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Les personnalités humaines

être et devoir être

rebecca HornLes diverses personnalités humaines, construisent l'humanité

Nous cherchons toujours à jeter un pont entre ce qui est et ce qui devrait être ; et par là donnons naissance à un état de contradiction et de conflit où se perdent toutes les énergies. Jiddu Krishnamurti.

Je tiens à vous avertir, chers lecteurs, cette réflexion n'est pas celle d'un spécialiste. Son but principal est d'éclairer un peu plus notre concept : « l'humanité est destinée à atteindre sa perfection ». Les termes employés sont souvent inadéquats et les idées schématiques. Il convient donc de lire ce texte avec les précautions d'usage. Il s'agit d'un éclairage supplémentaire et non un cours magistral de psychologie.

Du conflit entre pulsions primates et interdits humains

Un conflit permanent entre instinct et conscience, pulsion et raison, accompagne la grande ascension humaine. Cette tension illustre notre condition d'homo-sapiens. D'homme à cheval entre l'animal que nous étions et l'humain sage que nous avons à devenir. Cette transformation est douloureuse. Elle engendre une lutte sans merci entre le désir d'exprimer ses instincts et l'interdit de le faire. Ce combat crée dans l'esprit une quantité de refoulements. Des contournements, des perversions, des dénis ou des manipulations. De ces luttes naissent des « pathologies » (schizophrénie, névrose, psychose, narcissisme etc.).

Mis à part quelques rares éclaireurs ayant atteint la sagesse suprême, nous sommes tous les heureux propriétaires d'une ou plusieurs de ces pathologies.

Tout se joue avant six ans

"Tout se joue avant six ans". Un ouvrage des années 70 avertissait ainsi les parents. Nous pensons exactement la même chose. « Tout » se joue dans la petite enfance. Une infime partie de notre caractère est à relier à l'innée. Une éducation appropriée et suffisamment affective, permettrait donc à chacun d'utiliser pleinement son potentiel. Les souffrances d'un individu (qu'il subit ou inflige), sont les conséquences de ses six premières années. Lorsque l'humanité sera devenue véritablement humaine, elle donnera à chaque enfant du monde, les moyens de s'épanouir. Cette humanité est encore à venir.

Névrosé ou narcissique

Ces 2 types de forces, engendrent, selon nous, deux grandes formes de personnalités. D'un côté le psychisme « névrosé » et de l'autre le psychisme « narcissique ». Chacun des deux types s'étendant du « normal » au « pathologique ». Tout être humain selon nous, se situe d'un côté ou de l'autre de ces tendances.

Les normes

Le normal et l'anormal

adam et eveLes 10 commandements

Pour baliser le chemin de son évolution, l'humanité s'est créé des normes subjectives (les 10 commandements en sont un exemple). Tout ce qui se trouve en dehors de ce gabarit, prend alors le nom de transgression, de maladie, d'anomalie, d'anormalité ou de pathologie.

Ces conventions évoluent en fonction de l'évolution humaine. Progressivement les normes injustes, disparaissent. C'est le cas par exemple de l'homosexualité, considérée il y a peu encore, comme une pathologie. D'autres au contraire, font leur apparition. L'abus de faiblesse, les lois de protection de l'enfance font partie de cette nouveauté.

En observant attentivement la progression des interdits nous percevons ce qu'ils cherchent à imprimer à l'évolution humaine. D'un côté, ils visent à étouffer progressivement notre tendance à abuser nos congénères. Et de l'autre, ils contribuent au développement du respect d'autrui et à l'épanouissement de l'amour, des libertés respectueuses, de l'empathie, de la fraternité, de l'entraide, etc.

Narcissique et névrosé

1/ Le monde névrosé est fortement imprégné d'interdits, De morale et de valeurs humaines. Respect d'autrui, égalité, fraternité, entraide, partage, font partie de ses valeurs phares. Ce monde représente la majorité de l'humanité.

2/ Le monde narcissique quant à lui, privilégie plutôt la satisfaction de ses pulsions, ses désirs et tendances. Goût du pouvoir, de la notoriété, de la richesse, esprit d'entreprise, désir de domination, font partie de ses grands moteurs. Ce groupe représente une minorité humaine.

Nous parlons bien évidemment de prédominances. Des personnalités narcissiques peuvent apprécier les valeurs phares du monde névrosé et réciproquement. D'autre part, nous devons toujours garder à l'esprit, à propos de ces deux types de caractères, qu'ils sont essentiels à la construction de l'humanité.

Comme il faut des dirigeants et des exécutants, il faut des névrosés et des narcissiques pour construire notre monde. Écoutons ces mots de William James à propos de deux tempéraments de philosophes : les tendres d'esprit (tender-minded) et les rudes esprits (tough-minded).. « L'histoire de la philosophie est, dans une grande mesure, celle d'un certain conflit des tempéraments humains [...] ils (les tender et les tough) s'estiment peu. Leur antagonisme a contribué à déterminer l'atmosphère philosophique d'une époque : il en est particulièrement ainsi pour la nôtre. Le philosophe du type « barbare » reproche au « délicat » sa sentimentalité, son manque de vigueur intellectuelle. Le « délicat » se plaint que le « barbare » soit si peu raffiné, si peu sensible et si brutal. Chaque type se croit supérieure à l'autre »

Ces propos nous montrent l'antagonisme qu'il peut exister entre ces deux formes de personnalité. Il est également à noter, qu'en fonction de notre caractère nous préférons tel ou tel type psychologiques. Il me semble par exemple pouvoir distinguer chez C G Jung, une préférence pour l'extraverti. Chez moi, jusqu'à présent c'était le contraire. Mais progressivement, et grâce à la lecture de Nietzsche, je commence à rééquilibrer les choses. A apprécier les différentes qualités et leur importance pour l'humanité.

Un choix à faire

L'idéal, bien entendu, est de parvenir à percevoir l'éclat de chaque type psychologique. De n'avoir aucun ressentiment pour découvrir la beauté en chaque chose. Cependant, nous devons également suivre la logique de l'évolution humaine. Et la logique de l'évolution humaine nous engage à valoriser certaines qualités et pas d'autres. Valoriser l'individu capable de frustrés ses pulsions pour ne pas abuser autrui. Et condamner au contraire l'abuseur, même s'il parvient à abuser dans la légalité. Et ainsi, selon nos définitions du névrosé et du narcissique, nous situerons la normalité plutôt du côté du monde névrosé.

La morale comme frontière

L'actif et le sentimental

Hieronimus Bosch, L'Orgueil, un des 7 péchés capitaux - détail, Muséeo du Prado MadridLes prédominantes narcissiques et les prédominances névrosées

Les prédominances se distinguent par bien des critères. Les narcissiques sont plutôt extravertis, les névrosés plutôt introvertis. Les premiers plutôt tournés vers l'action, les autres plutôt intéressés par la réflexion. Mais ce qui distingue véritablement ces deux types de caractères, c'est avant tout, leur rapport aux interdits. Principalement aux grandes morales religieuses ou laïques, universelles.

Les interdits sont les fondements de l'humanité

À la différence des autres primates, l'homme doit obéir à des interdits. La société humaine est bâtie sur des morales religieuses, des éthiques philosophiques et des lois laïques. Grosso modo, ces proscriptions exigent de l'homme qu'il n'abuse pas d'autrui. Interdiction de le manipuler, le maltraiter, le corrompre, le mettre en esclavage, le mépriser ou abuser sa naïveté. Elles recommandent d'être généreux et de porter secours à ses congénères. D'être charitable avec autrui, compatissant lorsqu'il souffre, de s'opposer au racisme, à la xénophobie...

La force de la morale

Globalement, les morales religieuses et philosophiques condamnent formellement tout abus d'autrui. Un être humain parvenant à obéir strictement à ces diverses morales, deviendrait absolument et universellement bienveillant envers autrui.

Les carences de la loi

Cela n'est pas le cas avec la loi. Certes, certains articles de la législation proscrivent effectivement l'abus de la naïveté et la maltraitance des innocents. Mais il suffit d'observer la réalité pour comprendre qu'il est facile d'être immoral en toute légalité. Les manipulations politiques, médiatiques ou marchandes, en sont des exemples frappants et permanents. Par exemple les « faucons » américains savaient pertinemment qu'en déclenchant des guerres en Irak ou en Afghanistan, ils allaient ravager l'existence de millions de femmes et d'enfants innocents. Nous n'étions absolument pas dans le cas de figure d'un engagement guerrier « juste », comme ce fut le cas face à l'expansionnisme des fascismes. Une résolution diplomatique était sans doute possible permettant ainsi d'éviter l'inévitable chaos subie par les populations innocentes. Ces faucons savaient pertinemment que le peuple serait la principale victime de cette guerre. Si ces leaders avaient suivi la morale religieuse universelle ou l'éthique philosophique, ils auraient opté pour la diplomatie, le dialogue, la résolution d'autres conflits dépendants etc. En choisissant de se baser sur la loi (et en parvenant à manipuler celles-ci) ils ont pu ordonner des actions que l'histoire jugera parfaitement immorales.

De la morale à la loi

D'un mode à l'autre

effet d'optique art contemporain KitaokaAu point ou nous en sommes actuellement de notre évolution, la loi vient progressivement en remplacement de la morale religieuse, mais elle ne peut pas tout.

La loi pour compenser l'utilisation perverse de la morale

Cette laïcisation des interdits est nécessaire. Elle permet d'écarter certaines règles morales obsolètes ou partisanes. Des règles sur lesquelles pouvait s'appuyer la perversion pour justifier ses méfaits.. Car les morales religieuses ne sont pas non plus parfaites. Certaines permettent de maintenir des perversions ancestrales, des castes moyenâgeuses par lesquelles des dominants plongent sans complexe autrui en esclavage. D'autres, par leurs textes agressifs, donnent aux belliqueux des moyens de justifier leur racisme. D'exprimer leur violence, et leur mépris envers d'autres communautés.

Mais il s'agit là d'utilisation perverse. Car chaque individu éprouve, dans l'intimité de son cœur, le juste et l'injuste. Tout adepte d'une religion connaît le véritable message de Dieu, de Yahvé, De Brahman ou d’Allah.. Tout être humain sait qu'il ne peut justifier ses méfaits à l'aide des livres sacrés. Et s'il le fait, c'est avec l'appui de la perversion ou de la mauvaise foi. Voilà une des raisons pour lesquelles l'humanité passe lentement mais sûrement de la morale à la loi. À terme, le développement du droit empêchera les mauvaises utilisations des textes religieux ou philosophiques.

Le passage de la morale au législatif

Seulement, la période de transition dans laquelle nous sommes, pose un véritable problème à l'humanité. La lutte que se livrent le laïque et le religieux pour fournir les valeurs de la société, s'est soldée par la victoire du laïque. Les « valeurs » du marché se sont imposées. Et comme dans la plupart des victoires, le narcissisme du vainqueur s'est exalté. Le religieux, tout au moins en Europe, s'est rapidement retrouvé marginalisé par le marché, raillé, privé d'expression. Curieusement (et cela méritera une plus profonde analyse) le marché semble s'accorder beaucoup mieux avec le fondamentalisme (c'est tout au moins le sentiment que donnent les États-Unis à ce sujet). En tout cas, la société actuelle refuse toute moralisation pour préfère se fixer sur le droit. Seulement, le droit, comme nous l'avons vu dans l'exemple du dessus, est encore défaillant. Il est encore largement démuni devant certaines manipulations et perversions humaines.

Sans morale, la loi ne suffit pas

Il faut voir les choses comme elles sont et en tirer les conclusions nécessaires. Un système sans morale n'est pas viable dans l'état actuel du droit. L'exemple de la mondialisation est édifiant à ce sujet. La liberté offerte actuellement aux dominants du marché, a engendré d'énormes abus envers les populations humaines. À mon sens, la loi a encore besoin d'une bonne escorte. Un accompagnement par la morale religieuse et l'éthique philosophique. On ne peut pas laisser le système des valeurs entre les mains du marché. Après 30 ans de ce régime nous pouvons en mesurer aujourd'hui tous les dégâts. L'homme est réduit à l'état de consommateurs. Les médias en simple vitrine du marché. Les élites poussées à la superficialité et à la compulsion. Et les pauvres de plus en plus abandonnés.

Les limites du législatif

Il s'agit bien évidemment de préconiser un accompagnement subtil et non pas un retour à l'ordre religieux. Une éducation uniquement basée sur le législatif, ne permettrait pas à l'empathie de se développer. Si l'on éduquait un enfant simplement avec le code pénal, il resterait bloqué dans son narcissisme originel. Il serait incapable de se mettre à la place d'autrui. Incapable de comprendre de façon intime pourquoi il ne doit pas faire de mal à ses congénères. La plupart des malveillances sont possibles uniquement par manque d'empathie. Et l'empathie s'élabore entre autre, grâce à la morale universelle fourni par le religieux.

Le rapport à la morale universelle, Distingue selon moi les deux grands types de personnalités humaines : névrosé et narcissique.

2001

narcissiques et névrosés

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hegel

La contradiction est la racine de tout mouvement, et de toute manifestation vitale ; c'est seulement dans la mesure où elle renferme une contradiction, qu'une chose est capable de mouvement, de manifester des tendances ou impulsions. Hegel sciences de la logique.

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