Les leaders narcissiques
Pervertir la démocratie et restaurer l'aristocratie
La régression de certaines valeurs dans l'humanité occidentale (et finalement dans le monde) n'est pas dû au hasard.
Elle résulte selon moi de la prise de contrôle du système des valeurs (à la chute du communisme) par ce que nous pourrions appeler : les « leaders primaires ».
Profitant de la stupéfaction générale, à partir de la chute du mur de Berlin, les hypers libéraux se sont mis à anéantir tous les contre-pouvoirs.
Le marché s'est accaparée les médias et a plongé ce nouveau libéralisme (dont la vocation, semble-t-il était de mettre en route la mondialisation) dans le travers des hégémonies. Parce qu'il a écrasé toute résistance est tout esprit critique, le système marchand s'est alors considéré tout-puissant. Son orgueil n'a cessé d'augmenter et
les risques d'autocratie aussi (autocratie de velours à présent).
En corrompant progressivement certains
principes, en imposant les valeurs des « dominants primaires » (égoïsme,
désir de domination, agressivité, thésaurisation, narcissisme), le rouleau compresseur néolibéral a tout simplement fait régresser les valeurs de la démocratie au profit des valeurs marchandes. Via les médias, les « désirs » du marché (avoir, élitisme, compulsivité, consommation, insouciance, inconscience ect.)
se sont imposés sur les valeurs du peuple (être, entraide, humilité, égalité, partage,
quiétude) et sont devenus les
valeurs à suivre.
La télévision de masse reflète l'état d'esprit du marché
Depuis les années 90, le marché, via les médias, semble avoir choisi de survaloriser l'élite (tout du moins, ce qu'il considère comme tel) au détriment du peuple, donc de la démocratie.
La diversité populaire est sous représentée sur les chaînes de télévision grand public. Ces chaînes étant devenu aujourd'hui le miroir de l'humanité, le peuple ne dispose donc pas de miroir pour se regarder et s'apprécier. Lorsque le peuple apparaît sur le petit écran, il est soigneusement choisi pour ses capacités à valoriser cette petite élite élitiste. Il est choisi parce qu'il sait se montrer admiratif du modèle et de l'animateur (symbolisant le marché). Il est choisi parce qu'il rêve de faire parti de cette élite qu'il parvient à la mimer. Du peuple, on voit et on entend dans les médias, essentiellement ses éléments les plus naïfs et les moins engagés. La plupart du temps d'ailleurs, le public sert de potiche, ou de participant à des jeux.
Nous sommes loin de l'image réelle d'un peuple agissant, consciencieux, et animateur réel du quotidien humain. Nous sommes loin des principes démocratiques exigeant de placer le peuple en position de souverain et de choisir ses valeurs profondes, comme
guide à suivre.
La perversion de la démocratie
Alors naturellement, quand une démocratie se met à privilégier
les dominants au détriment du peuple (comme c'est le cas en aristocratie, en oligarchie mais également dans la nature) elle fait progressivement régresser la société vers les conditions de vie de nos origines, autrement dit, vers les conditions de vie des primates naturels.
C'est malheureusement le cas, semble-t-il, du néo-libéralisme de ces dernières décennies.
Parce qu'il ne rencontrait plus suffisamment d'opposition, le marché a tout simplement fait régresser les grandes valeurs démocratiques. Intuitivement, il a institué peu à peu une nouvelle aristocratie constitué de politiques, d'industriels, de marchands, de jet setter, de chanteurs, de comiques, de patron de presse, d'animateur de télé, de sportif, etc. Et naturellement, ce retour « primaire » à restaurer progressivement les vieilles dérives des régimes autocratiques (népotisme, clanicité, transmissions de pouvoirs et de richesses, grossissement de la fracture sociale, etc.).
Au contraire de la démocratie (véritable nouveauté humaine) l'aristocratie est un retour vers les moeurs de nos origines naturelles.
C'est pourquoi la précarité, l'agressivité, la violence, la sexualité sans sentiment, la peur, l'inconscience, sont en expansion depuis une trentaine d'années.
Régression nécessaire des valeurs
Bien évidemment, comme toute chose dans l'humanité, cette « régression aristocratique » un sens et nous l'étudierons dans la dernière partie de notre réflexion.
En plus d'avoir un sens, cette régression des valeurs démocratiques sociales et spirituelles (en Occident), ce retour vers l'élitisme et ses pulsions, sont cependant ponctuels et partiels.
C'est
la contrepartie d'une évolution plus importante : la mondialisation.
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