La Muse qui
a recueilli tout ce que les Muses plus hautes de la philosophie
et de l'art ont rejeté, tout ce qui n'est pas fondé en
vérité, tout ce qui n'est que contingent, mais relève
aussi d'autres lois, c'est l'histoire. Marcel Proust
Le langage du divin
Les enseignements des sages peuvent vous transformer
en un dieu ou en un être mauvais. Wang Bo
Dans les
premières
pages de ce chapitre, nous avons essayé de démontrer
qu'il
existe un langage du
vivant s'adressant à nous
par une quantité de signes pour nous guider et nous engager à vivre
selon ses principes.
A présent, nous allons nous demander si cet ensemble sémiologique,
ne déclinerait pas plutôt du divin.
Depuis quelques temps, le monde industrialisé a perdu l'habitude
de croire autre chose que ce qu'il voit.
S'il n'existe pas, à l'origine de l'univers, une conscience
et un esprit supérieurs, alors l'homme devient du coup,
la conscience et l’esprit le plus puissant et le plus haut
de l'univers.
Cela reviendrait à dire que l’homme
est plus puissant que le système qui l’a créé …
Ne
sommes nous pas là dans un véritable délire narcissique ?
Ce passage narcissique a
certainement sa raison d'être
dans l'histoire
de l'évolution humaine. Mais comment imaginer
la création issue d'un néant sans esprit ? d'un
vide absolu se dirigeant au hasard, sans sens et sans but ?
L'avenir devra à mon avis dépasser cet égocentrisme,
dépasser cette banalisation absurde, d'un
monde tout simplement extraordinaire.
Il me semble tout de même plus vraisemblable, de penser
le monde comme étant le résultat d'un principe
supérieur
en conscience et en subtilité, à toutes ses créatures.
Il me semble plus logique qu'à l'origine de
l'univers, une puissance
créatrice (qu'on
l'appelle « DIEU », « X », « VIDE
QUANTIQUE » ou
comme on voudra), a VOULU le monde, le vivant et l'homme, et l
guide dans le sens déterminé de sa volition.
En tout cas, un mécanisme subtil gère la matière
inerte, le vivant, et l'homme.
D'après ce que nous
en savons aujourd'hui,
ce principe créateur administre l'univers à l'aide
de quelques lois physiques ingénieuses (gravitation, force
forte et faible, attraction ...) que la science est en passe de
réduire à une seule.
Cette puissance créatrice
dirige : « la partie
du vivant dépourvu
de science et d'analyse » (le monde végétal
et animal), non seulement avec les lois physiques cités
ci-dessus, mais également avec des lois
biologiques (évolution,
instincts de conservation, d'adaptation, de procréation
etc.)
Et enfin, il administre l'homme, non
seulement avec les lois physiques et biologiques, mais également
avec notre science et notre conscience.
En effet, cette puissance créatrice
- Dieu, X - nous a accordé une certaine autonomie (toute
relative), pour que nous parvenions à nous administrer
vous-mêmes.
Notre espèce a acquis les capacités d'observer le
monde, de l'analyser, d'en comprendre la logique, la signification
et les signifiants.
Là où l'animal doit
se conformer aux règles strictes de l'instinct (limitant
d'une
certaine manière son autonomie), l'homme a les moyens
de déchiffrer les règles de la nature.
Il a donc
ainsi la capacité d'élaborer consciemment le
projet du principe créateur (lorsque enfin nous l'aurons
compris, ou plus précisément admis).
Tout ramène au sens et au divin
Si tout se joue dans l'esprit, le divin y
joue aussi
Tout acte,
toute chose, tout ce qui enjoint d'agir dans un sens (l'attraction,
les instincts, les intuitions etc.), tout ce qui montre un itinéraire (les
symptômes, la logique, l'exemple, l'évolution etc.), peut être considéré comme
un signe,
un langage.
Il suffit de prêter attention ;
les leçons viennent toujours quand
vous êtes prêt,
et si vous êtes attentif aux signes,
vous apprendrez toujours tout ce
qui est nécessaire pour
l'étape suivante. Paulo
Coelho Le Zahir
En étudiant les lois et
la morale dont l'évolution nous a progressivement dotées,
nous devrions pouvoir savoir où veut en venir la création,
avec l'homme.
Il suffit d'observer la nature des lois et de l'éthique humaine
pour savoir ce que veut de nous le DIVIN...
Si nous nous conformions
exactement à la grande morale humaine,
nous serions tout simplement des sages ou des saints.
C'est donc des sages et
des saints qu'attend patiemment le principe créateur (et
c'est d'ailleurs ce que nous élaborons progressivement et
sans en avoir véritablement conscience).
Tout acte, toute chose semble porteur de signe,
et tout signe semble avoir pour origine X (dieu).
La conscience que ces signes émanent de X (dieu) se révèle
dans le sujet.
Comme seul l'homme semble avoir besoin de ces signes, nous pouvons
dire que ces signes n'existent que dans la conscience de l'homme
et pour l'homme.
Evolution de notre compréhension
La compréhension des signes évolue en fonction de
l'évolution de la conscience.
Nous sommes passés
d'une interprétation 100 % irrationnelle (dans
les temps prè-scientifiques), à des explications
100 % rationnelles ( dans les temps actuels
à prépondérance
scientifique).
Le 100 % irrationnel est impossible à prouver et laisse
libre cours à toutes les interprétations.
Mais le
100 % rationnel, matérialise l'immatériel et
annihile la spiritualité et le sacré, ce qui nous
conduit à une interprétation mathématique
mais absurde de la vie.
Nous pouvons mesurer l'importance de l'intuition dans les découvertes
humaines et le temps entre l'imagination d'une chose et le moment
où la science peut l'entériner (l'atome, la
genèse, ou l'idée créatrice des théories
de Planck).
L'hypothèse d'un langage de signes peut être à nouveau émise
et s'adjoindre la logique pour dépasser les interprétations
typiquement irrationnelles et rationnelles.
Le vivant a un sens,
une direction, un but, et à travers tout cela, il donne à l'humanité sa
route, son sens et son but, donc sa conduite idéale.
A nous de comprendre ce langage, sans y mêler notre affect,
nos dogmes, et nos surdités.
Aujourd'hui, ce qui donne du sens à l'humanité ce
n'est plus la personne mais un retour à l'idée plus globale d'humanité.
Si nous avons dû forcer
sur la personne, sur l'individualisme pour booster les lois et
commencer à libérer l'homme de ses appartenances étroites
au clan ou à la communauté, ce n'est qu'une étape
sur la route de « l'appartenance
universelle ».
Il est donc nécessaire de chercher dans l'acte individuel
ce qu'il signifie pour l'ensemble de l'espèce.
Par exemple,
le tueur en série agit pour lui, mais son acte signale quleque
chose à l'humanité.
Il montre le visage d'une certain type d'évolution.
Il reflète
la déshumanisation de la société, la cruauté et
la maîtrise froide que ses valeurs préconise ...
Nous
avons la charge de comprendre ce que ce genre d'acte signifie
pour l'ensemble
Il y a une voie au-delà des interprétations « simplement
spirituelles » ou « simplement
scientifiques »,
une nouvelle étape de la conscience, exigeant, pour aboutir,
une parfaite ouverture d'esprit de l'une envers l'autre.
A nous d'élever un peu notre regard pour
replacer le signe dans son ensemble.
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