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    négation d'autrui (suite)

Du religieux au laïc, une difficile transition

De l'instinct à la morale à la loi.

nihilisme et guerreDans les mains du bienveillant.

Le nihilisme serait profitable dans un monde parfaitement conscient de l'importance de chaque individu. Dans un monde éduqué à la fraternité, au respect et à la bienveillance, entre des mains humanistes, le nihilisme peut être un facteur d'amour et de progrès.

Dans des mains malveillantes

De la même façon, entre des mains meurtrières, la religion peut devenir criminelle. Elle peut prendre la forme des guerres et des haines (les croisades par exemple). Elle peut être un facteur d'asservissement de la femme. Un limiteur de progrès. Mais en réalité, la religion n'est pas à blâmer dans ce cas-là. Ce sont avant tout les hommes détenteurs des rennes qui sont condamnables. Et c'est la même chose pour le libéralisme.

L’instinct du bien a disparu.

L'homme est encore trop près de ses pulsions naturelles. La tendance primate à abuser de ses congénères est encore trop forte pour vivre un nihilisme humaniste (tous les nihilistes ne sont pas des Sartre ou des Camus dans l'âme).

En occultant la dimension divine de l'être, le nihilisme autorise l'homme à considérer son prochain comme un objet. Nous ne disposons plus de cet instinct du bien qui stoppe la violence animale aux premiers signes de soumission du dominé. En passant de la nature à la culture, cet instinct a disparu de l'humanité. Il a été remplacé dans un premier temps par les tabous, puis par la morale religieuse. Aujourd'hui, les tabous et la morale sont en passe d'être substitué par l'éducation et la justice. Mais la substitution n'a pas encore été parfaitement réalisé. Nous évoluons encore dans le no man's land entre ces deux périodes.

Dans le no man's land entre religieux et laïc

L'explosion extraordinaire des transgressions dans le monde nihiliste est une évidence. Elle découle de notre position intermédiaire entre le religieux et le laïque. Peu à peu la société humaine abandonne ses interdits religieux au profit des interdits laïques. Nous passons lentement de la morale à la loi. Et nous ne sommes pas conscient d'évoluer dans cet espace charnière. Si nous l'étions, nous accepterions sans doute le chevauchement coopératif entre religieux et laïque. La société civile accepterait l'aide du spirituel pour éviter cette explosion de transgressions morales et éthiques.

Ce n'est pas le cas dans les sociétés industrialisés.

nihilisme matrialisteDepuis la séparation (nécessaire) de l'église et de l'état, la morale religieuse s'est retrouvée marginalisée par le marché. Elle est plus ou moins expulsée, ou tout au moins minimisée, par la loi laïque (pourtant, toutes les lois humaines découlent des grandes lois religieuses édictées).

Seulement, ni la loi ni l'éducation ne sont encore capables de remplacer certains fondements moraux religieux. La loi à elle seule ne peut contenir correctement les pulsions humaines. Et quand le droit et la justice régressent (comme c'est le cas aujourd'hui), l'abus d'autrui, naturellement, augmente.

Tant que nous ne comprendrons pas le sens de l'humanité, tant que nous ne saurons pas où nous allons et pourquoi nous y allons, l'ontologie phénoménologique ne sera pas suffisante pour donner toute sa valeur à l'humain. Elle n'aura pas la force de le préserver de la cruauté de ses congénères.

La métaphysique en maître

Aujourd'hui encore l'unique ontologie capable d'obliger l'homme a considéré son semblable autrement que comme une somme d'organes, est d'ordre métaphysique. Autrement dit, rattachée à un ordre reliant l'Être humain à la transcendance, c'est à dire à Dieu. Ce manque spirituel, explique la quantité considérable de transgressions et d'enfermement en Occident.

Nous sommes dans une sorte de zone intermédiaire. D'un côté les morales religieuses reléguées aux oubliettes par la société, et de l'autre, l'éducation et la justice (pas encore tout à fait aptes à empêcher l'homme d'abuser de ses congénères).

La justice laïque conduit également à la spiritualité

Mais à toute chose, malheur est bon. L'humanité est doucement en train de passer de la morale religieuse à la justice laïque. Ce n'est pas une dé-spiritualisation. Au contraire. La laïcité, elle aussi, conduit progressivement l'humanité à la perfection spirituelle. En effet, lorsque l'homme aura acquis la capacité d'obéir absolument à l'ensemble des lois laïques édictées, il sera forcément; tout amour pour autrui.

Texte écrit en 2001



négation amour

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fiodor dostoievski

Quand on ne sait pas vers quel port naviguer, aucun vent n'est favorable. Fiodor Dostoievski : Les démons

 

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