La destinée de l'humanité
L'homme évolue vers la liberté
Notre philosophie est simple: faire mieux
chaque jour que la veille, j'appelle ça une amélioration
mesurable continue. Paolo Fresco
Si l'on accepte l'idée d'évolution et de cycles de vie (naissance,
évolution et mort),
autrement dit l'idée d'un système commençant en un point A et évoluant
nécessairement vers un point B (même si ce point
B est inconnu comme c'est le cas de la finalité de l'humanité), nous devons admettre l'idée de destinée.
Tout phénomène
est déterminé par ses conditions d'existences. Un phénomène est
donc rigoureusement prévisible si l'on connaît celles-ci. Par exemple, être mortel fait partie des conditions de notre existence, il est donc rigoureusement prévisible que la mort soit notre finalité.
Si nous nous penchons alors sur les conditions de l'existence de l'humanité, sur les progrès qu'elle réalise depuis son apparition et ceux qu'elle espère pour son avenir, nous pouvons alors prévoir son chemin et probablement son but.
Si nous arrivions à déterminer de manière sûre pourquoi notre espèce est apparue, ce qu'elle apporte de véritablement différent au règne animal, et ce qu'elle continue à améliorer avec acharnement, nous pourrions alors prévoir notre destinée.
Autrement dit,
si nous comprenions la logique de l'évolution humaine,
nous pourrions prévoir la destinée de l'humanité.
Destinée ou hasard
Par quel hasard le monde pourrait-il comporter
quelque chose d'hasardeux ? Jmt
Le
modèle matérialiste réductionniste rejette
le principe d'un agent créateur et exclus toute transcendance
et tout but déterminé. Ce modèle imagine l'évolution simplement
soumise à des contraintes économiques plus ou moins
rigides (la rareté relative des ressources etc.) et à
des données biologiques. De là résulte selon
lui la concurrence et la lutte pour la survie, éléments
régulateurs du jeu de lhérédité
et de ladaptation, donnant lavantage aux plus aptes
(sélection naturelle).
Ensuite et selon lui toujours, lhérédité transmet les modifications,
et ainsi les êtres organisés procèdent
de facteurs mécaniques, qui produisent les apparences de
la finalité.
Pour ce type de pensée l'ordre de
la causalité se renverse :
Ce que les
finalistes prennent pour un but ou pour une tendance vers un but
est ramené au statut deffet. Les formes et les dispositions
qui paraissent en vue dune fin , que nous croyons observer,
sont produites par des causes efficientes. Autrement dit, la finalité
de fait (ou immanente) recevant une explication causale et déterministe,
lhypothèse dune finalité réelle
devient inutile et est éliminée, on la conserve sous
le nom de téléologie.
La théorie darwinienne, dans cette version,
peut donc être célébrée comme une réduction
de la cause finale à la cause efficace. En plus de cet avantage
scientifique, elle accomplit une performance remarquable,
en disjoignant lidée dévolution de celle
de fin, tout en maintenant la croyance au progrès des espèces.
Le principe de la mécanique téléologique,
commente Haeckel, a acquis une
valeur de plus en plus grande, et nous a expliqué mécaniquement
les dispositions les plus subtiles et les plus cachées des
êtres organiques, par lautoformation fonctionnelle de
la structure conforme à une fin.
Seulement ce modèle réductionniste à ses limites. En effet, si nous pouvons dire des causes, qu'elles produisent forcément un type logique d'effets,
si nous pouvons prévoir les effets, et si nous pouvons prouver
que les causes sont comprise dans le principe même de la vie
(lutte pour la survie, sélection naturelle, hérédité)
alors le modèle réductionniste devient le simple révélateur de notre incapacité
actuelle a poser une loi sur le principe de cause a effet.
Et une
loi sur ce principe reviendrait a une loi déterministe.
Apprendre à lire notre destinée
Toute évolution progresse en se déployant
d'un état potentiel vers sa réalisation.
Quand
une évolution se déroule hors toute
volonté consciente (comme c'est le cas de l'évolution
du vivant),
une volonté conduisant irrépressiblement vers une finalité, nous pouvons estimer cette évolution comme étant
soumise à une destinée.
Jusqu'a présent les hommes construisent l'humanité sans avoir une vision précise d'un but à atteindre. Le progrès s'est donc déroulé de façon intuitive et naturelle.
Pourtant l'espèce humaine évolue dans un
sens précis (du singe vers l'homme, de la nature vers la culture ...).
Perdre la liberté pour
enfin la trouver.
Selon notre théorie, en prenant appuie sur l'histoire, nous pouvons définir le sens
de cette évolution. Nous pouvons déterminer notre but et notre finalité.
Redisons le tout de suite, nous pensons ici l'évolution de notre espèce orientée vers l'extase, la béatitude. Cet état correspond au pur ressenti
par l'humain de l'essence créatrice. Nous
faisons avancer plus outre, sous l'action créatrice, un
univers au sein duquel dieu vient se poser pour reprendre les
mots de Teilhard de Chardin.
La difficulté de penser une destinée
La pensée contemporaine
occidentale a du mal à accepter l'idée de destinée.
Elle l'accole au fatalisme, à la destruction des notions
de volonté et de liberté.
Certains pensent : si l'humanité suit une destiné
déterminé, à quoi bon agir ?
Et si l'humanité
cessait d'agir, comment pourrait-elle dépasser sa condition
actuelle pour atteindre sa perfection béate et universelle
qui semble être sa destiné ?
L'homme est condamné à agir
L'humanité effectivement, ne peut évoluer
sans intervention humaine
Evidemment,
pour agir, l'humanité à besoin des concepts de volonté
et de liberté. Elle à également besoin de cette période
ponctuelle d'orgueil, dans laquelle l'homme s'imagine tout puissant et unique créateur de son destin. Mais ce sont des leurres, de simples
illusions (nécessaires et inclus dans la destiné).
La volonté est inscrite dans
la conformation physiologique et psychique de l'homme constructeur
(dont nous faisons partie). Elle est un des instruments indispensables de l'évolution
humaine (même si elle est plus proche de la poussée
aveugle dont parle Schopenhauer que d'une
conception volontariste de l'histoire).
La volonté de l'homme
est à l'origine de l'humanité telle qu'elle est devenue.
Ce sera une puissance aveugle jusqu'Ã ce que l'humanité comprenne le sens
réel de ce qu'elle construit. Elle est aveugle mais pas absurde
dans la mesure ou cette puissance dirige la société humaine dans une direction bien
précise.
En ce sens, notre volonté obéit à des
exigences extra-humaines, inclues dans la montée globale du vivant vers
un esprit supérieur.
L'énergie humaine demande à s'exprimer
Le vivant comme premier donneur d'ordre
Dés le réveil, l'homme est animé d'une sorte d'énergie
qu'il doit épuiser. Ses actions et ses réflexions répondent au besoin vital de construire, de lutter contre les dangers, de résoudre les questionnements etc.
Il existe en nous une tendance naturelle à l'activité,
un besoin d'agir déjà présent chez l'enfant. Nous
ne pouvons rester oisif longtemps. Nous ne tenons pas en place. Nous cherchons en permanence à nous occuper. L'inaction est insoutenable
pour nos esprits inquiets.
Une partie de l'inquiétude naît de l'inconnu. Elle nous oblige à agir et à chercher des réponses. Ces réponses éclairent peu à peu certains pan de cet inconnu, découvre un à un les secrets (tout se tient).
Non seulement l'homme constructeur
est voué à agir pour construire, mais la diversité
des caractères humains, l'interdépendance, et la
propension au bien, oriente la somme de ces actions vers la perfection béate dont nous parlons.
Travailler pour un futur inconnu
Nous sommes tous des altruistes !
Ce chemin, nous l'allons parcourir ensemble Edmund Husserl
Mais pour quelle raison devrions nous construire une sorte
de paradis terrestre destiné à un futur relativement
lointain ?
Pourquoi élaborer une chose pour des humains dont
nous ne savons rien ? Pourquoi élaborer un monde dont nous ne profiterons pas ?
Autrement dit pourquoi devoir nous opposer aux concepts nihilistes du genre : «après moi le déluge»
?
Au
delà de la nature irrésistiblement positiviste de l'humanité, au delà du principe de responsabilité
a l'égard de
nos descendants, au delà même de notre propension naturelle
à nous sacrifier pour la famille, le groupe, le pays, la
communauté (et donc finalement pour l'espèce), un autre
mécanisme pousse instinctivement l'homme à vouloir
pour ses enfants mieux que pour lui-même.
Si l'on étend ce "lui-même"
à l'ensemble universel des parents présents,
et "ses enfants" à l'ensemble universel
des parents futurs alors nous pouvons
dire : l'ensemble des parents présents, travaille instinctivement
pour offrir à l'ensemble des parents futurs, une vie supérieure à celle des parents présents.
Autrement dit le présent travaille
instinctivement pour fabriquer un futur supérieur au présent.
Irrésistible destinée
Du moteur pulsion, au moteur conscience
Même sans le savoir on y va, alors en
le sachant !
Jusqu'a présent, la puissance des pulsions, des passions, des désirs motivent l'action humaine.
Ce mécanisme (malgré
l'antagonisme, les périodes de chaos, d'incertitude, de menace,
et le désordre apparent qu'il inclus), à propulsé le
primate que nous étions, jusqu'à l'homme que nous sommes ... et c'est
déjà énorme.
L'organisation de l'humanité oblige l'homme à agir dans
un sens bien précis.
Il lui faut améliorer son espèce en permanence
et la rendre de plus en plus consciente.
Ce mécanisme impérieux entraîne donc irrésistiblement l'homme vers un futur ou la
raison prendra le pouvoir sur les pulsions.
Une fois ce point atteint, la conscience prendra
alors en charge la marche de l'humanité.
La représentation de l'homme comme sujet autonome
et capable de maîtriser son destin, est une illusion.
Une illusion nécessaire car même lorsque l'homme maîtrisera consciemment sa destinée,
ce sera encore sa destinée.
La création et la vie est une obligation
Après des milliards d'années
d'expansion et d'évolution de l'univers, la terre est apparue, puis le
vivant et enfin l'humanité.
L'humanité est née d'une quantité de possible (comme la spermie) suffisante
pour mener à bien une telle aventure. Un jour la science probabiliste
démontrera que cette quantité de possible (les milliards de planètes), exclus tout échec dans l'apparition de l'humanité. Ce jour là ,
le concept d'une destiné déterministe sera prouvé.
En tout cas, une fois qu'une chose est née, il n'existe pas la version inverse (elle n'est pas née).
Autrement dit l'humanité ne pouvais pas ne pas exister.
- Si
le vivant se caractérise par la montée progressive vers un psychisme supérieur, la sélection naturelle (dont parle le modèle réductionniste), peut être considéré comme
: la mécanique du vivant pour atteindre sa destiné.
- Si depuis
la naissance du vivant, cette montée ne s'est
jamais démentie, et si le psychisme humain est voué à atteindre
un état de perfection psychique (béatitude,
nirvana etc) coïncidant avec toutes les pré-visions
religieuses, alors nous pourrions en conclure que le vivant
est issu et régit par une destinée émise
par une essence en rapport avec cette finalité spirituelle.
Les tragédies antiques (notamment celle
d'Eschyle et d'Oedipe rois de Sophocle) exprime une croyance fondamentale
en un fatum qui régit toutes les actions humaines,
et l'on peut dire que tout le problème de la vie humaine
et de se réconcilier avec son destin (amor fati). De faire
de son destin sa destination propre : dipe aveugle retrouvent
la sérénité intérieure quand il reconnaît
que tout est bien et que l'ordre des choses s'est accompli. Car
le véritable bonheur de l'homme est de pouvoir se
réaliser à l'occasion des événements
qui lui arrivent : d'exploiter tous les événements
dans le sens de sa volonté, et de reconnaître dans
ce qui lui arrivent le signe de sa destinée. Larousse de
la philosophie Didier Julia
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