mecaniqueuniverselle.net : aller à la page d'accueil
  • extase

Critique d'Epicure

La morale D'épicure tirée de ses propres écrits

epicure courronéePar labbé Batteux professeur de philosophie grecque et latine au collège royal de France.

C'est le moment où Épicure se montre à la Grèce, presque lasse de croire et d'espérer aux promesses des philosophes. Il avait visité toutes les écoles, entendu tous les maîtres ; et s'il ne connut pas toutes leurs pensées, c'est qu'il crut en avoir assez vu pour n'avoir pas besoin de connaître le reste. Peu satisfait de tout ce qu'on avait voulu lui apprendre, il songea à donner des idées nouvelles. Il fit un plan, qu'il présenta comme neuf, et qu'il prétendit avoir exécuté seul, et de ses propres fonds, sans aucun emprunt*.

Cependant il est certain qu'il n'a rien à lui : il doit toute sa physique à Démocrite, toute sa morale à Aristippe.

Il était aidé de l'en croire sur sa parole : c'était, dit Ciceron, un homme mal-logé qui se vantait d'avoir bâti sa maison lui-même, sans le recours d'aucun architecte. Il composa trois cents volumes, sans y faire entrer aucune citation ; parce qu'apparemment il ne croyait pas que la philosophie dût citer, ou que ses prédécesseurs méritaient de l'être.
On a même accusé de ne s'être pas toujours renfermé dans les bornes de ce silence qui valait une critique ; et de les avoir crayonnés tous, à sa manière, d'une façon qui marquait son mépris pour eux. Diogène Laërce Laërce rapporte quelques-unes des qualifications dont on prétend qu'il avait décoré Nausiphane un de ses maîtres, Platon, Aristote, Protagore. Héraclite, Démocrite, à qui il devait toute la physique, Antidore, cet.
Nous les supprimons, par égard à de si grands hommes, et par respect pour la philosophie. Ces discours injurieux ont-ils été faussement attribué à Épicure, et seulement pour multiplier le nombre de ses ennemis ? Diogène Laërce qui l'assure, peut avoir raison.

(…)

Idée d'Épicure sur la nature de Dieu. Un poète a dit, et on la citait quelquefois avec complaisance, que c'était la crainte qui avait scellé Dieu dans l'univers : Primus in orbe Deos fecit timor. On pourrait dire le contraire avec plus de vérité, que c'est la crainte qui a chassé les dieux de l'univers. Je n'ai jamais vu un homme dit Ciceron qui eut plus de peur qu'Épicure de deux choses dont il dit fait qu'il ne fallait point avoir peur, je veux dire de la mort et des dieux Il en parlait toujours.

Élevé dès sa plus tendre enfance dans la frayeur des esprits et des démons, contre qui sa mère employait les rites expiatoires dans les maisons des particuliers, il avait eu longtemps l'imagination remplie de fantômes hideux. Il se représentait, si l'on peut user de l'expression du poète qui a mis en vers sa philosophie, la tête énorme de la religion sortant des cieux, et glace en beffroi par son regard terrible, les pannes mortelles lui mortel, victime du préjugé ;

QUAE CAPUT A CAELI REGIONIBUS OSTENDEBAT ;
HORRIBILI SUPER ASPECTU MORTALIBUS INSTANS

ce fut pour se délivrer une bonne foi de cette idée, pleine de trouble et de terreur, qu'il entreprit de mettre la religion sous ses pieds. Quand il crut y avoir réussi, ses disciples chantèrent victoire, et se crurent eux-mêmes dans les cieux.

(...)

À la mort, Épicure nous anéantir entièrement, c'est-à-dire qu'il rejette dans la masse universelle les éléments dont nous étions composés, et qu'il ne nous laisse aucun sentiment de notre être. Les stoïciens nous accordaient quelques siècles de vie au-delà du trépas, pour purger l'âme de ses souillures, avant que de la replonger dans l'être principe. Pour Sénèque, il paraissait avoir peu de foi à cette seconde vie. Et après tout, le monde des stoïciens n'était que celui d'Héraclite, où tout se faisait par des retours périodiques de raréfaction et de condensation. La substance la plus raréfiée était Dieu, la plus condensée était matière. Les âmes placées entre les deux extrêmes, prenez l'ordre du destin pour monter ou pour descendre. Quelques routes quelles prissent, elles arrivaient toujours à un fleuve d'oubli. Or, c'est tout ce que voulait Épicure. Zenon avait en horreur la volupté. Épicure en fait son Dieu. Mais tous deux voulaient arriver à l'ataraxie, à l'apathie, à l'eutymie, à l'aponie, à l'aochlesie, à l'athambie, à l'acaplexie, à l'athypie, c'est-à-dire en français, au repos de l'âme :
hic (zeno) requiem proebet fellis in vertice dummo

D'autres Epicure

Epicure menecee , Epicure, Valladier, Rousseau.

123456789101112131415161718

choose your