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abuser de ses congénères

Les tendances abusantes

 critique des marque, photo Adidas, Philosophie de la société.

Quand une société ne peut pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas s'enseigner. Charles Péguy

En observant la société humaine telle qu'elle se bâtit, une évidence saute au yeux. Entre les bienfaits promis par les idéologies et leur matérialisation, il existe un certain décalage. Le libéralisme appliqué, par exemple, n'est pas aussi "bienveillant" que ses intentions le promettent. Les concepts n'y sont pour rien. Cette dissonance est essentiellement dû à la puissance des pulsions humaines (tendances négatives comme l'égoïsme, le désir d'asservir etc.)

En effet, la plupart des grands théoriciens libéraux, visent le bien de l'humanité. Ils proposent des moyens pour venir à bout de la misère. Ils incluent la protection du faible, l'égalité des chances et la possibilité pour tous à son épanouissement.

Malheureusement, la nature humaine submerge systématiquement ces théories. Ces dernières sont dévoyées par les tendances naturelles des hommes. Par leur désir de dominer et de thésauriser les privilèges.

Malgré l'éducation et la quantité de lois élaborées, la tendance à abuser d'autrui, imprègne encore très fort notre caractère. Lorsque cette tendance ne rencontre pas suffisamment de résistances, elle ravage tout sur son passage. Instinctivement, elle cherche à ramener l'humanité au fonctionnement primate pré-moral*... Autrement dit, à la loi du plus fort.

*depuis 30 ans par exemple, les pulsions libérales, ruinent les acquis sociaux et moraux engrangés par l'Europe entre les années 50 et 80

De l'importance de la vigilance

Dans ces chapitres, nous examinerons les effets des pulsions humaines quand le libéralisme est tout puissant, dérégulé* et abusant. Nous étudierons l'influences de ces forces primaires sur le déroulement du libéralisme.

* une dérégulation qui n'est autre que le libre cours de nos pulsions,

Un exemple

Dans les années 80, le communisme, asphyxié par le capitalisme et par ses propres aberrations, abandonna la partie. Le marché libéral prit alors en main toute l'évolution de l'humanité. En devenant l'idéologie exclusive, le capitalisme sombrait dans la toute puissance de ses tendances.

  • Tendances à écarter toute critique (d’où l'accaparement des médias).
  • Tendance a thésauriser les privilèges (1% de la population détient à présent la majeure partie des richesses).
  • Tendances à creuser les écarts (écarts de richesses, d'éducation, de chances, de justices).
  • Tendance à la perversion (manipulation mentale de l'électeur et du consommateur, utilisation de leurs bas instincts, etc.).
  • tendance à juger "excessifs", les acquis des employés (trop d'acquis sociaux, trop de temps libre, trop d'années de retraite, trop de forces syndicales, etc.).
  • Tendances à s'accaparer les biens publics). etc., etc.,

En étudiant l'histoire du capitalisme, on comprend vite que ces tendances sont inhérentes à la mentalité majoritaire de ses grands acteurs.

Si on avait su

Si nous l'avions saisit dans les années 80, on aurait sans doute pu contenir ses excès. On aurait choisit la régulation plutôt que la dérégulation pour mettre en route la mondialisation. Elle serait devenue propre et heureuse comme ses chantres nous la vendaient alors.

Évidemment, cela ne sert à rien de regretter les événements passés. Nous l'avons exprimé à maintes reprises. Tout a un sens dans le déroulement des des choses. Ce qui a été fait devait l'être ainsi. Les critiques à posteriori ne peuvent servir qu'à corriger nos actions futures.

la fécondité du "mal"

Ces 20 ans d'ultra libéralisme, ont mis en œuvre de très bonnes choses pour l'évolution de l'humanité, mais elles sont également commis un grand nombre de dommages. Ces ravages ont un sens. Ils nous contraignent à imaginer de nouvelles solidarités mondiales (Attac en est un exemple). Leurs mauvais impacts sur l'environnement, renforcent l'intérêt écologique. Ces conduites dommageables ouvrent notre conscience universelle. Elles stimulent notre interdépendance et nous poussent à inventer de nouvelles lois internationales.

En dehors des régimes dictatoriaux, les « théories politiques  » font progresser l'humanité. Leur corruption est essentiellement due à la puissance des pulsions humaines. Ces dernières poussent certains de ses acteurs à corrompre les philosophies qu'ils sont chargés d'appliquer. Elles détournent les idéologies de leurs vocations. Elles détachent les concepts du but pour lesquels ils ont été pensés.

Voilà pourquoi il nous faut étudier l'influence des tendances humaines. Et principalement celles qu'utilise un individu pour s'affirmer aux dépens d'autrui.

2001



les tendances



Jean Delumeau, Historien français,

La plus grande pulsion n'est pas la libido mais le besoin de sécurité.
Jean Delumeau