La transformation de l'animal à l'homme
Mal, torture, perversion, introduction
On
ne connaîtrait
pas le mot de justice, s’il n’y avait pas de perversité. Héraclite
Nous pourrions tout aussi bien inverser la proposition du philosophe d'Ephèse et dire « il n'y aurait pas de perversité si nous ne connaissions pas le mot de justice ».
Les espèces vivantes ne se construisent pas à coup
de baguette magique.
Elles sont issues d'un long processus d'évolution.
L'espèce humaine fait partie
de cette évolution.
Ossature, musculature, organisme, cerveau, la plus grande partie
de notre patrimoine génétique nous vient
du monde animal et plus particulièrement des primates naturels.
C'est également le cas de nos comportements,
de nos valeurs et
de nos organisations.
Même
certaines spécificités de l'homme, inconnues chez les autres primates, comme la croyance
en dieu, la conscience morale,
le goût pour l'égalité, ou le penchant pour la cruauté,
résultent également
de notre évolution.
La spiritualité humaine est née dans le nid
d'une
conscience déjà existante à l'état
sommaire chez l'animal.
On retrouve également chez nos cousins singes, des embryons
de notre morale? C'est le cas par
exemple, de l'inhibition
de l'agressivité lorsqu'un rival fait acte de soumission. C'est également le cas de la capacité à l'empathie, à l'amitié, à la réconciliation, au pardon ...
De la même manière, les comportements humains négatifs,
comme la guerre, la cruauté, la torture ou la perversion,
tient également
leurs racines de la nature.
Des expéditions punitives existent chez les autres primates
et sont en quelques sortes le germe de nos guerres. Nos cousins
singes connaissent également la vendetta, la
vengeance.
Du sadisme à la perversion
De la cruauté à la perversité.
Par suite de cette hostilité primitive des hommes envers
les autres, la société de la culture est constamment
menacée de désintégration. Freud le malaise
dans la culture
Mais de
toutes les conduites humaines, les plus difficiles à relier
au monde animal, semble bien être celles dont le fondement met en jeu la cruauté, le sadisme, le goût pour la torture.
Pourtant,
même si tous ces comportements humains paradoxaux semblent inexistant chez l'animal, ils
tirent pourtant leurs origines de leur monde.
Avant d'étudier ces terribles attitudes
humaines, il
est nécessaire
de préciser
certaines choses à leurs propos.
Des conduites paradoxales.
L'indifférence est le plus grand risque
de notre temps, la forme civilisée de la cruauté. Zenta
Maurina
La barbarie, le sadisme et la torture sont en régression constante dans l'humanité. Des lois, d'abord morales puis laïques, sont nées pour s'y opposer.
Dans la plus grande partie du monde, lorsque une barbarie
est révélée par les médias, elle révolte la plupart des hommes (et la mise en lumière systématique est bien la meilleure
façon de la faire régresser).
Même si la cruauté pose un problème à la
pensée et implique toute l'espèce humaine,
ces actes sont devenus extrêmement marginaux par rapport au nombre d'actions
réalisés par l'humanité.
Seule une infime minorité d'êtres humains développent (et bien souvent à cause de leur
enfance), le besoin et la capacité de
faire souffrir leurs semblables pour assouvir leurs pulsions. Voila pourquoi, quand se répand la barbarie à grande échelle, comme ce fut le cas du nazisme et finalement de toutes les guerres, elle est initié par quelques hommes seulement.
Dans ce chapitre, nous tenterons d'avancer
quelques explications pour ce type de comportement.
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