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Philosophie et télos

De la religion à la science

Boèce enseignantLe télos, la raison, le but

Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse : la raison décide en maîtresse. La Fontaine.

Si la raison du monde décidait en maîtresse, comme celle de Jean de La Fontaine, la paix universelle serait déjà notre réalité. Ce n'est pas le cas. Instincts, pulsions, volontés aveugles, sont encore bien souvent aux commandes de notre évolution.

La persistance d'une vision aussi désastreuse du monde, aurait pu décourager l'être humain. Heureusement, la certitude d'évoluer vers une sorte de perfection* lui a toujours servi d'éclairage.

*universelle pour les monothéismes, et individuelle pour les spiritualités asiatiques

En effet, les religions ont déjà pensé notre destiné en termes de paix, d'égalité, de fraternité et d'universalité. A la fin des temps, l'agneau se couchera aux côtés du lion…et les jeunes enfants joueront dans le nid du cobra. (Isaïe 11 : 6 ). Autrement dit, l'homme ne sera plus un loup pour l'homme. Il en sera fini de l'abus des dominés par les dominants et l'ensemble humain aura enfin réalisé son unité.

La philosophie comme secours aux religieux

Pour celui qui sait apprécier les images élégantes des poésies mystiques, les métaphores religieuses sont une véritable bénédiction. Oui mais voilà, si la plupart des intuitifs religieux (toutes religions confondues) ont découvert les grandes énigmes de ce monde, leurs découvertes ne font plus l'unanimité. La forme métaphorique de leurs explications perdait de l'influence à mesure qu'émergeait le pragmatisme scientifique. Les intuitions spirituelles réclamaient donc, d'une certaine manière, d'être éclairées à la lumière de la raison et de la science. A mon sens, la philosophie est née de cette exigence.
Le désir d'expliquer rationnellement les intuitions mythologiques et religieuses est à l'origine du philosophe. L'intention de rationaliser l'irrationnel et le spirituel est un des grands moteurs de la philosophie. Des milésiens jusqu'aux épicuriens, les philosophes grecs ont voulu expliquer rationnellement la cosmogonie, la mythologie et les expériences mystiques (Platon, le banquet, par exemple).

De la même façon, jusqu'au XVIIIe siècle, les philosophes juifs, chrétiens et musulmans ont éclairé les métaphores des livres sacrés. Ils tentaient alors d'expliquer Dieu de façon ontologique, c'est à dire en procédant de Dieu lui-même. A partir des lumières, les grands philosophes ont changé leur point de départ. Certains penseurs comme Kant, et plus tard Hegel, décidaient de démarrer des phénomènes matériels pour prouver l'existence de Dieu. Ces pères de la phénoménologie en bornant ainsi les limites du monde phénoménal obligeaient la pensée à voir au-delà et donc à réfléchir au divin. En éclairant le monde jusqu'aux limites des réalités connaissables, ces penseurs éclairaient ce qui était au-delà... La matière se mettait au service de l'immatériel, la physique au service de la métaphysique.
Parmi ces derniers philosophes, certains d'entre eux comme Kant et Hegel ont véritablement offert leur existence à la question du devenir historique de l'homme.

Vers le grand point de convergence

En s'appuyant sur leur intelligence phénoménale, leurs capacités logiques et intuitives et les découvertes scientifiques de leur temps, ces génies sont parvenus à démontrer de la façon la plus rationnelle possible le sens de l'humanité.

Leurs conclusions sont identiques à celles des religions : L'humanité évolue vers une concrétisation positive et spirituelle. Seuls changent les termes employés pour désigner cette finalité. Ainsi donc, toute réflexion téléologique vise à établir un lien entre le monde des phénomènes (l'univers tel qu'il nous apparaît) et le principe à l'origine de cet univers.

C'est également le but poursuivi par notre philosophie.

Nous visons à découvrir le rapport entre la matière visible et la forme immatérielle de celle-ci (ondes, cordes ou particules élémentaires invisibles). Pour simplifier, il s'agit tout simplement de faire la jonction entre le principe créateur et sa création, entre dieu et ses créatures... Autrement dit, tout philosophe de l'histoire, tout métaphysicien, vise à prouver l'improuvable : l'existence de dieu. Sur ce travail digne de Don Quichotte, des millions de penseurs et de mystiques (bien souvent dans la plus grande exaltation) s'y sont consumés sans jamais parvenir à résoudre tout à fait l'énigme, faisant ainsi progresser cette réflexion.

2001

mécanique universelle

Moise Maimonide

Il faut que tu saches qu'en croyant à la corporéité ou en attribuant à Dieu une des conditions du corps, tu le rends jaloux, tu l'irrites, tu allumes le feu de sa colère, tu es adversaire, ennemi hostile.
Maimonide

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