mecaniqueuniverselle.net : aller à la page d'accueil

La philosophie et le divin

Kant, Anselme, Descartes, Spinoza.

Boèce Rome 477 Pavie 524 philosophe et homme politique italien  sur la mecaniqueuniverselle La philosophie à la recherche du divin

C’est une absurdité de croire que la divinité ait des passions humaines, et l’une des plus basses des passions humaines, un incessant appétit d’applaudissements. Dialogues sur la religion naturelle. David Hume

Avec Platon puis Aristote, la philosophie s'est imposée comme une science à part entière. Depuis son origine sous le soleil de la Grèce, elle investit toutes les branches de la pensée humaine. Issue de la pleine mysticité, elle s'est peu à peu rationalisée pour tenter de conceptualiser et de démontrer la pertinence de ce qui antérieurement appartenait au magique et au poétique. L'étude rationnelle de ce que nous nommons le divin n'y fait pas exception. La philosophie post socratique, cette discipline extraordinaire, est alors progressivement devenue l'intermédiaire idéal entre le religieux et le scientifique. Comme la mystique, elle vise, à comprendre Dieu, mais, à la différence des extatiques, elle essaie de s'appuyer sur la raison.

La philosophie utilise alors deux grandes méthodes pour mettre en avant le plus logiquement possible, la probabilité de Dieu.

  • Des philosophes comme Saint Anselme de Cantorbéry, (le docteur magnifique), Boèce le penseur Romain qu'a mis à mort Théodoric le Grand, Descartes le penseur du doute et Spinoza le philosophe polisseur de l’éthique, ont posé Dieu a priori puis ont tâché de démontrer qu'il est nécessaire. C'est la preuve ontologique. En voici un exemple à travers cet argument de St Anselme :
  1. Dieu est ce qui est tel que rien de plus grand ne peut être conçu ;
  2. Or même l'insensé qui nie l'existence de Dieu a dans son intelligence une représentation de Dieu ;
  3. Donc Dieu existe au moins en un endroit, et comme il est tel que rien de plus grand ne peut être conçu, il existe aussi hors de l'intelligence de l'insensé.)
  • D'autres philosophes ont cherché à démontrer Dieu à posteriori. Ils ont essayer d'établir les limites du monde phénoménal, les frontières au delà desquelles se situe l'inexplicable, cet inconnu qu'on appelle divin. Cette façon de procéder pourrait être dites : « preuve phénoménologique ».

Kant est sans doute le premier à avoir séparé le monde phénoménal (Dieu, l'au-delà, tels que nous les concevons) du monde métaphysique (la réalité telle que nous la percevons).

Ne nous trompons pas sur Kant et sur la phénoménologie en général. La première motivation de ce courant philosophique n'est pas matérielle mais spirituelle. Si ces penseurs visent à nous expliquer les mécanismes visibles du monde phénoménal c'est avant tout pour marquer les limites du territoire au-delà duquel se situe l'énigmatique. L'énigmatique, autrement dit : Dieu (même si ce divin doit avoir pour nom le vide, ou le rien comme dans les cultures asiatiques).



Années 2000



Michel Henry


David Hume 1711 1776 philosophe anglais

"Rien ne paraît plus surprenant à ceux qui contemplent les choses humaines d’un œil philosophique, que de voir la facilité avec laquelle le grand nombre est gouverné par le petit, et l’humble soumission avec laquelle les hommes sacrifient leurs sentiments et leurs penchants à ceux de leurs chefs. Quelle est la cause de cette merveille ? Ce n’est pas la force ; les sujets sont toujours les plus forts. Ce ne peut donc être que l’opinion. C’est sur l’opinion que tout gouvernement est fondé, le plus despotique et le plus militaire aussi bien que le plus populaire et le plus libre."
David Hume