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    la maîtrise de l'environnement

Des robots et des hommes

L'objet et la maîtrise de soi

Robot Singe TambourinantNous sommes automates dans les trois quarts de nos actions. Leibniz

Robots et avenir

Les Robots vraisemblablement, se propose de consteller notre avenir. Comme la plupart des grandes nouveautés, ils arrivent avec leur masse de promesses et de peurs. Bien sur, dans les années qui se profilent, l'homme n'ayant pas encore atteint l'age de sagesse, nous verrons sans doute apparaître des robots malveillants, guerriers, peut être même tueurs d'humains, car pensé et commandé par des esprits encore persuadé que la violence est la solution, mais ces mentalités déclineront comme la violence. Les robots bienveillants, amicaux, soignants, aidants, resteront, progresseront et emporteront selon nous la partie.

La gestion des pulsions.

Si l'on observe l'humanité dans son ensemble, nous pouvons dire qu'en dépit de ses régressions ponctuelles et localisées, elle progresse continuellement. Trois grands secteurs d'activités, œuvrent à son évolution. L'un d'entre eux concerne la maîtrise des pulsions. De nombreuses activités agissent directement sur ces forces primaires. La justice, le droit, la morale, l'éducation, la psychologie, en sont quelques-unes.

Les législateurs par exemple, ont élaboré de nombreuses lois pour interdire l'esclavage. Les états d'esprit esclavagistes, ont donc été contraints de frustrer cette pulsion antique. Ils ont du imposer à leur propre caractère, le joug qu'ils imposaient auparavant à autrui.

La loi ou la morale agissent donc directement sur la sur la maitrise progressive des comportements (transgressants). Ce ne sont pas les seules activités à agir dans ce sens. La technologie par exemple, travaille également à la gestion des pulsions de l'humanité.

La technologie et l'objet

Depuis l'âge de la pierre taillée, l'environnement humain est constitué d'objets et leur importance n'a cessé de croître.

A présent, l'homme moderne est entouré de technologie. Une multitude de robots pour la cuisine, le transport, le bricolage, inondent son quotidien. Chaque jour, d'innombrables ustensiles automatisés, encadre nos vies. Cette robotisation exige une certaine maîtrise de nous-même. Nous devons être concentrés en utilisant un mixer ou une perceuse. Concentré au travail ou en préparant nos repas. Il nous faut même maîtriser nos pulsions dans nos loisirs lorsqu'ils utilisent la technologie *.

* Les sports à moteur, la voile, tous les sports nécessitant des ustensiles.

Dès la petite enfance, l'individu se retrouve au centre d'une quantité d'objets à gérer. Il doit apprendre à les manipuler correctement pour ne pas se blesser. Il lui faut donc impérativement domestiquer son caractère, le dompter. Ces nouvelles exigences nous imposent de plus en plus de vigilance et de maîtrise de nous-même. La conduite automobile par exemple, exige de l'homme qu'il domine son agressivité, son impulsivité *

* sous peine de courir lui-même un grand risque.

Différence entre singe et homme.

Depuis notre sortie du monde naturel, le nombre choses dont nous avons la gestion a considérablement évolué. La plupart des sociétés primates, utilisent quelques ustensiles dans leur quotidien (bâtons, pierres, etc.). Mais c'est infime à côté de l'homme contemporain.

Automatisation, robotisation, mécanisation

Deux aspects : positif et négatif.

industrieSystème simplifiant tellement le travail qu'on finira par avoir besoin d'un cerveau électronique pour se tourner les pouces. Noctuel

Peu à peu, les objets se sont sophistiqués. Les outils sont devenus de plus en plus complexes. Le monde, progressivement, s'automatise, se robotise.

L'automatisation peut être considérée sous deux aspects.

  • Aspect positif, si l'on estime qu'elle nous libère progressivement de nos contraintes, évite des pertes d'énergie, offre de plus en plus de temps libre, favorise notre épanouissement personnel et la satisfaction de nos plaisirs.
  • Aspect négatif, si on pense au contraire l'automatisation comme un dévoreur d'emploi. Un instrument d'aliénation. Où comme un facteur de déshumanisation et de dé-socialisation.

Commençons par nous alléger de cette vision pessimiste et partiellement inexacte

L'aspect négatif.

Certains problèmes semblent en effet, aller de pair avec l'automatisation progressive de la société. L'augmentation du chômage, la déshumanisation Du travail, l'aliénation où la détérioration des relations sociales.

En réalité, ni la technologie, ni l'automatisation, ne sont en cause dans ces maux. C'est l'homme et sa façon d'utiliser le progrès qui est le seul responsable.

  • C'est bien l'humain qui robotise d'un côté, et qui, de l'autre, culpabilise l'inaction et le chômage. Il pourrait très bien valoriser le temps libre et la solidarité entre actifs et chômeurs. Au lieu d'augmenter les cadences et le mal-être au travail, le patronat pourrait faire l'inverse. Il pourrait diminuer le temps de travail et augmenter le bien-être au sein des entreprises. En réalité, d'un point de vue social, la robotisation profite à minima au monde ouvrier.
  • L'homme choisit de faire de la télévision un instrument d'addiction. Une société relativement bienveillante en ferait plutôt un instrument de progrès social et intellectuel.
  • Certains pans de l'industrie préfèrent aliéner leurs ouvriers aux chaînes de montage. Il pourrait tout aussi bien offrir planétairement des conditions de travail douces et agréables.
  • Une grande part des patronats cherche invariablement à restaurer des formes d'esclavage. Elle pourrait très bien opter pour des modes respectueux de l'individu.
  • C'est bien la société humaine qui choisit de ne pas placer le bien-être de la population en tête de ses préoccupations. Elle a pourtant les moyens de faire l'inverse.
  • C'est bien l'ultra libéralisme qui rejette les concepts libéraux favorables aux ouvriers où aux consommateurs. Ils pourraient très bien choisir dans ces philosophies libérales, les propositions les plus sociales ...
  • Ce sont bien des humains qui préfèrent s'imposer cette compétition féroce et inconsciente comme règle d'évolution. Ils pourraient choisir une compétition éthique et respectueuse, une qualité de vie et un rendement conscient de la planète et de son écosystème.
  • C'est l'homme encore qui choisit le profit au détriment des conditions de vie valorisantes...
  • C'est l'homme qui refuse de diminuer mondialement la journée de travail, de reculer l'âge légal du premier emploi, de diminuer les cadences, d'augmenter les salaires et les effectifs pour rendre le travail confortable.
  • C'est lui encore qui durcit les relations humaines et développe le narcissisme, l'occidentalocentrisme et la compétition sauvage. C'est lui qui augmente la violence, le profit autiste et le non respect d'autrui.

Une robotisation heureuse, pour paraphraser un des grands vendeurs de la mondialisation libérale, est possible. Il suffirait pour cela de viser le « bien humain », avant le profit.

Bons ou méchants robots

L'évolution vers l'humanité respectueuse.

Constructeur de bulding, photographieLes bombes atomiques robots n'ont ni choix à faire ni décision à prendre. Van Gog

Techniquement, l'humanité a les moyens de choisir une évolution douce, paisible et respectueuse. Seule, l'intention lui manque. S'ils y étaient motivés, les médias parviendraient à exalter les valeurs xénophiles, généreuses, philanthropes, bienveillantes et altruistes.

Pulsions et conscience

La majorité des problèmes attribués au progrès déclinent de l'autorité des pulsions sur la conscience. Utilisée par une humanité bienfaisante, l'automatisation « adoucirait » au contraire le travail des ouvriers. Elle leur offrirait davantage de temps pour s'éduquer, s'aimer et élever ses enfants.

La finalité de l'automatisation

À mon sens, la finalité profonde de la robotisation, est spirituelle avant d'être matérielle. Elle délivre progressivement l'homme de ses activités ingrates*.

* La surveillance, le contrôle, la gestion, la reconnaissance des formes, l'aide à la décision, à la conception, au diagnostic, à la maintenance, en font partie.

Progressivement les machines se substituent à l'intelligence. Elles prennent en charge nos organisations, nos mémoires et certains soucis. Elles nous font économiser une quantité de temps et d'énergie physique et psychique considérable. Et cette épargne est destinée à enrichir le bonheur *.

Pour l'instant, ce libéralisme nous induit en erreur sur ce bonheur. Il nous le fait assimiler à la consommation, à la compétition, à la célébrité, à l'argent, etc. Ce n'est qu'une étape de l'évolution humaine. Les grandes valeurs spirituelles, aujourd'hui en retraits, commencent à refaire surface. La toute-puissance du marché a rempli sa mission : mettre en route la mondialisation. Le véritable goût du bonheur revient peu à peu à la bouche des hommes

* Comme la philosophie grecque l'a très justement compris.

Robotisation et extase

Du temps pour contempler

balla dynamismeCe que nous appelons bonheur consiste dans l'harmonie et la sérénité, dans la conscience d'un but, dans une orientation positive, convaincue et décidée de l'esprit, bref dans la paix de l'âme. Thomas Mann

L'automatisation rend de nombreux services à la société contemporaine. Économie de temps, d'énergie, d'attention. Mais ce n'est pas tout. La philosophie de la mecaniqueuniverselle voit dans la robotisation une des conditions d'accès à la sagesse. Une nécessité pour atteindre la contemplation et l'extase. En utilisant la robotique à mauvais escient, l'homme échange un bien pour un mal. S'il se comporte ainsi, c'est parce qu'il n'a pas encore soigné ses grandes pathologies, ses problèmes psychologiques où s'affrontent ses tendances et sa conscience (problème liés à sa difficile métamorphose).

En convalescence

Mais notre espèce ne cesse d'évoluer. Son rapport à la technique également. Nous devenons de plus en plus aptes à élaborer des technologies positives. La mécanisation deviendra fatalement notre allié. Elle prendra en charge l'ensemble des activités contraignantes. Quand l'humanité sera finalisée, toutes les tâches humaines seront vraisemblablement robotisées. Il s'agira alors d'une robotisation bienveillante. Une robotisation fraternelle (l'homme n'étant plus alors un loup pour l'homme*).

* il n'aura donc plus de raison d'élaborer des robots malveillants.

Libéré de ses corvées pénibles, l'humanité pourra se consacrer à la contemplation et à l'extase. Aujourd'hui, cet état sublime et encore difficile à atteindre. L'ascétisme qu'il exige ne donne pas envie à l'individu courant, d'y consacrer sa vie. Pour l'homme constructeur, surchargé de désir et de pulsions, l'idée d'oisiveté où de contemplation, est insoutenable. Ce ne sera sans doute plus le cas dans le futur. En prolongeant sa chrysalide, l'esprit humain se détachera progressivement du goût pour les plaisirs violents. Peu à peu, le confort aidant, l'homme préférera se pencher sur le bonheur subtil de l'Amour, de l'extase, de la contemplation.

Voilà donc, selon nous, la finalité de cette robotisation grandissante. Permettre à l'homme de vouer sa vie au bonheur et à la méditation contemplative. Dans les prochains chapitres, nous essaierons de définir les attributs de ce bonheur absolu.

2001

mécanique et mystique chez Bergson

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Ballotté, manipulé, automatisé, l'homme perd peu à peu la notion de son être. Vaclav Avel