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La philosophie de l'histoire

Religion, philosophie et télos, du judaïsme, à Aristote à Kant à Hegel

sautL'optimisme vient de Dieu, le pessimisme est né dans le cerveau de l'homme.
Proverbe Arabe

Le finalisme est une option philosophique. Elle affirme l'existence d'une cause finale. Elle présuppose un dessein, un but ultime, une signification, immanente ou transcendante et présente dès l'origine. Cette perspective est aussi dite téléologique.
Le finalisme s'oppose au mécanisme.

On appelle «  philosophie de l'histoire », la partie de la philosophie se chargeant de réfléchir au sens (ou au non-sens) de l'humanité.

Il existe selon moi trois façons philosophiques de se positionner face au devenir historique.

  • La première, réunie les philosophes refusant, tout simplement, de s'interroger sur le sens final de l'humanité. C'est à peu près la position générale de la philosophie contemporaine. Pour celle-ci, seul compte l'immédiat et éventuellement le futur proche.
  • Les seconds se posent bien la question du sens, mais pour eux, il n'existe pas de principe ultime, pas de finalité programmée. Le monde évolue certes, mais entraîné par le hasard. C'est le point de vue, me semble-t-il, de Schopenhauer. La spiritualité cyclique du monde asiatique s'adapte parfaitement à cette optique.
  • Pour le dernier type de philosophes au contraire, l'histoire a une fin, un but déterminé. C'est le cas de Kant avec son idéal moral, de Hegel avec son idée d'esprit absolu, et de Marx pour qui l'évolution doit se diriger vers la perfection sociale.

Notre philosophie appartient à cette dernière catégorie. Elle réunit même l'ensemble de ces diverses finalités. L'humanité selon nous se dirige vers sa perfection technique, sociale, morale et spirituelle. La perfection spirituelle justifiant l'ensemble des autres perfections. Ou si l'on préfère, toutes les perfections particulières sont destinées à la perfection spirituelle.

 

Histoire de la philosophie de l'histoire

La philosophie de l'histoire à une genèse. Elle est née de la téléologie, autrement dit de l'étude des fins dernières, imaginée par Aristote, et de l'idée d'apocalypse apportée à l'humanité par les religions monothéistes.

Le concept de téléologie (science des fins de l'homme) se rencontre pour la première fois dans la philosophie d'Aristote. Dans l'éthique à Nicomaque, le philosophe du Lycée, exprime en effet l'idée d'une finalité occulte à la nature des choses.

Avec le judaïsme, le principe d'une fin positive pour l'humanité, prend réellement corps. Il apparaît au IIIe siècle avant notre ère. Selon lui, l'humanité évolue jusqu'à l'instauration d'un royaume messianique sur terre. L'apparition de la Jérusalem terrestre, marquant la fin des temps. Autrement dit l'installation du royaume de Dieu, donc de l'amour permettant à l'homme de s'exempter de la notion de temps (selon moi il s'agit de l'extase).

Ce concept s'approfondira plus tard avec le christianisme et l'islam.

Évidemment, toutes ces paternités sont relatives. Les grandes pensées philosophiques et spirituelles ont largement circulées à travers le temps et les lieux. Depuis longtemps déjà, les hommes échangeaient leurs découvertes entre les grands foyers de culture qu'étaient l'Égypte, la Mésopotamie, la perse, la Grèce, le Proche-Orient ou l'Inde

Les Grands siècles créateurs de mystiques

Être philosophe, c'est résoudre quelques-uns des problèmes de la vie non seulement en théorie, mais en pratique. Henry David Thoreau

L'énorme créativité philosophique et spirituelle des 6e, 5e et 4e siècles avant notre ère, peut servir de point de départ à notre généalogie. De l'hindouisme au jaïnisme, du bouddhisme au taoïsme, du judaïsme à l'Orphisme des Grecs, cette période à à poser les bases des l'expérience extatique.

L'idée d'une évolution positive est sans doute en germe dans ces siècles féconds. On la voit poindre dans le banquet de Platon où l'amour évolu progressivement du désir primaire jusqu'à l'extase.

Mais Platon, appartient encore à un monde pré téléologique. Comme pour les philosophies asiatiques, l'élève de Socrate s'intéresse avant tout à l'évolution individuelle sans imaginer de progrès global pour le phénomène humain.

L'influence décisive des monothéismes

Les monothéismes au contraire, sont tournés vers l'évolution de l'humanité dans son ensemble.

Le livre de Daniel au IIIe siècle avant notre ère puis les Évangiles de Paul et de Jean ont solidifié le concept d'apocalypse.

Plus tard, s'appuyant sur la Bible, les grands penseurs chrétiens (Saint-Augustin, Saint-Thomas), ont perpétué cette vision finaliste de l'humanité.

Kant, hegel, le rationalisme

Mais le premier à avoir rationalisé cette question, le premier à avoir analysé « scientifiquement »le devenir humain, est incontestablement Kant.

Il est un des tout premiers philosophes à s'être penché méticuleusement sur l'idée d'évolution générale du phénomène humain. Un des premiers à ne plus utiliser Dieu comme point de départ, mais le monde phénoménologique.

Hegel a prolongé, ce travail téléologique. Il l'a enrichi en distinguant ses deux versants. Le versant matérialiste (autrement dit la réalisation de l'histoire vers l'absolu), et le versant idéalisme, (l'absolu lui-même).

En prenant appui sur les thèses de Kant et d'Hegel, les grands systèmes idéologiques et utopistes du XIX eme siècle (socialisme, anarchisme, etc.) et ses  penseurs (Saint Simon, Owen, Marx, Fourier, Comte) se sont surtout intéressé aux ressorts matériel et social de l'évolution humaine. La plupart d'entre-eux ont milité pour la réalisation concrète et rapide du bonheur physique et social de l'homme.

Cette vision militante du devenir humain, a ainsi ouvert la voie aux combats contre l'aliénation. Seulement leur désir d'accélérer brutalement la libération de l'homme (par la révolution), à montrer sa limite.

Il s'agit là d'un désir tout à fait humain, respectable et généreux. Mais il conduit à une aberration, comme nous l'a montré l'échec du communisme.

 

Impasse de la philosophie de l'histoire

Le matérialisme, l'égocentrisme et l'oubli du spirituel, comme obstacle

Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l'histoire est la leçon la plus importante que l'histoire nous enseigne. Aldoux Huxley

De ses débuts à aujourd'hui (de Kant, Hegel, Marx à Fukoyama), la philosophie de l'histoire, à été critiqué voire discrédité.

Certaines postures paradoxales de ses chantres, ont sans doute travaillé à cette déconsidération.

Le désir de changement radical, la croyance d'être déjà arrivé et la négligence du but spirituel, en font parti.

La mésestimation du temps nécessaire à l'humanité pour se réaliser.

Scandalisés par l'injustice humaine, pressés de voir les choses se réaliser de leur vivant, certains philosophes ont naturellement désiré un changement brutal du monde. Ils ont imaginé alors des théories radicales, préconisant parfois la violentes, comme ce fut le cas du communisme et de l'anarchisme. Face à la surdité et à la cruauté des pouvoirs, la violence révolutionnaire était alors la seule voie possible.

Ce type de philosophie est à l'origine des grandes révolutions, seuls moyens alors, de transpercer les étanchéités mentales de certains dominants. Mais ce moyen radical d'évolution et à l'origine d'une trop vive accélération de la société *.

Aujourd'hui, les temps sont à la démocratie. Et en démocratie, la lutte révolutionnaire doit choisir la voie de la non-violence et de la conscience (Ghandi, M. L. King).

* C'est le cas par exemple des révolutionnaires du 19eme siècle. Ces derniers ont voulu imposer des valeurs transcendantales comme l'égalité, bien avant que la conscience humaine, ne puisse vraiment l'accepter.

L'orgueil du philosophe

D'autre philosophes, exaltés par leurs découvertes, ce sont imaginés appartenir à un temps proche de la perfection (Hegel voyait dans Napoléon l'âme du monde, le sommet de l'évolution). Il s'agit là d'une surestimation égocentrique de son propre présent. Ce type d'enthousiasme trop avant-gardiste, avait de quoi jeter un peu de discrédit sur leur théorie.

C'est, sans doute aussi l'erreur de Francis Fukuyama, lorsqu'il associe la fin de l'histoire à la fin de la confrontation entre l'Est et l'Ouest. Dans les années 90, il voyez dans l'apothéose de la démocratie libérale, le point final des progrès de l'histoire humaine.

La mécanique universelle cumule parfois les deux erreurs. Elle voudrait révolutionner rapidement le système et s'imaginent parfois à l'orée de l’accomplissement humain. Il s'agit évidemment d'une erreur de jugement.

L'humanité a encore beaucoup d'étape à franchir et de noeux à défaire avant d'atteindre son indépassable perfection. Il est donc nécessaire de tenir compte de cela, lors de vos visites sur ce site.

L'oubli du sens spirituel.

Le XIXe siècle était chargé de renvoyer le spirituel à ses affaires et il y est parvenu.

Face à une église souvent rétrograde, parfois corrompue et trop présente dans les rouages du pouvoir, le siècle de Darwin et de Freud, devait développer la partie matérialiste de l'évolution. La philosophie d'alors, a donc négligé sa branche spirituelle pour se concentrer sur le tangible.
Évidemment le matérialisme a ses bons côtés. Il accélère le progrès technique et industriel. Il accroît le confort, la liberté d'agir, de penser et de créer. Il ouvre des accès au plaisir et aux loisirs.
Seulement, sans réflexion spirituelle, l'évolution rencontre fatalement l'absurde. Sans spiritualité, l'homme verse irrésistiblement vers l'animalité ou vers la domination de l'objet. Pour le matérialisme pur, l'homme se réduit à la somme de ses organes, à sa valeur pécuniaire ou à son apparence. Il est impossible pour l'êtres humains de trouver à travers ces notions, de sens véritable à son existence.

L'humanité n'a pas découvert la spiritualité par hasard. Lorsqu'une société tente de gommer la présence du divin, elle perd bien souvent tous ses repères d'existence. Le naufrage alcoolique de la Russie contemporaine et son retour progressif au religieux après des années de communisme, montre à mon sens, les limites de l'athéisme.

De la même manière, l'étouffement actuel du religieux par le système marchand, déséquilibre l'esprit du monde occidental. Sans horizon confortable, l'homme se retrouve piégé dans un immédiat envahi d'objets.

La religion, comme le pensait Marx, a bien souvent servi d'opium au peuple. Mais aujourd'hui, le dealer s'appelle : marché.

 

Logique de la philosophie de l'histoire

La fin de l'histoire n'est pas pour maintenant

Le futur a été créé pour être changé. Paulo de Cuelho

Cela semble coutumier pour un philosophe de l'histoire, de penser son présent comme une sorte de summum de civilisation. Hegel voyait dans Napoléon l'incarnation de l'idée, l'aboutissement de l'histoire. Fukuyama, dans le même esprit hégélien, pense qu'avec nous, l'histoire s'achève, car elle ne rencontre plus sa négation.

Vraisemblablement un jour, des philosophes pourront le dire à juste titre. A priori, ce n'est pas encore le cas.

Notre espèce doit encore franchir un certains nombre d'étape avant d'atteindre son ultime perfection. Elle doit réussir de nouveaux amalgames, avant d'accéder à ce fonctionnement universel si cher à Emmanuel Kant

 

 

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Husserl

Être un homme c'est être téléologiquement et c'est devoir être et cette téléologie règne dans tout ce que nous faisons
E. Husserl

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Mise à jour le 01/08/2010 - Paris
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