La conscience est la voix
de l'âme, les passions sont la voix du corps. Jean-Jacques
Rousseau
Qui masque ses fautes se voit,
en fin de compte, démasquer par
sa conscience.William
Shakespeare
Conscience, introduction
Ce tribunal
que l'homme sent en lui est la conscience. Kant
Reprenons tout d'abord les
bases théoriques de notre PHILOSOPHIE.
Dans les chapitres précédents, nous sommes arrivés à la
conclusion selon laquelle un PRINCIPE CRÉATEUR est à l'origine
du MONDE. Généralement, les SCIENTIFIQUES le nomment :
CHAMP de particules virtuelles,
VIDE QUANTIQUE ... et les spiritualités
l'appellent : le
DIVIN.
Une autre de nos conclusions fait apparaître un sens dans
l'évolution de l'humanité. Un SENS POSITIF puisque
qu'il prétend voir dans l'évolution de l'humanité un progrès continu vers sa perfection
spirituelle.
En ce summum disons-nous, l'esprit
humain baignera dans l'extase :
l'eveil, la béatitude,
le nirvana.
Cette expérience subliminale réalise L'UNION directe
entre le Principe Originel (dieu)
et L'EXTATIQUE.
Elle se concrétise
dans L'ESPRIT.
Selon notre PHILOSOPHIE encore, L'EXTASE est une des différentes
combinaisons possibles de l'esprit humain.
Chaque combinaison correspond à un état
de conscience particulier. Le désir a le sien, l'analyse,
la compassion, la RÉFLEXION, la mémorisation ont
le leur et l'EXTASE a le sien également.
Autrement dit, les CONSCIENCES RECEPTIVES, RÉFLECTIVES,
MORALES, ANALYTIQUES ... mettent en jeu des connections inter
neuronales différentes.
En étudiant les divers états de conscience et
leur mécanisme, nous allons essayer de comprendre la façon
dont se réalise l'union entre l'individu et
le Principe Originel, entre l'homme et le divin. Il faudra
ajouter à cette réflexion l'ensemble des
travaux effectués actuellement par les neurosciences
sur le cerveau.
Les divers états de conscience
Comme nous venons de l'entrevoir ci-dessus, la CONSCIENCE portée
par un
individu sur son ENVIRONNEMENT ou sur AUTRUI,
peut se situer sur plusieurs niveaux.
Ces divers niveaux correspondent à diverses zones
activées dans notre CERVEAU.
Suivant les zones sollicitées, notre
conscience des choses varie, en profondeur et en aspect, allant
de L'ILLUSION à la
VÉRITÉ.
Pour la société, une heure est une heure. Pour un
individu ce n'est pas la même choses. Une heure n'a
pas la même
intensité si elle est rattachée au PLAISIR ou à la SOUFFRANCE.
Au niveau
personnel, ce qui est perçu, ressenti ou imaginé par
un individu, ce dont il a conscience, est nécessairement
vrai, puisque c'est sa seule réalité possible. Nous pouvons donc faire une première distinction entre
les diverses réalités vécues par les consciences
intimes de chacun, et la réalité de la « conscience
humaine générale », entre le regard individuel
et le « regard phénoménologique » en
quelque sorte.
La conscience intime
Pour
rester positionné sur notre THÉORIE selon laquelle
L'HUMANITÉ évolue vers sa perfection :
L'EXTASE, (qui correspond,
nous le verrons, à la pleine
conscience, à L'EVEIL), nous allons essayer
de découvrir les divers degrés possibles de la conscience
personnelle, de la conscience intime.
Les sens qui gênèrent nos états de consciences,
sont plus ou moins simples ou composés, plus ou moins enrichis
par les diverses facultés psychiques constituant la panoplie
de nos ACTIVITÉS CÉRÉBRALES.
Premier exemple :
Imaginons nous assis à une table de travail
dans notre bibliothèque municipale préférée
en présence d'une vingtaine d'autres usagers.
Pour la généralité humaine, cet endroit pourrait être
défini comme : « paisible, calme, silencieux, recueillant ... ».
Pourtant, suivant mon état d'esprit du moment, ma
conscience de ce lieu peut être radicalement différente
de cette sorte de « norme de conscience ».
Si je suis amoureux de la bibliothécaire, ma conscience
de cet endroit s'enrichiera probablement d'une dimension
de plaisir supplémentaire, inexistante dans la « norme
de conscience ».
Inversement, si j'arrive dans ce lieu complètement
déprimé, submergé par des problèmes majeurs, ma sensation
de l'endroit sera très certainement inverse.
Sur un plan plus général, ma conscience des autres
usagers différera en fonction de mon intérêt
pour eux.
Conscience diffuse et superficielle, légère
et fantomatique, si je suis particulièrement concentré sur
mon travail. Autrui n'attirera aucune
intention particulière de ma part. D'autres personnes, je le percevrais bien, existent près de moi, tournent
des pages, se lèvent et s'assoient, mais j'appréhenderai
ces existences comme un bruit de fond, une ambiance
légère ne perturbant pas mon esprit de son travail.
Si je suis moins investi par ma tâche et plus intéressé par
mes collègues improvisés du moment, (sans toutefois
m'arrêter sur quelqu'un en particulier), curieux
des gestes , des allures, des comportements, ces autrui prendront
plus d'importance dans ma conscience. Je verrai non plus
des ombres, mais des êtres humains dont je me sens le semblable.
Si maintenant, je flashe (pour dire les choses simplement)
sur une personne de la salle, mon attention va se
focaliser sur cet autrui. Cette obnubilation va du coup éteindre
les autres autrui, l'importance de mon travail ou la beauté du
lieu. Je vais à ce moment-là investir ma conscience
plus instinctivement vers cet autrui ; je vais attacher mon
regard à sa sensualité, à ses yeux, à l'intérêt
qu'elle pourrait porter sur moi.
Sous l'emprise d'une pulsion, d'une passion, les AUTRUI et le lieu n'ont pas bougé mais ma
CONSCIENCE va les percevoir différemment.
Parallèlement à cela, entre le moment où je
suis concentré sur mon travail et le moment où je
suis concentré sur cette personne, une CONSCIENCE supplémentaire
apparaît. Les sensations de mon CORPS, qui dans l'étape de la
concentration intellectuelle étaient quasiment éteintes
dans ma CONSCIENCE, occupe alors dans l'état de désir
une plus grande place.
Prenons un autre exemple
Imaginons-nous en présence d'un LION :
présence onirique (j'en rêve), conceptuelle à travers
un livre, une brochure scientifique étudiant
ses caractéristiques PHYSIQUES,
présence réelle, mais bien protégé derrière
les grilles d'un zoo, présence réelle encore mais au contact
de cet animal « apprivoisé » ou bien en présence
directe de ce lion, mais en pleine savane cette fois et sans protection.
Face à cet animal identique mais se présentant
sous des approches diverses, ma conscience
de l'animal
différera.
CONSCIENCE FLOUE et relativement superficielle si je me contente
de faire un effort d'imagination pour me le représenter sans
qu'il soit en ma présence . CONSCIENCE CONCEPTUELLE
et scientifique si je fais une analyse des caractéristiques
sociales et physiques de l'animal. Ma CONSCIENCE s'enrichira
d'une dimension AFFECTUEUSE si un dresseur me permet de caresser
ce fauve sans danger et de tenter de déchiffrer dans son
comportement paisible ses capacités affectives.
Ma conscience sera encore autre si je vois l'animal maltraité par
un maître tortionnaire.
Ma vision de cet animal diffèrera
encore totalement si je suis perdu dans la savane,
le voyant avancer vers moi de façon inquiètant en
étant incapable de me protéger de sa dangerosité.
Et enfin, ma conscience du roi de la savane aura
une toute autre dimension si je suis à son contact,
cette fois-ci en état d'EXTASE, autrement dit en état
d'amour absolu envers toute chose, état qui selon
moi est ressenti par chaque animal (ce
point bien entendu, reste encore à démontrer scientifiquement).
En conclusion, notre champ de conscience est extensible.
Il va
de la CONSCIENCE IMAGINATIVE (je me représente un lion) à la
CONSCIENCE EXTATIQUE en passant par la conscience superficielle
ou intellectuelle (l'animal analysé scientifiquement), affective
(le lion caressé), instinctive (le lion dans la savane)
et morale (je vois cet animal maltraité). Notre champ de conscience s'étend du sentiment flou,
froid et superficiel des choses que l'on regarde de façon
vague.
Il englobe la conscience spontanée
des choses vues à travers nos désirs, nos peurs,
nos espérances, évolue vers la conscience distinctive
et analytique d'une chose précise et étudiée.
Il se hisse à la conscience psychologique et morale pour
s'épanouir dans la conscience absolue de l'extatique en
contemplation.
Conscience subjective, conscience objective
Une bonne conscience est l'oeil de Dieu (proverbe
russe)
Dans
toutes les positions hormis l'état extatique, la
CONSCIENCE de l'individu est subjective, elle dépend du
caractère
et de l'histoire intime de chacun (pêcheurs de baleines
et adeptes de Greenpeace n'auront pas la même conscience
de ce qu'est un cétacé). La CONSCIENCE « normale » varie
en fonction des humeurs du moment et de l'intention portée
aux choses (observer un lion pour le peindre diffère d'une
observation scientifique).
Tous les divers niveaux de la CONSCIENCE ORDINAIRE sont
construits par le sujet. Sujet - selon la terminologie de Maine
de Biran - c'est à dire
l'individu qui agit volontairement sur lui-même et sur le
monde, l'individu mû par des INTENTIONS, des DÉSIRS,
des VOLONTÉS, des AFFECTS, des INQUIÉTUDES, des SENTIMENTS.
Autrement dit, tous ces degrés de conscience sont élaborés
par tout l'arsenal des facultés individuelles et personnelles
qui pousse l'homme à l'action (constructrice ou destructrice, « positive » ou « négative »).
C'est complètement différent en ce qui concerne
la CONSCIENCE EXTATIQUE. Cette ultime position de l'esprit est
un état d'équilibre psychique absolu, d'égalité d'état
d'âme, de non- intentionnalité, de non-jugement
et d'invariabilité émotionnelle absolue. Il
subsiste alors dans cet état transcendantal une seule
sensation physique et psychique globale : une « sensation
d'amour invariable et absolu » envers soi, autrui et
les choses.
La CONSCIENCE EXTATIQUEdevient par conséquent une conscience
objective, autrement dit une conscience qui s'auto-émane,
qui s'auto-ressent. Une conscience ne passant pas par le
sujet, le « MOI » ; ce
n'est plus moi qui ait conscience des choses, mais
la conscience en moi qui est en phase avec les choses.
Dans L'ÉTAT EXTATIQUE, il n'y a plus d'activation de ce
qui dans le psychisme forme ordinairement les consciences personnelles.
Je veux dire par là que la conscience d'un extatique étant
réduite à sa seule activité mécanique
et basique, la vision et la sensation qu'elle donne de l'extérieur est
rigoureusement identique à la vision et à la sensation
que peut avoir un extatique. La conscience extatique serait
donc objective.
Au contraire, la CONSCIENCE ORDINAIRE, celle qu'un individu
peut avoir d'un tableau de Van Gogh, d'un arbre ou
d'une personne, est quant à elle subjective, elle
varie d'un individu à l'autre.
Conscience extatique Dans l'état d'EXTASE, la CONSCIENCE serait
une conscience au sens biologique du terme, c'est la conscience
avec un grand C, la Conscience générique allant avec
chaque corps humain.
Une Conscience basique dépourvue de trait
de personnalité,
sans vision subjective, sans interprétation individuelle.
C'est la Conscience de l'Etre humain physiologiquement parlant,
vidée
de tout ce qui fonde sa PERSONNE morale, juridique, intellectuelle.
Vide également de ses TENDANCES AFFECTIVES, de ses inclinaisons,
de ses PULSIONS, en somme de tout ce qui fonde son animalité secondaire,
tout en conservant les instincts premiers de survie : (boire, manger,
dormir).
conscience
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