philosophie naïve du devenir humain
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Introduction
Spiritualité et l'évolution
Spécialités humaines
De la nature à la culture
Pessimisme ambiant
La technologie positive
Vers une science du progrès
Jankelevitch téléologie
Automatisation et robotisation
L'oeil de Bergson
 

Le progrès technique est comme une hache qu'on aurait mis dans les mains d'un psychopathe. Albert Einstein

L'idée de progrès

Sans progrès, il n'y a pas de paix possible. Sans paix, il n'y a pas de progrès possible Kofi Annan

Pour déployer correctement notre théorie selon laquelle l'humanité est destinée à atteindre sa perfection, nous devons nous confronter à une notion bien souvent contestée par la philosophie moderne et contemporaine ; celle de progrès.

Le concept de progrès contient l'idée de changement, de mouvement positif vers un état supérieur.

Il implique donc un jugement de valeur . Il suppose également une réflexion sur la destination future de ce progrès, sur sa finalité.

Ces deux points : jugement de valeur et anticipation du futur, dépassent dès lors la stricte connaissance certaine et rationnelle des choses. Autrement dit, le progrès quitte le cadre strict de la science et celui des philosophies fondées sur les méthodes scientifiques - le savant est un « douteur » qui met en quarantaine tout ce qui n'est pas démontré vrai écrit Blondel.

Que la science s'applique à rester au niveau de l'expérimentation et du phénomène, c'est tout à fait légitime.

Qu'une partie de la philosophie adopte ce point de vue scientifique, quoi de plus normal.

Mais cela ne doit pas devenir la règle de la philosophie. En effet, l'envergure de la pensée philosophique, déborde le cadre restreint de la science dans la mesure où elle englobe l'horizon des connaissances EXacteS, et celui de la religion.

Autrement dit, la philosophie s'étend du phénoménal jusqu'au transcendantal, de Dieu jusqu'à la science.

De la nécessité d'un sens

Ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort. Antoine de Saint-Exupéry

Le monde ne peut se réduire aux phénomènes, à la simplicité des apparences.

La science elle-même en convient lorsqu'elle se confronte au coté « INSAISISSABLE » de la matière, aux limites impensables, à l'évanescence du concept temps ...

En se cantonnant au monde des phénomènes, la science, comme la philosophie rationaliste, ne peuvent fournir de sens véritablement « réconfortant » à l'humanité.

Ces deux façon d'aborder le monde laissent donc l'homme démuni face à ses grandes interrogations :

  • Qu'y a-t-il après la vie ?
  • Qu'est ce qui à créé le monde ?
  • Pourquoi a-t-il été créé ?
  • À quoi sert l'existence humaine ?
  • A quoi sert de vivre si l'on doit mourir ?
  • Pourquoi devrais-je agir moralement si le monde n'a pas de sens ?
  • Etc.

Si à ce vide philosophique, s'ajoute la décrédibilisation progressive des grandes religions par le matérialisme, et si ces religions elles-mêmes, à cause de leur lenteur de réforme, nous éloignent peu à peu de leurs espaces de réconforts, alors il est normal qu'une société se retrouve confrontée au problème de l'absurde.

En effet, face à UN monde vide de sens, (et la morale ne tient debout que grâce au sens), l'homme doit se débrouiller comme il peut :

Certains vont utiliser cette dévaluation morale pour abuser sans complexe leurs congénères. Cela donne la flambée incroyable dans le monde industrialisé, des délinquances de toutes sortes et des transgressions à caractère pulsionnel, (qui s'élargissent peu à peu à l'ensemble du monde).

D'autres vont aller chercher leur réconfort dans de pseudos spiritualité.

Et la majorité enfin , va accepter de noyer ses questions existentielles comme la société le lui demande c'est-à-dire à travers les diverses ADDICTIONS ( travail, shopping, jeux, télévision). Cette majorité vulnérable va accepter « l'art de vivre » abêtissant et écervelé, imposé par le marché à travers les programmes télévisés.

 

Les positions anti progrès.

Plusieurs points de vue s'opposent à leur façon, au concept de progrès.

Il y a tout d'abord l'idée couramment répandue selon laquelle : « c'était bien mieux avant ». Il s'agit la plupart du temps, d'une réaction naturelle des âges où s'affaiblit notre souplesse d'adaptation (à titre de comparaison, l'ex-dominant primate, renversé par son prétendant, doit penser la même chose).

Il y a ensuite le problème de la présence du mal : génocide, traite des êtres humains, torture, massacre, guerre, tout ces scandaleS capables de rendre absurde la création, de faire douter de l'existence d'un progrès, si nous n'en comprenons pas le sens. Seulement, toute violence s'explique, et c'est ce que nous faisons dans le chapitre consacré au mal, vers lequel nous vous renvoyons.

Il y a enfin la mauvaise utilisation faite du concept de progrès, exploité par certains pour nourrir des narcissismes avec des aliments aussi absurdes qu'indigestes.
C'est le cas d'une certaine forme de pensée occidentale (bien diffusée depuis quelques décennies par certains journalistes* ), pour qui l'Occident, parce qu'il a atteint un degré de puissance technique inégalé, serait qualitativement supérieur à toutes les autres cultures.

Lévi-Strauss écrit à ce propos : « l'Occident, maître des machines, témoigne de connaissances très élémentaires sur l'utilisation et les ressources de cette suprême machine qu'est le corps humain. Dans ce domaine, au contraire, comme dans celui connexe des rapports entre le physique et le moral, l'Orient et l'Extrême-Orient possèdent sur lui une avance de plusieurs millénaires ; ils ont produit ces vastes sommes théoriques et pratiques que sont le yoga de la ville, les techniques du souffle chinois et la gymnastique viscérale des anciens maoris ».

* Il suffit de voir le peu de cas accordé par les mass média aux êtres humains vivant dans les pays technologiquement sous-développés, pour mesurer l'ampleur du narcissisme circulant dans ces médias.

Évidemment, aucun barème de progrès ne peut être établi entre les civilisations, les sociétés, les groupes humains. Ce que l'on gagne d'un côté nous le perdons bien souvent de l'autre.

1/ progrès technique

En effet, bien souvent le progrès technique s'épanouit quelquefois au détriment du spirituel, de l'équilibre mental, de la maîtrise de soi, ou des grandes valeurs humaines telles que l'altruisme, l'humilité, le partage etc. Inversement, la rigueur spirituelle, freine bien souvent la progression des grandes valeurs sociales telles que l'égalité de la femme, la libération de l'ouvrier etc.
 
Nous ne pouvons parler de progrès qu'au niveau de l'humanité tout entière et au niveau du vivant dans son ensemble.

2/ progrès du vivant

En ce qui concerne les progrès du vivant, si nous nous basons sur les données scientifiques actuelles faisant démarrer la vie à partir de l'assemblage de quelques molécules, nous pouvons parler d'un progrès allant du simple vers le complexe, de l'unité vers la diversité, de l'immobilité vers le déplacement, du réflexe vers la raison, etc..

3 / progrès de l'humanité

Au niveau des progrès de l'humanité, il est possible d'établir une logique de progrès. si nous comparons les conditions de vie entre les primates naturels que nous étions et les primates culturels que nous sommes devenus.

La somme de nos connaissances à progresser. La maîtrise de l'outil à progresser, le nombre des outils a progresser. La complexité et la diversité de notre langage a progresser. La diversité et la complexité de nos interdits àaprogresser. L'envergure de nos déplacement a progresser. La complexité de notre médecine a progresser. La maîtrise de nos pulsions a progresser. Le nombre de nos relations sociales a progresser. La complexité de nos organisations sociales a progresser. La complexité de notre morale a progresser. La capacité de se projeter vers le futur a progresser. La capacité de stocker le passé a progresser. L'étendue des moyens pour EXPRIMER nos émotions a progresser. Les instruments pour exprimer notre créativité ont progresser. Notre rapport à l'esthétique, à la beauté a progresser, etc.

 

La perversion de la technologie

La perversion de la cité commence par la fraude des mots. Platon

Ce n'est pas la technologie qui pose un problème à l'homme mais l'homme lorsqu'il utilise la technologie pour maltraiter ses congénères.

Depuis l'apparition de l'objet, le mélange pulsions / progrès détourne la technologie à des fins agressives, l'utilise de façon abusive.

La puissance des pulsions ( domination, pouvoir, clanicité, égocentrisme, racisme, peur, agressivité) empêche la conscience et les contre-pouvoirs de jouer leur rôle de garde-fou et oriente ainsi, une partie du progrès technologique vers ce que nous pourrions appeler le mal.

Ce mécanisme est inhérent à notre métamorphose. Il découle de la transformation du petit groupe de primates naturels que nous étions, en humanité consciente vers laquelle nous allons.

Ce détournement du progrès à des fins abusantes, durera tant que la conscience n'aura pas pris le pouvoir sur les tendances. Autrement dit, tant que la société ne sera pas dotée de garde-fous puissants capables de maîtriser chez certains dominants, le désir naturel de toute-puissance.

Ce mécanisme est relativement simple et stéréotypé, donc facile à expliquer.

Il se rencontre par exemple dans la mondialisation.

Quand la pulsion de domination, est toute-puissance, elle a naturellement besoin de dominer. Elle engendre donc une quantité de subordonnés et de rivaux.

Elle ne peut se contenter d'un système coopératif ou communautarien, qui exige de considérer l'autre comme un égal.

La pulsion de domination oblige donc à considérer l'étranger soit comme un inférieur, soit comme un ENNEMI, soit comme un COMPLICE.

Cette tendance est donc incapable de construire un monde sur des bases de respect MUTUEL et de compétition respectueuse.

instinctivement, cette pulsion va se limiter aux règles les plus simples : à la compétition féroce de la nature primate dans laquelle le dominé doit accepter son asservissement, son obéissance, sous peine de violence.

Si l'instinct de domination ne rencontre aucune résistance, il va imposer ce mécanisme violent comme système général.

 

Les abus du marché

Je ne sais pas ce qu'est un homme, je ne connais que son prix. Bertolt BrechtC'est exactement ce qu'il s'est passé à la sortie du communisme.

Les contre-pouvoirs (médias, intellectuels ..), ne disposant pas du recul nécessaire pour comprendre tous les mécanismes de la pulsion de domination et le pouvoir corrupteur du marché, ont laissé ces nouveaux dominants développer leur toute-puissance, jusqu'à prendre le contrôle de ces contre-pouvoirs même.

Ainsi, le marché détient les pouvoirs et les contre-pouvoirs.

La mondialisation s'est donc mise en route sans contre-pouvoirs et sur les principes de la compétition féroce.

Ce type de compétition minimise les moyens au profit des fins, donc l'éthique et la loi, au profit de la victoire. Il réduit la réflexion au profit de la surdité. Il impose également un principe de rivalité « sans pitié ». Il réinstaure finalement les mécanismes de la nature, à l'opposé des valeurs spirituelles et de la culture.

Ce vieux retour vers l'inconscient, a permis le pillage de tous les pays vulnérables.
La surdité quant à elle, a mis en danger la planète et a permis aux conflits de perdurer.

Ce type d'évolution ne fait pas de véritable place à l'étude des conséquences et aux sonnettes d'alarme, seule la stupéfaction d'une catastrophe ramène brutalement à la réalité.

L'industrie automobile.

Depuis plus de 40 ans, les risques –dues à la pollution, aux encombrements etc. - sont signalés et saisis.

Une industrie consciente du sens de l'humanité, se serait réunie pour établir un consensus mondial donnant la priorité à l'amélioration de ces thèmes, sur lesquels se serait axée la plus grande part de la publicité.

La compétition féroce et inconsciente au contraire, à attendu de toucher le pire, pour commencer à valoriser les voitures non polluantes, et à parler de transport en commun ou de covoiturage.

Ce type de compétition primate, étend progressivement ses conduites sur l'ensemble du monde.

Celles-ci inversent peu à peu les valeurs traditionnelles de l'humanité.

Tous les systèmes correctement spiritualisés, prônent l'humilité et l'interiorité, le respect du fragile, et la protection du faible. Le marché, au contraire survolte le narcissisme, donc le non respect du faible, pour aduler ce qui est considéré comme supérieur (qui est humainement l'inferieur en réalité) .

Les victimes du charbon ou de l'amiante, les victimes africaines, chinoises, américaines, européennes de la mondialisation, ont directement été sacrifiées par l'autisme du système dominant.

Elles ont été sacrifiées par un psychisme incapable de voir le monde qu'elle estime subalterne, voire carrément inutile.

Ce n'est pas le progrès technologique qui a tué les mineurs, ce ne sont pas les machines à vapeur, l'apparition du chauffage, mais le narcissisme, son goût de pouvoir et de compétition féroce.

C'est la compétition féroce qui creuse la distance entre la prise de conscience des dangers inhérents à toute nouvelle technologie, et la mise en oeuvre de leur résolution.

C'est le désir de pouvoir qui permet à des hommes d'engager leur pays dans des dépenses somptueuses pour la recherche militaire au lieu d'engager cet argent pour la paix et le désarmement.

Ce sont les pulsions de haine qui permettent à des êtres humains d'autoriser l'invention, la vente, et l'utilisation des SADIQUES matériels de guerre, comme les mines antipersonnelles.

Un progrès sera fait lorsque nous aurons installé en face de chaque pouvoir, des contre-pouvoirs, des autorités justes et incorruptibles, capables d'obliger les dominants à se conformer absolument à l'éthique morale humaine.

Nous aurons fait un grand pas, quand nous aurons véritablement compris des mécanismes psychologiques qui bloquent l'émergence des méthodes respectueuses d'évolution.

 

La technologie protectrice

Ce qui fait l'homme, c'est sa grande faculté d'adaptation. Socrate

Certains accordent une valeur assez générale à la notion de progrès en faisant remarquer que le domaine de la puissance technique commande en définitive tous les autres domaines de la culture humaine. C'est ainsi que le développement général de la production d'une part, l'efficacité sans cesse croissante des techniques médicales et chirurgicales d'autre part assure à un nombre d'hommes sans cesse plus grands de plus grandes chances de survie. Statistiquement l'âge moyen de la mort recule et ce simple fait est évidemment un critère universel de progrès, difficile à contester car si chacun veut faire quelque chose de sa vie du moins faut-il pour cela d'abord vivre (pour nier ce progrès il faudrait présupposer que le néant est supérieur à l'être). L'augmentation générale de la production industrielle donne à un nombre d'hommes sans cesse plus grands la possibilité d'accéder aux loisirs, à la réflexion, à la connaissance, aux joies artistiques. Et c'est sans doute parce que le progrès technique est la condition de tous les autres qu'aujourd'hui tous les peuples ont adopté les sciences occidentales, poursuivent un effort d'industrialisation. Le développement de la puissance technique est devenu, semble-t-il, un critère universel de progrès. Denis Huysmans et André Vergèz nouveau cours traité de philosophie 1974

Le mélange pulsion / progrès, nous venons de le voir plus haut, génère dans le monde un puissant sentiment d'insécurité et de danger.
En même temps, ce nouvel amalgame : sentiment d'insécurité / développement du progrès, incite l'homme à inventer de nouvelles parades techniques et législatives, pour se protéger de cette utilisation abusive et dangereuse.

Les accidents du progrès obligent l'humanité à trouver sans cesse de nouvelles parades pour assainir et corriger toutes les déviances inhérentes à la mauvaise maîtrise de ce progrès.

Moyens de surveillance, simulation de risques, comité de contrôle, organisation citoyenne, regain pacifiste.. sont bien souvent des réactions réparatrices face à l'utilisation abusive, téméraire et égoïste du progrès par les puissants (la fin dernière et cachée de cet excès de surveillance du système sur les individus, ce n'est pas la privation de liberté, celle-ci en étant simplement la conséquence, mais la maîtrise absolue par l'homme de ses tendances agressives. Dans ce sens, l'évolution du progrès technique s'ajoute à l'évolution du droit dans le long travail de compression progressive de nos instincts transgressants).

Idem avec les valeurs es.

a/ D'un coté, leur rapport à la liberté, délivre peu à peu les morales traditionnelles de leurs archaïsmes et de leurs hypocrisies,

b/ D'un autre côté, elles génèrent un regain de compétition féroce, une dilution des valeurs sociales, une violence accrue et généralisée, et un désir de transgresser de plus en plus irrépressible.

Évidemment, cette façon d'évoluer en utilisant le négatif ne correspond pas à nos ASPIRATIONS mais à nos pulsions. Elle démontre la hauteur réelle de notre évolution.

Si nous avions le choix, nous préférerions sans doute une évolution réfléchie, interdépendante, PACIFIQUE, et fraternelLE. Nous préférerions mettre en commun l'ensemble de nos énergies et la richesse de nos différentes cultures, pour accéder rapidement à une maîtrise propre et durable de notre environnement.

Nous arriverions alors sans doute à nous extraire du principe de domination-SOUMISSION et de DESTRUCTION- RECONSTRUCTION auxquels nous devons encore faire face.

Mais ce n'est pas encore notre réalité et nous devons encore beaucoup travailler et patiemment si nous voulons qu'elle le devienne.

 

philosophie et progrès >> Sens

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