Originellement nous ne pensons que pour agir. C'est dans le moule de l'action que notre intelligence a été coulée. La spéculation est un luxe, tandis que l'action est une nécessité. Henri Bergson,l'évolution créatrice.
Certains progrès concernent notre adaptation au milieu.
C'est le cas du développement de la réflexion, de la mémoire, de l'intelligence, de la raison, etc..
D'autres engagent les relations humaines. C'est le cas des progrès de l'amitié, de l'amour maternel, paternel, sensuel, spirituel, etc.
D'autres encore, sont relatifs à la culture et à la société, comme par exemple l'esprit artistique, la découverte de la démocratie, les protections sociales.
D'autres progrès enfin, concernent le scientifique ou le spirituel.
Selon notre philosophie, cette évolution affective, sociale, technique et culturelle, suit une sorte de courbe ascendante. Une grimpette
continue, exponentielle et déchiffrable. Autrement dit : « l'humanité est vouée à atteindre sa perfection ». Et la science, selon nous, parviendra un jour à observer, à analyser et à démontrer, cette évolution.
La téléologie est l'avenir
Aujourd'hui, l'étude téléologique (autrement dit « la recherche du but et du sens de l'humanité »), reste tout à fait marginale.
Les milieux scientifiques semblent encore se désintéresser de cette question.
Nos instruments de calcul et la quantité de nos connaissances sont sans doutes encore trop faibles pour démontrer la présence d'un sens de l'histoire et pour l'authentifier scientifiquement.
Mais notre humanité développe et accumule ses connaissances. Elle multiplie sans cesse la puissance de ses instruments de calcul.
Nous pouvons ainsi espérer qu'un jour, nos descendants pourront modéliser le futur. Ils sauront éclairer la finalité préétablie de notre évolution (autrement dit le but vers lesquels tend notre espèce).
Mais ne nous leurrons pas. Seul un puissant groupe de travail réunissant des chercheurs et des penseurs de toute disciplines (philosophie, physique, mathématique, psychologie, théologie, biologie, sciences politiques), et de toutes cultures (hindouisme, judaïsme, christianisme, bouddhisme, panthéisme, athéisme) pourront apporter le crédit nécessaire pour développer cette intuition.
Le but ultime des évolutions
Avant de nous plonger à proprement parler dans l'improvisation de l'humanité parfaite, nous allons récapituler les grands chantiers vers lesquels convergent l'ensemble des activités humaines.
Le but ultime du droit, de la technique, de la science ou de l'art, n'est pas le droit, la technique, la science ou l'art.
C'est "le bien être de l'homme", son bonheur (bonheur au sens où l'entend Aristote, autrement dit la contemplation). L'accession de l'homme à la jouissance ultime et transcendantale.
Chacune des trois grandes perfections techniques visées par l'humanité (maîtrise du comportement, de l'environnement, du questionnement), ont pour vocation d'améliorer le bien-être de l'homme, son ressenti.
Tout progrès humain à pour ultime finalité, l'éprouvé intime de l'être humain, son bonheur absolu, son souverain bien.
En somme, l'ensemble des progrès humains (social, technique, science, confort ...), sont destinées à notre intériorité.
Autrement dit, tous les progrès techniques, sociaux et intellectuels développés par l'humanité, sont destinés à améliorer la qualité du ressenti psychique humain.
Ainsi, quand tous ces progrès matériels auront atteint leur perfection, notre espèce aura également atteint sa perfection sensitive : autrement dit l'extase ...