philosophie naive du devenir humain

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Animal homme
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Introduction
De la cruauté humaine
Histoire des interdits
De la nécessité du hors-la-loi
Evolution par le négatif
Evolution n'est pas supériorité
Illusion d'évoluer vers le pire
Régressions nécessaires
Etre et devoir être
Un point de vue kantien
 

La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir, mais les maux présents triomphent d'elle. François de La Rochefoucauld

Ce n'est pas le monde qui va de plus en plus mal, mais notre sensibilité au mal qui progresse.

L'illusion d'évoluer vers le pire

 

Nous avons tous trop souffert, anges et hommes, de ce conflit entre le pire et le mieux. Verlaine  Pessimisme : Doctrine Saffirmant que le monde est mauvais ou que, dans la vie, le mal l'emporte sur le bien. Tendance ou disposition à ne voir que ce qu'il y a de mauvais dans le monde.

Pessimiste qui professe que, dans la nature dans la vie, le mal l'emporte sur le bien ; plus ordinairement, qui est porté à ne voir que le mauvais côté des choses. (Petit Robert)

L'HUMANITÉ EST VOUÉE À ATTEINDRE SA PERFECTION, telle est le thème de notre réflexion.

À l'opposé de cette vision optimiste de l'avenir humain, nous rencontrons bien entendu des points de vue différents.

  • Les uns voient l'humanité stationnaire, L'HOMME destiné à tout jamais à rester un LOUP pour l'homme.
  • D'autres nous imaginent, en RÉGRESSION vers le pire, vouée à notre propre destruction.

Sans disposer d'un sondage précis et en m'en tenant à ma seule expérience, je dirais que la majorité humaine situe sont point de vue du coté de l'optimisme.

Malgré les désastres engendrés par la vénalité de l'homme et la somme de peurs répandues par les médias, la foi en une évolution positive, semble plus naturelle à l'esprit humain que son inverse.

Pessimisme et philosophie

Le pessimisme est d'humeur ; l'optimisme est de volonté. Alain. Propos sur le bonheur

Les théories et les téléologies pessimistes, semblent relativement rares en PHILOSOPHIE.

Celles qui s'en approchent, non seulement contestent l'idée de Dieu, mais en plus, elles ne s'intéressent pas à la finalité de l'humanité.

Même les DOCTRINES ATHÉES, lorsqu'elles proposent une finalité à l'humanité comme le MARXISME, ou lorsqu'elles placent la responsabilité au coeur de leur réflexion, comme c'est le cas de L'EXISTENTIALISME, sont à ranger du coté des optimismes.

1/ Les sophistes.

Nous pouvons retrouver quelques formes de pessimisme dans certains points de vue SOPHISTIQUES.

En effet, pour certains sophistes, tout se vaut, le bien comme le mal et ainsi, la raison ne peut se reposer sur des réalités claires pour affirmer quelques vérités. Il n'existe aucun absolu, aucune vertu à enseigner. Il n'existe aucune norme universelle et intemporelle, pour guider l'action, aucun point d'ancrage solide pour éviter les visions absurdes du monde.

Ces arguments, dans une première pensée, paraissent incontestables. Il est en effet facile d'affirmer par exemple que parfois le bien fait du mal et le mal du bien. Mais en réalité, ils sont pervers et incomplets. En effet, si le bien et le mal sont indispensables à l'évolution de l'humanité (ce qui les rend équivalents dans l'absolu), l'homme a le devoir de choisir son camp et il a moralement l'obligation de choisir le camps du bien.

Certaines argumentations sophistes permettent tout simplement de justifier l'injustifiable. C'est l'instrument idéal pour normaliser, des conduites abusantes. C'est d'ailleurs l'outil privilégié de la perversion narcissique pour se justifier. Car en effet, s'il n'existe aucune norme universelle suffisamment indéboulonable pour guider nos actions, alors il semble naturel de valoriser les conduites primaires et abusives au lieu de privilégier les grandes valeurs humaines (et c'est ce que faisaient certains sophistes).

Pour la plupart des sophistes le pouvoir est une affaire de force et le bonheur une affaire de plaisir. En réponse aux valeurs de Socrate, la justice, la vérité, la raison, les sophistes prétendent « dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ».
« La justice est une fausse valeur, tout le monde sait que commettre l'injustice sans se faire prendre est une excellente chose. Ce qui est bon, simple et naturel, c'est l'exercice libre de sa propre force. Que les gros poissons mangent les petits, sans que les petits fassent honte aux gros. La loi pervertit les vraies valeurs de la nature et dans cette affaire la démocratie est pire que tout. »

Devant une assemblée d'enfants, le cuisinier qui flatte leur gourmandise l'emportera toujours sur le médecin qui fait appel à leur raison, Platon.
La vraie vie, l'excellence humaine, c'est de laisser libre cours à ses passions, de les vivre pleinement. De chercher toujours et partout le plaisir et sa maximisation. (Michel Puech ?)

Seulement, l'homme ne s'y est pas trompé.

Malgré quelques tentatives, compréhensibles mais désespérées, pour restaurer l'athéisme sophistique qu'ont entreprit quelques philosophes justement écorchés par certaines influences réactionnaires du spirituel, l'humanité semble, et en tout temps, préférer les pensées philosophiques favorables à l'idée de sens ( Socrate et Platon etc.),.

2/ de Montaigne à Nietszche

Du coté des pensées pessimistes, nous pourrions également citer le point de vue individualiste et sceptique de Montaigne et celui de Voltaire lorsqu'il s'oppose à l'idée leibnizienne selon laquelle tout est mieux dans le meilleur des mondes.

Certains aspects pessimistes peuvent être décelés chez Schopenhauer, chez Nietzsche ou dans l'existentialisme.

Schopenhauer et Nietzsche, présentent tout deux le monde comme VOLONTÉ. Leurs conclusions parviennent pourtant, sur deux rives diamétralement opposées.

  • Schopenhauer, désespéré devant une VOLONTÉ HUMAINE irrésistiblement décidée à s'affirmer aux dépens d'autrui, préconise l'anéantissement individuel de cette force instinctive. À l'image de l'HINDOUISME et du BOUDDHISME (à travers leur idée de nirvana) le philosophe de Dantzig, en propose la pure et simple extinction).
  • Nietzsche redoute au contraire de voir s'eteindre la volonté. Refusant sa propre sensibilité et l'introspection psychologique, il combat l'adoucissement des moeurs, exercé par le monde spirituel et l'essor de la psychanalyse, dans la société.
    Ce déni de lui même, le pousse à idéaliser la force, le dominant naturel, l'aristocrate guerrier, le système castique etc..
  • Si la VOLONTÉ DE PUISSANCE, (l'autorité des dominants) était, et est encore, sous certains angles, nécessaire pour construire, elle n'est pas une finalité. Elle est vouée à être progressivement remplacée par la démocratie, autrement dit, la souveraineté des dominés.
  • La Volonté de puissance génère du plaisir et non pas du bonheur. Elle est également à l'origine de toutes les souffrances endurées par l'humanité. L'homme aspirant avant tout au BONHEUR, la volonté de puissance est destinée à l'anéantissement. Derrière cet anéantissement, se tient la SAGESSE la PLEINE SPIRITUALITÉ - l'éveil bouddhiste dont parle Schopenhauer - la béatitude, l'extase.

Il faut simplement laisser le temps au temps.

En résumé, Schopenhauer a raison de situer le NIRVANA avec l'anéantissement des pulsions. Mais l'homme doit construire et a donc besoin de ses pulsions. A quelques exceptions près, le nirvana est pour plus tard. Nietzsche a raison lorsqu'il pressent l'émergence de la sensibilité, mais elle n'est pas à redouter.

Pris séparément et dans une lecture basique, ces deux points de vue frisent l'extrême et sont difficilement créateurs d'une vision optimiste du monde.

Le point de vue de Nietzsche est par certains côtés un retour archaïque vers les aristocraties grecques et romaines. Quand au point de vue de Schopenhauer, il est trop progressiste, il veut imposer dans le présent une finalité qui doit se construire peu à peu.

On retrouve également une certaine forme de pessimisme dans les courants existentialistes lorsque ceux-ci réduisaient leur champ de vision à l'individu sans se préoccuper de l'avenir de l'humanité dans son ensemble. Cette conception rétrécie se heurtait forcément à l'absurde donc au pessimisme.

Mais finalement, ces penseurs ne peuvent être considérés à proprement parler comme de véritables pessimistes. Leurs oeuvres dans l'ensemble ne reflètent aucun vrai désespoir face à l'humanité. Elle traduisent simplement leur hypersensibilité naturelle - une des qualités majeures du philosophe.

Voilà pour les quelques cas de philosophie que l'on pourrait rapprocher des idéologies pessimistes.

philosophie

La plupart du temps au contraire, les philosophes sont optimistes. Ils font confiance à la nature humaine et envisagent pour l'homme, de gais horizons, et cela pour plusieurs raisons :

  • d'une part, parce que les auteurs se forment en étudiant des auteurs remplis d'enthousiasme, de curiosité, de joie créative, et ce depuis les premières origines de cette discipline. Que ce soit les milésiens, les pythagoriciens, Platon, Aristote, les épicuriens, les stoïciens, les philosophes chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes, tous les médiévaux, jusqu'à Descartes, puis Pascal, Malebranche, Spinoza, Leibniz, Berkeley, Hume, puis Rousseau, jusqu'à Kant, Hegel, Comte, Mill, les engagés Proudhon et Marx, puis Freud, Bergson, Teilhard de Chardin, Bachelard, pour n'en citer que quelques-uns, tous, ont cru en l'homme, ont travaillé pour l'homme, pour son évolution.  Tous, en dépit des souffrances, des contrariétés, des doutes, de l'abnégation, des sacrifices, ont puisé dans la philosophie, non seulement les plus grandes joies de leur existence, mais l'espoir d'un monde ayant un sens, et un sens positif pour l'humanité toute entière.
  • Et d'autre part, parce que les philosophes sont des Hommes, et  la plupart des Hommes vivent avec l'intuition d'un monde meilleur à venir, avec l'espoir d'un futur positif. Voila pourquoi, l'Homme, malgré tous les messages pessimistes, assume sans faiblir, sa descendance.

Pessimisme et humanité

Un homme a subi quelques déceptions, il se donne un système pessimiste de l'univers qui le rend malheureux, mais il préfère le maintenir plutôt que de se réconcilier avec le monde sur un nouvel équilibre.  E. Mounier

La majorité humaine est optimiste.

L'optimisme est l'état d'esprit qui résonne le plus harmonieusement avec le principe de la vie.

Une autre explication de l'optimisme humain vient du fait qu'une majorité des individus qui composent l'humanité sont rattachés à une des grandes religions - hindouisme, judaïsme, bouddhisme, christianisme, islam, panthéisme. Toutes ces croyances offrent à leurs adeptes, des sens au monde (linéaires ou circulaire) et une finalité positive (individuelle ou universelle). Ces religions proposent également un sens à des « présences » qui pourraient paraître aberrantes, comme la souffrance ou la mort.

Le pessimisme au contraire, conteste ces réponses et considère le monde comme absurde, dénué de sens.

Pourtant, même si elle est minoritaire, cette pensée pessimiste existe bel et bien et représente un certain pouvoir, bien au-delà du nombre de ses adeptes.

Cette idéologie pessimiste est le fruit de plusieurs mécanismes différents :

  • Il peut s'agir d'un mouvement de révolte, lorsque des êtres humains hypersensibles, sont écoeurés par l'inconscience, la surdité, l'égoïsme, la compulsivité et la clanicité de certains pouvoirs capables des pires atrocités pour ne perdre aucun privilège (il s'agit alors d'un pessimisme positif, critique et de combat).
  • Il y a l'attitude réactionnaire « usuelle » pour qui le monde précédent, le monde de leur jeunesse, valait mieux que les temps présents.
  • Il y a l'attitude réactionnaire « ségrégative », hostile à l'évolution et favorable à des moeurs antiques, essentiellement pour réduire les avantages et les libertés du peuple, et augmenter ses bénéfices.
  • Et puis il y a le pessimisme utilisé par la perversion narcissique, pour justifier les abus qu'elle inflige à autrui. Nous les retrouvons dans ce genre de propos : « l'homme est un loup pour l'homme et il en sera toujours ainsi ! », Ou encore : « L'homme est fondamentalement mauvais » « si tu ne bouffes pas autrui, c'est toi qui va te faire bouffer ». La morale et la réalité humaine sont tout autres. La majorité des hommes sont des agneaux pour les autres hommes. Rares sont les loups de l'humanité, et ils s'appuient justement sur ces anti-morales pour justifier leurs forfaits .

En résumé, la majorité humaine est plutôt optimiste sur l'avenir humain. Quant à la minorité pessimiste, travaille, elle aussi et indirectement, à l'évolution positive de l'humanité.

Le pessimisme comme moteur

 

 

Je ne puis concevoir intégralement ce que je suis. L'esprit est donc trop étroit pour se contenir lui-même ? C'est sur moi-même que je m'épuise. Je suis devenu pour moi même une terre de difficultés et de sueurs accablantes. » Saint Augustin Il y a plusieurs façons d'appréhender le monde :

  • à la mesure de quelques générations autour de la notre,
  • ou à l'échelle de l'histoire de l'humanité entière.

Sous la vision étroite de quelques décennies, la violence humaine et les régressions ponctuelles, peuvent laisser penser que le monde n'a pas de sens, ou que celui-ci évolue vers le pire.

Ce sentiment inconfortable, oblige une grande partie des hommes, à lutter contre ces attitudes réactionnaires, égoïstes et régressives de certains systèmes, les obligeant ainsi à évoluer.

En réalité, même s'il existe effectivement des périodes ponctuelles d'insoutenables barbaries, d'égoïsme cruel et d'affaiblissement éthique et moral - les exemples ne manquent pas depuis un siècle - à l'échelle de l'histoire et globalement, l'humanité ne cesse de s'améliorer.

L'espèce humaine ne va pas de plus en plus mal, c'est l'homme qui devient de plus en plus sensible au mal vécu par ses congénères.

L'évolution de notre espèce s'inscrit dans un mécanisme de progrès AUTOGÉRÉ et AUTOFÉCONDANT.

À partir du moment où l'Homme a inventer les interdits et a permis à ceux-ci de progresser, le mal s'est trouvé emprisonné dans un système le condamnant à régresser sans cesse pour disparaître à terme tout à fait.

La mécanique est simple :

  • Le mal s'exprime, transgresse la morale et les interdits, engendrant de la SOUFFRANCE, …
  • La LOI s'interpose, fait régresser certaines conduites, ce qui sécurise peu à peu la société.
  • L'humanité devenant de plus en plus sûre, la SENSIBILITÉ humaine, l'empathie, le confort et la peur de le perdre, s'y développent.
  • Le désir de toujours plus de paix et de sécurité, appelle des protections nouvelles, des lois nouvelles, et des systèmes de protection nouveaux.
  • Plus la sécurité et la paix augmentent dans la société, plus la sensibilité de l'être se développe.
  • Plus la sensibilité de l'être se développe, moins il supporte le mal subi et celui de ses congénères.
  • Plus il devient sensible au mal, et plus il exige de nouvelles lois, un renforcement de la morale, de la justice, de l'égalité, de l'éducation etc.

Nous sommes encore une fois en présence d'une « RUSE DE LA RAISON » chère à Hegel : La transgression, en obligeant l'humain à réclamer toujours plus de lois et de protections, élabore l'ensemble des instruments destinés à sa propre extinction.

Notre sensibilité expansive, rendant notre confrontation au mal de plus en plus insupportable et traumatisante, nous sommes condamnés à lutter contre le mal sous toutes ses formes jusqu'à sa complète disparition.

L'essor de la sensibilité est donc une condition fondamentale de notre évolution.

 

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darwin

L'humanité est vouée à atteindre sa perfection

Pour Pyrrhus ne faire de mal à personne et n'en éprouver de personne, c'etait une vie de dégoût et d’ennui [ ... ] Pyrrhus qui roulait toujours d'espérance en espérance, et pour qui les succès n'était qu'une occasion de courir à d'autres succès, et qui voulait d’ailleurs réparer ses revers par de nouvelles entreprises, ne cessait, vainqueurs ou vaincu, de nuire aux autres et de se nuire à lui-même. Plutarque

 

ciceron

: Au reste, cette querelle ne vous sera point inutile ; le plus souvent la république prend une nouvelle force de ces inimitiés particulières où chaque citoyen est forcé de se montrer tel qu'il est.

La querelle de Salluste et Ciceron, réponse de Ciceron.

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