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Punir en respectant le criminel

Pour le condamner

art naif, Un monstre, si horrible soit-il, nous attire secrètement, nous poursuit, nous hante. Il représente, grossis, nos avantages et nos misères, il nous proclame, il est notre porte-drapeau. Cioran.

Nous venons de comprendre, en page précédente, l'égalité de fond entre le criminel et son juge. Mais l'égalité de fond n'implique pas l'égalité de forme. Le respect dû au délinquant ne le dispense pas de jugement ni de punition. Au contraire, l'impunité et l'injustice sont préjudiciables à l'évolution du droit comme au délinquant. Notre évolution réclame une justice irréprochable. Une justice ferme, bienveillante et intègre.

L'injustice génère l'absurdité

Quand une société autorise certains de ses délinquants à transgresser sans être sanctionné, elle produit de l'injustice mais aussi de l'absurde. Le peuple ne peut plus alors ressentir le sens de l'humanité. Le sens du monde lui échappe car ce sens nécessite le sentiment d'un progrès.

C'est la même chose quand un parti impose la tolérance zéro à la population ordinaire et pas aux dominants. Même si cette minorité se baptise démocrate, elle ne fait que retourner en loucedé, vers les lois de la nature.

Le laxisme et l'injustice sont deux postures politiques, désastreuses pour l'humanité. Ces deux types de système, tirent tout simplement l'humanité vers le bas. Autrement dit vers la toute puissance du dominant naturel.

Aimer et punir

Comprendre la fonction du délinquant

arche de noé art naifSocrate: Est-ce donc le fait du juste, repris-je, de faire du mal à qui que ce soit ?
Sans doute, répondit-il, il faut faire du mal aux méchants qui sont nos ennemis.
Mais les chevaux à qui l'on fait du mal deviennent-ils meilleurs ou pires ?
Pires.
Relativement à la vertu des chiens ou à celle des chevaux ?
A celle des chevaux.
Et les chiens à qui l'on fait du mal ne deviennent-ils pas pires, relativement à la vertu des chiens et non à celle des chevaux ?
Il y a nécessité.
(335 c) Mais les hommes, camarade, à qui l'on fait du mal, ne dirons-nous pas de même qu'ils deviennent pires, relativement à la vertu humaine ?
Absolument.
Or la justice n'est-elle pas vertu humaine ?
A cela aussi il y a nécessité.
Donc, mon ami, ceux d'entre les hommes à qui l'on fait du mal deviennent nécessairement pires.
Il le semble.
Platon, la république.

Aimer tout en condamnant

Si la condamnation du délinquant est fondamentale pour l'évolution humaine, son respect l'est tout autant. Quand nous saisissons l'apport du transgressant à l'humanité, l'attitude de la société à son encontre, telle que nous la connaissons encore aujourd'hui, semble injuste.

En matière de justice, le laxisme est une atteinte à la société comme au délinquant. Elle pousse tout simplement ce dernier, à la récidive. Mais l'excès de sévérité est également préjudiciable pour l'ensemble humain. Elle éclaire tout simplement notre faiblesse de conscience. Elle met à jour notre incapacité à comprendre le sens de l'évolution et le rôle du délinquant.

Une société torturante

Nous sommes encore (et je dirais d'avantage depuis les années 80 et l'apparition de cet ultra libéralisme) une société torturante. Voilà pourquoi nous offrons des conditions de détention aussi pitoyables aux transgressants. Voilà pourquoi nous portons sur eux ce regard méprisant. Voilà pourquoi nous n'en avons pas encore fini avec l'absurdité de la peine de mort.

Ces comportements sont injustes et contre-productifs. Au mieux, ils maintiennent les choses en l'état, au pire ils les dégradent. En tout cas, ils n'aident pas le délinquant à vouloir changer sa façon de s'affirmer. Même si en Occident, les conditions de vie en prison s'améliorent, elles sont loin d'être acceptables. Certains états infligent des traitements tout simplement pervers à leurs prisonniers. Ils les plongent dans des sortes de zones de non-droit où règnent la tyrannie et la violence.

Compréhension et bienveillance

Le regard de la société doit aussi évoluer. Dans ce sens, la télévision actuelle ne joue pas le jeu. Au contraire, elle attise les sentiments binaires et les jugements hâtifs. L'humanité doit veiller à ne laisser aucun crime impuni, car c'est une des conditions de notre évolution, mais elle doit être la plus compatissante et la plus éducative possible envers le transgressant. Malfaiteurs, criminels, transgressants, sont des « ouvriers » à part entière de cette humanité. Sans eux aucune évolution n'aurait été possible.

texte écrit en 2000



humaniser la punition

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juvenal

Le voyageur qui n'a rien passera en chantant devant les voleurs. Juvenal Satires