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Réalité de la destinée

Choix et illusion de choix de destination chez l'homme

koopmanToute évolution va d'un état à un autre état.

A partir du moment ou une espèce vivante est dite en évolution, elle obéit à un développement progressif.

Lorsqu'une espèce en évolution atteint un état indépassable et s'y maintient, nous pouvons considérer cet état comme étant une destination.

L'évolution du vivant vers la perfection

Paroxysme et extinction sont deux sortes de destinations

Le vivant peut être distingué en trois catégories :

a/ Le vivant lui-même, c'est-à-dire l'écosystème. Il se caractérise par la montée progressive vers un psychisme supérieur.

b/ l'espèce ensuite, dont les frontières semblent impossibles à définir. Sa caractéristique et de chercher à atteindre sa perfection adaptatrice pour s'y maintenir.

c/ L'individu enfin, relativement délimités entre sa naissance et son extinction. Il cherche comme l'espèce à atteindre durant sa vie la perfection et à s'y maintenir en luttant contre l'extinction.

Lorsqu'une espèce ou un individu atteint un type de perfection indépassable et se maintient dans cet état, nous pouvons nommer ce summum : perfection aboutie.

Par exemple, les ailes de la pie sont le résultat de la transformation progressive des pattes d'un reptile et elles semblent avoir atteint des proportions idéales pour leur vocation. Nous pouvons ainsi considéré qu'elles sont arrivées à destination et qualifier cette destination de perfection aboutie.

Tout être vivant fini par l'extinction.

Nous pouvons donc envisager l'extinction comme étant une destinations et qualifier celle-ci de finale ou intermédiaire (pour l'athée il s'agit d'une destination finale, mais pour le croyant d'une destination intermédiaire).

Conséquence : la perfection aboutie tout comme l'extinction, peuvent être considéré comme étant deux destinations.

Dans le système vivant (hormis le vivant lui-même qui ne connaît pas jusqu'a présent l'extinction), deux types de destinations sont donc remarquables : la perfection et l'extinction.

 

Les destinées de l'homme

Conscience et inconscience de la destinée

ceramique, jean marc tonizzoNous retrouvons évidemment ces deux types de destination à l'échelle de l'homme

Se perfectionner est la destinée de tout être humain (même s'il s'agit de se perfectionner dans le négatives comme pour le cambrioleur par exemple)

L 'extinction est une autre de nos destinées.

Le sujet peut connaître ou ignorer ces 2 destinations : par exemple, le bébé ignore qu'il est destiné à devenir un adulte, pourtant il s'y dirige irrépressiblement

Si le sujet ignore sa destination et s'y dirige malgré tout, cela signifie que la puissance motrice de cette destinée n'appartient pas à la volonté humaine mais à la nature même du vivant.

Lorsqu'un être humain cherche à atteindre consciemment une perfection particulière (par exemple la perfection du corps ou la perfection artistique), il peut imaginer globalement cette perfection sans savoir s'il y parviendra et ce que sera réellement cette destination.

Donc, si le choix de la destination semble appartenir au sujet, la réalité de la destination ne lui appartient pas.

Le choix est un leurre nécessaire pour l'humain

Essayons de voir à présent si le choix de la destination appartient réellement au sujet.

Prenons un exemple

Deux personne un body bulder et un ascète vise chacune d'entre-elle à atteindre une certaine forme de perfection (physique pour le body bulder et spirituelle pour l'ascète).

Ce qui à motivé le choix particulier des 2 hommes, c'est l'ensemble de leur historique (enfance, éducation, zone géographique etc.), et les valeurs du moment proposées par la société (le libéralisme matérialiste initie peu de vocation ascétique et beaucoup de body bulder).

A cela s'ajoute les dispositions psychiques et physiques (l'ascèse comme la salle de muscu, nécessitent certaines dispositions sans cela c'est l'échec), ce qui restreint encore le libre choix .

Rien ne pouvait empêcher que nous soyons ce que nous sommes

Quand bien même l'individu s'opposerait à ce vers quoi tout le prédestine dans le but de prouver le libre arbitre, cet esprit de contradiction dépend lui-même de l'ensemble historique de la personne (certains en sont dotés, d'autres non).

Quoi qu'il en soit, dans les deux cas, qu'il accepte, ou qu'il contrarie son choix, l'homme ne sera pas maître de la réussite de son projet ni de la conformité de celui-ci avec l'imagination qu'il en avait.

Et enfin , nous devons aussi tenir compte de l'influence des pulsions, des désirs, des passions, sur l'acte accompli, et ces puissances dépassent le libre arbitre.

L'homme n'est donc pas maître de sa destination. Pourtant, quoi qu'il fasse, il est voué à une destination (peu importe les choix, l'homme arrive toujours quelque part, quoi qu'il fasse).

 

L'illusion nécessaire du choix

La liberté est dans l'extase

Quel choix si je ne peux essayer chaque alternative ?

illusionPour pouvoir faire un véritable choix entre deux alternatives concernant le futur, il faudrait connaître avec précision l'ensemble des événements composant chacune des 2 alternatives (j'hésite pour aller à Vladivostok, voiture ou en train ? J'ignore tout de ce que chaque circuit me réserve).

L'homme n'a ni le don d'ubiquité (pour expérimenter les deux itinéraires et faire un choix réel), ni la maîtrise des aléas futurs. Ses choix concernant son avenir, sont donc une illusion. Les certitudes sont donc tout au mieux des espérances.

C'est la même chose à propos des choix concernant l'immédiat ( boire ou ne pas boire une bière par exemple). Étant entièrement conditionnés par notre passé, par les valeurs du moment, par notre organisme et par nos pulsions, ces pseudos choix, ne sont, eux-aussi, qu'une illusion.

L'extase fait de l'homme un maître

La seule façon d'être le véritable patron de notre choix, serait de n'être influencé ni par le passé, ni par le futur, ni par les tendances ni par les morales, ni par les valeurs du moment.

Cet état supérieur existe, c'est la contemplation passive, le pur ressenti de l'instant présent autrement dit l'état de béatitude.

Seulement, dans cet état, l'être se laisse entièrement guidé par son énergie interne, son élan vital, et donc il n'y a plus, ni de choix illusoire, ni de choix véritable.

L'homme constructeur, privé de liberté

L'humanité n'ayant pas atteint son indépassable perfection, elle à besoin de l'activité humaine.

Et pour pouvoir construire, l'homme à besoin de toutes ses tendances (désir, pulsions, projection référence au passé etc), de l'illusion du choix et de l'illusion d'être maître de sa destiné.

l'homme est l'outil de quelque chose de plus vaste

Puisque l'homme n'a pas le choix et qu'il est pourtant attiré vers des destinations (viser sa perfection, évoluer vers son extinction etc) c'est qu'il est inclus dans une destiné.

Le hasard, n'est donc que la représentation de notre incapacité actuelle et momentanée, à calculer le déterminisme dissimulé derrière chaque acte injustement accordé à l'indéterminé.

Ainsi, si aujourd'hui il nous est encore impossible de prouver de manière incontournable l'évolution irrésistible de l'humanité vers l'extase, il est probable que le développement du calcul de probabilité, le permettra un jour.

 

Pour résumer

L'homme constructeur à l'illusion d'avoir le choix de ses actes. Il croit diriger les événements de l'existence alors qu'il en est l'instrument.

Cette illusion est nécessaire pour développer le progrès de l'humanité. Mais en réalité l'homme, comme l'humanité, est soumis à une destiné inscrite dans la nature du vivant.
Cela ne fait pas du vivant le créateur de cette destiné (sinon la puissance du vivant serait supérieur à celle de l'univers et c'est impossible puisque la vie est une composante de l'évolution de l'univers).
Le vivant est porteur de la destinée humaine mais le créateur de cette destinée se situe en deçà du vivant (et en deçà aussi de l'univers).

Et ainsi, le seul moyen pour l'homme constructeur d'être libre, serait d'accepter une sorte de fatalisme éclairé et actif. Autrement dit, de comprendre le but de la création et la finalité réelle des actions humaines. Comprendre la perfection pour laquelle l'homme est fait. Tendre vers cette perfection. La réaliser de façon consciente et accepter tout les obstacles a cette réalisation y compris l'extinction (tout en s'en préservant le mieux possible).

La liberté, la sagesse, et la maîtrise de la destiné, exige donc d'aller dans le sens de la nature comme le préconisait le stoïcisme et l'épicurisme.

 

Dans le sens de la logique universelle

Nous allons vers le temps de l'évolution consciente

Nous n'avons pas encore abordé l'ère de l'homme sage.

contingence, oeuvre sur papier. Jean Marc TonizzoL'entrée de l'humanité dans la sagesse débutera avec la prise de conscience par l'homme, de sa destiné. Elle s'épanouira avec la soumission et l'agrément de l'humain à celle-ci.

Partant de là, il est aisé de penser que le destin de l'humanité est l'expression d'une sagesse supérieure à la nôtre et encore indéchiffrée.

Le monde a été organisé de telle façon qu'il existe une harmonie préétablie entre un événement à venir est le signe qui l'annonce (le stoïcisme, Jean Brun).

Dans les chapitres précédents, nous avons vu que l'humanité est orienté vers une destinée : la béatitude.

La sagesse, pour l'homme constructeur, ne consiste pas à viser la perfection finale (la béatitude). Elle repose sur la construction des structures psychiques et physiques de l'humanité. Être sage pour l'homme constructeur, c'est aller dans le sens de la logique de son espèce, et d'offrir idéalement son potentiel particulier à cette fin.

Pour l'homme constructeur il n'est pas naturel de viser les gratifications suprêmes (béatitude, nirvana, extase). Sa vocation étant de construire les structures de l'humanité, il doit viser les récompenses en rapport à l'activité (le repos, les plaisirs, les détentes etc).

En somme, la recherche ascétique est contre nature pour l'homme constructeur. Elle n'est pas à préconiser car elle demande trop de sacrifices à nos constitutions encore très pulsionnelles. Cela ne signifie pas qu'il soit interdit de tenter l'aventure ascétique, au contraire, mais cela ne peut concerner qu'une minorité d'éclaireurs.

La configuration actuelle de nos esprits est logiquement dirigée vers l'action et sa satisfaction (le plaisir) et non pas vers la contemplation et l'extase permanente.

 

L'idéal impossible, l'idéal possible

Ne demandons pas à l'enfant de devenir un sage sans passer par les autres étapes.

Il y a donc une différence entre l'idéal visé par l'homme constructeur et l'idéal vécu par l'humain aboutie.

Prenons une image; Quand un homme construit sa maison, il a les idéaux correspondant (maîtrise parfaite de la technique de construction, maîtrise idéale de son outillage etc.). Une fois sa maison achevée, il prendra le statut de jouisseur. Son idéal sera alors de profiter de sa construction (apprendre à jouir de la vie, à contempler son jardin, à pouvoir profiter de sa demeure).

Nous comprenons alors la dichotomie entre l'idéal préconisé par certaines spiritualités (nirvana, béatitude, pureté, non désir, contemplation etc.), et la capacité réelle de l'homme constructeur à s'y soumettre (mais heureusement, aucune religions n'en fait une obligation).

Cette nécessité de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, semble avoir été très bien perçue entre autre par le judaïsme. En effet pour cette religion le temps messianique viendra après avoir fait ce que nous avons à faire Maimonide, et c'est par des actions concrètes et non pas par l'idéal ascétique que se construit l'humanité et qu'adviendra les temps messianiques ou cesseront l'inimitié, les discordes, la tyrannie et le mal. Pour le Maharal de Prague, l'unité du monde émerge peu à peu et non en une seule fois.
Jusqu'à l'avènement du Messie, le monde ne peut atteindre sa véritable unité car cela serait en contradiction avec la loi fondamentale des choses, à savoir, le développement graduel de chaque chose vers sa perfection et l'unité réalisée.
Pour ce penseur la Rédemption ne résulte pas d'une intervention miraculeuse, d'une puissance supérieure. Elle s'explique par un processus immanent à la nature des choses, processus conduisant inéluctablement vers la réalisation de la perfection.

Les expériences contemplatives et béates du christianisme de l'islam ou du bouddhisme, sont également fondamentales pour l'humanité.

Elles évoquent la finalité de l'esprit futur (les expérimentateurs de l'extase perpétuent la flamme de ce concept).
Cette quête (difficile pour l'homme constructeur) doit rester dans la marginalité car si l'ensemble humain versait dés à présent dans la béatitude et la contemplation, comment l'humanité pourrait-elle achever sa construction technique ? (condition fondamentale pour permettre a l'ensemble humain futur de vivre pleinement sa perfection psychique).

Et nous mesurons là l'intérêt de la diversité religieuse. Chaque religion, chaque spiritualité, porte en elle (de façon métaphorique) une partie de la réponse totale.

 

 

 

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baudelaire

La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable. Il y a eu une modernité pour chaque peintre ancien
Charles Baudelaire

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Mise à jour le 01/08/2010 - Paris
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