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    conscience et cruauté (suite)

Le serial killer

Du crime à la conscience morale

Francis Bacon, Artiste peintre anglais du vingtième siècle,  UntitledRéflexion sur le crime et la cruauté

Il n'y a pas un seul individu qui ne serait regardé pour criminel s'il se permettait ce que l'État se permet. Multatuli

La monstruosité, la bestialité, la cruauté, La criminalité, font parti de l'évolution humaine. Il serait utopique d'imaginer l'humanité déjà capable de s'en passer. Le monde est ainsi fait, qu'il faut également toute cette énergie que l'on dit négative pour évoluer vers notre perfection.

Certains psychismes humains semblent incapables d'exprimer assez empathie à l'égard d'autrui. Submergé par leur agressivité, ils en viennent parfois à sombrer dans la pire des folies meurtrières. La société pense qu'il s'agit d'un problème héréditaire ou génétique, une sorte de fatalité (c'est tout du moins ce qu'elle donne à penser, quand on voit la façon dont elle néglige le soin pour ces individus).

Mais, selon la mecaniqueuniverselle, la responsabilité de la génétique est réduite. La faute revient essentiellement à la société. C'est elle qui néglige l'éducation à l'éthique, à la morale et au respect d'autrui. C'est elle qui laisse maltraiter l'enfance de ceux qui sombrent dans la criminalité. C'est elle qui ne prends pas suffisamment tôt leurs dérives et leurs carences en amour et en bienveillance.

Prenons le cas du sérial killer.

Qu'est ce qu'un serial killer ?

a/ C'est un tueur en série. (Mais la guerre nous l'apprend, quand l'ordre est exigé, tout individu est susceptible de devenir un « serial killer ». Cette capacité à ignorer suffisamment l'autre pour interrompre son existence, est donc assez fréquente dans l'humanité. Ce qui fait pathologie, c'est la capacité de pratiquer ces crimes en temps de paix et au plaisir qui y est recherché).
b/ Il est victime de ses pulsions.
c/ Il peut être très intelligent. (L'intelligence seule, ne peut donc pas faire barrage à la cruauté ni au crime).
d/ Aucune barrière morale n'empêche ses passages à l'acte.

Une vie sans conscience morale

L'amour transformé en cruauté

 Jean-Marc Tonizzo détournement d'une oeuvre à partir d'un tableau de WatteauSe conduire comme si le monde n'avait pas de sens fait de nous des insensés. Jmt

Voici une interprétation stylisé de ce qu'il se passe lorsqu'un individu commet un acte criminel lié à la cruauté.

Le serial killer aperçoit une personne. Celle-ci stimule un désir chez lui qui met en œuvre son énergie fondamentale (énergie dont nous avons conclu dans les premiers chapitres qu'elle était de nature amour pur.)

Cet amour veux s'exprimer en acte et traverse son cerveau reptilien (cerveau qui transforme toute chose en danger ou en proie). Après avoir traversée cette zone, l'énergie amour devrait rencontrer un secteur chargé d'humaniser cette zone reptilienne. Si l'humanité a négligé l'éducation de cet individu (donc le développement de cette zone socialisante), la personne risque de transformer en proie l'individu aperçu. L'instinct du bien* ayant disparu de notre esprit, plus rien n'arrêtera le passage à l'acte du serial killer.
*qui dans la nature stoppe le dominant aux premières manifestations de soumission du dominé,

Lorsqu'il s'interrogera sur lui-même, le serial killer n'aura de réponse qu'à travers ses pulsions dominatrices et son intelligence froide et adaptative.. Et ainsi, la seule image qu'il pourra avoir de lui-même, sera celle d'un chasseur intelligent, et tout puissant.

Le manque de compassion, d'empathie, de responsabilité morale, rencontrés chez ces criminels, découle des carences affectives et éducatives de son enfance.

Le serial killer comme victime

Le serial killer est donc victime de la défaillance du système chargé d'élaborer son psychisme, ses capacités affectives, morales et sa conscience d'autrui. A ces défaillances éducatives, s'ajoute une certaine cruauté engendrée par la société contemporaine. En effet, ce système ultra matérialiste plaçant aujourd'hui l'avoir avant l'être, engendre forcément des comportements impitoyables (sa capacité à jeter sans complexe des êtres humains dans la rue démontre tout à fait sa nature cruelle).

L'ultra libéralisme stimule dans nos esprits, nos pulsions agressives. Il augmente notre goût pour le pouvoir et la domination engendrant ainsi tous les ingrédients susceptibles d'aggraver le taux de cruauté. En durcissant le monde, ce système féroce, oblige l'humain à s'insensibiliser pour y survivre (ou à s'en échapper par la dépression, la compulsivité ..). D'où l'émergence du phénomène serial killer (et maintenant bébé killer) dans ce monde occidental matérialiste et nihiliste. Moins l'être humain parvient à toucher sa capacité d'aimer, et moins il est capable de percevoir l'amour d'autrui.

L'amour que nous sommes capables d'offrir à nos congénères, ne dépend pas d'eux mais de nous-même. Tel homme sera capable d'offrir sa compassion aux plus terribles criminels, tel autre ne pourra qu'haïr même son plus gentil voisin.

an 2001

conscience et science

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 Albert Camus philosophe français du vingtième siècle auteur de la peste et l'étranger

Tout homme est un criminel qui s'ignore. Albert Camus

Chaque philosophie aspire à devenir la philosophie. Henri Gouhier