Un amour débordant est un torrent qui sort de son lit pour entrer dans un autre. Pierre Dac
Amour et évolution
L'évolution progressive de la CONSCIENCE, comme nous venons de le voir dans la page précédente, vient d'alimenter un peu plus notre théorie selon laquelle l'humanité évolue vers sa perfection autrement dit vers l'eveil, l'EXTASE.
Nous pouvons accéder à la même conclusion en utilisant comme fil conducteur « la montée progressive de l'expression de L'AMOUR dans le règne vivant ».

La première forme vivante « apparue » il y a quelques 4600 millions d'années nous dit la science, serait une sorte d'ultravirus, d'archéobactérie.
L'ascension phénoménale du vivant, s'est formée semble-t-il, à partir d'une telle « vie initiale ».
Entre cet ultravirus et les espèces dites supérieures auquelles nous appartenons, la vie s'est sophistiquée, diversifiée, enrichie et sur plusieurs niveaux ; biologie, mobilité, échange, expression etc..
L'amour triomphe de tout ; nous aussi cédons à l'amour. Virgile les bucoliquesDans cette démonstration, nous allons nous intéresser plus particulièrement au développement progressif d'un des sentiments les plus importants pour l'homme : « l'AMOUR » et des progrès de son expression au sein de la progression du vivant.
L'évolution du sentiment de l'amour a progressé dans l'humanité comme nous l'enseigne le merveilleux ouvrage de Platon : le banquet.
Partant d'une forme primaire, dans laquelle il se confond avec le besoin irrépressible de se reproduire, l'amour se hisse lentement jusqu'au stade ultime et transcendant, dont parle Socrate et la prêtresse Diotime dans l'oeuvre de Platon.
Cette lente progression de L'EXPRESSION DE L'AMOUR dans l'humanité (à ne pas confondre avec l'amour en tant qu'essence, qui lui n'évolue pas), est également percevable au sein de la lente progression de la vie.
En effet, si nous schématisons l'évolution du vivant ainsi : bactérie, éponge, poisson, reptile, mammifère inférieur et mammifère supérieur, une progression constante des manifestations affectives, semble évident.
Les éponges sont moins expressives que les poissons, les poissons moins que les reptiles, les reptiles moins que les mammifères inférieurs, et les mammifères inférieurs moins que les mammifères supérieurs.)
Par exemple :
De l'œuf éjecté en mer par le mollusque hermaphrodite, à l'œuf enterré chez les reptiles, à l'œuf couvé par l'oiseau, jusqu'au bébé se développant dans le ventre du mammifère, c'est le contact physique entre la mère et sa progéniture qui a évolué vers une plus grande intimité.
De la même manière, de l'écaille à la plume, au poil, à la peau, c'est le contact tactile inter-individus, le toucher, le sensitif qui s'est affiné.
« FAIBLESSE de l'individu humain à l'enfance exceptionnellement longue et qui, même parvenu à l'âge adulte, n'est guère apte à survivre en dehors de la société pensent certains ».
Il s'agit en réalité d'une FORCE, dans la mesure où cette nouvelle « faiblesse » du petit homme face à son environnement, oblige notre espèce, d'une part, a éliminer progressivement l'ensemble des dangers environnants, et d'autre part à développer nos liens affectifs, autrement dit notre capacité d'aimer.
L'attachement familial a lui aussi considérablement évolué au cours des temps.
Sans parler des éponges, chez les poissons ces liens familiaux sont pratiquement inexistants.
Ils commencent à prendre forme chez certains reptiles - serpents, crocodiles - (mais la plupart d'entre eux ne s'occupent pas de leur bébé, autonomes dès la naissance, et les adultes mangent parfois les petits).
Et ils trouvent leur sommet affectif chez les mammifères dits supérieurs.
Chez les hommes, comme chez les baleines, les éléphants où les singes, les liens affectifs demeurent la plupart du temps pendant toute la vie.
Même si les grandes bases de l'affectivité sont déjà en place aux origines de la vie même, (les bactéries, sont capables d'échanges : antagonistes, neutres et commensaux, mais surtout symbiotiques et osmotiques) la capacité à exprimer cette affectivite, cet amour, cette amitie, s'est développée à mesure qu'évoluait le règne du vivant.
Revenons à présent, à ce qui nous occupe dans cette théorie, autrement dit à « l'évolution progressive de l'humanité vers sa perfection ».
Il est évident qu'il y a une grande différence, « qualitativement » parlant, entre l'amour individuel manifesté sous la forme basique du désir sexuel, et l'amour universel exprimé par un abbé Pierre, un Martin Luther King, ou une soeur Teresa.
Pour revenir à l'oeuvre de Platon, il y a une grande différence, entre « l'amour » superficiel et charnel que représentent l'Éros ou « l'Aphrodite vulgaire » décrit par les premiers intervenants du banquet Phèdre et Pausanias, et l'amour du vrai selon Socrate et Diotime qui se concrétise dans la contemplation du Beau en soi, de la beauté divine et éternelle.
En s'appuyant sur « la montée progressive de l'amour », raconté par le philosophe grec et à laquelle nous souscrivons totalement, elle atteindrait son expression maximale avec le sage, le saint, l'eveillé, avec l'amour absolu et indifférencié ressenti et transmis par de véritables éclaireurs tels : bouddha, Sainte Thérèse, ma anandamayi.
Au niveau qualitatif donc, le point le plus haut de l'amour a déjà été atteint par l'homme depuis quelques millénaires.
Seulement, notre espèce n'en a pas fini avec cette évolution de « l'expression de l'amour ».
Celle-ci se prolonge à présent au niveau quantitatif, avec, selon notre philosophie, comme finalité, l'humanité tout entière.
Progressivement, grâce à l'éducation, à la culture, au voyage, aux médias, le cerveau humain devient de plus en plus sensible, de plus en plus souples, de plus en plus tendre. Il perd en rigueur égocentrique, en narcissisme et en rigidité. Ces deux mécanismes conduisent le cerveau à devenir de plus en plus apte à aimer autrui et à l'aimer de façon absolue et non plus communautarisme, chauvine ou partisane. Autrement dit, aimer avec la qualité de la béatitude, de l'extase. (et selon moi, cette forme d'amour supérieur ou toute agressivité est abolie, a déjà été atteint par une espèce comme la baleine).
L'humanité vers l'amour absolu
La capacité à exprimer l'amour, est proportionnelle à la faculté de dominer ses instincts et ses tendances.
Plus une espèce maîtrise ses instincts, plus elle est capable d'exprimer son affection.
Le chien domestique, après des milliers d'années de socialisation, est capable d'affection spontanée envers l'homme. Ce n'est pas le cas du loup, ni du dingo, chien domestique revenu à la vie sauvage, et réhabituer au qui-vive et à la prédation (la quantité d'amour et la même chez tous les êtres vivants, la différence se situe au niveau de la capacité à l'exprimer).
Aujourd'hui, la maîtrise ou la non maîtrise des pulsions et des tendances humaines, est essentiellement relatives aux valeurs de la societe et aux systemes de l'education.
D'ailleurs l'exemple du dingo devrait nous faire réfléchir sur l'influence des valeurs actuelles fournies par le marché à la société humaine, pour évoluer.
Quand un système mondial, pensant stimuler la créativité de l'humanité, démoli les protections sociales et morales, pour installer à la place un système de précarité, d'égoïsme et de compétition à outrance - il oblige l'humanité à réinvestir des comportements anciens, d'agressivité, de sauvagerie, de crainte, de qui-vive, et d'insociabilité.
Le social, l'éducation, l'entraide, la morale humaine, la culture sont des notions précieuses à protéger et à faire évoluer sous peine de retour à l'ordre sauvage.
Globalement, et malgré quelques ponctuels retours en arrière à travers lesquels se règle l'humanité, la forme de notre évolution fait constamment régressée l'expression des instincts, des pulsions des tendances au profit de l'expression de l'amour.
Civilisation et culture, expliquait Thomas Mann, sont des contraires. Ils constituent l'une des diverses manifestations de l'éternelle contrariété cosmique et du jeu opposé de l'Esprit et de la nature. Personne ne contestera que le Mexique, au temps de sa découverte, possédait une culture, mais personne ne prétendra qu'il était alors civilisé. La culture n'est assurément pas l'opposé de la barbarie. Bien souvent, elle n'est au contraire qu'une sauvagerie d'un grand style - et parmi les peuples de l'Antiquité, les seuls, peut-être, qui fussent civilisés étaient les Chinois. La culture est fermeture, style, forme, attitude, goût, elle est une certaine organisation du monde, et peu importe que tout cela puisse être aventureux, bouffon, sauvage, sanglant et terrifiant. La culture peut inclure des oracles, la magie, la pédérastie, des sacrifices humains, des cultes orgiastiques, l'inquisition, des autodafés, des danses rituelles, de la sorcellerie, et toute espèce de cruauté. La civilisation, de son côté, est raison, lumière, douceur, décence, scepticisme, détente, Esprit (Geist). Oui, l'Esprit est civil, bourgeois : il est l'ennemi juré des pulsions, des passions, il est antidémoniaque, antihéroïque - et ce n'est qu'un semblant de paradoxe de dire qu'il est aussi antigénial.
De manière globale, les différentes formes d'expression de l'amour inter-individus, ont sans cesse évoluées au cours des âges.
L'amour entre homme et femme, l'amour de soi (autre que le narcissime), l'amour d'autrui, l'amour maternel et paternel, l'amour inter-communautés, le respect d'autrui, l'amitié, la tendresse, l'altruisme, la compassion ... se sont développées en profondeur, et en sensibilité.
L'amour entre êtres humains obéit de moins en moins à des exigences et de plus en plus à la conscience.
Proportionnellement à la poussée démographique, la violence humaine régresse et l'expression de l'amour monte en puissance.
En occident par exemple, la sanction pénale est passée de la torture systématique, aux circonstances atténuantes. La peine de mort pour des futilités - vol d'un plat en argent par exemple au Moyen Âge - s'est transformé la plupart du temps en sanctions rééducatives. Et l'esclavage qui fut légal et naturel est à présent interdit dans la plupart des pays.
Si de la bactérie à l'éponge, au poisson, au reptile, au mammifère, jusqu'à l'homme, il y a évolution progressive des moyens d'expression de l'amour, et si l'expression de l'amour, lorsqu'il atteint son absolu (la béatitude), ne sert plus à rien d'autre qu'à lui-même, c'est donc que le vivant (et à travers lui, l'humanité) a un but : conduire cette expression de l'amour jusqu'a sa perfection.
Si émaner son amour sous la forme de l'extase, du nirvana de la béatitude, ne sert à rien d'autre qu'à lui-même (à l'opposé de l'intelligence par exemple), la valeur fondamentale de « la montée progressive vers un psychisme supérieur », est forcément « l'amour ».
Donc, la montée progressive vers un psychisme supérieur est en réalité :
La montée progressive de l'esprit vers sa plus pure expression : l'amour.
Religion : relier l'homme à Dieu. Par conséquent, l'amour serait la valeur fondamentale de la vie et le seul véritable barème pour mesurer l'évolution.
Toutes les autres valeurs (corps, intelligence, science, langage, technique, systèmes, conscience, connaissance, art, philosophie) lui sont subordonnées.
C'est également le cas de la valeur : RELIGION.
Toutes les grandes spiritualités en arrivent à la conclusion selon laquelle le « principe créateur » est amour.
Les religions ne sont donc pas la valeur suprême à vénérer. Elles font simplement parti des véhicules capables de nous amener aux pieds de cette valeur souveraine qu'est « l'amour absolu ».
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