Philosophie : du plaisir au bonheur.
L'humanité est vouée à atteindre sa perfection.
Celui qui continue son étude
augmente de jour en jour
celui qui pratique le tao
diminue de jour en jour.
Diminue et diminue encore
pour en arriver à ne plus agir.
Par le non-agir,
il n'y a rien qui ne se fasse.
C'est toujours par le non-faire
que l'on gagne le monde entier.
Lao-tseu Tao-tö king 57
Difficile béatitude, facile plaisir
L'accession au bonheur absolu concerne
nos futurs descendants. L'humanité
est en évolution et son évolution se déroule de manière lente et profonde.
Comme
l’enfant doit, pour devenir adulte, passer une quantité de période - enfance, prime adolescence, adolescence - l’espèce humaine doit franchir
des
étapes incontournables.
Elle doit en même temps franchir des niveaux de conscience, en diminuant s'est excès d'égocentrisme et de pulsions, hérités de sa nature primate, pour finalement atteindre l'extase, le bonheur absolu.

Le bonheur, nous le savons, est la quête de tout homme.
Le bonheur absolu se suffit à
lui-même.
Donc, accéder à cet état de bonheur absolu,
de béatitude, de nirvana, signifierait la fin de tout désir,
de toute quête.
Cet état se suffisant à lui-même mettrait fin
à l'action constructive.
Seulement, l’humanité nous le constatons tous les
jours, n’a pas encore atteint sa perfection ni sociale,
ni technique, ni psychique.
Elle a donc encore
besoin d'actions constructrices pour finir d'élaborer ses structures
- idéal social,
idéal de confort, de communication, de mouvement.
Cette perfection technique, la mondialisation est en train de la concrétiser et de l'universaliser sans en avoir véritablement conscience (donc
dangereusement).
La contemplation ne permet pas de construire
l'humanité Pour
améliorer ses structures matérielles,
l'homme a besoin de tendances, de passions,
de désirs, de
pulsions, de jugements,
de représentation subjective,
bref , de toutes les moteurs classiques de l'action.
Parce que nous avons encore besoin de tout cela, notre esprit
nous empêche de concevoir un quelconque attrait à l'état
purement contemplatif de la béatitude.
Pour la plupart d'entre nous, perdre nos tendances -
agressivité, désir, jugement - est synonyme
de mort ... l'égalité synonyme d'ennui ... l'amour
pur synonyme de niaiserie ... et la béatitude synonyme
d'abêtissement.
Seulement, la conscience humaine évolue, et l'esprit est toujours en phase avec son présent ... Si pour les grecs de l'antiquité,
l'idée d'égalité des
sexes, de voyage dans l'espace ou l'interdiction de l'esclavage, aurait été impossible à admettre, aujourd'hui c'est notre réalité et notre esprit l'admet tout à fait.
Il s’agit d’une ruse de la raison
destinée à nous forcer à l'action, comme
le prétend Hegel.
En
effet, si nous faisons confiance aux philosophes, aux sages
et aux mystiques ayant expérimentés ces états,
tous affirment qu'il y a dans ce bonheur suprême,
dans cet eveil
contemplatif, dans cette vacuité et ce présent
absolu, une sensation bien supérieure aux différents
plaisirs procurés par le monde
de l'action.
Evidemment pour notre monde en pleine construction, un système
sans agressivité,
sans désirs, sans envies d'action, nous parait totalement
impossible à
vivre et heureusement. Mais cet état ultra-paisible ne
l'oublions pas, correspondra à un monde entièrement
finalisé,
donc à un monde adéquat pour cet état.
Nous ignorons encore tout de cette
humanité future.
Nous ne disposons d'ailleurs pas encore de suffisamment d'éléments pour démontrer
rationnellement si l'humanité évolue oui ou non, vers l'extase.
Nous ne savons rien du chemin qu'elle prendra pour y parvenir,
ni les verrous de sécurité mis en place par nos descendants
pour préserver une humanité béate et
sans défense.
Mais l'évolution se déroule de manière
progressive ... et jusqu'à présent, l'espèce
humaine ne s'est jamais retrouvée en décalage
entre la réalité
extérieure et la capacité d’y faire face.

En observant attentivement l'orientation de notre progrès technique,
certains indices semblent pourtant démontré qu'il agit déjà en
faveur d'un monde futur sans défense.
Par exemple, la
béatitude
étant un état de jouissance permanent et indépassable,
elle transcende en puissance le plaisir sexuel - autrement dit, la béatitude anéantit tout désir sexuel - ce qui pourrait menacer du coup, la pérennité de
l'espèce.
Et que fait la recherche depuis quelques décennies ?
Elle travaille sur les naissances in vitro, et à présent sur le principe du clonage ... et ne pourrions-nous pas voir là, un moyen
de compenser la fin du rapport sexuel dans une humanité
achevée ?
En résumé, tant que l'humanité
est à construire, seuls quelques rares éclaireurs
peuvent accéder à la béatitude, le plaisir étant le lot de la
multitude.
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