philosophie naive du devenir humain

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Il n'est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage. Pericles

La liberté de l'individu doit être ainsi bornée : il ne doit pas se rendre nuisible aux autres. J.S.Mill

Mal et liberté.

Un esprit libre prend des libertés même à l'égard de la liberté Picabia Pour ce qui est du libre arbitre, je confesse qu'en ne pensant qu'à nous-mêmes, nous ne pouvons ne le pas estimer indépendant ; mais lorsque nous pensons à la puissance infinie de Dieu, nous ne pouvons ne pas croire que toutes choses dépendent de lui, et, par conséquent, que notre libre arbitre n'en est pas exempt […] Ainsi celle de notre libre arbitre ne nous doit point faire douter de l'existence de Dieu. Car l'indépendance que nous expérimentons et nous sentons, et qui suffit pour rendre nos actions louables ou blâmables, n'est pas incompatible avec une dépendance qui est d'autre nature, selon laquelle toutes choses sont sujettes à Dieu.
Descartes. Lettre à Élisabeth 1645.

Un homme peut-il vouloir le mal pour le mal ?

A cette question, il me semble que nous pouvons répondre non. Où il y a LIBERTÉ, il n'y a pas de place pour le MAL.

Aucun INDIVIDU à mon sens, n'engendre le MAL pour le MAL.

Toute mauvaise ACTION envers un semblable, répond avant tout à une exigence intime. Qu'il s'agisse pour le transgressant, d'obéir à un ordre, de chercher à satisfaire un désir égoïste ou de réparer un équilibre psyco-physiologique perçu comme rompu. En somme, le transgressant ne cherche pas à faire du mal à la VICTIME, mais à se faire du bien à lui. C'est pourquoi, selon notre PHILOSOPHIE, la TRANSGRESSION est avant tout le fait du NARCISSISME, du manque d'EMPATHIE, de l'incapacité à se mettre à la place d'AUTRUI.

 

La vengeance

Proudhon-vengeancePrenons le cas de la vengeance pour illustrer ce point de vue philosophique SOCRATIQUE, selon lequel l'homme, s'il en avait les moyens, éviterait le « MAL ».

Lorsqu'un HOMME est en COLÈRE envers celui qu'il estime son ennemi ou son rival, il ressent une souffrance intérieure telle, qu'il pense que seul, un acte de vengeance, va pouvoir restaurer son équilibre.

En réalité, la souffrance de l'ennemi ou du rival, n'est la motivation première du « mangeur froid », celui-ci vise avant tout la cessation de son PROPRE TOURMENT.

Si le partisan de la vengeance disposait par exemple, d'une machine capable d'apaiser la violence de sa frustration, une machine apte à « laver son honneur », il choisirait naturellement d'utiliser la machine. Si les adeptes de la revanche disposaient d'une potion magique aux CAPACITÉS CATHARTIQUES identiques à l'acte de vengeance et sans les conséquences de son passage à l'acte  (mauvaise conscience, possibilité de regretter son geste, répercussions juridiques, punitions), ils choisiraient naturellement, d'utiliser la potion.

Si un malfaiteur, un gangster pouvait s'offrir les SENSASIONS après lesquelles il court en allant commettre ses forfaits (montée d'adrénaline, renommée parmis les voyous, désir de gloire et de pouvoir, etc.), sans qu'il y ait besoin d'abuser ses congénères, il éviterait sans doutes, de commettre du mal et des abus envers les autres.

Et c'est également valable pour les cas les plus PERVERS. Un individu qui prend son plaisir en torturant AUTRUI, cherche avant tout à satisfaire des appels viscéraux sadiques. Si une machine assurait exactement le même plaisir et les mêmes satisfactions à ses pulsions perverses, il choisirait à mon sens d'utiliser la machine et de préserver l'être humain.

Chez l'homme, l 'intention de commettre le MAL pour le MAL, semble donc improbable.

Toute action est incitée par la satisfaction d'un BIEN.

  • L'individu qui fait du BIEN, le fait pour en ressentir les sensations positives.
  • L'individu qui fait du MAL, le fait pour ressentir ce qu'il considère comme une sensation positive, qui, selon les CODES HUMAINS est une ERREUR D'APPRÉCIATION.
  • Si cet individu fait du MAL en ignorant que c'est du mal, il aura la conviction qu'il se fait du bien à lui-même et qu'il fait en même temps du bien aux autres (c'est souvent le cas du narcissime).
  • Si un individu fait du MAL en sachant qu'il fait du mal, il est contraint de se VOILER LA FACE ou d'utiliser la MAUVAISE FOI, (en minimisant son acte, ou en s'inventant une morale pour justifier la transgression : « si ce n'est pas moi qui le fais quelqu'un d'autre le fera »).

Le mal résulte d'une mauvaise évaluation du transgressant nous dit Socrate dans le Ménon de Platon.

Je compléterais cela en disant qu'un individu vise à éprouver du plaisir en commettant un acte « mal » parce qu'il est incapable d'en éprouver lorsqu'il agit « bien ».

 

Liberté et mal

La perversité, c'est l'art de transformer le bien en mal. Claude Chabrol En théorie donc, la liberté humaine de faire le BIEN ou de faire le MAL serait un leurre.

L'HOMME, s'il en avait les moyens, s'épargnerait la souffrance qu'il inflige. Il est lui aussi victime de ses transgressions, et s'il trouve du PLAISIR dans la satisfaction de ses pulsions transgressantes, cela reste des PULSIONS, il n'en est pas libre.

La vraie liberté ne peut pas être confrontée au mal.

Où il y a liberté, il y a priorité et autorité de la CONSCIENCE MORALE sur la PULSION.

Donc l'homme n'est pas libre de nier la loi ou d'agir contre elle.
La liberté est ce qui rend le choix du mal impossible, et si pour être pleinement responsable, il faut être absolument libre de son choix, dans l'absolu tout transgressant est irresponsable.

La seule vocation de la CRITIQUE DES MAUX PASSÉS est de prémunir le futur de sa résurgence (par le DEVOIR DE MÉMOIRE, la CRÉATION DES LOIS, l'ÉDUCATION ...) pour tendre vers sa résorption totale et permettre ainsi à l'humanité d'accéder au BONHEUR ABSOLU (qui nous le verrons, est notre destination finale).

Nous pouvons ajouter à cela un autre paradoxe.

Si la liberté c'est de pouvoir choisir entre le BIEN et le MAL, à partir du moment où un individu choisit le « MAL », il est susceptible de se retrouver privé de liberté. Donc la seule façon d'être libre serait pour lui de choisir le BIEN.

La liberté et le choix s'accordent donc très mal avec : « LE MAL », puisqu'ils n'ont qu'un choix réel : LE BIEN.

Nous ne sommes pas tous égaux dans notre capacité à résister à la tentation du « mal ».

Le parcours historique de chaque être humain est unique. Son taux de VOLONTÉ, d'EMPATHIE et de MORALE, dépendent entièrement de son HISTOIRE, de son ÉDUCATION, de son ouverture de CONSCIENCE, de ses dérivatifs, de son développement moral, parfois de son degré de testostérone, de ses exemples, de ses FRUSTRATIONS, des VIOLENCES subies, de l'AMOUR qui lui a été octroyé, des TRAUMATISMES qu'il a  dû vivre etc.

Nous sommes donc encore une fois face aux ruses de la raison (Hegel) : Le mal est une NÉCESSITÉ pour faire évoluer le bien dans l'humanité, mais nous devons le considérer comme SUPERFLU pour pouvoir le combattre en permanence.

L'homme n'est pas libre de faire le mal, mais il doit faire comme s'il disposait d'un libre arbitre et préserver cette illusion pour pouvoir faire évoluer l'humanité.

 

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platon

Pour moi, je suis à peu près persuadé que, parmi les philosophes, il n’y en a pas un qui pense qu’un homme pèche volontairement et fasse volontairement des actions honteuses et mauvaises ; ils savent tous au contraire que tous ceux qui font des actions honteuses et mauvaises les font involontairement, PLATON Les sophistes.

 

Nietzsche

En vérité le moi rusé, le moi sans amour, qui cherche son avantage dans l'avantage du plus grand nombre, ce n'est pas à l'origine du troupeau mais son déclin.

Ce furent toujours des fervents et des créateurs qui créèrent le bien-et le mal. Le feu de l'amour et le feu de la colère l'allume au nom de toutes les vertus.

Zarathustra vit beaucoup de pays et beaucoup de peuples et n'a pas trouvé de plus grande puissance sur la terre que l'oeuvre des fervents;

Bien et mal voilà le nom de cette puissance.
En vérité la puissance de ces louanges et de ces blâmes est pareille à un monstre.

Dites-moi mes frères qui me terrasseras ce monstre ?

Dites, qui jettera une chaîne sur les 1000 nuques de cette bête ?

Il y a eu jusqu'à présent 1000 buts parce qu'il y a 1000 peuples.Il ne manque que la chaîne des 1000 nuques, le but unique.

L'humanité n'a pas encore de but.

Mais dites moi donc mes frères si l'humanité manque de but n'est-elle pas elle-même en défaut ?

Friedrich Nietzsche

 

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