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    le péché (suite)

Histoire du mal

Vie et mort du concept de péché

icone medievaleL'homme et la transgression

Pécher n'est pas faire le mal. Le vrai péché, c'est de ne pas faire le bien. Pier Paolo Pasolini.

Un concept irrésistiblement intelligent

Dans son contexte historique, la « découverte » du concept de "péché", fut une évolution pour l'humanité. Elle permit l'expansion de l'autocensure, de la psychologie et du principe de responsabilité.

1/ A la racine de l'autocensure.

Schématiquement, l'histoire humaine c'est : « la lente compression de certains instincts primates au profit des valeurs humaines ». Dans cette « compression ininterrompue », la notion de « péché » représentait un progrès par rapport aux méthodes précédentes *.

* un progrès par rapport aux anciens moyens de coercition, essentiellement basés sur la violence, la torture et la perversité.

La crainte de l'au-delà, la peur du châtiment divin et l'angoisse de l'enfer, succédaient à la violence. Les hommes se sont mis, d'eux-mêmes, à opprimer leurs « instincts négatifs ». A tenter d'agir le plus humainement possible. L'angoisse d'être châtie après sa mort, a empêché (et empêche encore) bien des infractions à la morale.

2/ A la racine de la psychologie.

Les religions peuvent être considéré comme les mères de la psychologie. En incitant l'homme au repentir (le yom Kakkipourîm) le judaïsme en a ouvert la voie. Cette obligation au retour sur soi, exigeait de l'être humain qu'il visite intérieurement ses actions. Qu'ils pratiquent une sorte d'auto analyse en somme et dans le but d'améliorer lui-même son comportement. La fréquence de cette pratique, s'est multipliée dans le christianisme à travers la confession. Elle s'est également enrichit d'un tiers « impartial » et « silencieux » (en principe) ; le prêtre. Pour les chrétiens, tout homme à tout moment peut confesser ses fautes. Nous savons aujourd'hui l'importance de l'aveu pour la victime et ses proches. Nous savons également à quel point, avouer est important pour la libération du délinquant.

3/ A la racine du principe de responsabilité.

L'apparition du concept de péché a également eu une influence certaine dans l'émergence du concept de responsabilité. En effet, le péché fait de l'homme le responsable de ses agissements. La faute commise « intentionnellement » contre le divin ou contre autrui, engage la responsabilité de l'auteur. Et parce qu'il est responsable de ses actes, il doit en répondre et en accepter les conséquences. La responsabilité humaine (notion phare de l'humanité), est devenu l'emblème de la société contemporaine. Elle est le fleuron de la liberté.

De la morale à la loi laïque

Évidemment, comme tout matériel de construction, la notion de péché, au cours des temps, s'est sclérosée. Elle a pris du retard sur l'évolution de la société. Et bien souvent, elle fut détournée de sa vocation originelle. Pourtant, malgré sa désuétude, ce concept permet de compenser les carences du droit. Le droit laïque n'est pas encore tout à fait capable de contenir les pulsions abusantes de l'homme. C'est pourquoi la notion de péché à encore du travail à accomplir dans l'humanité. Même si cette notion a vieilli, n'oublions pas qu'elle fut un véritable progrès civilisateur. Comme les tabous ou les sacrifices rituels avant elle, la conception de péché est un outil temporel. Il est destiné à être remplacé par la psychologie, le droit, la justice, le principe de responsabilité... Une fois ces derniers suffisamment bien intégrés par la société humaine.

2001

évolution

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Adam et Eve

Adam et Eve chassés du paradis terrestre Cesari Giuseppe, dit le Cavalier d'Arpin

Mahomet

Si quelqu'un a l'intention de faire une bonne action mais n'est pas en mesure de la réaliser, Dieu la lui inscrit comme une bonne action. S'il l'exécute, Dieu lui inscrit pour elle une bonne action multipliée de dix à sept cents fois et davantage encore. S'il a l'intention de commettre une mauvaise action et qu'il ne la fait pas, Dieu la lui inscrit comme une bonne action. Et s'il exécute la mauvaise action, Dieu la lui inscrit comme une seule mauvaise action, ou alors Il l'efface.

Le prophète Mahomet

La Bible comme tous les livres sacrés, est le résultat d'expériences mystiques, profondes et sérieuses, d'un long et puissant travail de réflexion, d'intuition et de commentaires. Des centaines de milliers d'êtres humains, entièrement voués à la recherche spirituelle, ont consacré leur existence à la quête de cette vérité absolue. Toute cette puissance mystique, suffit pour prendre au sérieux les livres sacrés, pour réfléchir consciencieusement aux sens caché des métaphores.

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