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Histoire et philosophie du libéralisme

Individu, tyrannie, arbitraire et liberté

Jean-Marc Tonizzo. Oeuvres sur carton. À l'origine du cerveau humainS'il paraissait à Hayek si important de dénoncer ce qu'il appelait les « faux libéraux », c'est que leur conception du libéralisme reposerait sur une philosophie à laquelle il a donné le nom de « constructivisme » et qui serait étroitement associée à ce que d'autres ont appelé l'esprit cartésien. Lagueux. Qu'est ce que le néo-libéralisme.

Dans la grande ascension des doctrines économiques et politiques imaginées par l'humanité, l'apparition des idées libérales au cours du XVIIe siècle, constituait un véritable progrès. Face à la tyrannie féodale et aux dérives arbitraires de l'absolutisme monarchique, le concept de liberté individuelle représentait une puissante évolution de la conscience humaine. La force de ce nouvel engouement, allait d'ailleurs progressivement renverser une monarchie décadente et difficile à réformer. La révolution activait alors l'émergence de la nation, des droits de l'homme et de la liberté d'entreprendre. Elle boostait l'essor de la créativité et du progrès.

Les nouveautés du libéralisme

Le libéralisme érige l'individu et la liberté au centre de ses intérêts. Pour lui, l'homme doit être libéré des autorités arbitraires afin d'obéir aux lois votées par l'assemblée et consenties par tous. Il doit également pouvoir exprimer ses opinions et disposer de ses biens comme il l'entend.

Adam SmithA l'inverse du marxisme, le libéralisme pense qu'il est nécessaire de limiter le rôle de l'état. Défendre la propriété privé, protéger les droits et la sécurité de ses citoyens, veiller à ce qu'aucun individu ou groupe n'opprime ses congénères, voilà l'espace où la plupart des libéraux souhaitent cantonner le gouvernement.

Pour le libéralisme, la nation est centrale. Les appartenances ethniques, religieuses, culturels ou politiques, doivent lui être subordonnés. Liberté de la presse, liberté d'adhérer ou non à une religion, épanouissement personnel, esprit d'entreprise, indépendance, font partie de ses grands thèmes. Du point de vue pratique, le libéralisme appelle le capitalisme, c'est-à-dire la volonté d'utiliser le travail humain non plus seulement pour satisfaire les besoins des consommateurs et arriver à la justice sociale, mais également pour créer des profits ... c'est ce désir d'engendrer des profits sans limite, qui conduit à un progrès continu et exponentiel.

La liberté sans l'esclavage

Genèse spirituelle (christianisme, stoïcisme)

Crise : état structurel de l'économie capitaliste libérale. Luc Fayard

Les premiers qui eurent l'idée de concevoir un monde sans esclaves, peuvent être considéré comme les pères spirituels du libéralisme. Sous ce critère, les philosophies cynique et stoïcienne tout comme le christianisme, appartiennent aux fondations de la pensée libérale. Les idées généreuses et égalitaristes des premiers chrétiens, marquent une véritable rupture avec toutes les pensées religieuses précédentes. Cette étincelle a donné lieu au concept d'individu (ontologiquement parlant), à l'homme pris comme une fin en soi.

A peu près à la même époque, ces mêmes idées novatrices et humanistes émergent dans la philosophie.

En 61 : Pétrone affirme que les esclaves sont aussi des hommes.
En 64 : Sénèque proclame l'égalité de tous les hommes, esclaves compris.
En 170 : Marc Aurele ordonne de traiter humainement chrétiens et esclaves dans l'Empire romain.

Suivirent de nombreuses tentatives pour libérer l'homme du joug de l'homme (par exemple en 1533 : le pape Paul III condamne à son tour toute forme d'esclavage présente et à venir).
Il faudra pourtant attendre la révolution française pour qu'un décret de la Convention abolissent l'esclavage dans toutes les colonies.
Après un rétablissement Napoléonien, l'interdiction définitive et planétaire de cette pratique honteuse, verra le jour le 10 décembre 1948. Les 58 États Membres constituant l'Assemblée générale de l'ONU adoptèrent alors la Déclaration universelle des droits de l'homme à Paris au Palais de Chaillot.

L'article 4 stipulait enfin : Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Évidemment, certaines poches d'esclavages persistent encore ici ou là. Évidemment, les esclavagistes modernes sont encore à l'oeuvre. Ils utilisent leur grande perversion pour profiter de main d'oeuvre corvéable à merci (du tiers et du quart monde) tout en restant dans les limites de la loi. Mais pourtant, une rupture s'est définitivement installée entre le monde antique et le monde contemporain.

Genèse théorique John Locke, Adam Smith

Selon Laurence S. Moss « le libéralisme est apparu au XVIIe siècle sous la forme d'une philosophie radicale qui attaquait l'autoritarisme et le paternalisme au sein de la sphère politique, en défendant les droits de l'individu contre les pouvoirs des monarques et des autres dirigeants ».

Elle poursuit : « John Locke parmi d'autres, a mit en question une prétention à l'autorité politique fondée sur la naissance, le statut social, le privilège et le droit divin »

[…] « l'autorité politique devait provenir du consentement des gouverner sinon elle était illégitime »

[…] Les libéraux de la fin du XVIIIe siècle ont ajouté l'idée du règne de la loi, l'idée que l'état dans sa capacité à faire des lois devait édicter des règles générales s'appliquant également à tous les citoyens. […] La substitution du règne des hommes au règne de la loi crée une vie communautaire capricieuse, incertaine et parfois cruelle. […] Un principe de base de la pensée libérale est que l'individu est le juge le meilleur et le plus averti de ses propres intérêts et qu'on peut se fier à lui pour vouer toutes ses énergies et toute sa créativité à la poursuite de ses intérêts.

Les idées libérales commencent à circuler un siècle avant la révolution française. Leur mise en application politique et économique elle, n'a été effective qu'à partir du début du XIXe siècle.

Selon certains spécialistes la première ère libérale s'étendrait de 1815 à 1914.

Histoire des pratiques libérales

le libéralisme contemporain profite aux riches ; et à personne d'autre. G. K Chesterton

Si l'invective de Chesterton est exagéré, elle pointe pourtant du doigt une réalité. Le libéralisme (comme le soutient sa philosophie) profite effectivement aux pauvres. Mais il leur profite à la manière des restes qu'abandonnent aux pourceaux les nantis. Il ne s'agit pas d'une envie consciente d'agir pour le bien de l'homme en général.
L'ensemble humain retire quelques bénéfices du libéralisme par répercussion. Des bénéfices avec toutes les conséquences des évolutions inconscientes.

La profusion d'objet par exemple, améliore le confort du plus grand nombre. Mais le moteur de cette profusion, c'est l'enrichissement personnel des quelques dominants du marché. Tant que le moteur de cette quête restera l'instinct ou la pulsion, l'objet en sera entaché et les hommes en subiront une quantité de conséquences.

Par exemple, pour augmenter ses profits, la pulsion peut dégrader la qualité de l'objet. Du moment qu'elle vend, elle peut négliger les principes de l'écologie. Elle peut viser la dépendance du consommateur. Elle peut fouler au pied tous les principes de la morale et de l'éthique... Nous devons également tenir compte de la dégradation naturelle des choses à mesure de leur avancée dans le temps (l'usure du temps).

Ce principe est valable pour toutes mises en pratique d'idéologies. Nous l'avons constaté avec le capitalisme et avec le communisme. Les systèmes finissent par se corrompre à la longue.

A mon sens, il faut chercher du côté de notre passé animal pour trouver l'origine de la dégradation du libéralisme depuis les années 80. En effet, la tendance à la toute puissance conduit irrésistiblement le groupe dominant à verrouiller (corrompre, dans le cas des démocraties libérales) toutes contestations. A assourdir toutes critiques et à imposer ses vues à l'ensemble.

Les mécanismes de la perversion.

Les mécanisme de la corruption sont simple. Ils sont identiques à ceux pratiqués par un individu pour en asservir un autre.

a/ La terreur, la crainte, la violence, permettent au psychopathe de mettre quelqu'un sous esclavage. Ces même mécanismes permettent à une dictature d'imposer sa domination sur tout un peuple.

b/ La séduction, la perversion, l'humiliation, la dégradation de l'image d'autrui, le stress, l'empêchement de réfléchir à sa condition. La culpabilisation du repos, la stimulation des plaisirs et des pulsions, la demande de vénération... permettent à un pervers narcissique d'aliéner sa victime sans qu'elle ne s'en rende compte. Ce même mécanisme à permit au libéralisme marchand actuel, d'aliéner l'homme sans qu'il ne s'en rende compte.

Irrémédiablement, le libéralisme (comme tous les autres systèmes politiques) évolue vers cette toute puissance. Il a beau avoir débuté son existence avec de bonnes intentions et bien encadré par l'éthique et la législation, il n'a eu de cesse de défoncer ce cadre. D'y faire des brèches pour s'en libérer et filer vers la toute puissance.

2002


positif

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leroux

à un point de vue élevé, les poètes sont ceux qui, d'époque en époque, signalent les maux de l' humanité, de même que les philosophes sont ceux qui s' occupent de sa guérison et de son salut.

Leroux

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