mecaniqueuniverselle.net : aller à la page d'accueil
  • les médias

La fabrication de fans

L'abus du peuple vulnérable

La fanatisation du peuple par le marché, une vaste manipulation

La richesse, le confort et, accessoirement, l'ineptie d'une nation se mesurent aux sujets de préoccupation de ses élites. Jean Dion.

Depuis les années 80, les médias sont passés sous le contrôle du marché. A partir de cette prise de pouvoir, le système marchand s'est mis à transformer progressivement le peuple en fans et en hyper consommateurs. L'examen de leurs propres responsabilités n'étant pas la spécialité des systèmes dominants, marché et médias se forcent à croire que le peuple réclame ces statuts. En réalité, ce processus est imposé à l'humanité. Il est imposé au peuple tout en lui laissant croire qu'il peut échapper au matraquage médiatique et aux valeurs du marché.

La société humaine fonctionnant avec l'interdépendance et le mimétisme, il faut nécessairement se marginaliser pour s'estraire du matraquage. Il faut également marginaliser ses enfants puisqu'il s'attaque aussi à eux et rayonne donc au sein de l'éducation. Le marché commence à aliéner les enfants à un âge où n'existe pas le libre-arbitre. Il faut donc une sacrée dose de mauvaise foi pour soutenir que l'humanité a le choix d'y résister. Il faut une bonne dose de mauvaise foi de la part des médias, pour faire porter au public toutes les responsabilités.

Des présentateurs animateurs tout puissants

Car enfin :

  1. C'est bien la télévision qui choisit d'inviter principalement l'élite, et donc de fabriquer un principe d'inégalité et de vénération. Elle pourrait fabriquer des émissions donnant la parole au peuple, puisque celles-ci font autant d'audience que les émissions élitistes (le succès du film “Avoir ou être” en est un exemple). Dans les médias, une égalité de traitement entre citoyens ordinaire et élite, favoriserait l'évolution de la démocratie. Le peuple retrouverait alors son image au lieu d'être obligé de devoir ressembler à des modèles* imposés par l'élite.
* des modèles de plus en plus infantiles et narcissiques, à l'image des présentateurs et des animateurs de télé .. Et ainsi, en étant soumis depuis 30 ans à ces modèles d'animateurs, certains peuples occidentaux se retrouvent à élire des chefs d'état infantiles et narcissiques.

Une démocratisation de la télévision aiderait aussi l'élite thésaurisante, à dévaluer son narcissisme. Cette élite comprendrait alors à quel point le culte l'isole et lui renvoie un portrait superficiel d'elle-même.

  1. C'est bien l'animateur de télévision qui choisit son langage. C'est lui qui décide de couvrir l'élite et lui-même de vocables égocentriques - je reçois une grande star .... ce soir j'ai le plaisir de recevoir du beau monde ... des gens prestigieux ... mon invité est une personne exceptionnelle et de qualité ... des invités triés sur le volet ... je veux que vous fassiez un triomphe à... etc.) obligeant le peuple à se penser inférieur (alors qu'en démocratie le peuple doit être souverain). Un langage égalitariste pourrait tout aussi bien être adopté. Il développerait peu à peu dans la conscience humaine, l'idée d'une égalité de fond entre les individus. Il fortifierait la conviction que toute vie contribue, à part entière, à construire l'humanité... La logique selon laquelle le maçon est aussi important que le chercheur .. Que seules nos aptitudes sont différentes et qu'aucune ne doit être sous-estimée. C'est bien le média qui détient le matériel de développement de l'égalité.

Un système de fanatisation

Abrutir pour abuser

Le commerce a besoin de plus en plus de fans pour vendre ses produits.

Le salut du monde viendra de la pensée populaire. Thomas Carlyle.

Une société qui choisit la compétition féroce et la consommation à outrance comme valeur, doit naturellement construire un certain type de comportement dans le peuple. Elle est contrainte de le placer sous addiction. De l'orienter sous la dépendance d'un désir permanent d'objets. De le rendre de plus en plus ignorant pour qu'il soit de plus en plus de fan et fou de ses objets.

Pour augmenter le potentiel de fanatisation de la société, il faut donc que le marché fasse régresser son potentiel de culture, d'esprit critique, et d'intelligence. Voilà pourquoi depuis trente ans, la télévision construit des émissions de plus en plus abêtissants et « abrutissantes ».

Le produit "célébrité", star.

La célébrité étant devenu un des produits phares du marché, ce dernier devait développer son culte. La télévision de masse devait donc employer un langage toujours plus égocentrique à son égard. Un langage survalorisant les célébrités et dévalorisant le peuple. Le petit écran y est parvenu en utilisant des stratagèmes dignes de la manipulation mentale. C'est le cas des applaudissements dirigés par un chauffeur de salle. C'est le cas des rires en boites qui rythment certaines émissions. C'est le cas du matraquage continuel empêchant le calme et la réflexion (donc le développement de la conscience et de l'esprit critique). Tous ces subterfuges seront un jour puni par la loi puisqu'ils abusent le libre arbitre de l'homme.

Un mécanisme auto-générateur

Cette mécanique du marché n'est pas consciente. Elle obéit à une logique intuitive qui imbrique des comportements les uns dans les autres dans un seul but ; le profit. Plus le nombre de fans augmente, plus l'ego du marché et du média grossit. Plus l'ego du média est grand, plus il considère le peuple comme une espèce de gros fan enfantin au point de vue insignifiant, à regarder avec condescendance et à manipuler pour le diriger.

Le peuple oublié des médias

Considéré avec arrogance et supériorité par les présentateurs et par l'élite, le peuple est absent des débats politiques et des choix de société. Les élus sont essentiellement interrogés par des journalistes beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs. Ce principe antidémocratique empêche le monde politique de dépasser progressivement ses vieux stéréotypes : langue de bois, « noyade de poisson », démagogie, populisme fascisant... ce qui ternit l'images de nos élus. La classe politique pense faire une bonne affaire en neutralisant la liberté de ton et la capacité critique des médias, mais en réalité, c'est là son pire danger. En effet, la servilité, le copinage et la collusion des hommes politiques avec les journalistes, sabote d'année en année l'image de la classe dirigeante, détruit ses garde-fous, les soumet à la corruption, les détourne de leur tâche et de leur vocation, et enfin laisse se reconstituer sur les cendres de la démocratie, une sorte d'élitisme aristocratique antédiluvien anéantissant une bonne partie de l'énergie créatrice de la nation.

Le peuple est également absent du débat politique et éthique à la télé. Son bon sens fait défaut aux chercheurs et les maintient dans un corporatisme et une myopie soporifique. La capacité critique populaire, viendrait pourtant très facilement à bout des opinions unipolaires. Nous nous retrouvons donc avec une seule façon de penser. Celle d'une élite qui, finalement, parce qu'isolée, embourgeoisée et non contestée (excepté, par elle-même) n'a plus suffisamment d'objectivité.

L'élite bourgeoise choisit l'élite du peuple

Marylin Monroe sur une bouche de metroOu sont les doux et les justes

Pop Art : populaire, provisoire, jetable, bon marché, produit en série, jeune, drôle, sexy, astucieux, spectaculaire et très rentable. Richard Hamilton

(En dehors des chaînes culturelles), lorsque la télévision commerciale choisi de montrer et de donner la parole au peuple, c'est le plus souvent à ses éléments les plus durs, les plus marginaux (à l'image de ces rappeurs adulant finalement, les objets et les code de l'élite élitiste).

Ce choix n'est pas celui du peuple car la montée en puissance des "valeurs" de mafieux lui étant parfaitement préjudiciable. Ce choix oubliant les millions de bénévoles qui s'épuisent de façon altruiste à réparer les conséquences de l'égoïsme et du dédain de cette élite puérile. En effet, la télévision délaisse l'énorme travail réalisé par le peuple authentique, fraternel, universaliste, altruiste, constructif, paisible, juste, responsable et humain.

Choisir les icônes

Qu'une société place des icônes comme images à suivre, cela semble tout à fait normal. Que la parole soit donnée aux élites instruites et, qu'elles aient la dernière analyse, cela semble logique. Dans un système basé sur la consommation, que le marché ait un espace conséquente dans les médias, cela paraît également tout à fait légitime. Mais qu'il ait toute la place est une aberration. Qu'il anéantisse progressivement l'image du peuple au profit de l'élite narcissique, voilà qui n'est pas légitime. L'hégémonie du psychisme jet set sur la pensée populaire, voilà qui est préjudiciable. La thésaurisation de l'antenne à des fins mercantiles, voilà qui est propre à faire perdre au peuple ses grandes qualités. A le déconnecter de ses grandes valeurs ancestrales ...


2001


médias et valeurs

12345678910111213

James Fallows directeur de la rédaction de l'Us News écrit : Sur les questions économiques (impôts, aide à la politique commerciale, lutte contre le déficit, attitude à l'égard des syndicats) l'opinion des journalistes de renom est devenue beaucoup plus conservatrice à mesure que leurs revenus augmentaient.
Vétéran et ancien médiateur du Washington poste, Richard Harwood l'explique ainsi la métamorphose de la profession de journaliste aux Etats-Unis : dans le temps, nous ne décrivions pas l'existence des gens ordinaires : nous en faisions partie. Nous vivions dans les mêmes quartiers. Les reporters se percevaient comme membres de la classe ouvrière. »

inscrivez vous

choose your