Notre philosophie est simple: faire mieux
chaque jour que la veille, j'appelle ça une amélioration
mesurable continue. Paolo Fresco
Philosophie et destinée
Si vous aimez, ce n'est pas cet amour qui
fait partie de votre destinée ; c'est la conscience de
vous-même que vous
aurez trouvée au fond de cet amour qui modifiera votre vie.
Maurice MaeterlinckÀ partir
du moment où l'on accepte les principes de naissance,
d'évolution et de mort,
qui sont les principes du vivant, c'est à dire l'idée
d'un système émergeant en un point A et évoluant
nécessairement vers un point B (même si ce point
B reste inconnu), nous devons admettre l'idée de destinée
et l'idée selon laquelle :
tout phénomène
est déterminé par ses conditions d'existence, est
donc rigoureusement prévisible si l'on connait celles-ci.
Notre destinée peut donc être prévisible dans
la mesure où nous comprenons son mécanisme d'évolution.
Donc,
si nous comprenons la logique de l'évolution humaine
nous pouvons prévoir la destinée de l'humanité.
destinée ou hazard
Par quel hazard le monde pourrait-il comporter
quelque chose d'hasardeux ?Le
modèle matérialiste-réductionniste rejette
le principe d'un agent créateur et exclus toute transcendance
et tout but déterminé.
Ce modele imagine l'évolution simplement
soumise à des contraintes économiques plus ou moins
rigides (la rareté relative des ressources etc.) et à
des données biologiques. De là résulte selon
lui la concurrence et la lutte pour la survie, éléments
régulateurs du jeu de lhérédité
et de ladaptation, donnant lavantage aux plus aptes
(sélection naturelle).
Ensuite, lhérédité transmet les modifications,
et ainsi les êtres organisés procèdent
de facteurs mécaniques, qui produisent les apparences de
la finalité.
Pour ce type de pensée l'ordre de
la causalité se renverse :
Ce que les
finalistes prennent pour un but ou pour une tendance vers un but
est ramené au statut deffet. Les formes et les dispositions
qui paraissent en vue dune fin, que nous croyons observer,
sont produites par des causes efficientes. Autrement dit, la finalité
de fait (ou immanente) recevant une explication causale et déterministe,
lhypothèse dune finalité réelle
devient inutile et est éliminée, on la conserve sous
le nom de téléologie.
La théorie darwinienne, dans cette version,
peut donc être célébrée comme une réduction
de la cause finale à la cause efficace. En plus de cet avantage
scientifique, elle accomplit une performance remarquable,
en disjoignant lidée dévolution de celle
de fin, tout en maintenant la croyance au progrès des espèces.
Le principe de la mécanique téléologique,
commente Haeckel, a acquis une
valeur de plus en plus grande, et nous a expliqué mécaniquement
les dispositions les plus subtiles et les plus cachées des
êtres organiques, par lautoformation fonctionnelle de
la structure conforme à une fin
Mais si nous pouvons démontrer
que les causes produisent forcément un type logique d'effets,
si nous pouvons prévoir les effets, et si nous pouvons prouver
que les causes sont comprise dans le principe même de la vie
(lutte pour la survie, sélection naturelle, hérédité)
alors le modèle réductionniste devient le simple révélateur de notre incapacité
actuelle a poser une loi sur le principe de cause a effet. Et une
loi sur ce principe reviendrait a une loi déterministe.
Apprendre à lire notre destinée
Toute évolution progresse en se déployant
de ce qui est potentiel vers sa réalisationSi
une évolution se déroule sans les directives de la
volonté consciente (comme c'est le cas de l'évolution
du vivant, au moins jusqu'a l'apparition de la consciente humaine),
et si cette évolution conduit irrépressiblement à
une certaine finalité, nous pouvons la considérer
soumise à une destinée.
Jusqu'a présent l'évolution de l'humanité
s'est déroulée de façon intuitive et naturelle
sans que nous ayons une vision precise du but à atteindre.
Pourtant l'espèce humaine évolue dans un
sens precis.
Aujourd'hui, en s'aidant de notre
historique,nous disons ici que nous pouvons définir le sens
de notre destinée, démontrer notre but et notre finalité.
Cette finalité, nous l'avons vu dans les premiers chapitres
s'appelle béatitude pur ressenti
par l'humain de l'essence créatrice ; Nous
faisons avancer plus outre, sous l'action créatrice , un
univers au sein duquel dieu vient se poser pour reprendre les
mots de Teilhard de Chardin.
Perdre la liberté pour
enfin la trouver
Si la pensée contemporaine
occidentale a du mal à accepter l'idée de DESTINÉE,
c'est parce qu'elle a le sentiment qu'elle peut induire une sorte
de fatalisme et qu'elle anéanti également les notions
de volonté et de liberté.
Certains pensent : si l'humanité suit une destiné
déterminé, à quoi bon agir ? Et si l'humanité
cessait d'agir, comment pourrait-elle dépasser sa condition
actuelle pour atteindre sa perfection béate et universelle
qui semble être sa destiné ?
L'obligation d'agir
L'humanité effectivement, ne peut évoluer
sans intervention humaine Evidemment,
l'humanité à besoin des concept de volonté
et de liberté, tout comme elle a besoin de cette periode
ponctuelle d'orgueil ou l'homme s'imagine l'unique et tout puissant
créateur de son destin. Seulement, ce sont des leurres, des
illusions nécessaires et inclus dans la destiné.
La volonté est inscrite dans
la conformation physiologique et psychique de l'homme constructeur
(dont nous faisons partie) .
Elle est un des instruments indispensable de l'évolution
humaine mais quand même plus proche de la poussée
aveugle dont parle Schopenhauer que d'une
conception volontariste de l'histoire.
La volonté de l'homme
est à la racine de ce que l'humanité est devenue,
elle est aveugle tant que l'humanité n'a pas compris le sens
réel de ce qu'elle construit, mais elle n'est pas absurde
dans la mesure ou elle pousse l'humanité dans un sens bien
précis. En ce sens, notre volonté obéit à des
exigeances extra-humaines, au moins inclus dans la montée globale du vivant vers
un esprit supérieur.
Le vivant comme premier donneur d'ordre
Les actions et les reflexions de
l'homme constructeur, répondent au besoin vital d'écarter
progressivement tout danger et de résoudre tous les questionnements.
D'autre part, l'homme est animé d'une sorte d'énergie
qui reclame quotidiennement à s'épuiser.
Il existe en nous une tendance naturelle à l'activité,
un besoin d'agir, qui se constate déja chez l'enfant. Nous
ne pouvons rester oisif longtemps, nous ne tenons pas en place,
nous cherchons en permanence a nous occuper. L'inaction est insoutenable
pour nos esprits inquiets.
Cette inquiétude nait de ce qui
nous reste encore impénétrable, et ces secrets se découvrent
peu à peu grâce à nos actions (tout se tient).
Non seulement l'homme constructeur
est voué à agir pour construire, mais la diversité
des caractères humains, l'interdépendance, et la
propension au bien, oriente la somme de ces actions dans le sens
de cette
perfection béate, (nous avons
vu que toutes actions bonnes ou mauvaises
bien ou mal, construisent également
cette finalité béate.)
Mais pour quelle raison devrions nous construire une sorte
de paradis terrestre destiné à un futur relativement
lointain, pourquoi élaborer une chose pour des humains dont
nous ne savons rien ? (autrement dit pourquoi devons nous combattre
des pensées telle que aprés moi le déluge
?)
Construire pour le futur inconnu
Nous sommes tous des altruistes Au
dela du processus irrépressiblement positiviste de l'humanité
dont nous venons de parler, au dela du principe de responsabilité
a l'égard des êtres humains potentiels,
nos descendants, au dela même de notre propention naturelle
à nous sacrifier pour la famille, le groupe, le pays, la
communauté et donc finalement pour l'espèce, un autre
mécanisme nous oblige instinctivement à vouloir
pour nos enfants mieux que pour nous même.
Si l'on étend ce nous
à l'ensemble universel des parents présents,
et nos enfants à l'ensemble universel
des parents futurs alors nous pouvons
dire que :
l'ensemble des parents présents travaille instinctivement
pour que l'ensemble des parents futurs, disposent de mieux
que les parents présents.
Autrement dit le présent travaille
instinctivement pour que le futur soit mieux que le présent.
L'irrésistibilité de notre destiné
Même sans le savoir on y va, alors en
le sachant ! Jusqu'a présent
c'est la puissance des pulsions, des passions, des désirs
qui motivent l'action humaine et ce mécanisme malgré
l'antagonisme, les périodes de chaos, d'incertitude, de menace,
et le désordre apparent qu'il inclus, à conduit le
primate que nous étions a l'homme que nous sommes et c'est
déja énorme.
La conformation de l'humanité l'oblige à agir dans
un sens bien précis (s'améliorer toujours s'améliorer
et devenir de plus en plus conscient) ainsi donc l'espèce
humaine atteindra forcément un temps ou la
conscience prendra le pouvoir sur les pulsions et prendra
en charge la marche de l'humanité.
La représentation de l'homme comme sujet autonome
et capable de maîtriser son destin, est une fiction nécessaire,
et même lorsque l'homme maîtrisera consciemment sa destinée,
ce sera encore sa destinée.
Si, après des milliards d'années
d'expansion et d'évolution, la terre est apparue, puis le
vivant et enfin l'humanité, c'est que la
quantité de possible etait suffisante
pour mener à bien une telle aventure.
Le jour ou la science probabiliste
prouvera que cette quantité de possible interdisait l'echec d'une telle finalité,
le concept d'une destiné déterministe sera prouvée.
a/ Si
le vivant se caractérise par
la montée progressive vers un psychisme supérieur
, Ce que le modèle reductionniste nomme sélection
naturelle, peut être considéré comme
: la mecanique du vivant pour atteindre sa destiné.
b/ Si depuis
la naissance du vivant, cette montée ne s'est
jamais démentie, et si le psychisme humain est voué à atteindre
un état de perfection psychique (béatitude,
nirvana etc) coïncidant avec toutes les pré-visions
religieuses, alors nous pourrions en conclure que le vivant
est issu et regit par une destinée émise
par une essence en rapport avec cette finalité spirituelle.
Les tragédies antiques (notamment celle
d'Eschyle et d'Oedipe rois de Sophocle) exprime une croyance fondamentale
en un fatum qui régit toutes les actions humaines,
et l'on peut dire que tout le problème de la vie humaine
et de se réconcilier avec son destin (amor fati). De faire
de son destin sa destination propre : dipe aveugle retrouvent
la sérénité intérieure quand il reconnaît
que tout est bien et que l'ordre des choses s'est accompli. Car
le véritable bonheur de l'homme est de pouvoir se
réaliser à l'occasion des événements
qui lui arrivent : d'exploiter tous les événements
dans le sens de sa volonté, et de reconnaître dans
ce qui lui arrivent le signe de sa destinée. Larousse de
la philosophie Didier Julia
réalité |