philosophie naïve du devenir humain

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Qui juge lentement juge sûrement. Sophocle
Le bon juge condamne le crime sans condamner le criminel. Seneque

En théorie, on ne peut juger

Par soi-même, en vérité, est fait le mal. Bouddha La PHILOSOPHIE rencontre un véritable problème lorsqu'elle doit se confronter au concept de « MAL ».

L'image du papillon dont un battement d'ailes de ce côté-ci de la TERRE peut déclencher une tempête de l'autre côté, est idéale pour montrer la véritable influence de chaque ACTION et l'impossibilité théorique de porter sur elles un jugement objectif.

Décréter que tels ou tels actes appartiennent au « MAL », est un JUGEMENT DE VALEUR.

Il est dès lors important de nous interroger sur la validité du jugement dans la création.

Comment JUGER la façon dont le MONDE évolue et se réalise, quand nous ne savons rien de ses intentions ? Quand ses « secrets de fabrication » dépassent notre entendement, quand nous sommes nous-mêmes, le résultat de cette façon d'évoluer ?.

Qui sommes-nous, nous, petits êtres humains, pour juger la façon dont la création a choisi de se développer, la manière dont l'univers se réalise, la recette à travers laquelle le vivant s'accomplit ?

La façon dont le MONDE se bâtit et évolu, semble nous dire qu'aucun JUGEMENT ne peut reposer sur du solide.

Nous découpons le temps en millénaires, en siècle, en heure, en seconde, mais la VIE se déroule à flot tendu. Chaque ACTION réalisée découle d'une quantité d'actions antérieures. Elle influence également une quantité d'actions postérieures dont il est impossible d'anticiper qualitativement le résultat.

Chaque ACTE entraîne des effets sur les actes suivants qui influence les actes qui les suivent, ainsi de suite, sans qu'on puisse savoir à l'avance si le résultat global de cet acte initial aura des conséquences plutôt positives ou plutôt négatives.

Il est techniquement impossible de savoir si une action estimée appartenir au domaine du « MAL », n'engendrera pas en réalité, plus de « BIEN » qu'un ACTE qualifié au contraire de « BIEN » ... et réciproquement.

Qui pourrait affirmer que la conversion de Saint-François-d'Assise, n'est pas le résultat d'une quantité de « mauvais agissements » subis ou commis ?

Donc, en THÉORIE, toute évaluation qualitative portée sur une action ou un événement, est forcément arbitraire et subjective.

 

En pratique, il faut juger

Je vis partout le développement de son grand principe que la nature a fait l'homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable. J.J.Rousseau En théorie aucun JUGEMENT n'est véritablement valide, mais en pratique nous devons JUGER.

En effet, pour devenir une HUMANITÉ, notre espèce devait découvrir l'art de l'interdit, du jugement, de la morale, de l'éthique, du droit etc... Pour s'extraire du monde animal, l'homme devait commencer un jour à juger ses actes.

Juger ses propres actions et celle d'autrui, accepter d'être jugé par les autres, voilà le moteur de notre évolution.

Parce que nous avons acquis la capacité de soumettre nos actions au barème du « BIEN » et du « MAL », nous avons pu quitter le royaume de la nature.

Parce que la majorité humaine préfère les actions qualifiées de « BIEN » aux actions qualifiées de « MAL », nous évoluons naturellement vers le bien.

Le JUGEMENT est donc FONDAMENTAL pour le développement de notre espèce.

Nous voici alors en présence d'un véritable PARADOXE.

Dans l'ABSOLU, tout JUGEMENT qualitatif porté sur un acte, s'avère artificiel et arbitraire. Dans la pratique, nous devons penser le contraire. Dans LA VIE COURANTE, pour évoluer et faire évoluer l'humanité dans un sens bien précis (celui du bien), nous devons jouer le jeu de la validité du jugement. Nous devons JUGER les choses et nous-mêmes, QUALITATIVEMENT. Autrement dit les juger à la lumière du BIEN du MAL, du JUSTE et de l'INJUSTE, du LÉGAL et de l'ILLÉGAL.

Par contre, le côté arbitraire (mais nécessaire) du jugement, nous engage à juger avec CONSCIENCE, CLARTÉ, PRUDENCE, COMPRÉHENSION, TOLÉRANCE et COMPASSION vis-à-vis de ce que nous approuvons le « MAL ».

Cette RUSE DE LA RAISON, pour reprendre un terme HÉGÉLIEN, nous indique en quelque sorte, la meilleure manière d'aborder le problème .

Nous ne devrions ni juger sans comprendre, ni comprendre sans juger.

Autrement dit, le mal doit être DÉCHIFFRÉ, ANALYSER et EXPLIQUÉ. Mais nous devons également, le COMBATTRE, le JUGER, le CONDAMNER, le PUNIR, le SOIGNER, pour permettre à l'humanité d'évoluer.

Punir sans chercher à comprendre le mal, a toujours été la meilleure façon de le faire perdurer.

 

Philosophie et morale >> Necessité du mal

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platon

Pour moi, je suis à peu près persuadé que, parmi les philosophes, il n’y en a pas un qui pense qu’un homme pèche volontairement et fasse volontairement des actions honteuses et mauvaises ; ils savent tous au contraire que tous ceux qui font des actions honteuses et mauvaises les font involontairement, PLATON Les sophistes.

 

Nietzsche

En vérité le moi rusé, le moi sans amour, qui cherche son avantage dans l'avantage du plus grand nombre, ce n'est pas à l'origine du troupeau mais son déclin.

Ce furent toujours des fervents et des créateurs qui créèrent le bien-et le mal. Le feu de l'amour et le feu de la colère l'allume au nom de toutes les vertus.

Zarathustra vit beaucoup de pays et beaucoup de peuples et n'a pas trouvé de plus grande puissance sur la terre que l'oeuvre des fervents;

Bien et mal voilà le nom de cette puissance.
En vérité la puissance de ces louanges et de ces blâmes est pareille à un monstre.

Dites-moi mes frères qui me terrasseras ce monstre ?

Dites, qui jettera une chaîne sur les 1000 nuques de cette bête ?

Il y a eu jusqu'à présent 1000 buts parce qu'il y a 1000 peuples.Il ne manque que la chaîne des 1000 nuques, le but unique.

L'humanité n'a pas encore de but.

Mais dites moi donc mes frères si l'humanité manque de but n'est-elle pas elle-même en défaut ?

Friedrich Nietzsche

 

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