philosophie naive du devenir humain

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ONU SIDA Unir le monde contre le sida

Virus du sida et humanité

philosophieLes pages précédentes nous ont permis de cerner les limites du regard pragmatique sur les événements de la vie.

Les choses ne s'arrêtent pas à leur apparence. Elles revêtent un sens plus profond et nous envoient beaucoup plus de messages que ce que nous croyons.

S'il serait absurde d'abandonner la vision scientifique pour retourner vers les temps anciens où les interprétations magiques, religieuses et métaphoriques étaient prépondérantes, l'époque phénoménale du tout scientifique à laquelle le monde industriel appartient, n'est pas idéale pour progresser, ni pour l'équilibre psychique humain.

Si nous voulons sortir des visions étroites et organiques, une nouvelle ouverture d'esprit me semble à présent nécessaire.

Si seulement l'occident pouvait aimer les autres peuples, autrement dit son prochain, comme lui même .... Nous retrouvons cette difficulté à saisir les multiples langages des choses et leur sens spirituel (ce qui ne veut pas dire religieux), dans notre relation au VIRUS DU SIDA.

Nous pouvons analyser rétrospectivement ce qu'il s'est passé depuis son apparition et peut-être en tirer quelques enseignements.

philosophie

Le sida apparaît en Afrique dans les années 80.

C'est la période où ce continent commence à être mis en danger par l'égoïsme et l'avidité du marché.

Dans un monde capable de déchiffrer le sens profond et spirituel des choses,  les grandes voies occidentales - médias, politiques, intellectuels, médecines - se prétendant universalistes, impartiaux et responsables, auraient usé de leur immense influence pour motiver les opinions publiques, le marché et les pouvoirs occidentaux, qu'il fallait déclencher un plan d'envergure pour aider l'Afrique à lutter contre cette pandémie.

Car que révèle la pandémie de sida en Afrique ?

Elle met à jour l'injustice vécue par un continent tout entier, empêché de progrès social, médical, éducatif, et technique, entre autres à cause de l'égoïsme, de la voracité, de la capacité corruptrice, de la négligence, de l'insouciance des pouvoirs occidentaux.

L'Occident étant capable de mobiliser 300 000 hommes pour des opérations militaires, il aurait été également capable de mobiliser 300 000 hommes en Afrique pour une vaste opération humanitaire (renseigner les populations, construire des structures pour les soins etc.)

Autrement dit : si l'esprit occidental avait été plus universaliste que communautariste, plus humain que vénal, il avait été autant spirituel que matérialiste, nous nous serions soucier de nos semblables africains comme de nous-mêmes, limiter la pandémie et développer de la meilleure manière, les structures techniques et sociales de tous ces pays.

Le sida fait des ravages en Afrique et l'égoïsme occidental, à une énorme responsabilité dans ce ravage. Viennent ensuite les responsabilités des pouvoirs africains.

Les pouvoirs occidentaux (médias et politiques), sont encore beaucoup trop froid, beaucoup trop enclenché dans la vénalité, l'occidentalocentrisme, le narcissime et la loi du marché, pour avoir l'idée, le désir et l'énergie humaniste. 

Le langage encourt un risque là où la littérature devient perméable à la philosophie, et la philosophie à la littérature : où la littérature parvient à la finesse de la pensée abstraite, où la philosophie succombe aux attraits de lamusique verbale Menno Ter BraackPolitiques et médias ayant d'une certaine manière désertée le terrain, seule reste la volonté et la détermination des O.N.G., et des bénévoles, s'épuisant à endiguer un flot d'injustice sans cesse grandissant.

Et ainsi, sur la route de la mondialisation, l'Afrique à été abandonné au profit de l'expansion occidentale, de qui veut gagner des millions, de la chirurgie esthétique, de l'intellectualisme dandy, et du téléachat.

Ce virus, dont nous n'avons su comprendre l'appel spirituel et profond, s'est répandu en occident, dans les groupes humains que nous refusions également de reconnaître, de comprendre, d'aimer et d'aider (homosexuels, toxicomanes, prostitués), frappant une deuxième fois à la porte de notre conscience (tout comme une maladie envoi de nouveaux symptômes en cas de surdité).

Après avoir montré un occidentalocentrisme et un manque d'engagement capable de négliger ce qui n'est pas occidental, le monde intellectuel et journalistique a révélé une autre facette de leur esprit.

Celui qui leur permet de rester indifférent à ceux qui ne peuvent pas s'exprimer. « Si tu ne te fais pas remarqué, personne ne te remarque » semble être leur slogans (issu tout droit du narcissisme), alors qu'en tant que journalistes ou politiques, ils devraient penser radicalement l'inverse.

Résultats, seul le groupe homosexuel, parce que bien organisés et capable de manifester énergiquement sa présence, a réussi à se faire à peu près correctement entendre.

Ce qui ne fut pas le cas du monde toxicomane et prostituée.

Car au delà de la mise en place d'un système préventif, au delà de la distribution de seringues ou de préservatifs, au-delà de l'écoute mise en place par des bénévoles, il était également question de reconnaître un monde dans l'ombre, un monde maltraité et vers lequel l'humanité envoyait que très peu d'amour, de reconnaissance et de compassion, et de trouver des solutions pour que des êtres humains ne tombent pas dans ses extrémités, ou, s'ils sont tombés, qu'on leur permette de vivre avec protection et dignité.

Quelques vingt ans plus tard, notre vision matérialiste a permis de faire progresser la lutte thérapeutique contre le sida (pendant longtemps au profit presque exclusif de l'Occident), mais les véritables exigences du sida n'ont pas été écoutées.

Notre compréhension spirituelle de celui-ci est restée inchangée.

Nous avons continué à abandonner l'Afrique à son sort et l'esclavage sexuel, comme la toxicomanie, n'a jamais aussi bien prospéré.

 

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