A tout péché miséricorde. Que celui qui n'a jamais péché lui
jette la première pierre.10
Dieu et le péché, l'homme et la liberté
De la beauté des métaphores
Dieu pêche les âmes à la ligne, Satan les pêche au filet. Alexandre Dumas De l'instinct au péché, et du péché à la responsabilité.
Tout le drame se déroule autour de l'image centrale du fruit défendu : celui de la connaissance du bien et du mal ». connaissance qu'il faut entendre, selon toute vraisemblance, non seulement aux sens de la « connaissance expérimentale », mais au sens juridique accordé par notre langue à ce terme. Prétendre à cette « connaissance » revient à s'arroger la compétence et le pouvoir de juger souverainement de ce qui est bien et de ce qui est mal. À M. Gérard dictionnaire de la Bible
bien qu'on puisse lui trouver des origines plus lointaines, par exemple dans les légendes de Babylone sur les rives du Tigre, de l'Euphrate ou du Nil, la notion de péché s'épanouit véritablement avec les religions monothéistes.
Le péché est une faute volontaire, une offense faite à Dieu par l'homme Le péché découle, dans la genèse, de la faute originelle commise par les géniteurs de l'espèce humaine (Adam et Eve).
Voici ce qu'en dit encore A M. Gérard dans son dictionnaire de la Bible.
Le premier récit de la création, tiré du document dit sacerdotal, mentionne d'abord que dieu créa l'homme (Adam = l'humanité) mâle et femelle ; qu'il les bénit ensemble, leur donnant en commun l'ordre de peupler la terre et de régner sur elle comme sur toutes les autres créatures qui l'habite. Aucune distinction significative n'est faite entre l'homme et la femme dans l'acte créateur ni dans ses commandements qui consacre la dignité humaine ; la parité des sexes est évidente au regard de dieu [ ... ].
Tenté par la femme qui obéit elle-même à la suggestion de l'esprit du mal incarné par le serpent, le premier homme abuse comme elle de sa liberté en transgressant la loi divine : il goûte aux fruits défendus dont tout deux espèrent qu'il les rendra « comme des dieux ». C'est « la fautes originelles » qui entraîne la honte et la perte des privilèges accordés à l'humanité innocente ; l'humanité déchue connaîtra la douleur, la peine dans l'effort et la mort.
Lue de manière littérale, cette explication de notre histoire, nous inspire plusieurs choses : l'homme serait libre et responsable de ses actes devant Dieu et les hommes.
Le péché serait un élément postérieur à une espèce humaine originellement pure et parfaite.
Et enfin le péché - autrement dit le mal - serait une sorte de superflu négatif dont l'humanité pourrait très bien se passer pour son évolution.
Ces trois propositions sont en décalage à mon sens, avec la réalité de notre révolution.
La liberté du transgressant n'est qu'une illusion.
En effet, la liberté du malfaiteur est une illusion, une illusion nécessaire et à laquelle il est nécessaire de croire, mais une illusion tout de même.
Pour un homme, la seule façon d'accéder à la liberté véritable, c'est l'extase, et l'extase est le résultat, en quelque sorte, de l'obéissance absolue aux « principes créateurs », autrement dit a Dieu.
Seul un mimétisme exemplaire, une identification parfaite avec le « divin » (mais un divin d'amour absolu), permet d'égaler la liberté divine.
« Si vous demeurez dans ma parole, vous serez mes disciples en vérité, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous libèrera. Jn, 8, 31-32».
Seulement, fusionner avec Dieu dans l'amour absolu, exige l'anéantissement total des pulsions, des passions et des désirs. En somme, l'extinction de tous les carburants de la transgression.
Donc, la liberté véritable ne peut « choisir » l'alternative du « mal ». Désobéir à dieu, et plus simplement, à la « logique de la vie », c'est perdre tout espoir d'accéder à la véritable liberté.
L'accès à la liberté absolue (autrement dit l'extase), est difficile pour l'homme constructeur, pendant le temps de son élaboration.
En effet, nous avons besoin de transgresser, d'obéir à nos pulsions, à nos désirs, à nos tendances pour construire l'humanité.
L'orgueil, l'ambition, l'égoïsme, l'envie etc., sont à l'origine d'une quantité d'initiatives créatrices.
C'est pourquoi, seuls quelques sages, quelques « éclaireurs », parviennent à atteindre la liberté extatique.
l'homme normal, oscille entre bien et mal et doit se contenter de l'illusion du libre arbitre.
En nous jugeant « responsables » de nos « actions mauvaises », nous apprenons progressivement à maîtriser des instincts, héritées de notre passé « primate naturel » à l'origine de ce que nous appelons « le mal ».
Seulement, par définition, nos « mauvaises actions » obéissent à des instincts, non à notre conscience.
Ma colère me fait crier sur telle personne, mais je le regrette quand ma conscience parvient à maîtriser cette pulsion spontanée.
Le bien que je voudrais, je ne le fait pas et je commet le mal que je ne veux pas déclare Saint-Paul ... Si ma raison et ma conscience m'avais permis de dominer cette pulsion colérique, je me serais abstenu de l'exprimer. Partout où il y a « domination de la conscience sur les pulsions », il n'y a de la place que pour le bien.
Nous développerons en détail ce concept dans un prochain chapitre.
Une origine sans péché.
Selon les premiers chapitres de la genèse, l'humanité a pour ancêtre un couple exempt de péché, vivant dans un endroit dépourvu du mal (l'Eden).
Nous pouvons très bien adapter cette métaphore biblique, à la réalité darwinienne.
Les ancêtres de l'espèce humaine étaient effectivement exempts de péchés, non pas parce qu'ils se comportaient de façon idéale, mais simplement parce qu'ils étaient des primates naturels obéissant à des règles de vie ignorant la notion de péché et de mal.
l'homme n'est pas issu d'un paradis dépourvu de violence et d'injustice, mais d'un monde dans lequel on ne juge pas ses actes.
La notion de bien et de mal, est tout simplement absente du règne animal, berceau de nos origines.
Chaque homme en vertu d'une solidarité mystérieuse le reliant au premier couple dont il descend, et dans un état de déchéances et de culpabilité causés en lui par la faute du chef du genre humain explique le philosophe J. L. Dumas dans les notions philosophiques, il faut comprendre par « première faute originelle », le premier interdit que s'est imposé l'espèce humaine, le premier de ses actes « naturels » qu'elle a condamné.
3/ Le péché superflu.
Le « péché », la « faute », la transgressions morales ou laïques ne peuvent être considéré comme des excroissances superflues,
des actions stériles et incohérentes que l'espèce humaine aurait pu pour évité pour passer du primate naturel à l'homme.
Péché, faute où transgression, sont au contraire des nécessités sans laquelle notre espèce n'aurait jamais pu quitter les lois de la nature.
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