Nous disions, l'homme est issu du monde animal.
Il s'en détache progressivement en travaillant trois points
fondamentaux 1/ L'extinction progressive de certaines de ses pulsions primates l'obligeant à s'affirmer aux dépens
de ses congénères 2/ La gestion progressive de
son environnement, vers son idéal 3/ Et le solutionnement progressif de ses questionnements.
Par cet énorme travail d'humanisation, la société humaine et l'esprit
humain évoluent peu à peu vers leur perfection.
Selon mon point de vue le « principe créateur »
(Dieu) est une puissance présente dans la matière
sous forme immatérielle (quarks, neutrinos, bosons). Autrement
dit, Dieu est dans tout.
Conscience et extase
Être conscient, introduction à la conscience
Rien ne dompte la conscience de l'homme, car la conscience de l'homme c'est la pensée de Dieu. Victor HugoPar-delà le fait qu'il y ait plusieurs niveaux de conscience (et ce sera le thème principal de ce chapitre consacré à cette étrange faculté), être conscient c'est tout d'abord être en vie.
En ce sens nous sommes d'accord avec le cogito de Descartes lorsqu'il affirme : « je pense donc je suis ».
Cette forme de conscience, totalement passive, va s'avérer très important pour notre philosophie.
En effet, à partir de cet état de conscience « contemplatif », autrement dit à partir d'une épokhê entièrement réalisé (suspension totale de tout jugement et de toute intentionnalité), l'individu, selon nous, se retrouve au contact le plus vrai avec la vie et les choses.
Pour atteindre donc l'essence de la conscience, nous devons non seulement dépasser l'épokhê pratiquée par Descartes et jugée à juste titre par Husserl insuffisant et parcellaire, mais également l'épokhê phénoménologique dont parle Husserl.
Se placer dans la posture du philosophe, du scientifique ou de l'observateur (autrement dit à partir d'un ego), entraîne déjà la conscience dans l'illusion.
Nous sommes alors dans une vision subjective des choses (ceci est une pipe ...) émise à partir d'une position humaine totalement illusoire (je suis un peintre, un philosophe, un scientifique ...). En réalité ces qualifications (peintre, pipe, table, tableau), n'ont aucun sens au niveau de la création.
Autrement dit, la conscience en son sommet, est une conscience parfaitement vide de détermination (ou dans laquelle les déterminations sont subsidiaires, comme des ombres). C'est le nirvana des bouddhistes, l'extase des monothéismes.
Évidemment, à ce niveau de conscience, le terme de « conscience » perd lui-même toute signification.
L'individu ressent, vit, les choses à partir d'un esprit vide. Il établit ainsi une relation directe entre l'énergie créatrice et la chair.
L'extatique ne se détermine pas à partir des qualités, des appartenances, des caractéristiques servant ordinairement à se définir. Il n'aperçoit pas non plus, ces superficialités dans le monde et les êtres qui l'entourent.
L'extatique est en relation avec son essence et l'essence des choses. L'essence étant unique à toute chose, l'extatique se retrouve en harmonie absolue avec l'univers dans lequel il vit.
On a conscience avant, on prend conscience après. Oscar WildeLa question de la conscience est
sans doute un des problèmes
les plus complexes pour la philosophie et la science.
Pourtant
cette notion, de prime abord, paraît évidente.
Dans la vie courante, nous avons
en permanence la sensation d'être conscient de choses tout
à fait évidentes. J'ai conscience d'être en vie, entouré
d'objets dont il ne me semble pas possible de contester la
réalité : une table, des chaises, un fauteuil,
mes amis, etc. J'ai également conscience de vouloir accomplir telle ou telle action, de penser à demain,
de me souvenir d'hier, de ressentir des désirs, des sensations,
etc.
La conscience ordinaire
Le langage courant renforce en permanence
ces expériences
sensibles. Nous disons en effet : « Il faut avoir conscience
des autres », « ne pas se conduire inconsciemment », « prendre
conscience de ses responsabilités », etc.
Même lorsque nous dormons, une grande partie de ce sommeil
(celui où s'épanouissent nos rêves), nous donnent
encore la sensation et le sentiment d'être conscient. Seule, la partie paradoxale du sommeil et certains accidents
cliniques, nous sortent de cet état permanent de conscience. Et si je réfléchis à ces moment paradoxaux,
où je ne pense
justement plus à rien, ou je
n'ai conscience
de rien, mon impression première serait
de dire : "je ne suis « rien »,
je n'existe pas".
Exister serait donc, avant tout, lié à la conscience. Nous « existerions »
uniquement quand nous avons conscience d'être. Je suis la procession permanente de mes états de conscience comme dirait Bergson. « Je pense donc je suis » pour reprendre la célèbre
formule de Descartes.
Donc, dans un premier temps, nous pourrions dire de la
conscience qu'elle est :
Le fondement
de l'être,
La frontière entre l'existence et la
non-existence,
Le révélateur de ce que nous appelons la
réalité,
Et le siège du moi.
Pourtant, Ã partir du moment ou l'on plonge avec intensité dans
cet océan d'évidence, nous sommes rapidement confrontés à sa
volatilité.
Il existe diverses formes de consciences. Conscience instinctive, psychologique, introspective,
collective, phénoménologique,
(comme la voyait Husserl avec suspension du jugement), ou
conscience engendrée par l'extase,
offrent du monde extérieur des réalités différentes.
Hormis le dernier degré voué à l 'extase,
tous les autres niveaux procurent à l'individu
une parfaite illusion des choses.
La période de l'homme
constructeur (Ã laquelle nous appartenons),
a découvert le temps. L'homme l'utilise pour élaborer progressivement
toutes les structures matérielles de son monde. Une fois parvenu au stade ultime de notre évolution
(l'état de perfection), les notions
de temps seront devenues inutiles car l'humain accompli n'aura plus rien à construire.
Les choses se passent comme si un immense courant
de conscience [ ... ] avait traversé la matière pour
lentraîner à lorganisation et pour faire
delle [ ... ] un instrument de liberté. » (LÉnergie
spirituelle ) Plus exactement, cest une supraconscience quil
convient de placer à lorigine de la vie et de son évolution,
car la conscience humaine individuelle, telle que nous lexpérimentons
ordinairement, nen est quune manifestation particulière,
limitée dans son ampleur et sa profondeur. Bergson