L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté. Friedrich Hegel
De la discorde naîtra la
concorde
Tout est difficile avant
d'être simple. Thomas Fuller
Tout arrive à l'existence, écrit
Héraclite, par la discorde et
la nécessité.
Nous pouvons le dire autrement : la DISCORDE fait partie des NÉCÉSSITÉS pour
créer ... pour faire arriver des choses à l'existence
...
Qui pourrait d'ailleurs contester l'influence des valeurs
primaires (AGRESSIVITÉ, DOMINATION, HAINE, etc.) dans l'évolution
humaine ?
Nous avons beau rêver une humanité de
CONCORDE et de PAIX, l'appeler de nos voeux, militer avec force
pour la
voir s'instaurer de notre vivant, une constatation s'impose :
malgré
une majorité humaine n'aspirant qu'à la
paix, à la fraternité et à l'universalité,
l'évolution symbiotique n'est pas encore à notre portée.
Obstacles à l'évolution paisible
Plusieurs choses font obstacle à la réalisation
d'une évolution paisible :
-
En Occident, c'est la manipulation dont
sont victimes les démocraties.
Le
SIMULACRE DÉMOCRATIQUE dans lequel nous baignons, (malgré tout, préférable aux autres systèmes)
ne permet pas au peuple, pourtant souverain, de choisir sur
des sujets aussi graves que la guerre.
Et ainsi, par quelques manipulations
grossières, certains pouvoirs parviennent à faire admettre l'inadmissible à leur
population.
En marginalisant la parole citoyenne, en subtilisant les
médias au
peuple, en les transformant en instruments de propagande,
et en décridibilisant les opposants, ces « puissants »,
parviennent à imposer
leur désir de guerre aux gens ordinaires dont le véritable intérêt serait
la paix. D'ailleurs, après chaque guerre, le peuple se rend invariablement compte
qu'il a payé, paye et payera la majorité des pots
cassés.
-
Dans le monde émergeant,
les violences résultent bien souvent du retard
démocratique.
En effet, beaucoup de pays émergeants, fonctionnent
aujourd'hui encore, sous des régimes monolithiques, dictatoriaux,
claniques ou oligarchiques (et l'Occident
a bien souvent, une part de responsabilité dans
le maintien de ces systèmes), et quand ce sont des
démocraties, certains dirigeants refusent tout simplement
l'alternance démocratique.
En restant sur ces modèles archaïques, ces pays
condamnent leur population à l'oppression et à l'arbitraire,
aux vieilles relations dominant / dominé,
maître / esclave, et aux vieilles réactions émotives.
- Un troisième
point sert d'obstacle à la réalisation
de la paix ... c'est la faiblesse de l'ONU.
Tant qu'une autorité juste, suprême
et UNIVERSELLE, ne s'imposera pas à l'espèce
humaine, la valse des empires DOMINANTS, et de leurs inévitables
PRÉTENDANTS,
ne cessera de se jouer.
Nostalgiques des vieux empires
sans
en comprendre la position instable et l'implacable finalité,
certaines puissances continuent à vouloir s'imposer
comme « maître » de l'humanité.
Ce
faisant, non seulement elles sont, en décalage avec l'époque,
et avec le PEUPLE (aspirant à la paix),
mais elles gênèrent naturellement des envieuses, donc des PRÉTENDANTES,
parmi les puissances émergeantes.
Cette compétition violente
entre dominant et prétendant, empêche l'émergence
de nouvelles formes d'évolution plus en cohérence
avec notre conscience, des évolutions qui parleraient de SYMBIOSE,
de PARTAGE, de MUTUALISME, de COMMENSALISME etc.
Ce type d'évolution instinctive et bestiale, stimule,
les coups bas et les climats d'espionnite (qui sont, comme
l'a très
bien saisi Kant,
des obstacles majeurs à toute
paix perpétuelle).
- Et enfin, il y a l'insociable sociabilité de l'être
humain. Le loup que peut être l'homme
pour l'homme ( Hobbes), le vieux refrain du MAÎTRE
et de L'ESCLAVE ( Hegel ),
la nature humaine
avec toutes ses contradictions et ses faiblesses.
Même si, comme nous l'avons vu plus haut, le peuple
a tout intérêt à la paix, même
s'il est, par nature, plus paisible que les dominants, il
est également plus naïf et plus facilement influençable.
Il suffit qu'une force perverse et manipulatrice, parvienne à s'imposer
et à stimuler la part perverse, inhérente à la
plupart d'entre-nous (comme les Romains ont su le faire en
institutionnalisant
le sadisme aux arènes, voir Saint
Augustin ), pour trouver, par exemple, assez de voix
favorables à la
guerre, y expédier une partie du peuple, pendant
que l'auoui
- tre doit se salir l'âme, à la soutenir ou à se taire.
Si nous voulons dépasser ces obstacles, la première
des choses a faire, est d'éclairer les instruments invariables
utilisés par
la PERVERSION pour pousser l'humanité à choisir la violence
et l'asservissement, comme forces d'évolution.
Cette étape, psychopathologique, n'a
pas encore été réalisée.
C'est pourquoi nous ne comprenons toujours pas les mécanismes
qui ont permis à un
Hitler de se hisser aux commandes, malgré le fait qu'il ait
décrit
l'ensemble de ses projets criminels à venir, bien avant
de les avoir commis.
C'est encore à cause de cette incompréhension,
que nous parlons de culte
de la personnalité à propos de Staline, alors que nous devrions
parler de
PATHOLOGIE NARCISSIQUE.
a/ Du culte de la personnalité
Nous confondons CHARISME NATUREL et manipulation. L'homme, est
naturellement porté à vouer un culte aux personnalités
cohérentes avec les valeurs du moment. A l'époque de la HORDE SAUVAGE dont parle Freud, ou encore à celle des EMPIRES POLYTHEISTES comme chez les Grecs et les Romains, c'etait les guerriers aussi impitoyables que leurs dieux, qui étaient vénérés (comme on peut le lire dans l'iliade par exemple). Par contre, depuis la naissance des MONOTHEISMES et de leur concept d'un DIEU universel, juste, bon et plein d'amour, ce sont les êtres humains incarnant le plus ces valeurs qui sont naturellement choisis par les peuples. C'est pourquoi, les prophètes que sont Moïse, Bouddha, Jesus, Mahomet, restent dans le coeur de milliards d'êtres humains depuis des millénaires. C'est également pourquoi, les personnages alimentant
l'humanité en valeurs progressistes tels que Ganhdi, M.L.King, soeur
Therésa, l'abbé Pierre etc., s'imposent sans forcer, dans le coeur du peuple.
Ces personnalités hautement charismatiques, ne sont nullement
narcissiques. Elles sont vénérées pour
leur grandes valeurs morales et humaines ou leur force critique,
et ne travaillent jamais à leur culte. Celui ci vient naturellement
et parfois
bien après
leur
existence.
b/ Le culte selon
la perversion narcissique.
Il en va tout autrement du culte de la personnalité imposé par certains dictateurs. Celui-ci est entièrement construit et manipulé. Il est l'oeuvre d'une
propagande trompeuse car ces
personnalités narcissiques, n'ont aucune des qualités
morales qui permettent aux grands
Hommes d'être naturellement aimés.
Ils ne sont pas des attracteurs positifs, ne sont animés ni de
bonté, ni de morale, ni de courage (Hitler écrit en
1930 : qui veut être chef porte l'autorité la
plus absolue mais aussi la dernière et la plus
lourde des responsabilités. Qui est incapable,
ou trop lâche pour accepter les conséquences de
ses actes, ne vaut rien comme chef et se suicide pour
ne pas assumer ses responsabilités). Ces personnalités, sont du coté des
valeurs archaïques, du coté des puissants, de l'injustice, de
la manipulation. Pour s'affirmer, elles sollicitent la part perverse présente chez l'homme, brouillent son regard, manipulent ses exaltations, et musellent toute
critique. S'il est vrai qu'un
peuple a le chef qu'il mérite, c'est seulement lorsque le peuple,
n'est pas manipulé ...
c / Le culte selon le marché
Solliciter le coté pervers, brouiller son regard, manipuler ses exaltations, et museler toute critique à son encontre, voilà exactement le mécanisme utilisé par le marché pour conduire le peuple au culte de ses objets (luxes, chanteurs, acteurs,
argent, jeux , etc.)
Être et devoir être
Nous cherchons toujours à jeter un
pont entre ce qui est et ce qui devrait être ;
et par là donnons naissance à un état
de contradiction et de conflit où se perdent toutes
les énergies.
Jiddu Krishnamurti
La
contradiction est la racine de tout mouvement, et de toute
manifestation vitale ; c'est seulement dans la mesure où elle
renferme une contradiction, qu'une chose est capable de mouvement,
de manifester des tendances ou impulsions. Hegel sciences
de la logique.
Une sorte de déséquilibre équilibré,
semble caractériser le psychisme de l'homme constructeur.
Une tension permanente entre INSTINCT et CONSCIENCE, PULSION
et RAISON, entre ESPOIR et DOUTE , QUIÉTUDE et ANGOISSE,
baigne l'évolution humaine.
Cette tension est le fruit de la lutte que se livrent nos pulsions d'origines animales, et les interdits de notre nouveau statut d'Homme. Elle résulte de notre condition D'HOMOS-SAPIENS, à cheval
entre l'animal que nous étions et l'humain sage que nous
sommes en train devenir.
Notre déséquilibre psychique, provient de cette
difficile métamorphose. C'est la douloureuse transformation d'un
primate naturel, exprimant instinctivemenhihit ses pulsions et son agressivité, en un
être humain obligé de les réfréner,
de les anéantir, ou de les adapter aux codes de la société.
Cette compression des instincts naturels, engendre chez l'homme
une quantité de pathologies - schizophrénie,
névrose, psychose, narcissisme etc.
Pathologies
Nous
sommes tous, l'heureux propriétaire d'un ou plusieurs, de ces
troubles psychiques.Ll'analyse qui va suivre, n'a rien de spécialiste.
Pour schématiser notre démonstration, nous sortirons certains termes scientifiques de leur significations classiques. Nous parlerons par exemple de pathologie, à propos de la majorité dite normale,
de la société humaine
active et normalement adaptée au monde.
Nous allons alors schématiser ce monde dit NORMAL,
en deux groupes.
1/ D'un coté le monde névrosé, fortement imprégné
d'interdits, d'éthique, de morale et de valeurs humaines universelles (respect d'autrui, égalité,
fraternité, entraide, partage etc.). il compose la plus grande partie humaine.
2/ De l'autre le monde narcissique, fortement imprégné
par les valeurs liées au POUVOIR
(élitisme, égoïsme, clanicité, mépris des faibles, domination, etc.). Il représente une minorité humaine.
Ces deux mondes, sont essentiels pour la construction de l'humanité.
1 / La névrose
La névrose résulte du conflit entre le désir d'exprimer
sans contrainte ses pulsions (agressivité, domination,
sexualité) et la puissance de ce qui les interdit
(MORALE, ÉTHIQUE, EMPATHIE, LOI). C'est la pathologie la plus fréquente et
la plus cohérente dirons-nous, avec
l'évolution et les valeurs humaines.
En effet, lorsque le névrosé est soumis à ses pulsions primaires
(désir d'abuser autrui, de thésauriser les richesses, les pouvoirs etc), il accepte d'obeir à l'ensemble des règles humaines qui préconisent de ne pas le faire. Autrement dit le névrosé, préférera
se frustrer plutôt que transgresser
la morale humaine (je réprime mon agressivité envers
quelqu'un même si cela doit me causer un ulcère).
Dans
la névrose, le résultat de ce conflit est à l'avantage
des règles
humaines, donc à l'avantage de la logique évolutive
de l'humanité.
Immergé dès la plus tendre enfance, dans un tissu
de valeurs idéales, abreuvé dés le plus
jeune âge de comportements parfaits, éthiques et moraux,
la plupart des êtres humains, ont une sorte de perfection
de conduite comme point de mire. Cet idéal a atteindre se heurte à notre réalité quotidienne. Nous sommes tous des créateurs quotidiens de petits péchés
véniels,
de petits coups bas, de médiocrité envers nos semblables. Cette réalité peu glorieuse, se heurte à notre
idéal et produit en nous un tiraillement entre ce que
nous sommes et ce que nous voudrions être. Pour la plupart d'entre nous, ce tiraillement
est à l'origine
de certains maux (sentiment de culpabilité, remords,
regret, angoisse). Ces maux en réalité sont tout à fait positifs. Ils nous obligent à nous
bonifier progressivement, à améliorer en permanence
notre conduite.
2 / Le narcissisme.
Tout ce qui existe sur terre est nécessaire, le NARCISSISME aussi. NARCISSISME et NEVROSE sont très importants pour l'évolution humaine, ils construisent le monde et perfectionnent progressivement l'humanité.
Au niveau de l'évolution générale de notre espèce, tous les êtres humains ont la même valeur.
Tous les individus qui naissent sur cette terre ont
la même importance fondamentale.
Ceux qui ont une forte propension à aider leurs semblables, comme ceux qui ont une forte propension à les abuser.
Les deux types de caractères, sont donc nécessaires et ont la même importance.
S'ils ont la même importance, on ne devrait pas pouvoir, en principe, juger leur conduite.
Seulement, pour améliorer la société, l'homme doit juger ses actes et ceux d'autrui.
Pour évoluer, nous devons prendre position entre le BIEN et le MAL, entre la générosité et l'égoïsme, la clanicité et l'universalité, l'humilité et l'arrogance, etc.
Si nous adhérons aux VALEURS HUMAINES, nous devons choisir une position cohérente avec ces valeurs. Nos valeurs humaines, comme nos lois humaines, nous engagent à choisir le bien plutôt que le mal, l'entraide plutôt que l'égoïsme, le respect plutôt que l'abus, etc.
C'est pourquoi, nous pensons l'état d'esprit névrosé (incapable de quitter la morale humaine), plus en cohérence avec l'évolution humaine que celui du narcissique (capable lui, de la transgresser). Et c'est pourquoi également, il est nécessaire de critiquer certains actes et comportements induits par le narcissisme.
A la différence du névrosé, le NARCISSIQUE lorsqu'il est soumis à ses pulsions primaires (mépris du faible, désir d'abuser autrui, de thésauriser les richesses, les pouvoirs etc), cherche à les assouvir.
Si les pathologies délinquantes, vont assouvir leur pulsions en contrevenant à la loi, le narcissisme, cherchera à les accomplir tout en restant dans la légalité.
Logique de l'évolution
Le conflit est
la mouche du coche de
la pensée.
Il stimule l'observation et
la mémoire.
John Dewey
Pour
transformer un animal soumis à ses instincts,
en un humain maître de ceux-ci, une seule
méthode semble possible ; celle que nous réalisons.
En effet, pour faire l'économie de la part que nous pourrions
appeler négative de l'évolution, autrement dit, la violence, le vol, la perversion,
la guerre, etc.,
ils aurait fallu que nous possédions dés la création de notre
espèce, une CONSCIENCE performante,
des LOIS abouties, une EDUCATION parfaite, des VALEURS HUMAINES
supérieures et bien saisies etc.
Seulement, toutes ces facultés, ces notions,
ces valeurs, se sont constituées progressivement. Elles sont nées
de la maîtrise progressive
de nos PULSIONS et de nos INSTINCTS.
L'humanité ne pouvait donc se construire autrement
que comme elle s'est construite.
Durant toute cette
période
d'élaboration, L'HOMME CONSTRUCTEUR se retrouve donc tendu
entre ce qu'il voudrait
être et ce qu'il est, entre l'idéal et la réalité. Cette lutte entre les deux types d'énergie,
est le véritable moteur de l'humanité.
Pendant toute la période de l'humanité INCONSCIENTE, ce conflit profond, cette INSATISFACTION congénitale, ces PULSIONS primaires et égoïstes, ce désir d'avoir mieux qu'autrui, ce désir de
DOMINATION, ont été de puissants moteurs de construction.
En engendrant de multiples maux, cette énergie pulsionnelle, stimule l'énergie positive inverse, elle dope des valeurs idéales de justice, d'égalité,
de fraternité, de partage etc ...Je me voyais déjà, en
haut de l'affiche ...
Aznavour Et grâce à l'interdépendance des mécanismes humains, cette
lutte est à l'avantage des
valeurs idéales, exaltées par le plus grand nombre, et donc au
détriment des valeurs égoïstes et agressives contre lesquelles
l'humanité ne cesse de travailler.
Progressivement, nous entrons dans le monde de l'évolution consciente. Grâce à la psychologie, à la psychanalyse, et à ses multiples initiateurs, en commençant par Freud, nous commençons à entrevoir la possibilité d'une évolution consciente et sereine. Certes ce n'est pas encore pour aujourd'hui, mais l'humanité prépare lentement et sûrement ce terrain ...
Des milliers d'années de pressions et de contraintes
sur les pulsions transgressantes,
ont été nécessaire pour extirper l'homme de la nature et en faire
ce qu'il est. Un certain temps (pour rendre hommage à Fernand), de compression,
semble encore nécessaires, avant la pleine juxtaposition de la PRATIQUE HUMAINE sur la THEORIE HUMAINE.
Une fois cet assemblage accompli,
l'homme aura finalisé
un des trois volets de sa perfection, celui
de son comportement.
Pour résumer :
La compression
progressive de certaines PULSIONS (contraires aux
valeurs humaines), participe à la
pacification progressive de l'homme. Elle déprogramme
progressivement dans le psychisme primaire, l'ensemble des instincts qui nous pousse
à nous affirmer au détriment de nos congénères. Devenir totalement respectueux d'autrui, voilà la finalité.
Nous étions des primates naturels, majoritairement instinctifs.
Nous sommes des hommes constructeurs,
oscillant entre
maîtrise et non-maîtrise de
nos instincts.
Et nous évoluons vers l'humain accompli, pleinement
maître de ceux-ci.
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