mecaniqueuniverselle.net : aller à la page d'accueil
  • l'humanité
    le marché (suite)

La vision du marché

L'esprit Balthazar Picsou

Oncle Picsou dessin de walt disneyTrop de liberté tue la liberté

L'expansion des échanges économiques passant du national au mondial, entraine depuis les années 80 une interdépendance entre les pays. Ce mécanisme que nous appelons marché finalise l'unification de l'humanité par l'objet et le savoir. Ce travail d'unification humaine, seul le marché pouvait l'entreprendre.

Il l'a entrepris à l'aide de ses qualités créatrices, de sa ténacité, de son énergie à entreprendre. Malheureusement, comme toute médaille, le marché à son revers. Libéré de son entrave (le communisme), devenu tout puissant, il à écarté la critique et les mises en gardes. En 20 ans, il a sur-stimulé les tendances primaires de l'homme (égoïsme, goût du pouvoir, addictions, etc.), augmentant le niveau de violence et d'injustice dans le monde. Obligé de se centré sur le vénal et les vanités, sa vision cout-termiste devient problématique.

L'idéologie de la mondialisation, visait, à l'origine, le bien d'autrui. Seulement, une énorme distance sépare l'intention humaine et la réalité humaine. Pas suffisamment réglementée, une partie du marché a instinctivement orienté la globalisation vers son ambiance préférée. Autrement dit, vers un climat de compétition féroce, de narcissisme, de relations de maîtres et d'esclaves. Un régime d'émotions fortes que les dominants utilisent pour activer leur faible émotivité (à l'opposé des foules sentimentales que nous sommes). Soumis à un système peu régulé et à un expansionnisme féroce, le marché est contraint de viser la surconsommation et la compulsivité, au détriment de la qualité de vie.

La psychologie du marché mondial

Noyé dans une sorte de nihilisme les hommes qui l'animent ne se considèrent plus prioritairement comme « être humain », mais comme « patron », « industriel » « commercial ». Partant de là, au lieu de considérer ses semblables en tant qu'êtres humains, le marché les considère uniquement sous l'angle du consommateur potentiel.

Depuis des décennies, l'ensemble de l'existence se déroule sous ces tristes normes.

Le marché est sorti de la place qui était traditionnellement accordée au matériel dans l'ordre des valeurs humaines. Cette place c'est celle d'employé au service de l'ensemble humain. Sans cette toute puissance, la mondialisation aurait sans doute été heureuse. En devenant dominant, le marché s'est approprié toutes les places clés de la société. Y compris celles dont l'éthique exige qu'elles soient isolées de la vénalité comme l'éducation, la politique, la justice, les médias. Le vénal en peu de temps, est devenu le conseiller stratégique du monde... Il est devenu le gourou, le philosophe et le nouveau religieux.

Le marché dans tous les esprits

Le problème dans cette prise de contrôle inconsciente, c'est qu'elle induit des transformations dans l'esprit de l'homme. Constamment identifiée comme un « objet consommateur », l'individu perd progressivement conscience qu'il est un être humain. Il en oublie également les notions fondamentalement liées à cette valeur ontologique. Il oublie qu'il est avant tout un homme doué de conscience et d'amour. Une personne inclue dans une grande aventure humaine. Une aventure à l'origine de ce qu'il est et qu'il doit prolonger le mieux possible, au delà de lui-même. Il oublie le sens profond de sa présence au monde. Le sens de se réaliser par et pour autrui... réaliser son bonheur et celui de l'humanité.

Dédier sa vie à la consommation et à l'objet, n'a aucun sens. S'accomplir humainement et œuvrer consciemment pour laisser une humanité meilleure à nos descendants, me semble être le sens profond de l'existence humaine. La voie capable d'épanouir l'homme véritablement.

L'objet est bon, son culte non

L'homme, il est vrai, a besoin d'un certain nombre d'objets pour être heureux, mais lorsque celui ci occupe tout notre espace mental, il frelate la conscience que nous pouvons avoir d'autrui. Il nous ferme l'accès au bonheur. Le bonheur exige en effet un espace mental suffisamment vide d'objets pour se remplir d'amour.

L'objet en tant que tel n'empêche pas l'homme d'être heureux au contraire. Il ouvre l'accès à un certain confort favorable à la contemplation et à la spiritualité mais son rappel constant par le marché peut encombrer l'esprit. Il freine la montée de l'amour vers notre conscience.

De deux choses l'une, ou bien la place du marché comme créateur de valeur doit être remis en cause. Ou bien la vision du marché sur lui-même et sur l'homme, doit évoluer vers plus d'humanité.

an 2001


de l'effet à la cause

12345
Louis Pauwel ecrivain français

Avec l'ère des machines, beaucoup d'esprits se croient robots

Louis Pauwel