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Dieu et le péché

l'homme et la liberté

De l'instinct au péché, et du péché à la responsabilité.

Tout le drame se déroule autour de l'image centrale du fruit défendu : celui de la connaissance du bien et du mal ». Connaissance qu'il faut entendre, selon toute vraisemblance, non seulement aux sens de la « connaissance expérimentale », mais au sens juridique accordé par notre langue à ce terme. Prétendre à cette « connaissance » revient à s'arroger la compétence et le pouvoir de juger souverainement de ce qui est bien et de ce qui est mal. M. Gérard dictionnaire de la Bible

L'origine de la notion de « péché » est difficile à préciser. Des traces apparaissent déjà dans les légendes de Babylone, sur les rives du Tigre, de l'Euphrate ou du Nil. Mais si le berceau nous échappe, les véritables nourrices nous sont connues. Ce sont les trois grands monothéistes. Ces religions en effet, ont nourri, élevé et fortifié cette notion fondamentale pour l'humanité.

Un concept supérieur

Le péché est une faute volontaire, une offense faite à Dieu par l'homme. Dans la genèse, il découle d'une transgression originelle commise par les géniteurs de l'espèce humaine (Adam et Eve). Voici ce qu'en dit encore A M. Gérard dans son dictionnaire de la Bible.

Le premier récit de la création, tiré du document dit sacerdotal, mentionne d'abord que dieu créa l'homme (Adam = l'humanité) mâle et femelle ; qu'il les bénit ensemble, leur donnant en commun l'ordre de peupler la terre et de régner sur elle comme sur toutes les autres créatures qui l'habite. Aucune distinction significative n'est faite entre l'homme et la femme dans l'acte créateur ni dans ses commandements qui consacre la dignité humaine ; la parité des sexes est évidente au regard de dieu [... ].

Tenté par la femme qui obéit elle-même à la suggestion de l'esprit du mal incarné par le serpent, le premier homme abuse comme elle de sa liberté en transgressant la loi divine : il goûte aux fruits défendus dont tout deux espèrent qu'il les rendra « comme des dieux ». C'est « la fautes originelles » qui entraîne la honte et la perte des privilèges accordés à l'humanité innocente ; l'humanité déchue connaîtra la douleur, la peine dans l'effort et la mort.

Cette explication de notre histoire, inspire plusieurs choses :

  • L'homme serait libre et responsable de ses actes devant Dieu.
  • Le péché serait un élément postérieur à une espèce humaine originellement pure et parfaite.
  • Et enfin le péché - autrement dit le mal - serait en quelque sorte superflu. Un élément négatif dont l'humanité pourrait très bien se passer pour son évolution.

A mon sens, ces trois propositions sont en décalage avec la réalité de notre évolution.

Le mal et la liberté

L'homme n'est pas libre de mal agir. Il exécute les ordres de ses tendances.
La liberté du malfaiteur est une illusion. Une illusion nécessaire et à laquelle il est nécessaire de croire, mais une illusion tout de même. Dans son état ordinaire (autrement dit dans la vie courante) l'homme n'est jamais libre. Il obéit à des injonctions, des pulsions, des conditionnements ou un passé.

La liberté extatique

Une seule porte conduit l'être humain à la véritable liberté. C'est la porte de l'extase, de la béatitude, du nirvana. Seul cet état transcendantal peut nous libérer de toutes les contingences, parce qu'il nous affranchi de la mort et du temps. Dans cette position mentale, notre psychisme est plongé dans un immédiat absolu, il devient une somme d'amour absolu. Il s'agit donc en réalité, d'une obéissance suprême (bien qu'inconsciente) au principe créateur. Une obéissance totale et naïve a Dieu. Seule, une identification parfaite avec le « divin *», permet d'égaler la liberté divine.

* un divin d'amour absolu.

« Si vous demeurez dans ma parole, vous serez mes disciples en vérité, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libérera. Jn, 8, 31-32».

Pauvres pêcheurs

La fusion avec Dieu, exige l'anéantissement total des pulsions, des passions et des désirs. Autrement dit, l'extinction de tous les carburants de la transgression. C'est pourquoi, la liberté véritable ne peut pas « choisir » l'alternative du « mal ». Obéir à ses pulsions, à ses passions, à ses désirs, nous ferme l'accès à l'extase. Autrement dit à l'ultime liberté. L'extase est donc le seul moyen d'accéder à la liberté absolue. Mais cette voie, n'est pas destinée à l'homme constructeur. Hormis quelques maîtres de sagesse, nous obéissons tous à nos pulsions et à nos désirs. L'homme ordinaire, traverse donc son existence, dans la position de prisonnier*.

*Pauvres ou riches, maîtres ou esclaves, nous sommes tous prisonniers de nos pulsions ou de nos tendances. Prisonniers de certaines postures, de certains rangs. Prisonniers de l'argent ou de l'intelligence. Prisonnier du pouvoir, des honneurs, des envies, ou prisonniers de l'indigence.

L'accès difficile à l'extase

Pendant la construction de l'humanité, l'homme constructeur n'a pas accès à la liberté absolue*.

* La liberté absolue correspondant, comme nous l'avons dit, à l'extase.

Pour construire son monde, l'être humain a besoin de ses pulsions, de ses désirs, de ses tendances. Il lui faut de l'orgueil, de l'ambition, de l'égoïsme, du narcissisme, de l'envie etc. Ces penchants sont à l'origine d'une quantité de ses initiatives. L'homme ordinaire, oscille entre bien et mal, et doit se contenter de l'illusion du libre arbitre.

La ruse de la raison

En nous estimant « responsables » de nos « mauvaises » actions, nous apprenons progressivement à maîtriser nos instincts. Ces instincts sont héritées de notre passé « primate naturel ». Ils sont à l'origine de ce que nous appelons « le mal ». Seulement, par définition, nos « mauvaises actions » en obéissant à nos instincts, débordent notre conscience.

Ma colère me fait crier sur telle personne. Quand ma conscience parvient à maîtriser cet emportement, je le regrette aussitôt. Le bien que je voudrais, je ne le fait pas et je commets le mal que je ne veux pas déclare Saint-Paul... Si ma raison m'avais permis de dominer cette impulsion colérique, je me serais abstenu de l'exprimer. Partout où la conscience domine les pulsions, le bien l'emporte sur le mal. Nous développerons en détail ce concept dans un prochain chapitre.

Une origine sans péché.

Darwin et la bible

L'insouciance du monde animal

Dieu pêche les âmes à la ligne, Satan les pêche au filet. Alexandre Dumas.

A tout péché miséricorde. Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre. La bible.

Selon les premiers chapitres de la genèse, l'humanité a pour ancêtre un couple exempt de péché. Un couple idéal, vivant dans un espace épargné par le mal (l'Eden). Nous pouvons très bien adapter cette métaphore biblique, à la réalité darwinienne.

Pas de péché dans la nature

Les ancêtres de l'espèce humaine étaient effectivement exempts de péchés. Non pas qu'ils se comportaient de façon idéale, mais parce qu'ils étaient des primates naturels. Des animaux obéissant à des règles de vie ignorant la notion de péché et de mal. L'homme n'est pas issu d'un paradis dépourvu de violence et d'injustice. Il vient d'un monde dénué d'opinion. Un monde, dans lequel on ne juge pas ses actes.
La notion de bien et de mal, était tout simplement absente dans notre berceau originel.

Chaque homme en vertu d'une solidarité mystérieuse le reliant au premier couple dont il descend, et dans un état de déchéance et de culpabilité causés en lui par la faute du chef du genre humain explique le philosophe J. L. Dumas (les notions philosophiques). Il faut comprendre par « première faute originelle », le premier interdit que s'est imposé l'espèce humaine. Le premier de ses actes « naturels » qu'elle a condamné.

Le péché superflu.

Le « péché », la « faute », la transgression morale ou laïque, ne peuvent être considéré comme des excroissances superflues. Ce ne sont pas des actions stériles et incohérentes dont nous aurions pu nous passer. Elles sont au contraire des nécessités pour notre migration de l'animal à l'homme. Péché, faute où transgression, sont nécessaires pour notre évolution. Sans ces impératifs techniques, notre espèce n'aurait jamais pu quitter les lois de la nature.

2001

Vie et mort du péché

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Adam et Eve

Adam et Eve chassés du paradis terrestre Ce sari Guêpe, dit le Cavalier Darwin

Mahomet

Si quelqu'un a l'intention de faire une bonne action mais n'est pas en mesure de la réaliser, Dieu la lui inscrit comme une bonne action. S'il l'exécute, Dieu lui inscrit pour elle une bonne action multipliée de dix à sept cents fois et davantage encore. S'il a l'intention de commettre une mauvaise action et qu'il ne la fait pas, Dieu la lui inscrit comme une bonne action. Et s'il exécute la mauvaise action, Dieu la lui inscrit comme une seule mauvaise action, ou alors Il l'efface.

Le prophète Mahomet

La Bible comme tous les livres sacrés, est le résultat d'expériences mystiques, profondes et sérieuses, d'un long et puissant travail de réflexion, d'intuition et de commentaires. Des centaines de milliers d'êtres humains, entièrement voués à la recherche spirituelle, ont consacré leur existence à la quête de cette vérité absolue. Cette puissance mystique, suffirait à elle seule pour nous convaincre de prendre au sérieux ces livres sacrés et de réfléchir consciencieusement aux sens caché des métaphores.

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