Les écarts de salaire
Des salaires dirigeants/salariés
Le manque
de critique des penseurs contemporains occidentaux envers les
écarts de salaires indécents, permet à un
petit nombre de se constituer
des fortunes colossales au détriment des états
et des peuples.
Pour justifier les écarts
de salaires monstrueux entre dominants et ouvriers, une petite
élite (bien soutenue par certains journalistes et penseurs),
utilise quelques arguments totalement fallacieux comme :
/la
liberté
de chacun à choisir son salaire
/ la prise de responsabilités
/
les heures de travail
/ la différence de potentiel, ou de
motivation.
Chacun de ces arguments est une véritable arnaque psychologique envers le peuple.
La responsabilité.
La différence de responsabilités
est un des arguments employé par le patronat pour faire admettre
leurs nouveaux privilèges.
Si effectivement, les PDG actuels prenaient véritablement
leurs responsabilités envers leurs employés, s'ils
les protégeaient du point de vue psychique, moral, sanitaire,
social, s'ils privilégiaient l'humain sur la machine, le
suivi sur la précarité, comme aux heures sereines
du paternalisme d'entreprise, alors ils pourraient effectivement
justifier un écart raisonnable de salaire.
Mais ce n'est pas le cas.
Actuellement, ce sont les employés, les assistances
sociales, les associations bénévoles, le voisinage,
qui prennent en charge la détresse morale, sanitaire, sociale de l'ensemble ouvriers.
- Est-ce qu'un chef d'entreprise qui n'a plus les moyens de se
soucier de ses employés prend plus de responsabilités que
ses employés qui donnent vie à son entreprise ?
- Est-ce qu'un chef d'entreprise capable de manipuler la justice pour
éviter des sanctions légitimes lorsqu'il commet des malversations, prend plus de
responsabilités qu'un voyou assumant ses choix et sa peine
?
- Les chefs d'entreprise provoquant autant de stress à
leurs employés qu'à eux-mêmes, et les soumettant
à une précarité de vie qu'ils ne risquent même pas de subir, peuvent-ils justifier de tels écarts de salaires
avec leurs ouvriers ?
- Le chef d'entreprise qui emploie ou profite du travail des enfants dans le tiers-monde prends-il ses responsabilités ?
- Le chef d'entreprise qui génère en Occident ce que nous appelons le
working poor, sans être sanctionné, prend-il ses
responsabilités ?
- Les années d'études d'un chirurgien esthétique
devenu irresponsable et hors éthique par appât du
gain, peuvent-elles justifier l'écart de salaires avec
un ouvrier respectueux de sa tâche ?
- Le médecin conscient des problèmes engendrés par la pollution
et le stress sur la santé, demandant au peuple de s'en protéger au lieu de dénoncer le système,
prend-t-il véritablement plus de responsabilité
que son employé ? Et cela justifie-t-il vraiment leur différence
de salaire ?
- Un notable utilisant sa position, son intelligence ou son argent
pour contourner les lois ou la morale humaine peut-il justifier
la disproportion de salaires avec une femme de ménage ?
Donc, sans une justice parfaite, la responsabilité ne peut
plus justifier l'indécence des écarts de salaires.
Les heures de travail
Une autre excuse utilisée
par les élites ultra payées pour justifier
les énormes écarts de salaire, consiste à avancer
la différence des heures de travail.
Seulement, cet argument non plus ne tient pas.
En effet, même si un PDG travaille douze heures par jour
pour son entreprise alors que ses ouvriers n'en font que huit,
les quatre heures de différence, aujourd'hui sont largement rattrapées
par les mauvaises conditions de vie vécu par la plupart des salariés.
Si le PDG a largement de quoi embaucher ; femme de ménage,
baby-sitter, chauffeur, s'il à de quoi s'offrir des cures de remise en forme, des
week-ends de détente ..., l'employé lui, doit dépenser
une somme considérable d'énergie pour s'occuper de
ses enfants, régler ses problèmes domestiques, faire
face au stress des fins de mois difficiles ou simplement pour se
maintenir comme c'est le cas aujourd'hui, à la limite de
la survie.
Au final et sous le régime d'un libéralisme féroce,
la quantité de travail, d'énergie, de stress dépensé
et largement la même pour les élites que pour les employés.
Aucun écart de salaire ne peut donc se justifier par ce biais
là.
La différence de potentiel
La différence
de potentiels est un autre prétexte exploité par
les hauts salaires pour légitimer le monstrueux fossé
creusé entre riches et pauvres.
Pas plus que les autres, cet argument ne tient face à la
raison humaine.
En effet cette différence de potentiels, principalement basés
aujourd'hui sur l'intelligence adaptative et l'éducation,
est injuste puisque nul n'est responsable de ses capacités
ni de son milieu ou pays de naissance, deux des facteurs déterminants
dans la différence de traitement.
La différence de potentiel ne peut donc pas justifier non
plus la nouvelle obscénité des écarts de salaires.
La motivation
Le marché justifie également
la différence de salaires par la motivation.
Mais un ouvrier
du bâtiment, si son œuvre n'est pas dévalorisée,
n'est-il pas autant motivé qu'un chanteur célèbre
ou qu'un patron d'industrie ?
Et le vrai chanteur et le vrai
patron d'industrie, changeraient-ils de travail s'ils avaient
le même
salaire qu'un ouvrier ?
Le désir profond de l'enfant d’exercer
tel ou tel métier, devrait-il se faire en fonction du salaire
ou en fonction d'un idéal ?
N'y avait-il pas de vainqueurs
lorsque les jeux olympiques n'offraient qu'une médaille
ou lorsque les joueurs de foot n'étaient pas payés ?
Dans un système où chacun aurait conscience de
l'œuvre
à accomplir, cette œuvre ne suffirait-elle pas à
motiver l'action ?
Dans une entreprise de 100 personnes, si, du
P.D.G. au balayeur, tous gagnent 1500 euros. mensuels et sont
pareillement responsables de l'ensemble des individus et de l'entreprise,
combien se plaindraient de ce système ? Qui globalement
risque d'avoir des difficultés à accepter ce principe
de symbiose ? Qui doit donc ouvrir sa conscience ?
On ne peut justifier de tels écarts
Le libéralisme fuit ses responsabilités
Nous pouvons le constater, l'indécence des écarts
de salaires ne peut pas se légitimer dans une humanité
morale.
La régulation des choix de carrière peut tout à fait se faire
par le désir et la compétence. Mais il faut pour cela que chaque métier soit également valorisé (ce
qui permettrait à chacun de s'engager dans un métier
par vocation et non par cupidité).
A salaire et à
valorisation égale, un chercheur passionné ne deviendrait
pas maçon sous prétexte que la maçonnerie exige
moins d'effort de réflexion. Pas plus qu'un maçon
ne viserait la place du chercheur s'il aime son métier.
Par contre, à salaire
et à valorisation égale, tous deux auraient le sentiment
de travailler pour la même cause et leur relation serait respectueuse,
franche et détendue, sans vénération, condescendance
ou distance, mais avec amour.
Nos différences physiques et psychiques ne sont
pas là pour qu'une partie de l'humanité abuse de l'autre,
mais pour construire ensemble l'humanité.
Autrement dit, un salaire égal et universel pour tous, serait déjà viable pour la conscience humaine à condition
que le sens de l'oeuvre commune soit clairement exprimer et qu'il
y ait un bon partage des responsabilités.
Il n'y a, finalement, qu'une infime partie de l'humanité hostile à ce principe. Seule d'ailleurs cette petite partie des dominants
considère l'égalité des salaires comme un facteur de démotivation du monde, parce qu'elle seule serait réellement démotivée.
L'ensemble des différences ségrégantes qu'utilise
l'humanité pour évoluer, sont dépassables.
Si par exemple 40 personnes, qui ne se connaissent pas, se retrouvent
en pleine mer, sur un navire en perdition nécessitant 40
fonctions différentes et indispensables
pour manœuvrer l'embarcation, et qu'il en va de la survie du
groupe que chaque tâche soit exploitée au mieux, chaque
individu trouverait rapidement la fonction où il serait le
plus efficace pour offrir à l'ensemble ses compétences,
sans querelles égocentriques. Les organisateurs, les cérébraux
et les musculaires se désigneraient d'office. Le pain serait
partagé, chacun aurait à l'esprit le but à
atteindre et la préservation d'autrui. La richesse, l'élitisme
toutes les valeurs superficielles n'aurait plus aucun sens.
L'organisation, l'adaptation et la solidarité sont donc
déjà inscrites dans chaque nature humaine.
En conséquence,
il nous faut sortir de notre pesanteur, faire un effort d'attention
pour que notre esprit puisse prendre conscience du sens de notre
présence au monde.
Texte écrit en 2001
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