frustrations et inconscient
L'inconscient est une sorte de salle de cinéma
L'humanité est issue du monde des primates naturels.
Comme nos cousins singes, nous étions, à l'origine, soumis à nos instincts.
Le passage de l'animal à l'homme, a nécessité (et nécessite encore), la frustration de certains d'entre eux (tels que la prédation, l'agressivité, la domination etc.). Cette frustration est une nécessité mais également une douleur pour l'homme.
Afin d'atténuer cette souffrance, le cerveau a élaboré une zone de décompression : l'inconscient.
L'inconscient est une sorte de «salle de cinéma» destiné à faciliter
le passage de l'animal à l'humain.
De l'animal à l'homme
La
répression des pulsions animales
(celles qui entrent en contradiction avec les lois humaines), est une nécessité pour l'humanité.
Mais il s'agit d'une nécessité terriblement
violente pour l'homme.
Elle nous oblige
à réprimer des tendances et des désirs
profondément inscrits dans notre caractère.
Lorsque nous étions encore des primates naturels, nous laissions libre cours à toutes nos pulsions.
Le plus fort pouvait subtiliser les possessions d'un subalterne ou laisser s'exprimer son agressivité.
L'hostilité envers le clan voisin était naturelle et innée.
Certains individus thésaurisaient les privilèges sans qu'aucune loi ne puisse venir les en empêcher.
Toutes ces conduites ont été prohibé par l'humanité.
Le vol est puni.
La violence envers autrui aussi. Tout comme le racisme ou
la xénophobie.
Pourtant, il suffit d'interroger
l'intimité
de son esprit pour y rencontrer la présence de ces réactions
primaires. La convoitise, le désir de vengeance,
de domination, la crainte de l'étranger, peuvent apparaître
à tout moment dans nos cerveaux encore énigmatiques. L'homme a encore bien du mal à
réfréner ces vieilles réactions.
1/ Le rôle de l'inconscient
Pour pallier à cette frustration, une
faculté nouvelle s'est
développée dans le cerveau humain. Il s'agit de l'inconscient.
Ce mécanisme amortit en quelque sorte, la
violence des frustrations engendrées par nos « désirs contrariés ».
Cette faculté des profondeurs, permet de mimer, d'imaginer ou de rêver des actes contraires
aux valeurs humaines. Elle évite bien des passages à l'acte interdits.
L'inconscient participe donc également,
au grand mécanisme de compression des instincts transgressants.
Contraintes et psychologie
Du manichéisme à la psychologie
Dans l'humanité, la somme des interdits croît et la violence
des punitions décroît.
Dans les premiers temps de la civilisation, l'humanité utilisait surtout la cruauté, la violence et la terreur (torture, mise à mort cruelle...) pour forcer l'individu à contenir ses pulsions.
Le droit était arbitraire, injuste, partisan et favorable aux plus puissants.
L'arrivée des grandes religions fut sans doute, une bénédiction pour l'humanité.
En s'imposant au dessus des dominants guerriers, elles sont parvenues à contenir une partie de leur violence.
Elles ont élever le niveau conscience de l'humanité. Elles ont atténué le principe du châtiment corporel jusqu'à là, systématique. Elles l'ont dévier vers la culpabilisation morale (embryon de l'aveu), y ont ajouté la compassion (début de la conscience de la cause) et enfin la confession (début du soin psychologique).
2/ Naissance de la philosophie.
Dans le même temps, naissait la philosophie.
Son audace, sa conscience d'autrui et son goût pour la vérité, ont également travaillé à la
lente dévaluation de nos instincts violents. Cette autre
grande discipline spirituelle, nous a permis de comprendre certains mécanismes conduisant à la transgression. Son courage et son esprit critique ont forcé l'humanité à améliorer sa justice et le traitement des délinquants.
Tout au long de son histoire, la philosophie à oeuvrer pour une meilleure approche de la transgression. Ses réflexions sur la politique (Platon, Aristote), sur l'intimité de l'âme humaine (Saint Augustin), sur l'éducation (Rousseau), sur la psychologie (Freud) ou sur la condition des transgressants (Foucault), ont changé notre vision à ce sujet.
3/ De la psychologie
La période laïque et quelquefois nihiliste
à laquelle nous appartenons, continue (via le développement
de nouvelles sciences : sociologie, psychologie, éthologie),
d'humaniser le système de punition.
Le jugement civil
remplace peu à peu le jugement moral. Il débarrasse ainsi les archaïsmes et les hypocrisies de certains dogmes religieux. Pour le
droit, le délinquant n'est plus "mauvais",
mais pénalement responsable et punissable.
- La justice remplace peu à
peu la culpabilisation par la responsabilisation.
- La confession de la faute s'est
transformée en aveu et ne se fait plus au confessionnal
mais au tribunal. Elle se voit gratifiée d’allégement
de peine et de soin psychologique.
- La compassion est progressivement
remplacée par le concept de circonstances atténuantes.
Une véritable réflexion sur les causes réelles
de la délinquance est en train d'émerger (injustice sociale, carences éducatives,
valeurs imposées par la société).
Peu à peu, le psychisme humain sort de son narcissisme et s'ouvre à la bienveillance envers autrui.
Notre conscience a acquis la capacité de travailler
en profondeur, aux origines mêmes des transgressions. Elle tend progressivement
à se positionner avant le passage à l'acte. Elle commence à prévenir
au lieu de guérir.
Mais le travail n'est pas fini. Le rôle du délinquant n'est pas encore compris par l'humanité. C'est ce qui autorise nos sociétés à garder l'enfermement à ce niveau proche de la torture. Sous les « valeurs » stressantes du marché, le social, la compassion, l'analyse, l'empathie, la psychologie, ne trouvent guère de place. Mais l'ère de la toute-puissance du marché touche à sa fin. Et les grandes bases de la société humaine, referont alors surface.
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