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Du plaisir au bonheur

Difficile béatitude, facile plaisir

jeff koonsLe moteur de l'évolution

Socrate : et la constitution du corps, n’est-ce pas le repos et l’inaction qui la détruisent, et les exercices et les mouvements qui lui assurent une longue durée ? Théétète : si. Platon le Théétète

Selon notre philosophie, l'humanité est vouée à atteindre sa perfection, l'accession de l'humanité à un état de paix et de sérénité totale, de bonheur absolu et d'extase.

Cet avènement concerne nos futurs descendants.

A l'image de l'évolution individuelle

L'humanité est en évolution. Cette évolution se déroule de façon lente à l'image de l'évolution de l'individu. Pour devenir adulte, nous devons traverser une quantité de périodes créatrices. Dépasser le stade bébé, l'enfance, la prime adolescence, l'adolescence, etc. À chaque étape, il nous faut apprendre à maîtriser de mieux en mieux nos pulsions, nos tendances. C'est la même chose au niveau de l'espèce. Elle doit dépasser des gradations incontournables et de nombreux niveaux de conscience. Et comme nous devons le réaliser en tant qu'individu, l'humanité doit diminuer progressivement l'influence de ses pulsions. Des pulsions héritées de son origine primate.

Le plaisir comme moteur

Le bonheur a pour summum la béatitude, le nirvana. C'est la quête de tout homme. Ce type de bonheur se suffit donc à lui-même. Autrement dit, l'accession au bonheur absolu marque la fin du désir. La fin de toute velléité, y compris les activités constructives. Seulement, l'humanité, nous le constatons tous les jours, n'a pas encore atteint sa perfection. Elle n'a pas réalisé son apothéose sociale ni son plus haut degré de confort possible. Elle n'a pas rencontré son couronnement au niveau des communications, des transports ou des relations humaines.

L'homme a donc encore besoin d'actions constructrices pour finir d'élaborer ses structures. Sans le savoir, la mondialisation concrétise peu à peu cette perfection technique. Le marché, de façon inconscience (donc dangereuse) élabore toutes les bases techniques de l'universalité.

De la nécessité des pulsions

Pour développer ses structures matérielles, l'homme a besoin de tendances, de passions, de pulsions et de désirs. Il doit juger, désirer, bref utiliser tous les moteurs classiques de l'action. Parce que nous avons encore besoin d'agir et de construire, notre esprit refuse de s'intéresser à l'extase. Il nous empêche de concevoir un quelconque attrait à l'état purement contemplatif de la béatitude.

L'homme est né pour penser ; aussi n'est-il pas un moment sans le faire ; mais les pensées pures, qui le rendroient heureux s'il pouvoit toujours les soutenir, le fatiguent et l'abattent. C'est une vie unie à laquelle il ne peut s'accommoder ; il lui faut du remuement et de l'action, c'est-à-dire qu'il est nécessaire qu'il soit quelquefois agité des passions, dont il sent dans son cœur des sources si vives et si profondes.

Le désir de plaisir

Du désir pour construire

starkey Le rejet de l'extase

Pour la plupart d'entre nous, perdre nos tendances - agressivité, désir, jugement - est synonyme de mort ... L'égalité synonyme d'ennui... L'amour pur, synonyme de niaiserie... La béatitude synonyme d'abêtissement... Et nous pensons qu'il en sera toujours ainsi.

Seulement, la conscience humaine évolue. Elle évolue au même rythme que le progrès. L'esprit humain s'adapte donc en permanence à ce qui lui est actuel. Il est toujours en phase avec celui-ci ... L'Antiquité grecque n'aurait jamais pu imaginer l'égalité des sexes, le voyage dans l'espace ou l'interdiction de l'esclavage. il s'agit pourtant aujourd'hui, de notre réalité. Notre esprit a parfaitement bien incorporé ces notions. Dans le futur, l'homme parviendra donc à dépasser le regard négatif qu'il porte actuellement sur l'extase. Mais pour l'instant, cette hantise de la béatitude est nécessaire. C'est une sorte de ruse de la raison au sens où l'entendait Hegel. Un mécanisme permettant de doper l'activité humaine.

Rendre au futur ce qui appartient au futur

Évidemment pour notre monde en pleine construction, trop d'extase serait sans doute pénalisant. C'est pourquoi un système sans agressivité, sans désirs, sans action, parait totalement inintéressant et insipide. Et c'est très bien ainsi. Mais cet état « ultra-paisible » ne l'oublions pas, correspondra à un monde entièrement finalisé. Un monde parfaitement adéquat pour les êtres humains qui y vivent.

Nous ignorons encore tout de cette humanité future (il nous est d'ailleurs impossible de démontrer si l'humanité évolue ou non vers cet état extatique). Nous ne savons rien du chemin qu'elle prendra pour y parvenir. Nous ignorons tout des sécurités qu'elle mettra en place pour protéger ses béats sans défense. Mais l'évolution se déroule de façon progressive... Elle s'adapte à toutes les nouveautés. Et elle ne s'est jamais retrouvée en décalage entre la réalité extérieure et la capacité d'y faire face.

Miguel de Unamuno

Lisons ces quelques phrases de Miguel de Unamuno à propos de l'amour comme moteur de l'action.. L'amour regarde et tend vers l'avenir, parce que son œuvre est l'oeuvre de notre perpétuation ; le propre de l'amour, c'est d'espérer et il ne se nourrit que d'espérance. Au fur et à mesure que l'amour voit son désir réalisé, il s'attriste et découvre aussitôt que ce à quoi il tendait n'était pas sa propre fin et que Dieu le lui présentait comme appât afin de l'inciter à l'action, mais que sa femme est au-delà ; il reprend donc à nouveau sa pénible route d'illusions et de désenchantement à travers la vie. Et il avance, en faisant des souvenirs avec ses espérances déçues et il tire de ses souvenirs des espérances nouvelles.

En route vers l'esprit absolu

Lire l'avenir dans le passé et le présent

Le monde évolue vers l'extase

L'homme constructeur n'est pas attiré par l'extase et pourtant il en construit tout les agencements. L'orientation du progrès technique et certains indices, semblent le démontrer. Le monde actuel agit déjà en faveur d'un monde futur extatique.

Prenons par exemple, la fin possible du désir libidinal.

La béatitude étant une sorte de jouissance permanente et indépassable, elle transcende en puissance le plaisir sexuel et donc le minimise. Ainsi, si le plaisir de l'extase est supérieur au plaisir libidinal, il remplacera naturellement ce dernier. Du coup, l'accession facile à l'extase pourrait menacer la pérennité de notre espèce. Et que fait la recherche depuis quelques décennies ? Elle travaille sur les naissances in vitro. Autrement dit, sur une forme de mise au monde pouvant se passer du rapport sexuel. Elle travaille également sur le principe du clonage dont le résultat est identique. N'est-ce pas là, un moyen de compenser la fin du rapport sexuel dans une humanité achevée ?

Spinoza et le bonheur

Commentons ce petit extrait de Spinoza à propos du bonheur.

Le suprême effort de l'esprit et la souveraine vertu est de comprendre les choses par le troisième genre de connaissance De ce troisième genre de connaissance naît la plus grande satisfaction de l'esprit qui soit possible

Toute chose peut être conçue de deux manières, selon qu'on la considère dans le temps ou dans l'éternité. C'est le cas aussi du bonheur. En tant qu'il est conçu dans le temps, le bonheur est changement, et l'on nous dit heureux ou malheureux suivant que nous changeons en mieux ou en pire (éthique, V, 39, scolie) Spinoza

Nous atteignons alors, avec le troisième genre dont parle Spinoza, le niveau de l'extase. C'est le niveau du bonheur, pris du côté de l'éternité. Faisons alors confiance aux philosophes, aux sages, aux mystiques ayant expérimentés l'extase. Tous affirment qu'il y a dans ce bonheur suprême, un plaisir supérieur à tous les autres. L'éveil, la vacuité sont des sensations bien supérieures aux différents plaisirs ordinaires.

En résumé, pendant la construction de l'humanité, seuls quelques rares éclaireurs peuvent accéder à la béatitude. Le plaisir étant le lot de la multitude.

2001

plaisir ou bonheur

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lao tseu

Celui qui continue son étude
augmente de jour en jour
celui qui pratique le tao
diminue de jour en jour.
Diminue et diminue encore
pour en arriver à ne plus agir.
Par le non-agir,
il n'y a rien qui ne se fasse.
C'est toujours par le non-faire
que l'on gagne le monde entier.
Lao-tseu Tao-tö king 57

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