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La destinée de l'humanité

L'homme évolue vers la liberté

Notre philosophie est simple: faire mieux chaque jour que la veille, j'appelle ça une amélioration mesurable continue. Paolo Fresco

spillaertSi l'on accepte l'idée d'évolution et de cycles de vie (naissance, évolution et mort), autrement dit l'idée d'un système commençant en un point A et évoluant nécessairement vers un point B (même si ce point B est inconnu comme c'est le cas de la finalité de l'humanité), nous devons admettre l'idée de destinée.

Tout phénomène est déterminé par ses conditions d'existences. Un phénomène est donc rigoureusement prévisible si l'on connaît celles-ci. Par exemple, être mortel fait partie des conditions de notre existence, il est donc rigoureusement prévisible que la mort soit notre finalité.

Si nous nous penchons alors sur les conditions de l'existence de l'humanité, sur les progrès qu'elle réalise depuis son apparition et ceux qu'elle espère pour son avenir, nous pouvons alors prévoir son chemin et probablement son but.

Si nous arrivions à déterminer de manière sûre pourquoi notre espèce est apparue, ce qu'elle apporte de véritablement différent au règne animal, et ce qu'elle continue à améliorer avec acharnement, nous pourrions alors prévoir notre destinée.

Autrement dit, si nous comprenions la logique de l'évolution humaine, nous pourrions prévoir la destinée de l'humanité.

 

Destinée ou hasard

Par quel hasard le monde pourrait-il comporter quelque chose d'hasardeux ? Jmt

poesie, oeuvre sur papier, de jean marc tonizzoLe modèle matérialiste réductionniste rejette le principe d'un agent créateur et exclus toute transcendance et tout but déterminé. Ce modèle imagine l'évolution simplement soumise à des contraintes économiques plus ou moins rigides (la rareté relative des ressources etc.) et à des données biologiques. De là résulte selon lui la concurrence et la lutte pour la survie, éléments régulateurs du jeu de l’hérédité et de l’adaptation, donnant l’avantage aux plus aptes (sélection naturelle).
Ensuite et selon lui toujours, l’hérédité transmet les modifications, et ainsi les êtres organisés procèdent de facteurs mécaniques, qui produisent les apparences de la finalité
.

Pour ce type de pensée l'ordre de la causalité se renverse :

Ce que les finalistes prennent pour un but ou pour une tendance vers un but est ramené au statut d’effet. Les formes et les dispositions qui paraissent en vue d’une fin , que nous croyons observer, sont produites par des causes efficientes. Autrement dit, la finalité de fait (ou immanente) recevant une explication causale et déterministe, l’hypothèse d’une finalité réelle devient inutile et est éliminée, on la conserve sous le nom de téléologie.

La théorie darwinienne, dans cette version, peut donc être célébrée comme une réduction de la cause finale à la cause efficace. En plus de cet avantage scientifique, elle accomplit une performance remarquable, en disjoignant l’idée d’évolution de celle de fin, tout en maintenant la croyance au progrès des espèces. Le principe de la mécanique téléologique, commente Haeckel, a acquis une valeur de plus en plus grande, et nous a expliqué mécaniquement les dispositions les plus subtiles et les plus cachées des êtres organiques, par l’autoformation fonctionnelle de la structure conforme à une fin.

Seulement ce modèle réductionniste à ses limites. En effet, si nous pouvons dire des causes, qu'elles produisent forcément un type logique d'effets, si nous pouvons prévoir les effets, et si nous pouvons prouver que les causes sont comprise dans le principe même de la vie (lutte pour la survie, sélection naturelle, hérédité) alors le modèle réductionniste devient le simple révélateur de notre incapacité actuelle a poser une loi sur le principe de cause a effet.

Et une loi sur ce principe reviendrait a une loi déterministe.

 

 

Apprendre à lire notre destinée

Toute évolution progresse en se déployant d'un état potentiel vers sa réalisation.

Quand une évolution se déroule hors toute volonté consciente (comme c'est le cas de l'évolution du vivant), une volonté conduisant irrépressiblement vers une finalité, nous pouvons estimer cette évolution comme étant soumise à une destinée.

Jusqu'a présent les hommes construisent l'humanité sans avoir une vision précise d'un but à atteindre. Le progrès s'est donc déroulé de façon intuitive et naturelle.

Pourtant l'espèce humaine évolue dans un sens précis (du singe vers l'homme, de la nature vers la culture ...).

Perdre la liberté pour enfin la trouver.

Selon notre théorie, en prenant appuie sur l'histoire, nous pouvons définir le sens de cette évolution. Nous pouvons déterminer notre but et notre finalité.

Redisons le tout de suite, nous pensons ici l'évolution de notre espèce orientée vers l'extase, la béatitude. Cet état correspond au pur ressenti par l'humain de l'essence créatrice. Nous faisons avancer plus outre, sous l'action créatrice, un univers au sein duquel dieu vient se poser pour reprendre les mots de Teilhard de Chardin.

La difficulté de penser une destinée

La pensée contemporaine occidentale a du mal à accepter l'idée de destinée. Elle l'accole au fatalisme, à la destruction des notions de volonté et de liberté.

Certains pensent : si l'humanité suit une destiné déterminé, à quoi bon agir ?
Et si l'humanité cessait d'agir, comment pourrait-elle dépasser sa condition actuelle pour atteindre sa perfection béate et universelle qui semble être sa destiné ?

 

L'homme est condamné à agir

L'humanité effectivement, ne peut évoluer sans intervention humaine

bucephaleEvidemment, pour agir, l'humanité à besoin des concepts de volonté et de liberté. Elle à également besoin de cette période ponctuelle d'orgueil, dans laquelle l'homme s'imagine tout puissant et unique créateur de son destin. Mais ce sont des leurres, de simples illusions (nécessaires et inclus dans la destiné).

La volonté est inscrite dans la conformation physiologique et psychique de l'homme constructeur (dont nous faisons partie). Elle est un des instruments indispensables de l'évolution humaine (même si elle est plus proche de la poussée aveugle dont parle Schopenhauer que d'une conception volontariste de l'histoire).

La volonté de l'homme est à l'origine de l'humanité telle qu'elle est devenue. Ce sera une puissance aveugle jusqu'à ce que l'humanité comprenne le sens réel de ce qu'elle construit. Elle est aveugle mais pas absurde dans la mesure ou cette puissance dirige la société humaine dans une direction bien précise.
En ce sens, notre volonté obéit à des exigences extra-humaines, inclues dans la montée globale du vivant vers un esprit supérieur.

L'énergie humaine demande à s'exprimer

Le vivant comme premier donneur d'ordre

Dés le réveil, l'homme est animé d'une sorte d'énergie qu'il doit épuiser. Ses actions et ses réflexions répondent au besoin vital de construire, de lutter contre les dangers, de résoudre les questionnements etc.

Il existe en nous une tendance naturelle à l'activité, un besoin d'agir déjà présent chez l'enfant. Nous ne pouvons rester oisif longtemps. Nous ne tenons pas en place. Nous cherchons en permanence à nous occuper. L'inaction est insoutenable pour nos esprits inquiets.

Une partie de l'inquiétude naît de l'inconnu. Elle nous oblige à agir et à chercher des réponses. Ces réponses éclairent peu à peu certains pan de cet inconnu, découvre un à un les secrets (tout se tient).

Non seulement l'homme constructeur est voué à agir pour construire, mais la diversité des caractères humains, l'interdépendance, et la propension au bien, oriente la somme de ces actions vers la perfection béate dont nous parlons.


Travailler pour un futur inconnu

Nous sommes tous des altruistes !

Ce chemin, nous l'allons parcourir ensemble Edmund Husserl

Mais pour quelle raison devrions nous construire une sorte de paradis terrestre destiné à un futur relativement lointain ?

Pourquoi élaborer une chose pour des humains dont nous ne savons rien ? Pourquoi élaborer un monde dont nous ne profiterons pas ?
Autrement dit pourquoi devoir nous opposer aux concepts nihilistes du genre : «après moi le déluge» ?

Au delà de la nature irrésistiblement positiviste de l'humanité, au delà du principe de responsabilité a l'égard de nos descendants, au delà même de notre propension naturelle à nous sacrifier pour la famille, le groupe, le pays, la communauté (et donc finalement pour l'espèce), un autre mécanisme pousse instinctivement l'homme à vouloir pour ses enfants mieux que pour lui-même.

Si l'on étend ce "lui-même" à l'ensemble universel des parents présents, et "ses enfants" à l'ensemble universel des parents futurs alors nous pouvons dire : l'ensemble des parents présents, travaille instinctivement pour offrir à l'ensemble des parents futurs, une vie supérieure à celle des parents présents.

Autrement dit le présent travaille instinctivement pour fabriquer un futur supérieur au présent.

 

Irrésistible destinée

Du moteur pulsion, au moteur conscience

Même sans le savoir on y va, alors en le sachant !

Jusqu'a présent, la puissance des pulsions, des passions, des désirs motivent l'action humaine.
Ce mécanisme (malgré l'antagonisme, les périodes de chaos, d'incertitude, de menace, et le désordre apparent qu'il inclus), à propulsé le primate que nous étions, jusqu'à l'homme que nous sommes ... et c'est déjà énorme.

L'organisation de l'humanité oblige l'homme à agir dans un sens bien précis.
Il lui faut améliorer son espèce en permanence et la rendre de plus en plus consciente.
Ce mécanisme impérieux entraîne donc irrésistiblement l'homme vers un futur ou la raison prendra le pouvoir sur les pulsions.
Une fois ce point atteint, la conscience prendra alors en charge la marche de l'humanité.

La représentation de l'homme comme sujet autonome et capable de maîtriser son destin, est une illusion.

Une illusion nécessaire car même lorsque l'homme maîtrisera consciemment sa destinée, ce sera encore sa destinée.

 

La création et la vie est une obligation

poesie, destinée, oeuvre sur papier de jean marc tonizzoAprès des milliards d'années d'expansion et d'évolution de l'univers, la terre est apparue, puis le vivant et enfin l'humanité.

L'humanité est née d'une quantité de possible (comme la spermie) suffisante pour mener à bien une telle aventure. Un jour la science probabiliste démontrera que cette quantité de possible (les milliards de planètes), exclus tout échec dans l'apparition de l'humanité. Ce jour là, le concept d'une destiné déterministe sera prouvé.

En tout cas, une fois qu'une chose est née, il n'existe pas la version inverse (elle n'est pas née).
Autrement dit l'humanité ne pouvais pas ne pas exister.

  1. Si le vivant se caractérise par la montée progressive vers un psychisme supérieur, la sélection naturelle (dont parle le modèle réductionniste), peut être considéré comme : la mécanique du vivant pour atteindre sa destiné.
  2. Si depuis la naissance du vivant, cette montée ne s'est jamais démentie, et si le psychisme humain est voué à atteindre un état de perfection psychique (béatitude, nirvana etc) coïncidant avec toutes les pré-visions religieuses, alors nous pourrions en conclure que le vivant est issu et régit par une destinée émise par une essence en rapport avec cette finalité spirituelle.

Les tragédies antiques (notamment celle d'Eschyle et d'Oedipe rois de Sophocle) exprime une croyance fondamentale en un fatum qui régit toutes les actions humaines, et l'on peut dire que tout le problème de la vie humaine et de se réconcilier avec son destin (amor fati). De faire de son destin sa destination propre : Œdipe aveugle retrouvent la sérénité intérieure quand il reconnaît que tout est bien et que l'ordre des choses s'est accompli. Car le véritable bonheur de l'homme est de pouvoir se réaliser à l'occasion des événements qui lui arrivent : d'exploiter tous les événements dans le sens de sa volonté, et de reconnaître dans ce qui lui arrivent le signe de sa destinée. Larousse de la philosophie Didier Julia

Page réalisée en 2001

 

 

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Maurice Maeterlinck

Si vous aimez, ce n'est pas cet amour qui fait partie de votre destinée ; c'est la conscience de vous-même que vous aurez trouvée au fond de cet amour qui modifiera votre vie. Maurice Maeterlinck

 

emmanuel kant

Les choses humaines semblent suivre un cours déraisonnable, mais elles sont conformes à un plan déterminé de la nature

Kant

 

 

jean marc tonizzo

L’intuition, les expériences de la vie quotidienne et les limites de notre esprit, envoie à l'être humain l'idée qu'il dispose d'une certaine liberté, d'un certain libre arbitre et qu'il y a du hasard et de le l'indéterminé dans monde. Même si ma conviction et ma réflexion me conduise à envisager au contraire qu'il n'y a pas de liberté réelle et que tout est soumis à un déterminisme absolu, mon comportement et ma réflexion en dehors des moments où j'analyse consciencieusement cette question du déterminisme, sont ceux d'un homme qui croit à la liberté, au hasard, et au libre arbitre.
Et ainsi, dans un monde entièrement soumis à la loi d'un déterminisme absolu, l'esprit de l'homme constructeur est constitué pour croire à la liberté au hasard et au libre arbitre.

jmt

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Mise à jour le 17/03/2010 - Paris
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