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Recits d'un pélerin russe

Philocalie : amour de la beauté

pelerin russeParfois il y avait comme un bouillonnement dans mon coeur et une légèreté, une liberté, une joie si grande, que j'en étais transformé et me sentais en extase. Parfois je sentais un amour ardent pour Jésus-Christ et pour toute la création divine.

Je remarquai que les effets de la prière du coeur apparaissent sous trois formes : dans l'esprit, dans les sens et dans l'intelligence.
Dans l'esprit, par exemple, la douceur de l'amour de Dieu, le calme intérieur, le ravissement de l'esprit, la pureté des pensées, la splendeur de l'idée de Dieu ;
dans les sens, l'agréable chaleur du coeur, la plénitude de douceur dans les membres, le bouillonnement de la joie dans le coeur, la légèreté, la vigueur de la vie, l'insensibilité aux maladies ou aux peines ;

dans l'intelligence, l'illumination de la raison, la compréhension de l'écriture sainte, la connaissance du langage de la création, le détachement des vains soucis, la conscience de la douceur de la vie intérieure, la certitude de la proximité de Dieu et de son amour pour nous.

Ainsi, j'avançais de nouveau sur la route solitaire et je me sentais aussi léger que si une montagne était tombée de mes épaules.
La prière me consolait de plus en plus ; parfois mon coeur bouillonnait d'un amour infini pour Jésus-Christ et de ce merveilleux bouillonnement des ondes bienfaisantes se répandaient dans tout mon être.

J'étais ému et je pleurai de joie, et parfois je sentais dans mon coeur un tel bonheur que je ne sais comment le décrire.

La prière du coeur me rendait si heureux que je ne pensais pas qu'on pût être plus sur terre, et je me demandais comment les délices du royaume des cieux pouvaient être plus grands que cela. Ce bonheur n'illuminait pas seulement l'intérieur de mon âme ; le monde extérieur aussi m'apparaissait sous un aspect ravissant, tous m'appeler à aimer et à louer Dieu ; les hommes, les arbres, les plantes, les bêtes, tous m'était comme familier, et partout je trouvais l'image du nom de Jésus-Christ. Parfois je me sentais si léger que je croyais n'avoir plus de corps et flotter doucement dans l'air ; parfois, je rentrais entièrement en moi-même. Je voyais clairement mon intérieur et j'admirais l'édifice admirable du corps humain ; parfois je sentais une joie aussi grande que si j'étais devenu roi, et au milieu de toutes ces consolations, je souhaitais que Dieu me permit de mourir au plus tôt et de faire déborder ma reconnaissance à ses pieds dans le monde des esprits.

 

 

 

> Stein

 
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Mise à jour le 10/09/2010 - Paris
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