Nature de la conscience
Elément biologique ou spirituel ?
L'évolution de la conscience
Comme
nous l'avons entrevu en page précédente,
le champ de conscience humain est vaste.
Il s'étend du
sentiment plus ou moins confus d'exister ... passe par la conscience distinctive d'une
chose ...
s'élève jusqu'à la conscience psychologique d'autrui ... puis à la conscience morale et universelle ... pour s'épanouir en conscience absolue, celle de l'extatique en
contemplation.
Ainsi décrite, les différentes couches de conscience, laissent apparaître une évolution vers l'absolu.
Mais au juste, qu'est-ce que la conscience ? Peut-on tout simplement la définir ?
Dans le cerveau humain
Selon Hoffding « il est impossible de donner de la conscience et de ses éléments une description ou une définition puisque ce sont les faits fondamentaux qui ne peuvent plus se ramener à rien de plus simple ».
Dans l'absolu.
Dans l'absolu, le philosophe danois a raison. Être conscient totalise le tout de l'individu. C'est la seule réalité dont il peut être à peu près sûr. Étant conscients, nous pouvons donner corps à notre existence. Nous pouvons donner corps à autrui, à Dieu, à la création. Le déroulement de nos états de conscience, est la seule réalité dont nous pouvons être sûr.
Sous cet aspect, il est impossible d'affirmer l'existence d'autres choses en dehors de la conscience. Impossible d'affirmer la réalité extérieure. La conscience représente alors la totalité des possibles. Elle contient tout. Y compris les limites au-delà desquelles plus rien ne peut être prouvé.
Dans la réalité.
Seulement, pour construire l'humanité, nous avons besoin de restreindre cette toute-puissance de la conscience. Nous devons admettre qu'il existe d'autres consciences. Autrement dit d'autres êtres vivants. Admettre l'existence du monde, de ses règles, de ses lois, de ses valeurs.
En acceptant cette extériorité, notre conscience devient alors une conscience parmi tant d'autres.
C'est du reste, la position la plus logique. La seule façon, pour l'être humain, d'accepter les règles de l'humanité. Pour être un homme digne de ce nom, il faut croire à la réalité telle qu'elle s'offre à nous. Il faut accepter de jouer le jeu de l'existence. Autrement dit, il faut accepter de faire vivre la réalité extérieure.
Ainsi, nous pouvons rejoindre la communauté des penseurs actuels et réfléchir au phénomène de la conscience.
Nous pourrons alors peut-être aider
les scientifiques et les philosophes à définir cette merveilleuse subtilité.
Biologique ou spirituelle ?
Deux conceptions semblent s'affronter à ce sujet
Certaines théories font de la conscience
une activité purement biologique.
D'autres
thèses en font un phénomène purement spirituel.
Selon nous, la conscience appartient
aux 2 ordres.
- Sous un certain mode, elle est le fruit d'une activité neuronale
et synaptique. L'aboutissement d'actions chimiques sur certaines zones cérébrales, produit nos
divers états de conscience. Il s'agit donc d'une activité neurobiologique ...
- Seulement, cette activité neuronale dépend entièrement de l'énergie qui l'anime. Nos neurones s'agitent parce qu'elles sont alimentées par un «principe vital». Lorsque, par exemple, cette énergie cesse d'activer notre cerveau, l'ensemble de nos états de conscience disparaissent. C'est la mort. Sans cette énergie subatomique (quarks, électron, cordes), notre esprit serait inerte. Cette énergie, nous disons ici qu'elle est «spirituelle». «Elle ruisselle en flot continu, du divin».
Autrement dit, nos états de conscience découlent bien
d'actions biologiques. Mais leur activité dépend d'une énergie spirituelle. Les origines de cette mécanique sont peut-être plus mystiques qu'on ne le croirait écrit Henri Bergson.
Selon notre philosophie donc, la conscience est une activité biologique impulsée par une énergie spirituelle.
Les processus de conscience
Les étages du cerveau
L'homme est obscur à lui-même cela est à savoir Alain
Le cerveau humain est constitué de
toutes les étapes
de son évolution.
Pour éclaircir notre raisonnement,
nous avons schématisé ces étapes d'une façon tout à fait simple et naïve. Les termes employés ne sont donc pas forcément justes.
Une construction à étape
Le cerveau humain n'a pas atteint son degré de complexité actuel, du
jour au lendemain. Son évolution s'est déroulée
progressivement. Par ajout de nouvelles structures.
Le cerveau humain est ainsi constitué de chaque étape de l'évolution
psychique du vivant. De la bactérie, au poisson, au reptile, au mammifère,
à l'homme. Chaque stade à enrichi l'esprit d'un niveau de conscience supérieur.
1/ L'énergie amour initiale
Au départ de toute activité cérébrale il y a une énergie, un influx. Selon notre philosophie, cette énergie est de nature « spirituelle ». C'est le premier étage du cerveau. Cette énergie
active et anime toute les couches successives de notre encéphale.
2/ Cerveau cellulaire
Sur cette énergie, se constitue une sorte de tronc cérébral.
Il est équivalent au cerveau de
notre ancêtre bactérie. Il organise les fonctionnements moteurs (pression
sanguine, coeur, digestion, respiration, réflexe, etc.). Cette couche cérébrale basique, gère également la vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher.
Il s'agit d'une sorte de conscience organique. Elle se situe en deçà de la conscience subjective. Elle est reliée à la vie elle-même. Elle nous offre de vivre, de sentir, de voir, d'entendre. C'est une sorte de conscience originelle.
Sur cette conscience organique, la volonté humaine ne peut pas agir.
3/ Cerveau reptilien
Au-dessus de ce cerveau « cellulaire »,
vient s'empiler une sorte de cerveau « reptilien ».
Celui-ci motive nos instincts et nos réflexes
innés. La conscience qu'il génère, résume
les choses de façon instinctive (objet de crainte,
d'indifférence, de copulation) ...
Cette conscience animale, nous donne à voir le monde sous l'angle
du prédateur, du désirant, de la proie ... L'individu peut agir sur ce niveau de conscience. Il peut bloquer son désir. Maîtriser sa peur. S'interdire d'utiliser autrui comme une proie. Bien qu'animale, cette couche de conscience appartient, d'une certaine façon, à la conscience subjective. Le sujet peut intervenir dessus.
4/ Cerveau mammifère
Au-dessus de cette conscience reptilienne, se positionne la conscience mammifère.
Elle est le siège des émotions, des sentiments, de
la socialisation, de l'amitié, de l'affection etc. Cette zone de conscience est également autonome (nos sentiments s'imposent à nous). Malgré tout, l'éducation, la volonté, peuvent agir dessus. Par exemple, je peux rompre définitivement avec toute socialisation (l'hermite). Je peux décider de développer mon coefficient émotionnel. La société peut aider un transgressant narcissique à s'ouvrir à autrui.
5/ Zone de contrôle humaine
À l'intérieur de cette couche mammifère, l'homme s'est doté de zones particulières. Des zones typiquement humaines.
Le langage, la volonté, l'intelligence, l'aptitude morale et éthique etc., habitent ces espaces cérébraux. Grâce à ces facultés, l'homme parvient à obéir aux règles morales et sociales de la société. En obéissant à ces règles humaines, l'homme s'est octroyé la maîtrise des zones reptiliennes et mammifères.
Par exemple quand le cerveau veut exprimer sa nature prédatrice, il doit traverser la zone d'humanité. Celle-ci interdit certaines actions contraires à nos valeurs. Si l'homme ne disposait pas de cet espace socialisant ses actes se réduiraient à ceux de la nature (l'affût, l'attaque, la fuite, la copulation).
6/ Le cortex humain
Le dernier étage humain, c'est le cortex.
Présent chez d'autres mammifères, il est extrêmement sophistiqué chez l'homme. Grâce à lui, notre espèce à élaborer toutes ses spécificités.
L'art, la philosophie, la technique, la psychologie, résultent de son évolution.
Son contenu n'est pas inné. Il est acquis. Il se remplit par l'éducation, l'apprentissage, la socialisation, la législation etc..
Quand il n'est pas stimulé, aucune humanisation n'est possible (comme les histoires d'enfants sauvages le démontrent).
Le cortex humanisant
L'éducation développe la conscience.
L'homme a deux oreilles et une seule langue, pour écouter deux fois plus qu'il ne parle. Zenon.
Dès sa naissance, l'être humain est pris en charge par un système éducatif
et socialisant. L'éducation bâtit dans cette couche malléable, les grandes facultés humaines. Le langage, la volonté, la connaissance des
interdits, de la morale, des lois, y sont engrangés. Les facultés intellectuelles et spirituelles, également ...
Le gendarme cérébral
Chez l'homme, grâce aux cortex, les instincts reptiliens n'agissent plus en tant
que tels. Ils sont transformés en pulsions et en tendances. Sur ces pulsions et tendances, l'homme peut intervenir.
Depuis des millénaires, cette «sphère de contrôle» (le cortex) est en constante progression. Elle acquiert de plus en plus d'autorité sur les régions reptiliennes et mammifères.
Même si mon instinct veut s'accaparer l'objet de mon voisin, le cortex me
l'interdira. Il me permettra de réfléchir aux conséquences. De tenir compte d'autrui et de réfréner ainsi mon impulsion.
La grande étape
Les grandes évolutions humaines ont également une influence sur le cerveau.
Les découvertes technologiques contraignent notre cerveau à acquérir une certaine maîtrise de lui-même.
Mais la plus grande influence nous vient des découvertes spirituelles.
C'est le cas par exemple des apports du monothéisme et des grandes religions asiatiques.
Pour la première fois, un principe «d'amour absolu» devenait l'horizon de l'homme. Il remplaçait les divinités grecques, romaines et leur cortège de monstruosité. Il amenait avec lui la compassion, la bonté, le pardon. Ces nouvelles valeurs supplantaient les notions inverses (la vengeance, la cruauté, la domination).
Un exemple à suivre
Ce divin idéal devenait la nouvelle icône à suivre. Pour se rapprocher de lui, l'humanité devait comprimer de plus en plus ses pulsions primaires..
En faisant la jonction avec le divin, les grands mystiques ont ouvert une « nouvelle
voie neuronale ». Et cette voie royale nous ouvre les portes de la conscience absolue.
Conscience et absolu
Religion, extase et conscience
Hindouisme, judaïsme etc.
S'enracinant sans doute en Inde et en
Égypte, l'idée d'un principe créateur unique s'est répandue. Cette nouvelle forme de divinité amenait avec elle, le concept d'Amour absolu. L'hindouisme, le judaïsme,
en ont été les premiers grands véhicules. Grâce à ces religions mères, ces valeurs se sont encore diffusées et affinées. Par le platonisme, le bouddhisme le christianisme et l'islam, elles se sont répandues sur toute l'humanité.
A partir de ces grandes spiritualités, les pulsions « négatives » ont été combattues de façon plus virulente.
De nouvelles «valeurs idéales humaines» sont nées de ce nouveau divin. L'amour, le détachement, la justice, la bonté, l'éveil,
la générosité, l'extase, la compassion, n'ont cessé d'être exalté.
Un nouvel idéal à atteindre
Depuis 2500 ans, ces valeurs supérieures sont vénérées par les hommes. Vénérés également, les individus aptes à les incarner.
La plupart d'entre nous sommes éblouis par les êtres
capables de refléter la bonté et la justice. Fascinés devant ceux qui parviennent Ã
renoncer aux futilités, aux plaisirs et aux pulsions. Même les ironiques, dans le secret de leur coeur, sont envoûtés par les grands «saints » modernes. Envoûtés devant ces êtres capables d'abandonner une vie de pouvoir et de luxe
pour la vie d'ascète ... Nous sommes tous respectueux au pied des actions de soeur Teresa, soeur Emmanuelle ou l'Abbé Pierre.
La majorité humaine
Ces vertus suprêmes (amour, bonté, compassion, justice)
sont dures à atteindre.
Elles sont pourtant désirées par la plupart d'entre-nous. Elles
servent de phare à l'humanité.
C'est valable en Orient, en Occident, en Asie, en Amérique
ou en Afrique.
Ces valeurs
fascinantes attirent irrésistiblement l'être
humain. Elles tracent inéluctablement la route de l'humanité vers
sa perfection.
La mécanique du cerveau
Les différentes zones du cerveau
La conscience n'est pas une chose, mais
une certaine forme de l'expérience subjective et côté objectif,
un certain mode de fonctionnement J. Delecour
Pour bien comprendre
le mécanisme d'évolution de
la conscience, nous allons choisir
un exemple un peu trivial.
A l'origine de toute
activité cérébrale, avons nous dit se trouve l'énergie divine (Dieu). Sa nature est amour. Cette énergie est à l'origine de toute action.
Imaginons ce cas de figure
Un individu aperçoit une personne du sexe opposé. Son énergie divine le pousse à agir.
Premier cas de figure
Ce désir spontané traverse une zone corticale mal socialisée. Une zone faiblement éduqués,
avec des carences affectives et morales particulièrement prononcées. L'acte de cet individu peut alors devenir celui d'un prédateur
(une agression sexuelle par exemple).
Deuxième cas de figure
Cette énergie initiale rencontre sur sa route une
zone de socialisation « normale ». Un bon apprentissage
des règles. Une capacité affective développée. L'acte en résultant aura alors toutes les chances d'être parfaitement socialisé. Par exemple une séduction
respectueuse.
Troisième cas de figure
Cette énergie première rencontre
une zone de socialisation fortement axée sur la répression
libidinale. Un cortex richement imbibé d'inhibition. L'énergie initiale sera alors vraisemblablement détournée
vers l'idéalisation du sujet désiré.
A
ce moment là, l'appétit sexuel originel, a
de fortes chances d'être idéalisée. D'être sublimé en poésie,
en roman, ou en oeuvre d'art, par exemple.
Quatrième cas de figure
Imaginons à présent cette énergie motrice rencontrant des zones fortement spiritualisées. Des zones ayant asséché
pour ainsi dire, toutes les poussées relatives aux instincts. Ayant tari les désirs, les jugements, les attachements, etc. (comme
c'est le cas pour l'ascète par exemple).
Dans cette position
cérébrale, l'attitude de cet être humain
sera celui du « saint » face à son
prochain. Une attitude vide d'agressivité et de pulsions, mais
remplie d'amour absolu. Le cerveau de l'individu dans cet état,
sera directement relié à l'énergie spirituelle
(l'amour). Toutes les autres zones cérébrales seront inactivées.
En résumé.
Des pulsions à l'éveil
Nous voici arrivés à la fin de notre analyse. Les diverses couches du cerveau conduisent l'humain vers toujours plus d'humanité. Cette évolution n'est pas vide de sens. Elle marque la montée de la conscience du subjectif vers l'objectif. Dans cette dernière position, la conscience, vide de sa partie reptilienne, accueille le monde d'une façon pure. Elle est directement animée par le principe divin. C'est l'état extatique.
L'être devient alors, dans l'extase, la simple et pure incarnation de cette énergie originelle.
vérité > |