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Dieu et le mal

Croire en Dieu malgré le mal

pesteUne puissance d'amour

L'injustifiable continu d'appeler une justification. Nabert

La présence du mal au sein de l'humanité est une des sources du nihilisme. Son incroyable envergure a de quoi faire vaciller toutes les convictions religieuses. Comment croire en effet, à la toute-puissance divine devant une création comportant autant de violences et d'injustices ? Comment se rallier aux philosophies de l'histoire quand l'histoire est si morbide ? Comment accepter l'idée d'une évolution positive et d'une possible perfection, dans un monde aussi carnassier ?

Quelques questions à propos de Dieu

  • Si dieu est omnipotent, pourquoi a-t-il choisit un type d'évolution incluant la souffrance et la « méchanceté » ? Pourquoi nous avoir doté de la cruauté, de la perversion, du crime et de la guerre ?
  • Si l'homme représente un progrès dans l'évolution du vivant, pourquoi est-il si apte à la monstruosité ? Pourquoi est-il capable d'une telle barbarie envers ses semblables et le reste de la création ?
  • Si le mal peut n'être jamais puni et la vertu jamais récompensée, les choses ont-elles un sens ?
  • Pourquoi l'homme, soi-disant sage et intelligent, échoue t-il à juguler le mal ?

Si ces questions restent sans réponse, le théisme ne peut pas, bien sur, tenir la route. Les promoteurs d'un dieu plein d'amour, bon et généreux envers ses créatures, font alors, doucement rigoler. Si l'on ne comprend pas le mal, il est facile d'écouter les marchands de idées négatives. Ceux pour qui l'homme est mauvais par nature et le restera à tout jamais.

Le mal, un instrument de Dieu

Cette vision pessimiste n'est pas la notre. Pour nous le mal ne remet pas en cause l'alternative d'un Dieu, ni sa toute-puissance. Sa présence a du sens pour l'humanité, comme l'épreuve en a pour l'individu. Quand nous serons réconcilier avec cette notion négative, nous en percevons tous les sens cachés. Le mal se révélera alors être une composante indispensable de la métamorphose primate / homme. Une absolue nécessité.

Dieu et le mal

Le mal, présence obligée

le caravageLe mal est une nécessité à combattre comme s'il était inutile.

Mais en Dieu il n'y a rien de fini : en Dieu, il n'y a rien de transitoire ; en Dieu il n'y a rien qui tende vers la mort. Il s'ensuit que pour Dieu le présent n'existe pas. Baudelaire

Le mal n'est pas une pièce hétérogène à l'évolution humaine. Il a tout à fait sa place dans ce processus. Sa présence ne rend pas absurde l'existence de Dieu, au contraire. Il éclaire selon moi, la logique de son existence. Pour transformer un primate naturel en homme, le « mal » était nécessaire. Pour passer des moeurs animales au fonctionnement humain, notre espèce devait s'interdire certains comportements. Des comportements légitimes dans la nature comme la prédation, la domination, l'agressivité etc.
Le phénomène humain devait poser sur chaque action humaine un jugement de valeur. Qualifier ces actes de « bons » ou « mauvais », de « bien » ou de « mal », d'autorisé ou d'interdit.

L'art de juger

En découvrant l'art de juger, les premiers hommes ont enclenché le processus d'humanisation. Grâce à eux, nous pouvons nous qualifier aujourd'hui « d'être humain ». Parce qu'existait le jugement, l'homme devait apprendre à maîtriser ses actions dites négatives. Cette maîtrise a permis l'émergence de la concentration, de la réflexion, de la raison, de la loi. Bref, de toutes les facultés nécessaires à une évolution rapide de l'espèce.

Un juge au-dessus du dominant

Nous devons tout à nos ancêtres. Grâce à eux, nous avons atteint un très haut niveau d'évolution. Nous y sommes parvenus, parce que nos frères humains précédents ont réussi à affronter leurs dominants. A poser au-dessus de leur toute-puissance un jugement supérieur. Le jugement de Dieu et les instruments qui vont avec (le bien et de mal). Grâce à cette subtilité, la toute-puissance du chef de clan a été dépassé.

Dès lors, les dominants devaient rendre des comptes à une puissance supérieure (dieu). Et ainsi, notre espèce est sortie des mécanismes qui gèrent encore les autres primates.

Une évolution permanente

En condamnant certains comportements légitimes dans la nature, l'homme est entré dans l'humanité. En enrichissant toujours plus le nombre d'interdits*, l'homme devient de plus en plus humain.

* les progrès de la législation, de la loi, de la justice

Le progrès législatif est fondamental pour notre évolution. Il éteint peu à peu notre capacité à nous affirmer aux détriments d'autrui. Visiblement, les progrès du droit sont l'oeuvre du législateur, du politique et du parlementaire. Mais visiblement ils sont également l'oeuvre du transgressant (comme nous allons le voir dans le prochain chapitre).

2001

le délinquant

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Ernst wiechert

Il avait fermé les yeux pour ne pas voir le mal sur cette terre et c'est ainsi que le mal l'a trouvé, sans défense. Ernst wiechert

Spinoza Baruch

« Mais, moi, je n'accorde pas que la faute et le mal soient rien de positif, encore bien moins que quoi que ce soit puisse être ou arriver contre la volonté de Dieu. Non content d'affirmer que la faute n'est rien de positif, j'affirme en outre qu'on parle improprement et de manière anthropomorphique, quand on dit que l'homme commet une faute envers Dieu ou qu'il offense Dieu. » Spinoza

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