En toute chose, c'est la fin qui est essentiel. Aristote
La conscience est la lumière de l'intelligence pour distinguer le bien du mal Confucius
Le mal à l'origine de l'humanité
Paie le mal avec la justice,
et la bonté avec
la bonté.
Lao-Tseu Même si « en
théorie », tout JUGEMENT porté sur
une ACTION est
forcément SUBJECTIF et ne
peut reposer sur aucune base solide. Même si, sous l'angle
des
spéculations abstraites, les PHILOSOPHES SOPHISTES ont raison d'écrire : « tout se vaut ». Même si, « en principe », Spinoza voit
juste en considèrant le « MAL » comme une réalité illusoire
.... « en pratique », il faut juger les choses
pour faire une humanité.
Donc, « en
pratique », il faut suivre la PHILOSOPHIE de Socrate (et sa postérité), lorsqu'elle affirme,
d'une certaine façon, que l'homme doit juger ses actes.
Ce n'est donc sans doute pas une erreur si la PHILOSOPHIE, tout au long de l'histoire, a
plutôt emboîté le pas des PHILOSOPHES tels que Socrate et Platon pour qui, semblerait-il
; « l'être
est », et il a besoin d'une morale, au lieu de suivre un PHILOSOPHE comme Gorgias pour
qui : « rien
n'est ; et si c'est, c'est inconnaissable, et si c'est connaissable,
c'est incommunicable».

Même si, sous certains éclairages, les choses se
font « par-delà
le bien et le mal » , comme semble vouloir le prétendre Nietzsche,
l'homme a conçu ces deux CONCEPTS, il s'est doté
de LOIS et d'INTERDITS, s'est mis à juger ses actions
et ses actes, et ce n'est pas pour rien.
La première raison est : DE RESTER UNE HUMANITÉ.
En effet, imaginons notre espèce se mettant à agir
subitement sans se poser de s'interroger sur leurs ACTIONS. Imaginons les
hommes agissant ou réagissant aux choses, sans se demander
si tel ACTE, tel comportement, appartient au domaine du « BIEN
» ou à celui du « MAL », sans se demander s'il doit
ou non AGIR de telle ou telle manière.
L'humanité retournerait
alors rapidement au stade : « primate naturel », avec tout ce que
cela comporte : reformation
de petites troupes, abandon de tout progrès,
retour à la toute-puissance
des dominants ...

Mais évidemment, rester une humanité, n'est pas
la seule raison de la présence de ces deux NOTIONS au
sein de notre espèce. Ce n'est pas non plus la raison
principale.
En effet, si la seule vocation du BIEN et
du MAL , avait été d'avoir
fait de nous une humanité et de nous conserver dans cet état, le BIEN
aurait cessé d'évoluer et le MAL de régresser.
Ces deux notions auraient cessé toute évolution à partir
du moment où
l'homme avait acquis les grandes lois morales humaines (mises en place par les premières
grandes religions, comme l'hindouisme et le judaïsme) ...
Seulement l'humanité n'en est pas restée là.
Depuis l'apparition de ces deux VALEURS, notre espèce n'a cessé de les « travailler ».
a/ La prohibition du mal
s'est sans cesse sophistiquée, précisée,
affinée. L'impunité dont jouissait l'homme abusant l'homme, n'a cessé de se réduire.
b/ Le bien au contraire, a trouvé de
multiples voies d'expansions. L'ÉDUCATION, LA POLITIQUE, LA RELIGION, LA LAÏCITÉ, LA SOLIDARITÉ, L'ÉTHIQUE, LA MORALE, L'AMITIÉ, L'AMOUR ... évoluent
et en évoluant, font évoluer notre espèce
dans une direction bien précise.
Et c'est bien à travers l'évolution de ces deux notions, ou
plus précisément, à travers l'orientation assignée par l'homme à
chacune des deux (le MAL vers le bas, le BIEN vers le haut) qu'il nous est permis de saisir le véritable sens de la présence
de ces deux VALEURS au sein de l'humanité.
Le BIEN et le MAL, même si ce sont
des valeurs inventées par l'homme et pour l'homme, même
si elles sont subjectives, anthropocentriques et ne peuvent
donc pas en théorie expliquer le monde, sont fondamentaux
pour l'hominisation.
Ces
deux notions étant en évolution et l'humanité dévaluant le mal au profit du bien, nous donnes à penser que le bien est la valeur suprême.
La nécessité des préjugés
Il avait fermé les yeux pour ne pas
voir le mal sur cette terre et c'est ainsi que le mal l'a trouvé,
sans défense.
Ernst wiechert Si en
théorie, comme nous venons de
le voir plus haut, le « BIEN » et
le « MAL » sont
des réalités illusoires, des préjugés (Spinoza), des matériaux de construction, des ruses de la raison pour reprendre une formule d'Hegel, ces valeurs sont fondamentales pour nous guider dans l'évolution.
Même si la critique du bien
et du mal par Spinoza est fondamentale pour la PHILOSOPHIE et l'intelligence humaine,
le fait que ces deux VALEURS existent au sein de l'humanité, rend leur remise en cause aussi absurde que de dire
par exemple : « il aurait mieux valu que je ne sois
jamais né ! », car cette option en réalité n'existe pas et n'existera jamais.
Le bien et le mal se sont imposés à l'humanité en TRANSCENDANT son propre vouloir (commela plupart des éléments constitutifs de l'espèce humaine d'ailleurs).
Donc,
le préjuger de ce que devrait être un homme, fait partie de l'ossature
même l'humanité.
Au sortir du primate naturel, l'homme s'est imposé des
jugements sur ses actes.
Ce faisant, il a commencé à PROJETER sur son horizon, un HUMAIN IDÉAL et n'a cessé d'avancer
vers cet avenir où il situait ce qu'il DEVAIT ÊTRE,
ce qu'il VOULAIT ÊTRE.
De là est également née l'INSATISFACTION de ce qu'il était réellement et la mise en
ACCUSATION de sa non-conformité avec ce qu'il PROJETAIT
d'ÊTRE.
Cette projection d'un IDÉAL HUMAIN dans le FUTUR,
a « tiré »l'humanité jusqu'à présent.
Nous pouvons même dire qu'elle a FAIT l'humanité ce qu'elle est aujourd'hui.
Cet IDÉAL
n'a cessé d'évoluer au cours du temps pour atteindre son point CULMINANT ET ABSOLU avec les grandes religions.
le sommet à atteindre devenait alors le SAINT, le PARFAIT, le SAGE, l'être
humain ayant réussi à libérer entièrement son esprit de ce que nous appelons le « MAL » pour se vouer entièrement
au « BIEN », à L'AMOUR ABSOLU. Parvenant à ce stade, l'être humain devient l'équivalent de la divinité, il ne fait alors plus qu'un avec le PRINCIPE CRÉATEUR.
Malgré les attaques incessantes d'un MATÉRIALISME NIHILISTE hostile à de tels exemples ( ni bon pour le commerce, ni bon pour le plaisir), les idéaux humains préférant L'ÊTRE et le BONHEUR à L'AVOIR et au PLAISIR, sont encore les VÉRITABLES POINTS DE MIRE de notre humanité en marche.
Cet horizon spirituel semble même
se renforcer comme pour contrebalancer la réinstallation par le marché des vieux totems animant la horde sauvage dont parle Freud (les dieux primitifs pétris de vengeance, les héros insensés que sont les stars, les « empereurs » de l'industrie
et de la finance ...).
Le mal comme nécessité.
Il avait fermé les yeux pour ne pas voir le mal sur cette
terre et c'est ainsi que le mal l'a trouvé, sans défense.
Ernst wiechert Si le « MAL » était une
sorte de « pièce
hétérogène à l'évolution
humaine », si la RAISON ne parvenait pas à le situer
dans le processus d'évolution, alors sa présence
rendrait effectivement ABSURDE la CRÉATION.
Seulement le « MAL » à un SENS et un rôle
majeur au sein de l'humanité.
En effet, pour transformer un primate naturel
en homme, pour passer des moeurs animales au fonctionnement
humain, notre espèce devait s'interdire certains comportements
légitimes dans la nature, comme la PRÉDATION,
la DOMINATION, l'AGRESSIVITÉ etc.
L'homme devait donc
poser sur chacune de ses actions un jugement de bien ou de
mal, d'autorisé ou d'interdit.
Nous pouvons aujourd'hui nous envisager en tant qu'« êtres
humains », parce qu'un jour, nos premiers
ancêtres,
se sont mis à juger leurs comportements et à poser
des INTERDITS sur des comportements qu'ils situaient nouvellement du
côté du « MAL ».
Parce que notre ESPÈCE, tout au long de son HISTOIRE, a dû apprendre à maîtriser
de mieux en mieux son COMPORTEMENT et ses PULSIONS, nous pouvons aujourd'hui nous CONCENTRER, RÉFLÉCHIR et RAISONNER
de mieux en mieux. Et ainsi, l'humanité évolue
de plus en plus.
a / Parce qu'un jour notre espèce s'est autorisé à juger
celles-ci et à leurs imposer des interdits, nous avons dépassé les « lois » de la
nature.
b / En condamnant
certains comportements primates, l'homme est entré dans
l'humanité.
c / En enrichissant toujours plus le nombre de ses
interdits (l'évolution
du droit), l'homme devient de plus en plus humain.
Cette évolution du droit, est fondamentale pour éteindre
peu à peu dans le psychisme humain, la capacité de
s'affirmer aux détriments d'autrui.
Cette évolution est possible grâce au législateur,
au politique, au système répressif, mais également
et à la même hauteur, grâce au transgressant,
comme nous le verrons dans le prochain chapitre
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