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  • conscience

La perception des choses.

Conscience ordinaire et extatique

cheri cherinL'union entre dieu et l'homme

Ce tribunal que l'homme sent en lui est la conscience. Kant

Petit résumé des bases théoriques de notre philosophie.

Les chapitres précédents nous ont conduits à ces quelques conclusions :

  1. Il existe un principe créateur à l'origine du monde. Pour les scientifiques, il s'agit d'un champ de particules virtuelles, ou d'un vide quantique. Pour les croyants, il s'agit du divin.
  2. L'évolution de l'humanité a un sens et une orientation. Ses progrès continus entraînent notre espèce vers sa perfection spirituelle. Autrement dit, vers la sagesse, l'extase, l'éveil, la béatitude, le nirvana ; peu importe le nom qu'on lui donne.
  3. L'homme peut fusionner avec le principe créateur. L'expérience extatique permet d'établir une jonction directe entre la nature intime de Dieu et ses créatures. Cette union se concrétise dans l'esprit.

Les divers mouvements de l'esprit.

L'extase est une des différentes combinaisons possibles de l'organisation cérébrale. Chaque état de conscience correspond à une combinaison neuronale particulière. Le désir à la sienne. L'analyse, la compassion, la réflexion, la mémorisation ont la leur... et l'extase a également sa propre connectique. Dans ce chapitre, nous essaierons de comprendre ces diverses organisations cérébrales.

Les divers états de perception

La conscience et ses niveaux

"La conscience est la voix de l'âme, les passions sont la voix du corps". Jean-Jacques rousseau

L'individu peut regarder son environnement ou autrui, à de multiples niveaux de conscience. Ces niveaux correspondent à différentes zones d'activées cérébrales. En fonction des neurones sollicités, notre conscience des choses varie en profondeur et en aspect. Elle s'étend de l'illusion à la vérité.

Pour l'horloge par exemple, une heure est une heure. Mais pour l'homme, l'heure se contracte ou se rétracte en fonction de son état d'esprit. Une heure n'a pas la même intensité si elle est rattachée au plaisir ou à la souffrance.

Y a-t-il quelque chose hors de moi ?

Selon les connaissances actuelles, entre la naissance et la mort, nous n'avons accès qu'à une seule réalité, celle générée par le flux permanent de notre cerveau. Autrement dit, tout ce que nous voyons, ressentons ou imaginons est nécessairement vrai puisque c'est pour nous, la seule réalité possible (même les illusions dont parfois nous nous berçons).

Mais si nous tenons pour vrai ce qui est extérieur à notre esprit, les choses changent. Si le « hors de soi » est réel, alors la vérité et la réalité, quittent notre intériorité. Elle n'est plus forcément vraie. Notre perception du monde par exemple, est différente de celle d'une mouche, d'un chimpanzé ou d'un arbre. Ma conception de la matière n'est pas celle des physiciens. Ma perception des choses est différente de celle d'autrui. Je ne ressens pas les mêmes choses face aux mêmes événements. Nous n'avons pas le même passé. Nous ne sommes pas posés au même endroit.

Nous pouvons donc déjà distinguer deux types de conscience. La conscience intime et la conscience extérieure. Les réalités vécues par l'individu, et la réalité de la « conscience humaine générale »*.

* le regard individuel et le « regard phénoménologique » en quelque sorte.

La conscience intime

La montée de la conscience

duchampSelon notre philosophie donc, l'humanité évolue vers la sagesse et l'extase. La société humaine se dirige vers la pleine conscience et l'éveil. La plus grande partie de notre réflexion tournera autour de ces sujets.

Évolution de la conscience

Nos divers états de conscience, sont plus ou moins simples ou plus ou moins composés. Il existe une différence de conscience par exemple, entre la colère spontanée et la vengeance programmée. Entre la pensée malveillante et la pensée bienveillante.

L'exemple de la bibliothèque

Imaginons nous assis à une table de travail dans notre bibliothèque préférée. Autour de nous, d'autres usagers vaquent à leurs occupations. Pour la majorité des personnes, cet endroit est : « paisible, calme, silencieux, méditant ». S'il existait une conscience médiane humaine, c'est ainsi qu'elle qualifierait ce lieu.

Mais nous pouvons avoir une appréciation différente de cet espace. Notre conscience intime pourrait être radicalement différente de cette norme collective.

Par exemple, si je suis amoureux de la bibliothécaire, mon sentiment de l'endroit sera différent. Il s'enrichira probablement d'une dimension de désir, inexistante dans la « norme de conscience ».

Inversement, si j'arrive dans ce lieu dans un état de panique existentielle, ma sensation risque d'être inversée.

La progression de la conscience

Sur un plan plus général, ma conscience des autres utilisateurs progressera en fonction de mon intérêt pour eux.

Conscience diffuse, superficielle, légère et fantomatique de l'existence si je suis particulièrement concentré sur mon ouvrage. Autrui alors, n'attirera aucune attention particulière de ma part. Je percevrai bien l'existence d'autres personnes près de moi. Je les sentirai tourner des pages, se lever et s'asseoir, mais j'appréhenderai ces existences comme un bruit de fond. Comme une sorte d'ambiance légère s'accordant parfaitement avec mon travail.

Conscience attentive si, moins investi par ma tâche je suis plus intéressé par mes collègues du moment. Conscience attentive si je suis curieux des gestes, des allures, des comportements. Dans ce cas-là, ces "autrui" auront plus d'importance à mon esprit. Je verrai non plus des silhouettes, mais des êtres humains dont je me sentirai le semblable.

Conscience désirante. Si maintenant, je «flashe» sur une personne de la salle, mon intérêt va naturellement se focaliser sur elle. Du coup, l'obnubilation va minimiser les autres autrui. Elle minimisera également l'importance de mon travail et la beauté du lieu. Ma conscience va se diriger instinctivement vers cet autrui. Mon regard va s'attacher à sa sensualité, à ses yeux, à son corps. Il va guetter l'intérêt que pourrait accorder cette personne à ma personne.
Sous l'emprise d'une passion exaltante je vais percevoir les personnes et les lieux différemment. Le monde va me paraître enchanté quels que soient l'espace et les gens. Les sensations de mon corps vont également changer. Quasiment éteintes dans l'état de concentration intellectuelle elles occupent une grande place sous l'exaltation du désir.

L'exemple du lion

Prenons un autre exemple.

Imaginons-nous en présence d'un lion sous plusieurs représentations.

  • Présence mémorielle (je me représente mentalement un lion)
  • Présence conceptuelle (J'étudie un ouvrage concernant la vie des lions).
  • Présence réelle à côté d'un dresseur, (je caresse un vieux lion apprivoisé).
  • Présence réelle (j'observe un lion apparemment maltraité, derrière les grilles d'un zoo).
  • Présence onirique (dans mon rêve, je vois un lion).
  • Ou présence naturelle. Je suis en pleine savane, seul et sans protection, un lion s'approche de moi.

Dans chacune de ces expériences, ma conscience de l'animal sera différente.

Conscience floue et fugitive si je fais un travail de mémoire pour me représenter l'image d'un lion.
Conscience intellectuelle et scientifique si j'étudie l'organisation sociale et les comportements de l'animal.
Conscience enrichie d'une dimension affectueuse si un dresseur me permet de caresser sans danger ce fauve. Ma conscience cherchera alors intuitivement à établir une relation affective avec ce lion.
Conscience morale si l'animal est maltraité. Ma conscience développera un sentiment de révolte envers le zoo tortionnaire.
Et conscience de survie dans la savane face à un lion menaçant. À ce moment-là, l'empathie, la fascination, l'intérêt, culturel ou artistique disparaissent de l'esprit. La conscience du moment sera primitive. Elle résumera ce lion au simple statut de danger..

La conscience de Blandine

Et enfin, il y a la conscience de l'extatique. Si je suis en état d'extase, ma conscience d'un lion, même menaçant aura une toute autre dimension (l'état extatique, est un état d'amour absolu envers toute chose).

L'extase en effet, agit sur l'homme comme sur l'animal.

  • elle permet à l'homme d'accepter toutes choses (y compris celle d'être dévoré par un lion).
  • elle permet à l'animal (s'il ressent un individu en extase) de cesser toute velléité (ceci devra être démontré un jour scientifiquement).

Une conscience progressiste

En conclusion, notre champ de conscience est extensible. Il va de la conscience imaginante à la conscience extatique. L'éveil de notre conscience commence avec le sentiment flou et superficiel des choses observées de façon vague. Elle englobe la conscience spontanée déclinant de nos désirs, nos peurs, nos espérances. Elle évolue vers la conscience analytique et psychologique d'une chose précise et étudiée. Elle se hisse enfin à la conscience morale pour s'épanouir dans la conscience de l'extase en contemplation.

La conscience subjective

La perception du sujet conscient

manzoni le socle du mondeUne bonne conscience est l'oeil de Dieu (proverbe russe)

Dans toutes les positions, hormis l'état extatique, la perception de l'individu est subjective. Sa vision des choses dépend de son caractère et de son histoire intime. Par exemple un pêcheur de baleines et un militant de Greenpeace auront une conscience différente du cétacés. La conscience « ordinaire » varie en fonction de plusieurs choses. Elle dépend de l'humeur et de l'intention du moment.

Du sujet

Selon la terminologie de Maine de Biran, le sujet c'est l'individu agissant volontairement sur lui-même et sur le monde. L'individu mû par des intentions, des désirs, des volontés, des affects, des inquiétudes, des sentiments. Tous les divers niveaux de la «perception ordinaire» sont construits par le sujet

Chaque niveau de conscience est élaboré par un arsenal de facultés mentales. Dans cet arsenal on retrouve la perception, le sentiment, la mémoire, l'affectivité, le raisonnement etc. Cette provision de facultés pousse l'homme à l'action (constructrice, destructrice, « positive », « négative »).

La conscience objective

La conscience trans humaine

La joie, l'extase, l'éveil

  • La conscience subjective est variable.
  • La conscience extatique est invariable.

L'extase est le plus haut degré de l'esprit. C'est un état d'équilibre psychique absolu. Un état d'esprit linéaire, vide d'intentionnalité et de jugement. Il est absolument invariable émotionnellement parlant. Cet état transcendantal engendre une seule sensation physique et psychique. Une sensation de joie intense. Un sentiment d'amour absolu et invariable envers soi-même, autrui et les choses.

La conscience objective et l'extase

La conscience extatique est radicalement différente de la conscience ordinaire. Elle n'utilise pas les mêmes itinéraires cérébraux. Dans l'état d'extase, l'individu ignore les zones relatives au « moi », au sujet. Les couches relatives à l'ego, à la personnalité, au caractère, sont éteintes. Autrement dit dans l'extase, nous n'avons plus affaire à une conscience subjective mais à une conscience objective. Une conscience qui s'auto-émane, qui s'auto-ressent. Ce n'est plus «moi» en tant que sujet, qui ait conscience des choses. C'est la Conscience en moi qui est en phase avec les choses.

Identique dedans et dehors

L'extase désactive les zones de pulsions, de désir, de projection, de souvenirs et d'intention. Il subsiste alors une sorte de couche pré-reptilienne. La couche cérébrale où se constituent les sens à l'état brut.
Voir, sentir, entendre, goûter, marcher, bref les bases pour que le corps puisse vivre et ressentir (sans pulsion). De cet état, résulte un sentiment de bien-être absolu. Un sentiment de joie et d'amour intense envers toutes les choses.

Les sensations d'amour ressenties dans l'état extatique sont retranscrites à l'extérieur de la personne. Le béat extériorise finalement tout ce qu'il ressent. Comme il ressent uniquement de l'amour, il émane uniquement cet amour. Il n'y a pas de masque. Pas de rôle joué. La conscience en état d'extase est identique à l'intérieur et à l'extérieur. C'est pourquoi nous pouvons dire de la conscience extatique qu'elle est «objective».

De la conscience ordinaire

La conscience ordinaire au contraire, masque la plus grande partie de ses sentiments. L'organisation de la société, oblige l'homme à se préserver de la sorte. La plus grande partie des pulsions, des désirs, des intentions, reste dans le secret de son cœur. C'est le jeu ordinaire de l'existence. D'autre part, face au monde, les consciences ordinaires varient d'un individu à l'autre. Nos consciences ne sont pas identiques face à au même tableau de Van Gogh, ou face à une même personne. Autrement dit, la conscience ordinaire est subjective. Elle est entièrement représentative du sujet.

Conscience extatique

Conscience initiale incarnée

Dans l'état d'extase, la conscience est parfaitement basique. C'est une conscience au sens biologique du terme. Une sorte de conscience initiale fournie avec chaque corps humain. Elle est dépourvue de trait de personnalité. Elle est sans vision subjective, sans individualité, sans interprétation personnelle. C'est la conscience de l'Être humain (physiologiquement parlant) mais vidée de sa personnalité. Vidée de tous les fondements de la personne morale, juridique, intellectuelle.

Vide également de ses tendances et de ses pulsions, bref, de sa "primatitude".

C'est pourquoi l'extatique ne représente absolument plus aucun danger.

En somme, l'extase rend l'individu parfaitement inoffensif.

an 2001

conscience

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williams

Qui masque ses fautes se voit, en fin de compte, démasquer par sa conscience. William Shakespeare

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