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  • les médias

Survivre oblige à évoluer

L'évolution des médias

delphine saubaberUn retour vers l'ethique ?

bien poser les questions, c'est tout un art. Où tout dépend, bien sûr, de la réponse que l'on veut obtenir. André Frossard

Comme le chante Bob Dylan, le monde et les temps changent. Dans sa globalité l'humanité ne cesse d'évoluer. Dans cette évolution certains pans stagnent ou connaissent des moments de régression.

Par exemple aujourd'hui, et depuis les années 80, les médias occidentaux semblent dans un état de régression par rapport à leur pères. Mais cette régression est ponctuelle. A force d'être décrédibilisé et critiqué, des courants éthiques devraient poindre. Quelques émissions tentent d'ailleurs et timidement, de faire intervenir le public. On ouvre ça et là de petites vannes mais avec la crainte d'être submergé par les qualités intuitives, artistiques et critiques du peuple.

Nous sommes pourtant encore loin du compte. La plupart des invités qui passent à l'antenne appartiennent aux diverses élites médiatisées. Elles y viennent en espérant certaines retombées. Un bon nombre d'émissions n'ont d'ailleurs plus la moindre parcelle de gratuité. Tous le monde y a quelque chose à vendre (un spectacle, un livre, un dvd, une industrie de chirurgie esthétique, une époque de solde, une boîte de nuit ... ).

Le peuple mis de côté

Le peuple n'est jamais interrogé sur la télévision qu'il souhaite avoir pour lui et ses enfants. Dans les premières décennies ultralibérales (80 / 90), le marché à fabriqué un nouveau téléspectateur. Elle l'a contraint à délaisser peu à peu la réflexion au profit de la sensation. L'engagement au profit des pulsions, l'intelligence au profit du divertissement primaire.
il y aurait beaucoup à dire sur ce qui a conduit les téléspectateurs critiques et exigeants des années 60 et 70 à devenir des téléspectateurs assidus à la roue de la fortune, au juste prix, ou au maillon faible. En tout cas aujourd'hui, la majorité occidentale se retrouve avec un champ télévisuel réduit à ses pulsions primaires ( sexe, jeux, peur). Des jeux bien souvent humiliants pour le peuple qui y est invité par des présentateurs narcissiques.

Oubliant toutes ces années de conditionnement, le marché, les présentateurs, les journalistes et sans doute aussi les téléspectateurs, sont aujourd'hui persuadés que la télé ressemble au choix profond du peuple, un choix raisonné et conscient, avec comme vérité la mesure de l'audience.

2001


Corrompre plus dort que la censure

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serge halimi

Et puis, des gens plus instruits sont devenus journalistes ; leur salaire a augmenté ; auparavant les reporters avaient un niveau de vie légèrement supérieur à celui de leurs voisins de quartier, les ouvriers.
Depuis les années 80, les reporters ont un niveau de vie légèrement inférieur à celui de leurs voisins de quartier, les avocats et les patrons. Or, les milliers de journalistes qui reçoivent des salaires annuels supérieurs à 100 000 dollars sculptent l'image que le public se fait du journalisme et leur vie quotidienne les rend effectivement beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs payés au salaire minimum. Extrait des « Nouveaux chiens de garde » Serge Halimi.

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