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  • l'humanité

Élitisme et démocratie

Le VIP ou soeur Teresa

Soirée VIP, affiche, vol IIL'élite élitiste et l'élite humaniste

L'élite c'est la canaille.. Henry Becque

L'humanité est toujours en marche. L’élite intellectuelle est son avant-garde, ses pionniers. Elle fraie les chemins, par où l'humanité tout entière, ensuite, passera. Il est donc faux de représenter cette élite comme séparée de la masse humaine, parce qu'elle la devance. Et il serait d'un mauvais chef de peuples de vouloir obliger son avant-garde à marcher dans le gros de l'armée. Romain Rolland

L'élitisme; attitude consistant à favoriser l'accession des personnes jugées comme étant les meilleures et à dévaloriser le reste de la population, nous dit wikipédia. Cette définition montre bien les deux faces de cet état d'esprit. Il est positif quand il permet de hisser les meilleurs d'entre nous aux postes correspondants. Il est négatif quand il profite de sa situation pour mépriser le reste des citoyens. Pour l'histoire de l'humanité, l'élitisme est un progrès. Il a d'abord permis à la bourgeoisie d'accéder à des responsabilités réservées jusqu'alors à la noblesse. Puis il a permis au peuple tout entier d'accéder aussi aux plus hautes fonctions. Quand il est juste et accorde à tous la même chance, il est alors facteur de progrès. Quand il hisse les meilleurs de chaque corporation, au sommet des hiérarchies*, il est positif pour l'humanité.

* hiérarchies sociales, intellectuelles, politiques, artistiques, scientifiques, ou techniques,

Mais évidement la plupart des systèmes sont sensibles à l'usure du pouvoir. Avec le temps, les vieux stéréotypes se mettent en place. Le népotisme, le favoritisme, la partialité, le copinage, finissent par scléroser les systèmes*.

*Le sujet me semble-t-il a abondamment été étudié par des esprits tels que celui de Pierre Bourdieu ou de Serge Halimi.

Évolution de l'élitisme vers le péjoratif

L'élite intellectuelle, comme l'écrit Romain Rolland, est l'avant garde de l'humanité. Elle trace effectivement le chemin des hommes à travers ce qui pourrait s'apparenter à un épais brouillard. Mais il y a l'élite selon Romain Rolland et l'élite selon Henry Becque. Il y a l'élite consciente de son rôle universel, et l'élite myope et thésaurisante, écrasée par son égocentrisme. Il y a l'élite pour qui la vérité et la justice sont au dessus de tout. Et l'élite plaçant la vénalité ou le clientélisme dans ses premières recherches. Il y a l'élite sévère envers les « puissants  » et pédagogique envers le peuple. Et l'élite élitiste déconnectée des réalités de l'humanité dont elle à la charge.

Les deux élites

Le VIP et le héros

high-society, Louis Amstrong, Franck Sinatra, Bing Cosby, Fred WaringLes justes, les saints, les célébrités

« L'amour de la gloire mène au discrédit, l'amour du plaisir à la douleur, la mollesse à l'effort, le goût de la domination à la défaite  » Plutarque.

Élitisme : système favorisant et protégeant l'élite au détriment des autres membres de la communauté.

Le comportement élitiste peut être séparé en deux formes :

  • Bienveillant, lorsque les êtres s'en réclamant, mettent leurs différences de potentiels au service du plus grand nombre.
  • Malveillant, lorsqu'il sert de prétexte à une minorité prédatrice pour s'accaparer l'ensemble des privilèges. Malveillant lorsqu'il vise à placer sous esclavage une partie du peuple ou à le dévaloriser.

C'est ce dernier comportement que nous allons traiter ici. On parlera alors d'élitisme discriminant ou d'élitisme primaire.

La critique est saine

Évidemment, séparer le monde en : élite et peuple, ramène à de vieux codes qu'il serait préférable de dépasser. Mais c'est encore le seul moyen d'étudier efficacement les mauvaises conduites de l'élite discriminante. Cette élite est incapable de se remettre en question. A la moindre critique, elle brandit des éventails (comme le populisme) pour faire taire et oublier ses mauvaises conduites. Oublier les indécentes disproportions des conditions de vie et l'apparition de nouvelles ségrégations. C'est pourquoi il me semble intéressant de réutiliser les vieux stéréotypes pour s'opposer clairement à cette manipulation.

L'homme a besoin de héros auxquels s'identifier.

Depuis la naissance des grandes civilisations, l'humanité se choisit des héros pour lui servir d'horizon. Le caractère de ces modèles choisit par une société, correspond à la hauteur de conscience de cette société. Les dieux et les héros de la Grèce archaïque (Hercule, Zeus) étaient courageux et téméraires. Mais ils étaient également insouciants, avides, roublards, menteurs, violents et bien souvent sans pitié.

Les héros du marché

Depuis quelques décennies, c'est la télévision qui crée la majorité des nouveaux héros. Ils sont choisit parmi des célébrités liées au marché. Avant les années 80, le peuple élisait sans contrainte l'image du héros qu'il préférait. D'année en année, l'Abbé Pierre, Gandhi, soeur Emmanuelle ou soeur Therésa, remportaient les suffrages. Ce choix collait avec la véritable hauteur de conscience de la société.

Le peuple admirait à travers ces icônes, les qualités de cœur, l'universalisme la fraternité, la bonté, la générosité, l'altruisme, l'oecuménisme, le don de soi, bref, les valeurs enseignées depuis plus de 2500 ans. A la chute du communisme, le marché « s'est offert » entre autre, la télé. L'image du héros altruiste et spirituel ne rapportant rien, elle s'est trouvée écartée, tournée en ridicule, ou contestée. Le système marchand a tout simplement repoussé les valeurs d'abnégation et de dévouement, au profit de symboles plus rentables. Pour le télé-public, le choix des nouveaux héros s'est restreint au monde de l'argent ; footballeurs, chanteurs, industriels, marchands, hommes politiques, comiques.

Mère Teresa, Abbé Pierre

soeur Emmanuelle,

mere teresa et dianaColuche, Zidane..

Naturellement le peuple a continué d'élire au sein de ces nouvelles icônes proposées, les plus universelles, les plus éthiques et les plus généreuses. C'est pourquoi Coluche ou Zidane l'emportent encore sur Bernard Tapie ou Paul loup Sulitzer.

Mais l'altruisme, le don total de soi, qu'incarnaient les modèles précédents, a totalement été écartée par le système marchand. Zidane est actuellement l'homme le plus apprécié des Français. Il incarne effectivement une certaine forme de générosité, de bonté, de partage. Mais cela n'a plus rien à voir avec l'engagement de toute une vie au service des autres (Soeur Emmanuelle etc.). Protéger sa famille dont parle Zidane au sens clanique du terme dans sa dernière publicité, n'a rien à voir avec la protection de la « famille universelle des pauvres » dans l'esprit de l'Abbé Pierre de Soeur Emmanuelle ou soeur Therésa.

Une réflexion s'implose

Nous devons réfléchir me semble-t-il, à la dégradation des icônes. Une dégradation cultivée (instinctivement) par les médias et au bénéfice du marché. L'altruisme et le goût pour l'égalité ont déjà été écartés. Subsiste encore la générosité mais pour combien de temps ? Le marché va-t-il également éteindre cette valeur sublimissime au profit d'un héros égoïste, élitiste discriminant et clanique comme nous en voyons tous les jours occuper les écrans de télé ? Et pour quels résultats à l'échelle de l'humanité ?

Au cours des temps, notre espèce a développé des valeurs supérieures desquelles émerge l'élitisme bienveillant. Cet élitisme existe encore, il est simplement occulté par les médias. Chaque jour des bénévoles, des journalistes intègres, des résistants de toutes sortes, offrent leur vie pour la liberté des opprimés. Pour la vérité, pour l'égalité et la fraternité, et dans le plus grand silence médiatique.

Si l'on suit la logique de l'évolution humaine, l'élitisme discriminant devrait être en régression. Depuis 30 ans ce n'est plus le cas. Au contraire, cet élitisme est en expansion. De nouveaux « maîtres » de plus en plus riches, abusent des peuples. Ils les conduisent en douceurs, vers un nouvel esclavage. Les carrés VIP fleurissent. Les ghettos, qu'ils soient pour riches ou pour pauvres aussi.. C'est ce retour en arrière qui doit être analysé puis contesté.

Page datant de 2000



la discrimination

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Thomas Hobbes, philosophe anglais

Quant aux facultés de l'esprit, j'y trouve, entre les hommes, une égalité plus parfait encore que leur égalité de force. Ce qui risque peut-être d'empêcher de croire à une telle égalité, c'est seulement la vaine conception que chacun se fait de sa propre sagesse, presque tous pensant en être doté à un plus haut point que le vulgaire, entendez par là ; que tous les autres hommes, à l'exception d'eux même et d'un petit nombre d'autres auxquelles ils accordent leur approbation à cause de leur renommée ou parce qu'il y a convergence de vues entre les vues de ces hommes et les leurs. Hobbes, Le Leviatan

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