L'origine des valeurs humaines
Les qualités de l'homme sont issues de la nature
Le malheur le rendait injuste. Il se revanchait sur ceux qui ne lui voulaient pas de mal et quelquefois sur de plus faibles que lui.
Anatole France
Après s'être dissocié des autres primates, l'espèce humaine a développé ses particularités physiques et psychiques.
La perte de la pilosité, la position debout, la dextérité, la sophistication du langage, de la raison, de la volonté ou de la conscience morale font parti de ces évolutions.
Des facultés psychiques humaines
Toutes nos facultés psychiques ont évolué à partir de prédispositions déjà présentes dans la nature.
Par exemple, l'intelligence, la mémoire, la volonté, la conscience ou la raison, se rencontrent également chez nos cousins singes.
Même nos interdits, nos lois, notre droit, déclinent d'interdits déjà présents dans la nature.
Il existe en effet, une sorte de « morale instinctive » au sein du monde naturel. Celle-ci maintient la violence à « sa plus petite nécessité possible ».
Un instinct, par exemple, contraint le dominant à stopper toute brutalité quand le dominé fait acte de soumission.
L'homme a converti cette morale instinctive, en lois et en éthiques : « On ne frappe pas un homme à terre », « il est interdit d'abuser de sa force, de son pouvoir, ou d'abuser des personnes vulnérables », etc.
Les trois grands progrès de l'humanité
Le développement de nos facultés psychiques oriente nos actions dans des sens bien précis.
L'intelligence nous adapte de mieux en mieux à notre environnement (même si les deux derniers siècles d'industrialisation se sont plutôt déroulés sous l'autorité de l'inconscience).
La conscience morale nous permet de maîtriser de mieux en mieux certaines de nos pulsions. Elle stimule les valeurs humaines au détriment de notre tendance à nous affirmer aux dépens d'autrui.
Le développement de l'empathie à fait progresser nos qualités affectives et psychologiques. Grâce à à ses qualités, nous améliorons sans cesse notre rapport à autrui et à nous même.
L'intelligence scientifique permet de connaître de mieux en mieux notre monde et de résoudre ses énigmes.
Toutes ces facultés mentales évoluent en permanence. Elles interagissent entre elles et travaillent en silence à leur perfectionnement.
Dans ce chapitre, nous allons étudier les facultés permettant à l'homme de maîtriser de mieux en mieux son comportement.
La maîtrise progressive du comportement
Pulsions, interdits et extase
La maîtrise progressive des instincts
La compression des pulsions par les interdits au profit de l'extase.
Si les facultés psychiques de l'homme, tirent leur origine de la nature, leur sophistication est une spécialité humaine.
Grâce à cette sophistication, l'individu peut se libérer de ses tendances et de ses pulsions.
De tous les primates, seul l'être humain est capable de sublimer ses instincts en actions créatrices, ou de s'imposer les rigueurs de l'ascétisme pour atteindre l'extase mystique.
A la différence des autres singes, l'homme a acquis les moyens de dominer entièrement ses tendances (c'est le cas par exemple de l'ascète).
Cette incroyable prouesse, notre espèce la doit en grande partie, à l'émergence de ses nouvelles capacités cérébrales.
La verbalisation, la raison, la mémoire, la conscience morale, et la volonté, sont quelques-unes de ces nouveautés.
Les interdits, créateurs d'humanité.
Est-ce que ce sont les interdits qui ont permis aux grandes facultés humaines émerger ou bien les grandes facultés humaines qui ont permis aux interdits humains d'apparaître ? La question est en suspens. En tout cas, ces deux valeurs se stimulent lieu de l'autre. Les interdits font jaillir la conscience, l'intelligence, la volonté. Et ces dernières, génèrent en permanence de nouveaux interdits, comprimant toujours plus notre capacité à nous affirmer aux dépens de nos congénères.
L'évolution des instincts en pulsions.
La capacité animale à s'affirmer aux dépens de ses congénères se retrouve également dans l'humanité.
Le vol, l'abus d'autrui, l'agression, la violence, l'esclavage, le racisme, découlent d’instincts naturels comme la prédation, l'agressivité, l'égocentrisme, la domination, la clanicité.
De l'instinct à la tendance, à la pulsion
En évoluant de l'animal à l'homme, les instincts sont devenue « tendances ».
En devenant tendances, ces forces instinctives sont entrées dans une zone cérébrale où peuvent agir la volonté, la raison et la conscience. L'animal en revanche, ne dispose pas de cette sphère. Il ne peut donc pas agir sur ses instincts.
Dans ce nouvel espace cérébral, la tendance à abuser d'autrui est donc devenue plus facile à corriger, à maîtriser, donc à éliminer.
L'éducation, la pression sociale, le choix des valeurs d'une société, peuvent également agir sur cette zone pulsionnelle.
Si comme nous le pensons, un des buts de l'humanité est de parvenir à une maîtrise parfaite de son comportement, nous pouvons comprendre l'intérêt qu'il y avait pour notre espèce, de passer du singe à l'homme.
Parallèlement à ce travail d'écrasement de « pulsions négatives » abusantes, l'humanité stimule ses « tendances positives ». L'amitié, l'amour, affection, la réconciliation, la consolation, la médiation, le partage, la réciprocité, la pitié, altruisme etc., sont en permanence valorisées par notre espèce. Ces tendances positives déclinent également de la nature. Elles sont également présentes chez les primates naturels. Simplement l'homme les transcende.
Petit résumé de l'évolution humaine.
Dans un premier temps notre espèce, grâce à ses qualités propres, s'est dotée d'interdits. À l'aide de ces interdits (auxquels s'ajoutent les grandes valeurs humaines telles que la mémoire, la conscience, la volonté), l'homme est parvenue à prendre en main la gestion progressive de ses pulsions.
En acquérant la gestion de ses pulsions, l'espèce humaine a développé ses qualités psychiques. En développant ses qualités psychiques, l'homme a découvert la religion. Et la religion a continué le travail de compression des pulsions négatives en valorisant au contraire, les tendances fraternelles et pacifiques.
Et finalement, ce mécanisme, oriente notre espèce vers « la gestion parfaite de ses pulsions ».
la cruauté >
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