Le mal est donc nécessaire à notre évolution. Mais en même temps, nous devons obligatoirement le condamner pour réduire progressivement (et en permanence), son champ d'influence.
Nous devons non seulement le condamner, mais également l'analyser, le disséquer, le comprendre, pour le soigner.
Le mal doit en effet cesser d'être une fatalité. Il doit finir de jeter, par sa seule présence, une sorte de linceul absurde, sur l'humanité.
Nous disons : « l'humanité évolue vers la paix universelle, le bonheur et l'amour, autrement dit,vers le souverain bien dont nous parle la philosophie grecque ».
Et pourtant, pour éliminer la noirceur « insensée » qu'il jette sur l'humain (noirceur capable de ruiner pour un temps, la beauté de notre espèce), nous devons expliquer le mal.
Expliquer le mal est également nécessaire
pour confirmer notre théorie.
Bien et mal universel dans l'humanité
L'impression d'absurdités qui nous tourmente parfois vient
du spectacle du mal autour de nous et en nous. Voir mourir un enfant,
un être aimé, voir souffrir, torturer, tout
cela fait mal. Louis Millet métaphysique
Plusieurs points
sont à observer à propos du bien et du mal.
a/ Ces deux notions n'ont d'existence, qu'en relation l'une envers l'autre (une action est dite « mal » en la comparant à la même action estimée « bien »).
b/ Elles sont parfois relatives aux temps et
à la culture (le mal et le bien, d'hier, de demain ou d'ailleurs
peuvent être variables).
c/ Ces deux valeurs peuvent être absolues et universelles (la générosité,
l'interdiction du meurtre, de la perversion, par exemple sont des
valeurs partagées par chaque groupe humain).
Il nous faudra alors expliquer pourquoi la création ne peut se construire autrement.
Pourquoi notre espèce ne pouvait passer du stade primate naturel (notre origine) au stade d'homme
constructeur, sans la présence de ce que nous appelons le
« mal ».
Nous aurons à expliquer pourquoi Gottfried Wilhelm Leibniz a raison lorsqu'il écrit : « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles »
Il nous faudra aussi expliquer pourquoi
le mal (y compris sous sa forme extrême), n'est pas atavique ou innée.
Il résulte en fait, d'un
ensemble de facteurs sociaux et éducatifs : Carences affectives / Défaut d'éducation à l'empathie / Défaut
d'apprentissage à la frustration / Défaut d'éducation à la morale et à l'éthique / Stimulation et
valorisation de certaines pulsions violentes par la société (aujourd'hui les médias).
Nous aurons enfin à expliquer pourquoi toutes
les grandes valeurs humaines (morale, loi, éthique, sociabilité, amour du prochain, désir de s'améliorer, propension à aimer le bien ...) n'aurait jamais pu naître si l'homme n'avait pris un jour, la décision de juger certaines de ses actions.
Pour moi, je suis à peu près persuadé que,
parmi les philosophes, il n’y en a pas un qui pense qu’un
homme pèche volontairement et fasse volontairement des actions
honteuses et mauvaises ; ils savent tous au contraire que tous ceux
qui font des actions honteuses et mauvaises les font involontairement, Les sophistes