Notons, en particulier, qu'une théorie économique fausse ou un code moral périmé -impossible à appliquer - empêchera la réussite du plan économique le plus soigneusement élaboré. Un individualisme extrême, que ce soit en théorie économique ou en philosophie morale, présente une bonne illustration du phénomène. Bunge
Problématique
Mais alors, en repoussant le libéralisme, ne sera-t-on pas conduit jusqu'au socialisme ? LeducCette brève analyse du système
libéral, débouche sur plusieurs constatations :
a/ En théorie, le libéralisme semble être le meilleur système
économique pour mondialiser.
b/
Seulement, le libéralisme appliqué est loin des promesses
du libéralisme théorique.
c/
Par quelques réformes précises, le libéralisme appliqué
pourrait devenir un excellent système d'évolution.
a/ Le libéralisme comme meilleur système
La démocratie libérale accordait
ainsi à l'individu, au nom de la liberté politique,
de soi-disant garantie contre l'oppression qu'au nom de la
liberté
économique elle lui retirait aussitôt. Th. Molnier Dans la lutte fratricide entre les
deux enfants terribles du contrat social, je veux parler du libéralisme et du communisme, la dernière victoire revient sans conteste
au libéralisme.
Ce système
en effet, s'est définitivement imposé à l'humanité
dans période d'unification.
Malgré
ses outrances, il s'est montré le plus cohérent
pour répondre aux besoins de l'humanité contemporaine.
La victoire du libéralisme sur le communisme au moment même ou l'humanité amorce la grande aventure
de la mondialisation, milite pour la thèse de Stuart Mill à propos
de la main invisible organisatrice de la nature.
a/ L'énergie et l'imagination nécessaire pour
une telle entreprise, appelait inévitablement la notion
de liberté au premier plan
des valeurs exigées.
b/ L'inconscience, la cupidité, l'orgueil,
la démesure, l'égocentrisme,
la témérité ... faisaient également partie des « qualités » nécessaires à la mise en route de la mondialisation.
c/ Pour cela, il fallait donc abandonner ponctuellement la spiritualité dont les valeurs et la morale entre en opposition avec les qualités
requises pour mondialiser (la cupidité,
l'orgueil, l'égocentrisme ... sont des défauts pour les religions).
d/
Pour d'évaluer certaines particularités
nationales incompatibles avec une unification supérieure, la mondialisation devaient également détruire certains respects antérieurs (respect des particularismes,
de l'environnement, des cultures traditionnelles ...). Destructions
violentes et intenses,
extrêmement consommatrices d'énergie. Mais les excès et les
injustices de cette globalisation libérale, disparaîtront à mon
sens quand la
mondialisation aura atteint son allure de croisière.
d/
Même l'assourdissement, l'obnubilation,
l'abêtissement
et l'aliénation engendrés par le libéralisme
dans les esprits par son hyperactivité bruyante, ont été, et
sont encore sans doute, une nécessité compréhensible.
Il s'agissait à mon sens, de submerger les critiques et
les mouvements de résistance capables d'empêcher la
mise en route d'un système mondial (d'où le recul
voulu des syndicats, la négligence par les journalistes
des mouvements de grève, la dépréciation par
les médias des fonctionnariats …).
En observant le monde avec le recul nécessaire, sa logique
d'évolution devient évidente.
Évidents aussi, tous les progrès humains apportés
par le libéralisme depuis deux
siècles.
La condition ouvrière s'est considérablement améliorée en Occident. Ces améliorations,
suivant l'essor des délocalisations, commencent à se répandre peu à peu vers les pays émergeants.
Mais les évolutions sociales sont avant tout
le résultat
de la lutte constante des ouvriers, de l'apparition d'idéologies
critiques et révolutionnaires, du développement
du machinisme et, en bout de course, de certaines initiatives
du patronat.
Indéniablement aussi, la force attractive de la liberté s'est
imposé dans le coeur de l'homme face à toutes sortes
de dictature ; prolétarienne,
militaire ou religieuse.
L'aspiration populaire le
montre ; il est toujours plus enviable
de vivre plus ou moins libre dans les excès
d’un
libéralisme
que sous l'oppression d'un système liberticide, qu'il soit
justifié par l'égalité ou l'obéissance
à Dieu.
b/ Le libéralisme appliqué ne tient
pas ses promesses
Être libéral, ce n'est pas avoir la
liberté de faire n'importe quoi De Robien Les promesses d'une prospérité partagée
grâce à laquelle le libéralisme nouveau nous a été vendu
à partir des années 80, par ses économistes et businessmen médiatiques,
ont incontestablement
été oubliées (curieusement d'ailleurs
ces zélateurs ont disparu du devant de la scène
pour laisser place à de nouveaux chantres libéraux).
La mondialisation heureuse, se solde en Occident par un pessimisme
ambiant, un regain d'inquiétudes et de violences. Singulier contraste avec les années insouciantes de l'État-providence.
Si nous essayons de définir l'ambiance globale produite depuis
20 ans par le libéralisme sur le monde entier, elle est loin du
bonheur espéré.
a/ D'un côté un Occident pessimiste et désespéré, alternant
crise, euphories et abattements. Un Occident ayant perdu
toute confiance envers ses dirigeants, ses journalistes, ses chefs
d'entreprise, ses élites. Un Occident épuisé par des dominants stresseurs et incohérents. Un monde à mi-chemin
entre le qui-vive et l'abandon pur et simple de ses dernières forces
à la fatalité.
Ni les pauvres angoissés par la proximité de l'exclusion,
ni les classes moyennes stressées par un rythme de travail
insoutenable et les fauteuils à bascule, ni les riches obligés
de contempler toute la misère du monde à la télé
et dans les rues ; résultat de leur manque d'empathie et
de solidarité, ni les dirigeants d'entreprise harcelée
de toutes parts, ne sont en mesure aujourd'hui de parler de
bonheur. Plus personne n'a ni le temps, ni les moyens, ni l'envie,
ni les potentialités, d'être réellement heureux
sous un tel libéralisme.
Tous les ersatz injectés au peuple pour qu'il oublie l'absurdité de ce système
et la
dégradation
de ses conditions de vie ,
arrivent à bout de souffle.
Que ce soit la compulsivité
de la surconsommation, le sexy à toutes les sauces, les
fureurs exagérées de la fête forcée,
les programmes de télé idiots et assourdissants ou les nouvelles promesses d'un monde meilleur via
les compétitions
libérales, tout cela à un véritable goût
de tristesse et de désespoir.
Sourd à toute remis en cause, les dirigeants demandent au peuple de ne pas sombrer dans la morosité, alors qu'il s'agit plutôt d'éliminer les causes du stress et de la morosité dans le monde.
Cette tristesse est cohérente et signifiante, la négliger
serait une erreur. A mon sens elle n'a pas pour origine la peur
du changement, de la mondialisation de la flexibilité ...
mais l'angoisse de la précarité, la faiblesse des salaires, le manque de reconnaissance du travail, le manque de sens général de l'humanité, la disparition des systèmes de protection, l'inconscience des médias ...
Si le psychisme des nouveaux dominants a besoin de compétition, de suractivité, de luxe, de problèmes à résoudre et de brouhaha, pour compenser ses angoisses et son nihilisme, le peuple est exempt de ce problème psychique. Il a des exigences radicalement différentes. Il aspire essentiellement a la paix, à la sérénité, à la simplicité, à la reconnaissance de son travail, au temps libre pour s'épanouir avec ses enfants, ses amis et ses hobbies.
Même si elle est explicable, la dégradation progressive du libéralisme depuis les années providence, est anormale. Toute justification du danger et de
la précarité comme moteur de la mondialisation, est une hérésie. La sécurité de l'être
humain face aux aléas du travail, doit au contraire être un pôle d'acquis mondial vers
lequel entraîner tous les pays n'ayant pas encore accès à cette valeur typiquement humaine. Les dominants libéraux avait les moyens de maintenir les acquis de l'occident et d'obliger les pays émergeants à améliorer les conditions de
travail de leurs employés (par exemple en permettant aux consommateurs de boycotter les produits
non éthiques). (à
consulter)
b/ De l'autre nous avons l'ensemble du monde
pauvre, l'humanité
vulnérable africaine, latino-américaine, européenne de l'Est
et une grande partie de l'Orient. Cette partie de l'humanité
a certainement gagné depuis 20 ans un des parts de liberté
et de confort, mais son quotidien a vu se développer aussi de
grand pans d'insécurité, de violence et de chaos.
La corruption dans ces pays est à son
comble. Certaines valeurs traditionnelles en recul nécessaire,
n'ont pas été remplacé par des valeurs
modernes supérieures, mais par les pulsions libérales
de l'argent facile, du sexe au détriment des plus faibles,
du désir de pouvoir ... avec son cortège de dangers
et d'inconforts inhérent à l'exaltation de telles
pratiques dans des pays où le droit, la justice et la
police sont insuffisamment justes et structurés
pour remplir correctement leur mission protectrice. Voilà pourquoi
fleurissent les associations de pervers
dominants : mafias, escadrons de la mort, nouveaux esclavagistes,
milices de toutes sortes dont les populations paisibles et
vulnérables bien sur sont les premières et les
seules victimes.
c/ Avec quelques réformes précises
Il serait doux d'être libéral
envers ce que l'on aime, si cela ne faisait un marché.
Jean-Jacques Rousseau Le
révoltant
du libéralisme appliqué, c'est la surdité
et le refus systématique qu'il semble apposer à chaque proposition
de réformes sociales, éthiques et écologiques.
Non à la taxe Tobin, non à Kyoto, non à la
gratuité des médicaments pour l'Afrique, non à
l'égalité des échanges commerciaux, non à
la taxe sur les embarquements, non à
la paix ...
Dès qu'il s'agit de rogner sur ses bénéfices, le marché manifeste
une telle résistance à lâcher du lest, que
dans la plupart des cas le système progressiste doit faire marche
arrière.
Par contre, lorsqu'il s'agit d'augmenter leurs pouvoirs
et leurs profit les marchands et les
industriels harcèlent et menacent en permanence les gouvernements
jusqu'à ce qu'ils cèdent.
Les populations occidentales ont de quoi être révoltées et désespérées
en voyant qu'il manque peu de choses pour améliorer considérablement l'ensemble des
conditions de vie sur
la planète.
Quant à moi, ce qui me paraît le plus difficile à
admettre, c'est de savoir qu'il suffirait d'une seule corporation parfaitement éthique et libre d'incarner correctement
sa mission et ses responsabilités,
je veux parler de la corporation des médias, pour obliger la
mondialisation libérale à tenir effectivement toutes les promesses
de progrès positif et respectueux envers la population mondiale
et la planète.
Si seulement, l'ensemble des médias
occidentaux réintégrait la plénitude
de leur déontologie, ils
parviendraient en peu de temps a moraliser le marché, a promouvoir
les qualités exigées depuis Platon des hommes et des
femmes d'État et rendre pleinement juste la justice.
Imaginons par exemple un ensemble de journalistes occidentaux
devenus justes et libres, et capables de dénoncer régulièrement,
aux heures de grande écoute et sur les chaînes de grands
publics, toutes les dérives du marché, du monde
politique et judiciaire. Le peuple, naturellement éthique, boycotterait immédiatement ces gens là, ou leurs produits, les obligeant a développer
une éthique,
à changer leurs habitudes, à faire le ménage dans leurs diverses corporations.
La puissance de l'éthique populaire
occidentale est largement négligée. Pourtant, les preuves de sa générosité et de sa justice s'exprime régulièrement (il suffit de voir
les élans de solidarité du peuple occidental envers
le monde défavorisé où son engagement en faveur
de la paix).
Imaginons la force des médias
s'ils étaient tout simplement libres, justes
et équitables. S'ils étaient suffisamment inquisiteurs
et capables d'alerter le milliard d'êtres humains vivant en
Occident des malversations commises par chaque société, chaque
multinationale, de chaque pays.
Ils auraient derrière eux
plus d'un milliard de consommateurs prêt à boycotter
non seulement les entreprises irrespectueuses de l'éthique
humaine, mais également les pays qui musellent l'information
et assassinent aujourd'hui même des journalistes, et d'ailleurs, sans aucune véritable réaction de la part du milieu journalistique occidental capable de faire infléchir
cette réalité.
finalement le plus grand problème du libéralisme c'est qu'il refuse de jouer le jeu du libéralisme. Il est déloyal dans la concurrence, étouffe les organes de défense du consommateur, refuse la critique et les contre-pouvoirs.
A partir du moment où il est installé
sans opposition dans les rouages de la société, Le marché libéral n'a de cesse de
prendre le contrôle des systèmes politiques, d'éliminer
les conflits facteurs de progrès, d'anéantir les oppositions
comme les syndicats et de manipuler l'information (sous prétexte
par exemple de préserver la compétitivité des
entreprises nationales ou occidentale ...).
Il n'a de cesse également, d'étendre
son emprise sur quatre secteurs dont l'indépendance et la liberté vis-à-vis du système économique, est une nécessité. Je veux parler de la politique,
la justice, l'éducation
et les médias..
Philosophie et libéralisme >> Dangers
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