L'avenir de la barbarie dans l'humanité
L'intolérable Barbarie
Il
faut bien donner un nom à ce qui n’a pas de nom, à ce
qui est impalpable... Tout compte fait, c’est là le
métier des philosophes et de la philosophie.Vladimir
Jankélévitch
Pendant longtemps, l'histoire a considérée
la cruauté comme
une valeur positive. Elle était habituelle des dieux et
des rois de l'Antiquité, et le christianisme régnant,
l'a utilisé comme thérapeutique expiatoire (les chrétiens avaient pourtant vaincu le monde
barbare grâce à l'amour).
Cette valeur sombre s'est retrouvé également du coté de la fatalité : Machiavel écrit : je
dis que tout Prince doit grandement souhaiter d'être estimé pitoyable
et non pas cruel; néanmoins
il doit bien prendre garde de n'appliquer mal cette miséricorde.
César Borgia fut estimé cruel: toutefois sa cruauté a
réformé toute la Romagne, l'a unie et réduite à la
paix et fidélité, et Hobbes pense
qu'il faut un
pouvoir qui fasse observer (les lois) par l'effroi qu'il inspire)
...
Depuis
quelques siècles enfin, la cruauté est passé dans le camp des valeurs négatives et à présent,
elle est du côté des
pathologies.
Le courant s'est donc inversé.
Pendant
longtemps, l'individu avait de la chance quand il ne subissait
pas la violence de la barbarie durant son existence...
celle-ci est devenue rare aujourd'hui et c'est une véritable malchance
de la croiser..
De la barbarie vers l'amour
A présent, l'humanité a acquis les moyens de dévaluer progressivement toutes les formes de barbarie.
Notre espèce s'est dotée d'une puissante éducation
au respect d'autrui. Elle à également acquis une quantité de lois protectrices et
suffisamment dissuasives pour limiter le nombre de candidats à la
cruauté. L'apport considérable des grandes
religions ; hindouisme, judaïsme, bouddhisme, taoïsme, christianisme,
Islam, dans la diminution de la cruauté, est également à signaler.
Au niveau individuel comme
au niveau des pouvoirs, il existait jusqu'à récemment, peu de frein pour limiter la barbarie et l'arbitraire.
Aujourd'hui, de moins en moins
de chefs d'état
cruels sont encore en
service (cruel au sens où l'étaient
certains empereurs romains par exemple).
Par contre, quand la barbarie de certains dominants parvient à utiliser
les considérables progrès techniques de l'humanité,
ses ravages peuvent dépasser en ampleur la cruauté antique.
En tout cas, les mécanismes à partir desquels
s'exprime la barbarie,
sont en voie d'extinction et l'humanité parviendra
à se débarrasser de cette pathologie extrême.
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