philosophie naïve du devenir humain
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Conscience
Introduction
Etats de conscience
Niveaux de conscience
Conscience et vérité
Conscience et négation d'autrui
Negation d'autrui, suite  [ ↗ ]
Conscience et morale
Conscience et cruauté
Conscience et cruauté, suite  [ ↗ ]
Conscience et science
Science suite  [ ↗ ]
Conscience ETRE-étant
ETRE-étant (suite)  [ ↗ ]
 

Que dit ta conscience ? Tu dois devenir l'homme que tu es. (Nietzsche)

Aime et fais ce que voudras (St Augustin).
L 'homme bon, même s'il est esclave, est libre. La cité de Dieu (Saint Augustin).

Conscience et philosophie

l'homme la sensation l'amour et l'extase

Nous étions des primates naturels,
nous sommes des hommes constructeurs,
nous allons vers l'humain accompli.
Autrement dit :
l'humanité est vouée à atteindre sa perfection !

Les chapitres précédents nous ont permis d'établir les grandes bases de notre philosophie, à savoir :

l'homme est issu du monde animal. Il s'en détache progressivement en travaillant trois points fondamentaux 1/ L'extinction progressive de certaines de ses pulsions primates l'obligeant à s'affirmer aux dépens de ses congénères 2/ La gestion progressive de son environnement, vers son idéal 3/ Et le solutionnement progressif de ses questionnements.

Par cet énorme travail d'humanisation, la société humaine et l'esprit humain évoluent peu à peu vers leur perfection.

artJ'entends par perfection de l'esprit, l'accès facile de celui-ci à : « l' extase ».
J'entends par extase, un état de plénitude physique et psychique, un état d'amour et de conscience absolu.
l'extase est équivalent à la béatitude, au nirvana, à l'épokhê, à l'éveil ... C'est la mise en relation directe de l'homme avec le « principe créateur ».
J'entends par principe créateur, un principe incorporel, éternel sans début ni fin , ce que les spiritualités nomment : Brahman, Dieu, Bouddha.

Selon mon point de vue le « principe créateur » (Dieu) est une puissance présente dans la matière sous forme immatérielle (quarks, neutrinos, bosons). Autrement dit, Dieu est dans tout.

 

conscience et extase

Etre conscient, introduction à la conscience

Rien ne dompte la conscience de l'homme, car la conscience de l'homme c'est la pensée de Dieu. Victor Hugo

Par-delà le fait qu'il y ait plusieurs niveaux de conscience, et ce sera le thème principal de ce chapitre consacré à cette étrange faculté, être conscient c'est tout d'abord être en vie.

En ce sens nous sommes d'accord avec l'évidence à laquelle Descartes aboutit en partant de son cogito lorsqu'il affirme : « je pense donc je suis ».

Mais cette définition est incomplète dans la mesure où il n'est pas besoin de penser, de réfléchir, de créer, pour être.
Voir, apercevoir, ressentir, contempler, avoir l'intuition d'être en vie, sont également des états de conscience.

Sous cette définition, être conscient équivaut donc tout simplement à l'ensemble des moments de « l'être en vie ».

2 niveaux de conscience

A partir de là, nous pouvons définir deux grandes formes de conscience.

Une conscience active et pensante , conscience intentionnelle, consciente de quelque chose, conscience qui vise comme l'exprime Descartes à travers son cogito et Edmond Husserl dans sa phénoménologie.

Et une conscience totalement passive, rattachée à la vie elle-même et dés l'origine, dès la mise en service des sens (ouïe, odorat, vue, toucher) une conscience mêlée à la chair et à l'énergie vitale et sur sur le fond de laquelle l'homme n'a aucun pouvoir tant qu'il est en vie.

Cette dernière forme de conscience, totalement passive, va s'avérer très important pour notre philosophie. En effet, c'est à partir de cet état de conscience « contemplative », autrement dit dans une épokhê complètement réalisé (la suspension totale de tout jugement et de toute intentionnalité) que l'individu, selon nous, se retrouve au contact le plus vrai avec les choses.

La suspension du jugement, l'épockê

Pour atteindre donc l'essence de la conscience, nous devons non seulement dépasser l'épokhê pratiquée par Descartes et jugée à juste titre par Husserl insuffisant et parcellaire, mais également l'épokhê phénoménologique dont parle Husserl. C'est-à-dire qu'il ne suffit pas de suspendre tout jugement sur les choses, à partir d'une posture scientifique ou philosophique pour parvenir à la conscience la plus vraie de ces choses. Il est également nécessaire d'éteindre, en quelque sorte la posture scientifique, l'intention scientifique ou philosophique, pour réaliser l'épokhê véritable, autrement dit pour avoir la conscience la plus vraie des choses.

Se placer en tant que philosophe, scientifique, observateur ... autrement dit à partir de l'ego, entraîne déjà la conscience dans l'illusion. Tant qu'il subsiste de l'ego, il subsiste de la qualification de soi-même (être ceci ou cela) et des choses (ceci est ceci ou cela). Nous sommes alors dans une vision subjective des choses (ceci est une pipe ...) émise à partir d'une position humaine totalement illusoire (je suis un peintre, un philosophe, un scientifique ...) car en réalité ces qualifications : peintre, pipe, table, tableau, n'ont aucun sens au niveau de la création.

Autrement dit, la conscience en son sommet, est une conscience parfaitement vide de détermination (ou dans laquelle les déterminations sont subsidiaires, comme des ombres), c'est le nirvana des bouddhistes, l'extase des monothéismes.
Évidemment, à ce niveau de conscience, le terme de « conscience » perd lui-même toute signification.

L'individu ressent, vit, les choses à partir d'un esprit vide, établissant une relation directe entre l'énergie créatrice et la chair.
L'extatique ne se détermine pas à partir des qualités, des appartenances, des caractéristiques servant ordianairement à se définir, ni n'aperçoit ces superficialités dans le monde et les êtres qui l'entourent.
L'extatique est en relation avec sa propre essence et avec l'essence des choses. L'essence étant unique à toute chose, l'extatique se retrouve en harmonie absolue avec l'univers dans lequel il vit.

Seulement, cet état de conscience est particulièrement rarissime dans la période de l'humanité en construction. Sa généralisation concerne l'humanité future.C'est pourquoi dans ce chapitre, nous étudierons plus particulièrement les divers états de conscience dans la vie ordinaire.

Nous étudierons l'évolution de la conscience : de la conscience primaire du prédateur face à sa proie, jusqu'à la conscience morale de l'individu totalement respectueux d'autrui.

 

Qu'est ce que la conscience ?

On a conscience avant, on prend conscience après. Oscar WildeLa question de la conscience est sans doute un des problèmes les plus complexes que la philosophie et la science ont à résoudre.

Pourtant cette notion, de prime abord, paraît évidente.

Dans la vie courante, nous avons en permanence la sensation d'être conscient de choses tout à fait évidentes. J'ai conscience d'être en vie, entouré de choses dont il ne me semble pas possible de contester la réalité : une table, des chaises, un fauteuil, mes amis, etc. J'ai également conscience de vouloir faire telle ou telle chose, de penser à demain, de me souvenir d'hier, de ressentir des désirs, des sensations, etc.

La conscience ordinaire

Le langage courant renforce en permanence ces expériences sensibles. Nous disons en effet : « Il faut avoir conscience des autres », « ne pas se conduire inconsciemment », « prendre conscience de ses responsabilités », etc.

Même lorsque nous dormons, une grande partie de ce sommeil (celui où s'épanouissent nos rêves), nous donnent encore la sensation et le sentiment d'être conscient. Seule, la partie paradoxale du sommeil et certains accidents cliniques, nous sortent de cet état permanent de conscience. Et si je réfléchis à ces moment paradoxaux, où je ne pense justement plus à rien ou je n'ai conscience de rien, mon impression première serait de dire que je ne suis « rien », que je n'existe pas.

Exister serait donc, avant tout, lié à la conscience. Nous « existerions » uniquement quand nous avons conscience d'être. Je suis la procession permanente de mes états de conscience comme dirait Bergson. « Je pense donc je suis » pour reprendre la célèbre formule de Descartes.

Dans un premier temps, nous pourrions dire de la conscience qu'elle est donc :

  • Le fondement de l'être,
  • La frontière entre l'existence et la non-existence,
  • Le révélateur de ce que nous appelons la réalité,
  • Et le siège du moi.

Pourtant, dès que l'on plonge avec intensité dans cet océan d'évidence, nous sommes rapidement confrontés à sa volatilité.

En effet, la conscience est-elle la substance (la matière grise) ou le résultat de cette substance (c'est-à-dire la vision, le sentiment, la sensation, etc.) ? Est-elle une construction exclusive du temps et du changement ? Peut-elle exister dans l'immédiat permanent et intemporel ? Est-elle porteuse de vérité comme le pensait Bergson ou source d'illusions comme le prétendait Spinoza ?

La conscience englobante

Selon moi, la conscience englobe tout cela à la fois. Elle prend racine dans la substance, pour devenir sentiment, sensation ou idée. Elle procure diverses niveaux de réalités en fonction des pulsions, des tendances, des souvenirs, des espoirs, des désirs etc., qui l'accompagnent.
La conscience s'étale sur plusieurs degrés d'intensité ou de profondeur, allant de l'illusion à la vérité.

Les consciences : instinctive, psychologique, introspective, collective, phénoménologique, (comme la voyait Husserl avec suspension du jugement), ou conscience engendrée par l'extase offrent du monde extérieur des réalités différentes. Hormis le dernier degré voué à l 'extase, tous les autres niveaux procurent à l'individu une parfaite illusion des choses.

Au niveau de la temporalité, le lien qu'entretient la conscience humaine avec celle-ci est relatif à l'histoire de l'humanité. Lorsque notre espèce en était encore au stade du primate naturel, elle était inconsciente du temps tel que nous le concevons aujourd'hui, (siècle, année, heure, minute, seconde, etc.).

La période de l'homme constructeur dans laquelle nous nous trouvons, a découvert le temps et l'utilise pour élaborer progressivement toutes les structures matérielles de notre monde. Une fois parvenu au stade ultime de notre évolution (ce que j'appelle l'état de perfection), les notions de temps seront devenues inutiles pour l'humain accompli puisqu'il n'y aura plus rien à construire.

A ce moment-là, nous pourrons vivre dans le pur immédiat comme le primate naturel, mais cette fois, un immédiat sans pulsion, sans désir, sans instinct, équivalent à ce que nous appelons l'extase, la béatitude.

 

niveaux de conscience

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Les choses se passent comme si un immense courant de conscience [ ... ] avait traversé la matière pour l’entraîner à l’organisation et pour faire d’elle [ ... ] un instrument de liberté. » (L’Énergie spirituelle ) Plus exactement, c’est une supraconscience qu’il convient de placer à l’origine de la vie et de son évolution, car la conscience humaine individuelle, telle que nous l’expérimentons ordinairement, n’en est qu’une manifestation particulière, limitée dans son ampleur et sa profondeur. Bergson

 

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