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  • les médias

La fabrication de fans

L'abus du peuple vulnérable

jean marc tonizzo untitleLa fanatisation du peuple par le marché, une vaste manipulation

La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites. Jean Dion.

Depuis les années 80 et la chute de l'adversaire du capitalisme (le communisme), le monde s'est installé dans la mondialisation.

De la pyramide en domination

Lorsque le principe des deux blocs antagonistes s'est effondré, le système pyramidal des dominations s'est hissé brutalement du national au mondial. De politique et national, le nouveau leadorat à été pris en main par les multinationales et le marché.

Par nature, tout nouveau système dominant cherche à posséder tous le sommet de la pyramide pour maîtriser l'ensemble. Les mass médias étant à mon sens le faiseur de roi et de consommateur par excellence, l'ultra libéralisme les a pris sous son contrôle.

A partir de ses médias, le marché s'est mis à intensifier la transformation du peuple en fans et en hyper consommateurs. L'examen de leurs propres responsabilités n'étant pas la spécialité des systèmes dominants, marché et médias se forcent encore aujourd'hui, à croire que le citoyen réclame ces statuts alors qu'on les lui impose tout en lui laissant croire qu'il peut échapper au matraquage médiatique et aux valeurs du marché.

La société humaine fonctionnant à travers l'interdépendance et le mimétisme, il faut nécessairement se marginaliser pour éviter ce matraquage. Il faut également marginaliser ses enfants puisque le marché s'attaque aussi à eux et commence à aliéner les enfants à un âge où n'existe pas le libre-arbitre. Il faut donc une sacrée dose de mauvaise foi pour soutenir que l'humanité a le choix de résister au marché et encore une bonne dose de mauvaise foi de la part des médias, pour faire porter au public toutes les responsabilités.

Des présentateurs animateurs tout puissants

Car enfin :

  1. C'est bien la télévision qui choisit d'inviter principalement l'élite, et donc de fabriquer un principe d'inégalité et de vénération. Elle pourrait fabriquer des émissions donnant la parole au citoyens ordinaires, puisque celles-ci font autant d'audience que les émissions élitistes (ex; le succès du film “Avoir ou être”). Dans les médias, une égalité de traitement entre citoyens ordinaires et élites, favoriserait l'évolution de la démocratie. Le peuple retrouverait alors son image au lieu d'être obligé de devoir ressembler à des figures imposés (des élites de plus en plus infantiles et narcissiques, à l'image des présentateurs et des animateurs de télé .. Et 30 ans de ces propositions conduisent à élire des chefs d'état infantiles et narcissiques).

Une démocratisation de la télévision aiderait aussi l'élite thésaurisante, à dévaluer son narcissisme. Cette élite comprendrait alors à quel point le culte l'isole et lui renvoie un portrait superficiel d'elle-même.

  1. Car enfin, c'est bien l'animateur de télévision qui choisit son langage. C'est lui qui décide de couvrir l'élite et lui-même de vocables égocentriques - je reçois une grande star .... ce soir j'ai le plaisir de recevoir du beau monde ... des gens prestigieux ... mon invité est une personne exceptionnelle et de qualité ... des invités triés sur le volet ... je veux que vous fassiez un triomphe à... etc.) obligeant le peuple à se penser inférieur (alors qu'en démocratie le peuple doit être souverain).

Un langage égalitariste pourrait tout aussi bien être adopté. Il amènerait peu à peu la conscience humaine, à l'idée d'une égalité de fond entre individus. Il fortifierait la conviction que toute vie contribue, à part entière, à construire l'humanité (le maçon, autant que le chercheur), que seules nos aptitudes sont différentes et qu'aucune ne doit être sous-estimée. C'est bien le média qui détient le matériel de développement de l'égalité.

Un système de fanatisation

Abrutir pour abuser

Le commerce a besoin de plus en plus de fans pour vendre ses produits.

Le salut du monde viendra de la pensée populaire. Thomas Carlyle.

La mondialisation semble vouloir s'articuler autour de quelques grands axes : surconsommation, expansion des sociétés, compétition féroce.

Et un système qui choisit la compétition féroce et la consommation à outrance comme valeur, doit naturellement construire un certain type de comportement dans la population. Elle est contrainte de placer l'homme sous addiction. De l'orienter sous la dépendance d'un désir permanent d'objets. De le rendre de plus en plus ignorant pour qu'il soit de plus en plus de fan et fou de ses objets.

Etant obligé de grossir pour survivre, le marché doit augmenter la dépendance et la fanatisation et doit pour cela faire régresser le niveau de conscience, de culture, d'esprit critique, et d'intelligence. Voilà pourquoi depuis trente ans, la télévision construit des émissions de plus en plus abêtissants et « abrutissantes ».

Le produit "célébrité", star.

La célébrité étant devenu un des produits phares du marché, ce dernier devait développer son culte. La télévision de masse devait donc employer un langage toujours plus égocentrique à son égard. Un langage sur-valorisant les célébrités et dévalorisant le peuple. Le petit écran y est parvenu en utilisant des stratagèmes dignes de la manipulation mental.

C'est le cas des applaudissements dirigés par un chauffeur de salle, des rires en boites qui rythment certaines émissions ou du matraquage continuel empêchant le calme et la réflexion (donc le développement de la conscience et de l'esprit critique).

Tous ces subterfuges seront un jour puni par la loi puisqu'ils abusent le libre arbitre de l'homme.

Un mécanisme auto-générateur

Cette mécanique du marché n'est pas consciente. Elle obéit à une logique intuitive qui imbrique des comportements avec pour seul but le profit. Plus le nombre de fans augmente, plus l'ego du marché et du média grossit. Plus l'ego du média est grand, plus il considère le peuple comme une espèce de gros fan enfantin don le point de vue est insignifiant, et qu'il faut regarder avec condescendance et manipuler pour le diriger.

Le peuple oublié des médias

Considéré avec arrogance et supériorité par les présentateurs et par l'élite, le citoyen est absent des débats politiques et des choix de société. Les élus sont essentiellement interrogés par des journalistes beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs. Ce principe antidémocratique empêche le monde politique de dépasser progressivement ses vieux stéréotypes : langue de bois, « noyade de poisson », démagogie, populisme fascisant... ce qui ternit l'images de nos élus.

La classe politique pensant faire une bonne affaire en neutralisant la la capacité critique des médias, construit en réalité son propre mouroir. En effet, la servilité, le copinage et la collusion des hommes politiques avec les journalistes, sabote d'année en année l'image de la classe dirigeante, détruit ses garde-fous, les soumet à la corruption, les détourne de leur tâche et de leur vocation, et enfin laisse se reconstituer sur les cendres de la démocratie, une sorte d'élitisme aristocratique antédiluvien anéantissant une bonne partie de l'énergie créatrice de la nation.

Le citoyen est également absent du débat politique et éthique à la télé. Son bon sens fait défaut aux chercheurs et les maintient dans un corporatisme et une myopie soporifique. La capacité critique populaire, viendrait pourtant très facilement à bout des opinions unipolaires. Nous nous retrouvons donc avec une seule façon de penser. Celle d'une élite qui, finalement, parce qu'isolée, embourgeoisée et non contestée (excepté, par elle-même) n'a plus suffisamment d'objectivité.

L'élite choisit l'élite du peuple

Marylin Monroe sur une bouche de metroOu sont les doux et les justes

Pop Art : populaire, provisoire, jetable, bon marché, produit en série, jeune, drôle, sexy, astucieux, spectaculaire et très rentable. Richard Hamilton

(En dehors des chaînes culturelles), lorsque la télévision commerciale choisi de montrer et de donner la parole au peuple, c'est le plus souvent à ses éléments les plus durs, les plus arrivistes (à l'image de ces rappeurs adulant finalement, les objets et les codes de l'élite élitiste).

Ce choix n'est pas celui du peuple car la montée en puissance des "valeurs" de mafieux lui est parfaitement préjudiciable. Ce choix oubli les millions de bénévoles qui s'épuisent de façon altruiste dans les associations, à réparer les conséquences de l'égoïsme et du dédain de cette élite puérile. En effet, la télévision délaisse l'énorme travail réalisé par le peuple authentique, fraternel, universaliste, altruiste, constructif, paisible, juste, responsable et humain.

Choisir les icônes

Qu'une société place des icônes comme images à suivre, cela semble tout à fait normal. Que la parole soit donnée aux élites instruites et, qu'elles aient la dernière analyse, cela semble logique. Dans un système basé sur la consommation, que le marché ait un espace conséquente dans les médias pour faire sa pub, cela paraît également tout à fait légitime. Mais qu'on lui laisse toute la place, en marginalisant celle de la défense du consommateur, est une aberration.

Qu'on laisse l'élitisme anéantir progressivement l'image du peuple au profit de la sienne, voilà qui n'est pas légitime. L'hégémonie du psychisme jet-set sur la pensée populaire, voilà qui est préjudiciable. La thésaurisation de l'antenne à des fins mercantiles, voilà qui est propre à faire perdre au peuple ses grandes qualités, à le déconnecter de ses grandes valeurs ancestrales ...


2002

médias et valeurs

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James Fallows directeur de la rédaction de l'Us News écrit : Sur les questions économiques (impôts, aide à la politique commerciale, lutte contre le déficit, attitude à l'égard des syndicats) l'opinion des journalistes de renom est devenue beaucoup plus conservatrice à mesure que leurs revenus augmentaient.
Vétéran et ancien médiateur du Washington poste, Richard Harwood l'explique ainsi la métamorphose de la profession de journaliste aux États-Unis : dans le temps, nous ne décrivions pas l'existence des gens ordinaires : nous en faisions partie. Nous vivions dans les mêmes quartiers. Les reporters se percevaient comme membres de la classe ouvrière. »