Egalité + liberté = fraternité
L'élitisme abusant du marché à détruit le concept d'égalité.
En quelques décennies, le marché est
parvenu à imposer
planétairement une nouvelle sorte de despotisme et ses pulsions comme exemple
à suivre. Il ne l'a pas fait par la force, mais par son offensivité
naturelle et son pouvoir séducteur.
C'est deux qualités
agressives, lui ont permis de neutraliser les groupes susceptibles
de le critiquer et de le re cadrer (syndicats, médias, penseurs, systèmes
politiques et juridiques).
D'autre part, le rayon d'influence du syndicat, du politique et du juridique étant
national, aucune de ces trois forces d'interposition n'ont eu les
moyens de contrer les effets négatifs d'un marché à présent mondialisé.
Ou son les médias ?
Dans un système démocratique en train
de se mondialiser, les seules forces capables de contenir les excès
du marché, ce sont les médias de grande influence.
En effet, seuls les télévisions jouissent de l'envergure suffisante pour agir sur les forces
décisives de l'humanité .. c'est à dire
l'opinion publique. Aujourd'hui, par exemple, seuls les mass médias pourraient permettre aux organisations de consommateurs, de diriger le marché par le boycott.
Pour protéger le monde vulnérable de ses prédateurs,
les journalistes devaient simplement : être justes et incorruptibles comme leur vocation le leur
demandait / offrir des espaces télévisuels aux organisations de consommateur / révéler
énergiquement chaque écart non éthique du
marché / inviter
des penseurs contestataires pour faire face aux penseurs du système / maintenir leur esprit critique en dehors de la raison d'état,
de celle du marché et de toutes les bonnes raisons fournis par
les entreprises pour justifier leurs excès.
En acceptant les points de vues contradictoires, les pouvoirs politiques et les
penseurs libéraux auraient sans doutes pu anticiper les problèmes engendrés par
la cession du média au marché.
Encore une fois « ce qui a été fait devait
l'être ainsi » et notre critique du passé
a simplement pour but d'éclairer un type de mécanismes
et d'enrichir les réflexions à venir.
Mais poursuivons notre analyse.
L'orgueil est sans doute a l'origine de notre aveuglement devant l'incompatibilité prévisible de ces 3 données :
1/ La nature humaine soumise à la pulsion de domination
2/ Le choix
d'un système de compétitions féroces
3/ Une
certaine impunité offerte à ce système mondialisé.
Les conséquences
de ce mélange sont visibles aujourd'hui.
Le système marchand s'est
vassalisé les journalistes influents, qui ont choisi à
leur tour de n'inviter que des "experts" favorables au système
néolibéral ou des penseurs complaisants.
Naturellement, l'homme est enclin au principe de domination et
subordination. Seules l'éducation, la morale, l'éthique
et la loi l'empêchent d'exercer spontanément cette
tendance.
Dans un système de compétition, l'industriel et le
marchand sont condamnés à la réussite .. et à une réussite agressive
pour ne pas se faire dévorer.
Un tel principe est donc naturellement enclin à vouloir éliminer
tous les obstacles qui s'opposent à son succès. La
critique en fait partie.
Offrir à un marché pratiquement libre de toute contrainte,
la gestion de la seule force capable de le maîtriser (les médias), revenait
à lui accorder la toute puissance.
Seulement le marché n'est pas apte à la toute puissance car il ne vise pas le bien de l'humanité
Le commerce actuel manoeuvre le peuple en sollicitant ses pulsions primaires (consommer) et manipule les
journalistes et les intellectuels en stimulant leurs pulsions élitistes
(mais il s'agit d'un mécanisme, non d'une démarche
de manipulation délibéré).
Le marché à offert aux journalistes et aux penseurs
influents de quoi satisfaire leur vénalité, leur orgueil,
leur goût du pouvoir, du luxe, de la célébrité ...
Une fois la critique neutralisé, la porte était ouverte
à toutes les dérives aristocratiques du système
marchand.
Parler simplement du concept d'égalité (concept opposé à l'élitisme ségrégant),
devenait impossible tant ces journalistes-directeurs étaient
captifs de leurs privilèges.
Quant aux penseurs réellement critiques, depuis vingt ans,
leur propos ont tout simplement étaient isolés du
public.
Égalité et liberté
Liberté sans égalité = retour vers l'abus primate
Privés d'égalité, les intellectuels médiatiques
se sont tournés vers les autres valeurs comme la liberté
ou la fraternité.
Seulement, travailler sur la liberté, la
fraternité ou l'universalité
sans s'occuper d'égalité, semble
une aberration.
Comment faire preuve de fraternité dans un monde injuste
et abusant ? Seul le Saint peut le faire.
Comment accéder à la liberté dans un monde
injuste ou les dominants prennent leur liberté
sur celle des dominés ? (seuls les ascètes peuvent
le faire).
Comment accéder à l'universalité, lorsque
des peuples entiers sont victimes d'injustice ? (seuls un peuple
d'ascètes pourrait le faire)
Fraternité, liberté
et universalité sont dépendantes de l'égalité
et non pas l'inverse. Et la
violence contenue ou exprimée par les sociétés,
est directement proportionnelle à la somme des inégalités.
Psychologie : Le double langage rend fou
Valoriser l'élitisme au lieu de valoriser les valeurs humaines,
pose également le problème du double langage dont
la psychologie nous dit qu'il rend fou.
D'un côté l'éducation
nous demande d'être
juste, égalitariste, loyal, fraternel, sensible aux malheur d'autrui ... ,
et de l'autre les valeurs du marché nous conduisent à
écraser nos adversaires pour nous imposer .. il nous contraint de nous
conduire injustement pour arriver à nos fins ....
D'un côté la morale, l'éthique nous enseignent
qu'il faut aimer universellement notre prochain comme nous-mêmes, qu'il faut être
justes envers lui et avoir le sens du partage envers les nécessiteux.
De l'autre, le
système nous pousse à la clanicité, à
l'égoïsme, stimule os désirs de faire fortune au détriment
d'autrui, d'accéder aux espaces élitistes,
et donc de nous isoler du plus grand nombre.
En conclusion, la liberté est une valeur fondamentale pour l'homme, mais elle n'est pas celle du libéralisme, en tout cas être libre libéralement parlant, ne peut se faire sans avoir à l'esprit l'égalité fondamentale humaine.
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