Dieu et le mal
Croire en Dieu puissance d'amour malgrè le mal.
L'injustifiable continu d'appeler une justification.
Nabert
La présence, la dimension et la pérennité du mal au sein de notre espèce,
est un générateur de nihilisme.
Cette "industrie"
semble remettre en cause la toute puissance de dieu, le sens du
monde, l'idée d'évolution positive, celle de perfection,
et la simple capacité de la raison à se justifier
elle-même.
Si dieu est omnipotent, pourquoi a-t-il choisit un type d'évolution
incluant la souffrance, la "méchanceté", la cruauté,
le crime, la guerre ?
Si l'homme représente un progrès dans l'évolution
du vivant, pourquoi est-il la seule espèce capable d'une
telle barbarie envers ses semblables et le reste de la création
?
Si le mal peut n'être jamais puni et la vertu
jamais récompensée, les choses ont-elles un sens
?
Pourquoi l'homme, parvenu à un aussi haut degré d'intelligence,
ne parvient-il pas à juguler le "mal", son plus grand archaïsme ?
Ainsi donc, la présence scandaleuse du mal,
semble en mesure d'anéantir l'idée d'un dieu de bonté et
d'amour, généreux envers ses créatures, en
mesure aussi de nous faire croire l'homme est mauvais, corrompu ou imparfait.
En réalité, il n'en est rien.
Car si l'on examine attentivement l'évolution du vivant
et principalement le passage du primate naturel à l'homme,
le mal se révèle être une composante indispensable
de cette métamorphose, une absolue nécessité.
La présence du mal
Le mal est une nécessité à combattre comme s'il n'était pas nécessaire
Mais en Dieu il n'y a rien de fini : en Dieu, il n'y a rien de transitoire ; en Dieu il n'y a rien qui tende vers la mort. Il s'ensuit que pour Dieu le présent n'existe pas. Baudelaire
Si le mal était une sorte de pièce hétérogène à l'évolution
humaine, si la raison n'arrivait pas à le situer
dans le processus d'évolution, alors sa présence
rendrait effectivement absurde la création et l'existence de Dieu.
Seulement le mal à un sens et sa place existe.
Pour transformer un primate naturel, en homme, pour passer des
moeurs animales au fonctionnement humain, notre espèce devait
s'interdire certains comportements légitimes dans la nature (la prédation, la domination, l'agressivité etc.).
Elle devait donc poser sur chaque action humaine un jugement de
bien ou de mal, d'autorisé ou d'interdit.
Nous pouvons aujourd'hui nous considérer "humain",
parce qu'un jour, les premiers hommes se sont mis à qualifier de
"bien" ou de "mal" leurs comportements.
Nous pouvons nous concentrer, réfléchir, raisonner,
donc évoluer, parce qu'un jour nous avons dû apprendre à maîtriser
des impulsions jugées négatives par la société.
Nous nous sommes ouvert au divin, parce que nos ancêtres,
en plaçant le concept de bien et de mal au dessus de la
toute-puissance du dominant, ont anéantit cette toute puissance.
Nous avons dépassé les « lois » de la
nature, parce qu'un jour notre espèce s'est autorisé à les juger
et à leurs imposer des interdits
En condamnant certains comportements primates, l'homme est entré dans
l'humanité.
En enrichissant toujours plus le nombre d'interdits (les progrès
du droit), l'homme devient de plus en plus humain.
Le progrès du droit est fondamental pour éteindre
peu à peu dans le psychisme humain, la capacité de
s'affirmer aux détriments d'autrui.
Cette évolution est possible grâce au législateur,
au politique, au système répressif, mais également
et à la même hauteur, grâce au transgressant (comme nous allons le voir dans le prochain chapitre).
le délinquant >
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