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    ETRE-étant (suite)

Evolution de la conscience

L'être, le sujet et Dieu

cagnacciFaire de la philosophie, c'est explorer son propore tempérament, et en même temps tenter de découvrir la vérité Iris Murdoch

L'évolution de la conscience humaine correspond à la lente montée de la conscience subjective vers la conscience objective, De l'objet au sujet, du « JE » au « nous  », de l'extérieur à l'intérieur.
 
Accéder à la conscience pure et objective, est encore hors de portée de l'homme constructeur.

Cet état d'existence exige trop d'efforts ascétiques pour notre constitution cérébrale actuelle. Cela fait partie de la logique de notre évolution.
 
Elaborer le monde, nécessite un regard extérieur et subjectif sur celui-ci. Il faut pouvoir mesurer, juger, analyser, penser, comparer, passer les choses au tamis de l'égo.

Parce que nous posons sur le monde une conscience reflective et non contemplative, une conscience active et non passive, notre évolution est unique et performante.

 

philosophie de l'avenir humain

«La joie est notre évasion hors du temps.» Simone Weil

fragonardLa structure cérébrale de l'homme constructeur lui interdit d'accéder facilement à sa conscience pure. Nous élaborons celle-ci pour nos descendants futurs qui vivront eux dans cette configuration psychique supérieure, c'est-à-dire dans la sérénité, la joie, la quiétude et la contemplation.

Approfondissons cette idée de dualité à travers l'extrait du livre la conscience morale de G. Madinier aux presses universitaires de France.

La philosophie de Jean-Paul Sartre souligne avec force un aspect de la conscience sur lequel nous voudrions, nous aussi, mettre l'accent. Beaucoup de philosophes voient en elle une plénitude de l'être, c'est là, nous dit Sartre, une vue inexacte. La conscience se définit comme présence à soi, mais elle est, par le fait même, non coïncidence avec soi, car le sujet pour être présent à soi doit se séparer de soi ; il n'est pas pleinement ce qu'il est, et il veut se faire être ce qu'il n'est pas.

En effet, pour que l'être soit dans la plénitude de lui-même, il faut qu'il se « vive » et non qu'il se « pense ».

S'il « pense » il devient extérieur à lui-même.
Sa conscience se dédouble.
Une partie d'elle-même va se mettre à penser, empêchant la partie initiale de ressentir.

Cette pensée va poser comme une couverture sur la « conscience absolue ». L'être, à ce moment-là, sera dans une conscience du monde réfléchie et active, et non pas contemplative et extatique. C'est ici que nous pouvons faire la distinction entre l'être et l'étant.  L'être a anéanti le sujet en lui-même, l'étant correspond à ce sujet.

a/ Dans l'extase, c'est l'être qui s'auto-ressent, qui s'auto-vit.
b/ Dans l'étant, autrement dit dans la vie ordinaire, c'est le sujet, la personnalité construite par la société et motivée par ses instincts, qui ressent et qui vit.  

L'être ressent les sensations de l'être. Autrement dit, l'extatique ressent la sensation de l'être. L'être étant l'énergie du principe créateur, nous pouvons dire que l'extatique ressent le principe créateur. C'est pourquoi dans notre philosophie, nous faisons un parallèle entre l'extase et l'amour absolu, qualité du principe créateur.

Le sujet ressent les sensations du sujet, de la personne. Il perçoit les choses à travers sa culture, son pathos, ses pulsions, ses intentions, son ego.
Je suis en train d'écrire ou de dicter des pages de philosophie, et ma conscience est toute empreinte de ce travail, de cette activité. Ma conscience est fermée sur l'extérieur, sur le monde, les objets, les arbres qui m'entourent.

L'Etre a besoin des étants pour s'incarner pleinement. Donc les étants, autrement dit les hommes constructeurs (dont nous faisons partie), sont essentiels pour que l'être puisse atteindre sa plénitude. Mais c'est en tant que constructeurs, que nous sommes essentiels à l'Etre, c'est pourquoi il nous est si difficile d'accéder à l'extase, à la béatitude, à la plénitude de l'être.

La véritable plénitude de l'être, pour se vivre, doit vivre sans se penser ni se subjectiviser, l'être devient cette conscience absolue. C'est la béatitude, le nirvana, l'extase, c'est l'être en soi qui se ressent.

Voilà pourquoi, dans cette expérience, il y a dissolution de l'ego, du moi, c'est-à-dire du sujet, de la personne.
Nous retrouvons bien là tout le travail de l'ascète.

A la lumière de ce qui vient d'être dit au-dessus, nous pouvons résumer les choses ainsi : Le moi «  imparfait » correspond à la conscience individuelle. Les choses sont alors vues à travers des milliers d'étiquettes et de stéréotypes superficiels et trompeurs. Quant au « moi parfait », il correspond à une vision des choses, déliée du sujet et de tous ces stéréotypes.

C'est la conscience pure des choses, ou plus précisément de « la chose », dans la mesure où tout objet vidé de ses « étiquettes », de ses « attributs » subjectifs, propose son essence, son intimité « une » et « absolue », intimité identique et « présente » dans toutes choses.

 

 

 

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saint silouane

Le Seigneur est miséricordieux ; mon âme le sait, mais il est impossible de décrire cela avec des mots ... Il est infiniment doux et humble et si l’âme le voit, elle se transforme en lui, devient tout amour pour le prochain, elle devient elle-même douce et humble St Silouane l'Athonite (1866 - 1938), Moine, ermite

 

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Mise à jour le 16/03/2010 - Paris
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