Darwinisme et évolution
Dieu et Darwin
L'homme pauvre, mais indépendant des hommes, n'est qu'aux ordres de la nécessité. L'homme riche, mais dépendant, est aux ordres d'un autre homme ou de plusieurs. Chamfort
L'évolution l'homme, l'humanité
Les origines de notre
espèce sont certes encore
légèrement floues. Il nous manque encore
quelques chaînons pour nous rattacher définitivement
au tronc commun des primates naturels. Mais
l'option darwinien est la plus généralement
admise par la pensée
humaine.
Nous adhérons à ce point de vue. Le phénomène humain, selon nous, est le résultat de l'évolution des espèces. L'origine de l'humanité se trouve dans la nature, et en tant qu'espèce, la société humaine évolue.
Ce point de vue est d'ailleurs tout à fait compatible avec le déisme développé sur la mécanique universelle. Selon nous en effet, le darwinisme s'adapte parfaitement avec l'idée de Dieu. Il s'accommode également de la conviction selon laquelle il n'existe pas de hasard dans l'univers.
Dieu ou Darwin, Dieu et Darwin
Pour certains, la théorie de l'évolution
des espèces de Charles
Darwin , est incompatible
avec les monothéismes. La sélection naturelle et l'évolution du vivant par le mieux adapté, appellent forcément le hasard et l'athéisme.
Nous ne partageons évidemment pas ce point de vue. Selon nous, le darwinisme est tout à fait conciliable avec l'option divine. Dieu et Darwin peuvent cohabiter ensemble. Nous pouvons très bien inclure la sélection des espèces dans un processus d'évolution plus général. Un processus déterminée et tendant vers un but.
Le darwinisme ne concerne selon nous qu'une partie d'un dessein supérieur orientant l'évolution
vers l'esprit créateur . La seule véritable fin de l'amour est
l'évolution spirituelle ou humaine, écrit Scott Peck.
Autrement dit, Darwin, n'est un handicap ni pour Dieu ni pour le déterminisme.
L'illusion du hasard
Lorsqu'on observe l'évolution du vivant de façon myope et convergente, l'idée du hasard, évidemment, s'impose. Mais ce n'est pas la même chose lorsqu'on regarde le monde dans sa totalité. L'idée d'un dessein intelligent devient alors plus pertinente. En suivant l'évolution du « vide » à l'origine du big-bang jusqu'à l'homme, un sens, nous semble-t-il, s'impose.
Une inconnue (Dieu, le vide) engendre le big-bang. Son expansion engendre la terre. La terre engendre le vivant. L'évolution du vivant progresse (de la bactérie jusqu'à l'homme). Et l'homme, au sein de l'humanité, n'a de cesse d'atteindre le bonheur, l'extase, l'amour absolu.
Suivant cette ligne, il n'y a pas dans l'univers, de place pour le hasard .
Ce que nous attribuons au hasard, éclaire tout simplement les limites actuelles de nos instruments de calcul.
Un hasard fécond
Mais l'idée de hasard, en elle-même, n'est pas dérangeante. Il peut très bien être l'outil idéal pour réussir fatalement un projet déterminé.
Le jeu de dés, par exemple, est un jeu de hasard. Si je vous dis : vous n'êtes pas limité par le nombre de coups. Vous pouvez lancer les dés tant que vous voulez et si vous parvenez à aligner trois 6, je vous fait apparaître la première cellule vivante. En relançant constamment les dés, vous parviendrez forcément à un moment donné à aligner trois 6.
Au final, un instrument de hasard vous aura conduit à coup sûr à créer la vie. C'est, me semble-t-il, le mécanisme de la vie. Des millions d'individus, des millions de spermatozoïdes, un temps infini et vous avez la diversité animale.
L'exemple de la spermie
Approfondissons un exemple : le mécanisme de la spermie .
La victoire de tel ou tel spermatozoïde dans la course à l'ovule, pourrait très bien être
due au hasard. La réussite de tel ou tel couple dans leur désir de procréation, également. Mais au final, c'est « 2 formes de hasards » et le nombre qu'ils constituent, assure une victoire certaines. La persistance de l'humanité .
Autrement dit, le nombre de spermatozoïdes,
de tentatives possibles et de couples constitués,
amènerait à 100% les chances de réussite. que l'espèce
se perpétue par-delà le hasard entraînant chaque réussite. Le hasard alors, devient le simple outil
d'un monde déterminé.
Problèmes de darwinisme
De la sélection des espèces
Si la théorie de la sélection des espèces fut un bouleversement pour la pensée humaine, comme toutes les grandes découvertes, elle eut ses « mauvais » employeur. Certains, à l'image de Francis Galton (cousin de Charles Darwin), en ont utilisé les principes pour accentuer l'élitisme déviant.
Ce type d'état d'esprit narcissique donna naissance à l'eugénisme et à toutes ses déviances, dont la plus monstrueuse fut exprimée et pratiquée par le nazisme.
Ne nous leurrons pas, le point de vue eugéniste d'une Margareth Sanger par exemple, favorable à la sélection des espèces dans les taudis pour éliminer les gens « indignes » d'exister, est loin d'être éteinte dans l'esprit humain. Il est d'ailleurs du devoir de chaque penseur de lutter avec acharnement contre cette infamie.
De la sélection naturelle à la sélection culturelle
Si la sélection des espèces, gère effectivement la plus grande partie de l'évolution du monde animal, ce n'est plus le cas pour l'humanité.
Au contraire, le phénomène humain s'est distingué des lois de la nature justement en s'opposant à la sélection naturelle.
En protégeant les plus faibles, les plus sensibles, les plus réflexifs de ses d'individus, l'humanité a permis à la culture humaine de se développer.
Pour le genre humain, s'il y a « sélection », elle s'éloigne des valeurs naturelles pour épouser les valeurs culturelles.
En améliorant en permanence ses capacités empathiques et techniques, l'humanité a permis à ses individus les plus fragiles de survivre pour apporter toute leur sensibilité et leur fragilité à la créativité humaine.
Depuis que la morale existe, la
société humaine, ne cesse de combattre le principe animal du plus fort asservissant le plus faible. En dehors de quelques cas extrêmes et pathologiques, la
plupart de nos semblables trouve anormal les abus perpétrés sur les dominés par
les dominants.
La sélection par l'empathie
La majorité des êtres humains ne crie pas
: « malheur au vaincu » mais « à bas l'injustice  ».
L'empathie étant
déjà conséquente dans notre espèce, la plupart des hommes prennent au contraire « instinctivement » fait
et cause pour le faible.
C'est ce qui fait de nous une humanité (et
les tentatives destinées à nous faire détester la victime ou l'opprimé ne
parviennent jamais jusqu'au cœur humain qui sait lui, ce qu'il
en est).
Du plus féroce, au plus malin, au plus juste
La sélection par le plus adapté est un des moteurs de l'évolution. Elle dirige les espèces et organise l'écosystème de façon parfaite. Elle travaille également pour l'évolution humaine mais en faisant évoluer les valeurs de ses sélections.
En fait, la sélection suit les grandes étapes de l'humanité. Elle n'était pas la même pour l'homme préhistorique, pour l'Égyptien, pour le grec, pour le Romain pour le médiéval ou pour l'homme actuel. La sélection humaine obéit à l'évolution des valeurs au sein de l'humanité. Ces valeurs évoluent en fonction de la mode du moment (valeur guerrière, rhétorique, artistique etc.).
Progressivement les valeurs humaines se dirigent vers l'universalité, la fraternité et l'amour d'autrui .
Autrement dit, les plus aptes à incarner ces nouvelles valeurs, seront de plus en plus élus aux grands postes de décideurs de l'humanité (même si aujourd'hui, globalement, ce sont encore les plus malins, les plus manipulateurs qui se hissent au pouvoir, leur règne est en déclin)
Ce nouveau palier de la vie, apporte naturellement du crédit à l'idée selon laquelle la sélection des espèces n'est qu'un instrument ponctuel de l'évolution du vivant.
En résumé
L'humanité est certes issue d'un monde
animal où règne un système de sélection
naturelle par le plus robuste et le plus fort . Cette sélection existe encore, mais elle tend à disparaître au profit d'une sélection culturelle.
Pour éclairer cette progression du vivant
vers les qualités sensibles, nous étudierons
principalement les nouveautés apportées par notre
espèce au grand système de l'évolution.
Afin de simplifier notre vocabulaire, nous engloberons
sous le terme de « primate naturel »,
l'animal duquel nous sommes issus, et sous le terme d'« homme
constructeur », l'ensemble des hommes composant notre
espèce depuis qu'elle s'est chromosomiquement constituée en groupe distinct.
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