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Du plaisir au bonheur

L'homme, constitué pour agir

Bronzino venusUne philosophie de l'évolution

Le plaisir n'est pas un mal en soi, mais certains plaisirs apportent plus de peine que de plaisir Épicure

L'homme fuit la souffrance et recherche le plaisir. Tel est le grand moteur de l'action humaine. Pour assouvir son désir de plaisir, l'être humain doit agir et construire ainsi son monde.

Malheureusement la quête du plaisir* fait également parti des grands générateurs de violences et d'injustices.

* désir de posséder, de dominer, d'asservir, de jouir contre la volonté d'autrui etc.

Une théorie positiviste

Selon notre philosophie, l'humanité est destinée à atteindre sa perfection. L'attrait pour l'action et le refus de la souffrance, sont les deux grands guides.
Le désir d'agir nous pousse à construire les structures sociales, pratiques et éthiques de l'humanité.
La hantise de la souffrance, nous contraint à diminuer* la violence au profit de la douceur.

*il s'agit bien entendu d'une diminution lente et régulière, dont on ne peut prendre la mesure qu'en étendant le temps sur des centaines d'années.

Ce processus conduit lentement notre espèce vers la fraternité et l'universalité. Vers l'amour du prochain et la paix universelle. Vers un espace où l'homme ne sera plus, ni un loup, ni un maître pour l'homme. Quand toutes les structures techniques de l'humanité seront achevées, l'action constructrices deviendra inutile et son moteur (le désir), également. L'humanité pénétrera alors dans le temps du bonheur, de la contemplation et de la sérénité. Autrement dit, quand l'homme aura achevé son évolution, plus aucune agitation ne viendra le perturber. Les « ballottements » de son cœur et de sa pensée, s'achèveront. L'humanité pénétrera dans le royaume de la quiétude, de l'extase, du nirvana, du bonheur absolu... Telle est la philosophie de la mécaniqueuniverselle...

Physiologie humaine et action

Seulement, la perfection est encore loin de nous. Nous sommes simplement les hommes constructeurs de ce monde avenir. Des ouvriers condamnés à construire le meilleur des mondes possibles et pour quelques promesses de plaisir. Nous sommes les artistes engagés pour amener notre espèce vers sa plénitude.

L'homme-constructeur est une « machine » à agir. Il est bâti pour construire. La majorité d'entre nous serait incapable de passer une vie sans entreprendre. Une vie sans créer ni avoir le sentiment de travailler pour la communauté. Rares sont les psychismes aptes à supporter l'inaction et le sentiment de vide. À assumer le silence de l'ascète dans sa grotte.

Corps et esprit tournés vers l'action

Notre corps est une somme d'énergie qui exige d'être dissipée sous forme d'action créatrice. Notre mental réclame cela.

  • D'un côté l'esprit sanctionne l'inaction (en l'accompagnant de sensations pénibles; ennui, angoisse, spleen)...
  • de l'autre, il stimule l'action par le désir du but à atteindre et les récompenses qu'il sous-tend. Je travaille mon jardin pour le plaisir de déguster de bons légumes, d'en offrir à mes enfants et mes amis... j'écris des livres pour avoir le plaisir de faire plaisir à mes lecteurs, etc. etc..

Dans l'obligation de bien construire

La difficulté de réussir ne fait qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre Beaumarchais.

Non seulement nous devons agir, mais nous devons le faire le mieux possible. En effet, chaque être humain est inscrit dans un tissu social fortement interdépendant et moralisé. Voisins, amis, famille, collègues de travail, médias, justice etc., jugent nos actes. Ils les évaluent à l'aune du bien et du mal.

  • Un travail bien fait, une bonne action réalisée, sont gratifiés, de compliments, de félicitations où d'éloges. Ces récompenses nous procurent du plaisir.
  • Au contraire, un travail mal fait, une mauvaise action engendre des reproches, des blâmes ou des sanctions. Ces condamnations gênèrent en nous du déplaisir où de la souffrance.

Le gendarme de la conscience morale

Notre morale intime, agit de la même façon.

Nous sommes habitués, dès l'enfance, à séparer le bonnes actions des mauvaises. À fuir les actes dépréciés pour nous rapprocher du «bien agir». Tout au long de notre existence, ce pli nous sert à juger l'attitude d'autrui comme la nôtre. Car nous utilisons pour nous-même, ce principe de sanction et de récompense. J'ai une sensation agréable de bonheur après avoir fait du bien à autrui. Et j'ai une sensation désagréable si je l'ai abusé.

Grâce à ce superbe mécanisme*, nous sommes naturellement enclins à nous orienter vers les bonnes actions.

*Un mécanisme qui nous fait nous sentir « mieux » après avoir accomplie une bonne action et plutôt mal après en avoir accompli une mauvaise

Finalement, par la combinaison du plaisir et du déplaisir (et grâce également à la conscience morale), le principe créateur dirige nos pas. Il oriente chaque individu vers l'action « bonne ». Et évidemment, s'il pousse chaque individu à bien agir, cela se répercute sur l'humanité toute entière*. Autrement dit, c'est l'humanité toute entière, qui est orientée vers le bien agir.

*bien entendu, il faut qu'il y ait un petit pourcentage d'individus pour transgresser cette règle afin de faire évoluer le droit et la loi.

Nous ne sommes pas parfaits

Mais nous allons, vers la perfection

cosmeDes héros au travail..

Le travail est comme une ancre immobile qui arrête l'agitation de notre cœur et de nos pensées. Mabillon

L'humanité est en route vers sa perfection, elle n'est donc pas encore parfaite. Même si la société est globalement orientée vers le « bien », de « mauvaises actions » s'y produisent. Nous ne sommes pas encore des saints, autrement dit, pas encore à l'image de Dieu (puisque la définition du saint dans la plupart des grandes religions, est d'être à l'image de Dieu), mais nous sommes des héros ! Des héros du type Hercule, moitié homme et moitié Dieu. Des héros capables du meilleurs comme du pire et contraint d'accomplir les 12 grands travaux* ...

*vaincre la bête qui sommeille en nous, cautériser définitivement ce lien avec la nature pour éviter qu'ils resurgissent, descendre aux enfers, porter toute la misère du monde, vaincre les minotaures et la mort etc.

Il suffit d'éclairer la télévision pour comprendre notre véritable degré d'évolution. Pour mesurer l'espace entre notre désir de bien agit et la réalité effective et évaluer sans indulgence, l'écart entre l'être et le devoir être.

L'empathie et son défaut

Si la cruauté est relativement marginale dans l'humanité, elle est pourtant présente. Dans la norme humaine, quand un homme commet une mauvaise action, il en développe du remords. Si une mauvaise action ne provoque aucun regret, nous avons bien souvent affaire à une pathologie. On parle alors de perversion narcissique, de psychopathologie* etc.

* même si pour l'instant encore, la plupart d'entre eux sont considérés Comme des psychotiques « sans symptômes ». En réalité, leurs symptômes sont à lire dans la souffrance de leurs victimes.

La cruauté par répercussion

Mais dans la majorité des cas, l'individu est poussé à la cruauté par le système. Le tissu social, la coutume ou le marché lui impose d'être injuste, égoïste ou discriminant. La société le contraint à se conduire de façon monstrueuse envers ses semblables. C'est bien sûr le cas des guerres. La barbarie de 14 / 18, de 39 / 40, du Vietnam ou d'Irak, sont initiés par ces systèmes pervers et insensibles.

On retrouve la mauvaise influence des pouvoirs dans certaines idéologies. Dans le communisme quand il oblige les hommes à s'épier les uns les autres. Dans le libéralisme quand il préconise d'écraser autrui pour survivre*. Dans le libéralisme encore, quand il dirige l'ensemble humain vers l'élitisme, la corruption et le népotisme. Quand il ramène sur le devant de la scène de nouvelles formes d'esclavages (délocalisations).

* Le film des frères Dardenne : « Rosetta » montre très bien cela.

Le monde va de mieux en mieux

Mais il s'agit là d'une phase ponctuelle dans l'histoire de l'humanité.

Par ses excès, le système libéral commence d'ailleurs à soulever assez d'indignation pour doper les philosophies contestataires. Les excès du libéralisme touchent à leur terme. Ce n'est qu'une question de temps. Les « vieilles notions », elles aussi, sont en régressions dans l'humanité.

Par exemple, si le racisme et l'antisémitisme sont toujours actifs, ces visions archaïques sont en voie d'être dépassées. Les nouvelles consciences, nous le pressentons bien, veulent en finir avec ces vieilles traditions. Des lois d'ailleurs, ont été institué pour commencer à nous en défaire.

Autre exemple, une nouvelle bourgeoisie « égoïste » et sans état d'âme existe encore de nos jours. Cette élite, comme ses ancêtres, est capable de rester sourde à la misère d'autrui. Et pourtant, globalement, l'état d'esprit de cette nouvelle bourgeoisie, s'améliore. Elle est moins rigoureuse, moins abusante et moins hermétique que la bourgeoisie du 19eme siècle*.

* même si, via les médias, une certaine élite est parvenue en quelques décennies à faire admettre qu'il n'y a pas de honte à être égoïste, VIP, riche et arrogant.

La morale humaine est encore forte

En conclusion, nous pouvons le dire ainsi.

Dans la grande majorité, les « belles conduites » (justice, fraternité, paix ou partage) sont toujours majoritaires. Elles recueillent encore aujourd'hui, tous les suffrages. Dans son intimité (et malgré la pression du marché) la philosophie populaire vénère les grandes valeurs de l'humanité. Dans chaque groupe humain, l'altruiste est généralement préféré à l'égoïste, le juste à l'injuste, le doux au violent ...

Globalement donc, la majorité humaine baigne dans une ambiance éthique et friande de récompenses positives. Elle tend donc naturellement à orienter ses actions vers le bien de l'humanité. Ce mécanisme est auto fécondant. Il incite chaque individu à tendre vers sa perfection. Ce qui oriente, par déclinaison, l'humanité vers sa perfection.

Béatitude / plaisir / Bonheur

Le désir d'un côté ...

plaisir

.. la contemplation de l'autre

Le bien est la fin du désir (Etique à Nicomaque et Nicolas de Cues le Coran Tamisé)

L'État de contemplation* (spirituellement parlant) induit la cessation de toute action constructrice. C'est l'extase, l'absorption dans l'absolu.

Mais l'homme doit élaborer son monde. C'est pourquoi l'accès à la contemplation lui est si difficile.

* La contemplation étant liée à la « non-action» (dans sa dimension spirituelle).

Cette exigence d'efficacité, le ferme également à la gratification de l'extase (la quiétude, le bonheur absolu).

Autrement-dit, le monde étant encore à finir de construire, il exige beaucoup plus d'action que de contemplation. Plus de désir que de béatitude. C'est pourquoi l'homme « constructeur de béatitude », n'a pas accès à la béatitude. Sa récompense se limite au plaisir. Le plaisir est la gratification de l'action constructrice. L'extase, est la récompense de la non-action (au sens spirituel du terme) ...

Entre les deux formes de ressenti, s'établit une frontière infranchissable. Il est plus facile à l'homme constructeur d'accéder aux divers plaisirs de la vie courante, qu'a l'expérience béate de la contemplation. Celle-ci exige la plupart du temps, une ascèse rigoureuse et un renoncement au plaisir. Je tiens l'inaction pour la véritable joie dit Tchouang tseu, mais la coutume en fait un grand malheur.

Philosophie de Bergson

De l'extérieur à l'intérieur

bergsonCette « obligation d'action » aux dépens du bonheur, peut se lire dans ce court extrait de Bergson :

Tout le monde a pu remarquer qu'il est plus malaisé d'avancer dans la connaissance de soi que dans celle du monde extérieur.

Hors de soi, l'effort pour apprendre est naturel ; on le donne avec une facilité croissante ; on applique des règles. Au dedans, l'attention doit rester tendue et le progrès devenir de plus en plus pénible ; on croirait remonter la pente de la nature. N'y a-t-il pas là quelque chose de surprenant ?

Nous sommes intérieurs à nous-mêmes, et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître.

Point du tout ; notre esprit y est comme à l'étranger, tandis que la matière lui est familière et que, chez elle, il se sent chez lui. Mais c'est qu'une certaine ignorance de soi est peut-être utile à un être qui doit s'extérioriser pour agir ; elle répond à une nécessité de la vie. Notre action s'exerce sur la matière, et elle est d'autant plus efficace que la connaissance de la matière a été poussée plus loin. Sans doute il est avantageux, pour bien agir, de penser à ce qu'on fera, de comprendre ce qu'on a fait, de se représenter ce qu'on aurait pu faire : la nature nous y invite ; c'est un des traits qui distinguent l'homme de l'animal, tout entier à l'impression du moment. Mais la nature ne nous demande qu'un coup d'œil à l'intérieur de nous-mêmes : nous apercevons bien alors l'esprit, mais l'esprit se préparant à façonner : la matière, s'adaptant par avance à elle, se donnant je ne sais quoi de spatial, de géométrique, d'intellectuel.

Une connaissance de l'esprit, dans ce qu'il a de proprement spirituel, nous éloignerait plutôt du but.

Nous nous en approchons, au contraire, quand nous étudions la structure des choses. Ainsi la nature détourne l'esprit de l'esprit, tourne l'esprit vers la matière. Mais dès lors nous voyons comment nous pourrons, s'il nous plaît, élargir, approfondir, intensifier indéfiniment la vision qui nous a été concédée de l'esprit.

En conséquence de quoi :

Si pendant son élaboration, l'homme n'a globalement pas accès au bonheur absolu, seulement au plaisir, et si le plaisir est la récompense de nos actions, il est donc naturel de profiter et de développer les plaisirs humains.

Valoriser le plaisir

Le plaisir mesuré et juste

vermeerC'est bon pour la santé.

Le plaisir est l'objet, le devoir et le but de tout êtres raisonnables. Voltaire

Le plaisir étant la récompense de l'action, il est nécessaire de le valoriser. Bien entendu, cette valorisation doit être soumise à condition. Elle doit s'accorder avec la philosophie profonde de l'humanité. Avec les valeurs fondamentales de l'être humain.

Autrement dit, le plaisir ne doit pas se prendre au détriment d'autrui, ni contre ses intérêts profonds. Et malheureusement c'est encore bien souvent le cas.

  • C'est le cas lorsque certains hommes politiques influents, méprisent la population fragile humaine. Lorsqu'ils font semblant d'ignorer que leur égoïsme plonge dans la nécessité une partie de l'humanité... ils prennent alors leur plaisir aux détriments d'autrui.
  • C'est le cas lorsque certains industriels utilisent une main-d'oeuvre serviles dans les pays sous-développés et dans les conditions de l'esclavage. Lorsqu'indirectement ou directement ils s'organisent pour maintenir leurs ouvriers aux limites du seuil de pauvreté. Ils prennent leur plaisir au détriment de celui d'autrui.
  • C'est le cas lorsque des hommes imposent leur domination sur les femmes. Lorsqu'ils utilisent le machisme ou la tradition pour maintenir leurs compagnes en état de réel esclavage. Ils prennent alors leur plaisir au détriment d'autrui.
  • C'est le cas lorsque des castes de dominants, pour thésauriser l'ensemble des richesses, empêchent leur régime d'évoluer. Lorsque des gouvernements occidentaux, soutiennent ces régimes archaïques pour profiter de leurs ressources. Ils prennent alors leur plaisir au détriment du plus grand nombre.

La liste serait longue si nous voulions relever tous les plaisirs égoïstes pris aux dépends de nos congénères. Et nous le voyons quotidiennement, il reste encore beaucoup de travail pour adoucir les plaisirs humains. Pour les rendre plus éthiques. Mais peu à peu, notre conscience d'autrui se développe. C'est une des conditions fondamentales pour dépasser les lois de la nature.

En résumé

Puisque : Le plaisir est le moteur le plus naturel et le plus juste pour motiver l'action humaine. Nous devons alors préconiser les plaisirs correspondants à l'éthique humaine. Autrement dit, promouvoir les plaisirs partagés avec autrui.. sans gêner autrui.. dans le respect d'autrui... et dévaluer au contraire, tout les plaisirs pris au détriment d'autrui.

L'action est la valeur fondamentale de l'humanité en construction... la quête du bonheur en est le moteur... et le plaisir éthique, sa récompense.

2001


téléologie

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henry bergson

l'homme est une subjectivité confronté à la nécessité de vivre et d'agir.

Le plaisir n'est qu'un artifice imaginé par la nature pour obtenir de l'être vivant la conservation de la vie ; il n'indique pas la direction où la vie est lancée. Mais la joie annonce toujours que la vie a réussi, qu'elle a gagné du terrain, qu'elle a remporté une victoire Bergson

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