible d'élaborer une chose avec des éléments absents de l'univers.
Créer une chose sans qu'elle soit potentiellement possible, est irréalisable.

Apprendre à lire le sens

N'en déplaise au philosophe existentialiste, le sens de l'univers doit donc être potentiellement présent pour « le construire ». Dans ce cas-là, nous devons parler de « révélation », non de « création ».

La phrase de Jean-Paul Sartre est représentative du sentiment occidental de toute-puissance. Un sentiment dont on peut déjà percevoir les racines dans la pensée de Descartes. Sous un certain angle, il s'agit d'une vision nihiliste. Elle fait de l'homme la seule puissance de l'univers.

Entre deux hommes qui n'ont pas l'expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près. Simone Weil.

L'égocentrisme occidental

Cette période d'égocentrisme scientifique est certainement nécessaire pour dépasser l'égocentrisme religieux. Seulement, elle conduit nécessairement à l'absurde. En plaçant la création avant le créateur, l'existence avant l'essence, elle ferme l'horizon.

C'est un peu comme si nous voulions transformer un nouveau-né en adulte sans passer par l'enfance.

Comme si l'individu s'octroyait la paternité de sa naissance  au lieu de l'attribuer à ses parents (comme dans le mythe de Platon).

 

Philosophie et bon sens

Croyants et matérialistes

Le coeur de l'amour, oeuvre sur papier de Jean Marc TonizzoLe printemps qui se couronne de fleurs nouvelles et qui se pare de ses brillantes couleurs, est une création de ta volonté comme également l'hiver avec les nuages glacés qui l'environnent

Majoritairement, l'humanité croit en un principe créateur.

La plupart des êtres humains envisage intuitivement un sens au monde. La majorité des hommes estime l'univers né de quelque chose.

Dans cette majorité, deux groupes se distinguent : Les pragmatiques et les spirituels.

Physiciens, philosophes et religieux

  • Les pragmatiques étalonnent leur point de vue sur les théories scientifiques du moment. Actuellement, la théorie quantique semble la plus en vogue. Cette théorie parle d'une sorte de vide créateur à l'origine de l'univers. Un vide vivant et bouillonnant d'énergie. Un vide rempli de particules et d'antiparticules. (Trinh xuan Thuan).
  • Pour les spiritualités, il existe également quelque chose à l'origine de l'univers. Les monothéismes affirment qu'il s'agit d'un identité divine (dieu). Et pour les philosophies asiatiques, un vide divin et créateur.

La différence entre scientifiques et spirituels, repose sur la nature intime de ce principe créateur. Les monothéismes accordent des qualités sensibles à cette « chose ».
Ils ne la considèrent pas comme « une simple trace dans un accélérateur de particules », mais comme une puissance d'amour.

Les termes pour le qualifier sont d'ailleurs représentatifs de ce point de vue. Dieu, yahvé, allah, mana, braman, est un être suprême, un principe transcendant, un acte pur. C'est le bien absolu, l'innommable, l'un, la vérité suprême. C'est encore la lumière, le verbe, l'essence, l'énergie primordiale, la connaissance, la pure conscience ou l'amour pur ...

L'ascète, le scientifique, le théologien, le philosophe

  • Bien évidemment, les scientifiques sont tenus par leur discipline. Face à ce principe créateur invisible et incompréhensible, ils doivent rester pragmatiques.
  • Les théologiens comme les philosophes peuvent eux, ajouter une dimension à cette énigme. Ils piochent dans la science et les écrits mystiques, les éléments de leur réflexion.
  • Les expérimentateurs de Dieu quant à eux, sont à part. Toute leur attention est tournée vers l'expérience extatique.

Mais scientifiques, extatiques où religieux, travaillent à la même chose. Faire émerger cette puissance créatrice. En comprendre la nature, la logique et le but.

a/ L'ascétisme

Les ascètes, les grands mystiques font l'expérience directe du principe créateur. Une expérience intime, intérieure et sensitive. Bien souvent, après être parvenu à cette expérience transcendantale, il la communique au monde. C'est le cas pour Bouddha, Moïse, Jésus-Christ, Mahomet ... Mais également pour Plotin, Platon ou Spinoza.

b/ Les penseurs, les spirituels

D'autres cherchent à déchiffrer les significations profondes des métaphores proposées par l'ensemble  des religions. Ils veulent les rendre accessibles au plus grand nombre. Ce sont les théologiens, certains philosophes et vulgarisateurs de la science, etc.

c/ Les scientifiques

Et d'autres enfin, cherchent à déterminer de façon scientifique, la nature de ce principe créateur. Ils traquent sa présence au sein de la matière et du monde phénoménal. Progressivement, ils avancent vers le cÅ“ur mathématique de la création et ce sont les physiciens.

 

Physiciens, philosophes, ascètes

La solution est dans l'union

Il n'y a que l'Un, le multiple n'est que représentation mentale.Nagarjuna.

Nous ne savons pas aimer Dieu parce que nous ne savons pas que Dieu nous aime. Et nous ne savons pas que Dieu nous aime, parce que nous ne l'aimons pas. Tel est le cercle vicieux auquel la révélation essaie de nous arracher. M - D . Molinié

Il y a donc 3 façons de s'occuper du principe créateur.

  • Ceux qui en font l'expérience intérieure et personnelle. Ce sont les ascètes, les mystiques, les prophètes. Certains d'entre-eux tentent de le transmettre à l'humanité.
  • Ceux qui cherchent à en donner une explication raisonnable (les philosophes et les théologiens).
  • Et ceux qui veulent déterminer sa nature et sa présence de façon matérielle (les physiciens).

A mon sens, la clé est dans la réunion de ces trois « techniques ».

Les questions seront donc : qu'est-ce qui a créé l'univers ? Qu'est-ce qui a créé la terre, le vivant et l'humanité ? Quelle est sa nature ?

Pour les spirituels

Pour certaines spiritualités et philosophies, les réponses sont simples. Dieu a créé l'univers. Sa nature est un absolu positif. Un absolu d'amour, de bonheur, de joie, de bonté, de justice, de félicité, de pureté, de vérité, d'équilibre etc. On peut condenser toutes ces qualités dans le terme : « Amour absolu ».

Les religions occidentales affirment : dieu est Amour absolu.
Pour les spiritualités orientales, le principe suprême est également un absolu. Un absolu de justice, de joie, de conscience, de vérité, etc..

Pour les physiciens

Pour la physique quantique, il s'agit d'un champ d'énergie potentielle qui palpite irréductiblement.

Ce vide quantique est injustement qualifié de vide. Michel Cassé dit qu'il fut plein de tout ce qui était à naître. C'est un champ de particules virtuelles. Un champ de photons, de gluons, de quarks ect., indifférenciées et parfaitement symétriques.

La brisure de cette symétrie a créé l'énergie et la matière nécessaires pour construire l'univers.

Le champ quantique est l'état minimal de l'être. L'état d'énergie minimum (donc non nulle) du système des champs constituant le monde. C'est l'espace serein. Le repos invisible des champs. L'équilibre parfait. Autrement dit : « un espace immatériel d'énergie potentielle au repos, capable de créer notre espace matériel ».

Tout le travail consiste donc à relier ces points de vue.

 

Avantage au spirituel

A la jonction entre dieu et l'homme

Nous voyons que, par une grâce divine, toutes les choses ont en elles un désir spontané d'exister d'une meilleure manière. De Cusa

L'extatique, le scientifique, le théologien et le philosophe sont à la recherche du divin.

Aujourd'hui, les scientifiques négligent l'expérience extatique. Le potentiel de l'extase reste donc inexploité.

Seules la science, la théologie et la philosophie travaillent à cette recherche fondamentale.

Par nature, les propositions spirituelles, embrassent un espace supérieur à celui des sciences. Non seulement elles proposent des explications sur la création, mais également sur la destinée humaine (Cosmogonies, genèse, Apocalypse etc.).

Cela n'est pas le cas de la science. Tenue par ses dogmes, elle ne peut s'aventurer vers le religieux et l'extatique.

Une chose d'emblé paraît évidente.

La science peut démontrer la nature physique des particules élémentaires, ou la probabilité de leurs présences. Mais elle est incapable de dire si les photons, les gluons, les quarks ont une nature intime.

A titre de comparaison, si la physique quantique décrivait un être humain, elle le résumerait à ses atomes. À la somme de ses particules élémentaires. A ses déplacements, ses actions ou ses interactions physiques. Elle n'aurait aucun moyen de dire ce que ressent cet être humain.

Je pense qu'un jour les scientifiques libéreront la science de cette contrainte. Ils mettront au point des instruments capables de déterminer la nature intime de l'immatérialité.

À la philosophie de jouer

Pour l'instant, c'est à la philosophie d'essayer de réunir les choses. À elle de chercher l'endroit où se fait la jonction entre « l'énergie Amour » et la chair. Entre l'amour incarné par l'extatique et les particules élémentaires (Dieu).

Ce sera le but de notre prochain chapitre. Nous y verrons pourquoi la jonction entre dieu et ses créatures se produit dans l'esprit. Pourquoi encore, cette jonction est influencée par les différents niveaux de conscience.

 

 

 

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Friedrich Hölderlin

Dieu a créé l'homme comme la mer a fait les continents, en se retirant. Holderlin

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Mise à jour le 03/09/2010 - Paris
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